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Meurtre d'AdelineUn mandat d'arrêt lancé contre l'assassin présumé

Les forces de l'ordre n'ont plus aucune trace de Fabrice Anthamatten, l'assassin présumé de Adeline. Interpol a lancé un mandat d'arrêt international.

Le suspect Fabrice A. quitte le bureau du procureur sous escorte policière, à Szcecin, en Pologne, lundi 16 septembre. Il vient d'être entendu.
Le suspect Fabrice A. quitte le bureau du procureur sous escorte policière, à Szcecin, en Pologne, lundi 16 septembre. Il vient d'être entendu.
EPA/Marcin Bielecki
Des collègues d'Adeline M. se sont réunis en mémoire de la jeune femme, au matin de son enterrement, le 23 septembre. Ce lâcher de ballons a eu lieu à quelques centaines de mètre de la prison de Champ-Dollon, où travaillait la sociothérapeute.
Des collègues d'Adeline M. se sont réunis en mémoire de la jeune femme, au matin de son enterrement, le 23 septembre. Ce lâcher de ballons a eu lieu à quelques centaines de mètre de la prison de Champ-Dollon, où travaillait la sociothérapeute.
Salvatore Di Nolfi, Keystone
Des collègues d'Adeline M. se sont réunis en mémoire de la jeune femme, au matin de son enterrement, le 23 septembre. Ce lâcher de ballons a eu lieu à quelques centaines de mètre de la prison de Champ-Dollon, où travaillait la sociothérapeute.
Des collègues d'Adeline M. se sont réunis en mémoire de la jeune femme, au matin de son enterrement, le 23 septembre. Ce lâcher de ballons a eu lieu à quelques centaines de mètre de la prison de Champ-Dollon, où travaillait la sociothérapeute.
Salvatore Di Nolfi, Keystone
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L'assassin présumé de la sociothérapeute genevoise Adeline était toujours en fuite samedi. La police a perdu sa trace à la gare de Weil am Rhein (D), la localité où le téléphone de la victime a été retrouvé vendredi. Selon une psychiatre, Fabrice Anthamatten est «une bombe prête à exploser de nouveau».

«Violer jusqu'à tuer est comme une drogue. Il y a une addiction à la violence. Maintenant qu'il y a goûté, Fabrice Anthamatten va recommencer», affirme Liliane Daligand, experte auprès des tribunaux et professeur à l'Université de Lyon dans une interview parue samedi dans Le Matin.

Elle avait observé Fabrice Anthamatten lors de son procès pour viol en France en 2003 au terme duquel il avait écopé de 15 ans de réclusion. Elle se souvient d'un «homme glaçant qui a quelque chose de bestial en lui».

Mandat d'arrêt international

La police allemande de Lorräch qui traquait le fuyard avait précisément mis en garde la population contre un individu dangereux et peut-être armé. Les forces de l'ordre, qui n'ont samedi plus aucune trace de Fabrice Anthamatten, partent de l'idée qu'il a quitté la région. Interpol a lancé un mandat d'arrêt international.

Au lendemain de la découverte à Bellevue (GE) du cadavre d'Adeline, maman de 34 ans d'un bébé, les critiques se font entendre. Benjamin Brägger, un expert dans le domaine carcéral, demande un meilleur échange d'informations entre les psychiatres chargés des évaluations des détenus et le système pénitentiaire.

«Des manipulateurs»

«En Suisse romande, le système pénitentiaire et la psychiatrie devraient travailler plus étroitement ensemble. Comme c'est le cas du côté alémanique, où l'on travaille pour la société et non pour le détenu», relève le chargé de cours aux universités de Berne et de Lausanne, dans des interviews publiées samedi dans La Liberté et la veille sur SRF.

A Genève, il existe pourtant une commission de dangerosité dans laquelle siègent des psychiatres et des représentants de la justice, selon le conseiller d'Etat Pierre-François Unger. Cet organisme examine notamment les cas des criminels tels que Fabrice A. L'enquête administrative devra déterminer si l'évaluation a été faite correctement.

Benjamin Brägger estime que ce n'est pas le cas. Il précise toutefois que «les violeurs sont des manipulateurs de première catégorie». Ils peuvent faire semblant d'avoir appris sans qu'il y ait de changement profond. «Sans un système très critique envers le détenu», il peut passer entre les mailles du filet.

Bons résultats

Carlo Sommaruga, conseiller national (PS/GE) s'interroge aussi sur les erreurs d'évaluation. «Je pense qu'on ne peut plus se fier à une seule appréciation pour décider du sort d'un détenu. Il faut au moins deux avis», explique M.Sommaruga dans Le Temps, plaidant en faveur d'un contrôle fédéral sur le traitement des cas dangereux.

La réinsertion sociale des délinquants dangereux est aussi au cœur de la problématique. En effet, le violeur récidiviste qui purgeait une peine de 20 ans cumulés au centre de sociothérapie «La Pâquerette» aurait pu demander une libération conditionnelle en 2015. Cette unité spécialisée le préparait à un retour progressif à la liberté.

Dans une interview au 12:30 de RTS/La Première, André Kuhn professeur associé à l'Institut de criminologie et de droit pénal de l'Université de Lausanne, relève les bons résultats obtenus par «La Pâquerette». Pour un cas, aussi dramatique soit-il, où cela ne fonctionne pas, il y en a des centaines voire des milliers qui donnent de bons résultats.

Vague d'indignation

Les autorités genevoises relevaient aussi vendredi que sur 7091 sorties seules cinq se sont soldées par des non-retour. Fabrice A. est le sixième évadé avec l'issue fatale qui s'en est suivi. Cet homme est suspecté de l'assassinat d'Adeline qui l'accompagnait jeudi à sa séance de thérapie équestre.

La mort de la jeune femme a soulevé une vague d'indignation. Les messages de condoléances affluent sur les réseaux sociaux. Un rassemblement est annoncé en sa mémoire lundi en fin d'après-midi devant l'Hôtel-de-Ville de Genève.

ats

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