L'exemplaire combat d'une fillette qui obtient… son divorce!

FIFDHMagnifique plaidoyer de la réalisatrice yéménite Khadija Al-Salami pour toutes ces enfants que l'on a voulu rendre femme trop tôt.

Nojoom, 10 ans, réussira à s'échapper et à obtenir son divorce.

Nojoom, 10 ans, réussira à s'échapper et à obtenir son divorce. Image: DR

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C'est une jolie môme aux yeux de braise et au regard déterminé, qui aime jouer à la poupée avec les fillettes de son âge. Mariée de force à un homme ayant vingt ans de plus qu'elle, Nojoom (10 ans) connaîtra l'enfer du viol et des coups. Mais, grâce à son incroyable force vitale, elle réussira à s'échapper et à obtenir son divorce.

L'obscurantisme de cette histoire, qui se passe au Yémen et qui est relatée dans un film bouleversant dans le cadre du Festival sur les droits humains, contraste singulièrement avec la beauté des tours des mille et une nuits de Saana, l'envoûtante; la lumière qui se dégage de Nojoom tranche, elle, avec les coutumes ancestrales et l'ignorance, qui contribuent toujours plus à favoriser les crimes contre l'humanité. Le drame de Nojoom en est un.

Droit à décider de sa vie

L'héroïne fera plus tard de son drame un best-seller, et la réalisatrice Khadija Al-Salami, elle-même mariée de force à 11 ans et réfugiée en France, un premier film de fiction marquant. Magnifique plaidoyer pour toutes ces filles que l'on a voulu rendre femme trop tôt et pour leur droit à décider de leur vie.

La courageuse réalisatrice n'a pas hésité à braver tous les dangers pour tourner son film au Yémen. L'audace est à présent récompensée. Mardi soir à Gaillard (le Festival a eu la très bonne idée d'investir cette année Genève, mais aussi ses alentours), ce bout de femme ressemblant à son héroïne a littéralement subjugué un public nourri… Et sans voix après la projection du film.

Un exemple à suivre

Alors, respect Madame pour votre inlassable combat. Car Khadija Al-Salami n'en a pas fini d'encourager la révolte de toutes ces jeunes filles qu'on prive d'enfance. D'existence même tant les blessures sont profondes. La réalisatrice, elle, rayonne en cette soirée magique. Sa force intérieure est si grande qu'elle a su pardonner l'impardonnable à ses parents. «Le poids des traditions est si grand au Yémen. J'entends encore ma grand-mère et ma mère me dire: c'est le destin des femmes.»

Au nom de la justice, khadija Al-Salami veut, quant à elle, tout chambouler. Elle continuera donc de voler au secours de toutes ces petites filles qui continuent à être mariées de force dans le monde entier. Chez nous y compris: «On peut faire beaucoup de choses avec la volonté.» Chapeau l'artiste!

Le film «Nojoom, age 10 and divorced» est projeté à 19 heures, ce mercredi, au Grütli, salle Langlois. En présence de la réalisatrice. (TDG)

Créé: 04.03.2015, 17h05

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