Passer au contenu principal

«Il est évident qu’il y a eu magouille au sein du PS»

Le député Alberto Velasco dénonce les adhésions de dernière minute et les «manœuvres» des sections Ville de Genève et Vernier.

Le député Alberto Velasco
Le député Alberto Velasco
Pascal Frautschi

Il est furieux, Alberto Velasco. Le député socialiste et président de la section genevoise de l’Asloca n’a toujours pas digéré le déroulé et le résultat de l’assemblée générale du PS genevois de samedi, qui a désigné les candidats du parti à l’élection du Conseil d’Etat et à celle du Grand Conseil.

Pour le gouvernement, l’assemblée a d’abord choisi de partir avec trois candidats, et non pas quatre comme le souhaitait le comité directeur. Ensuite, elle a élu Thierry Apothéloz, Sandrine Salerno puis, en troisième position seulement, la conseillère d’Etat sortante Anne Emery-Torracinta. Sont restés sur le carreau Carole-Anne Kast, Carlo Sommaruga et Romain de Sainte Marie.

Alberto Velasco parle «d’assemblée phagocytée» et assure qu’il va demander à son parti une enquête sur certaines nouvelles adhésions qu’il juge très douteuses. Il n’est du reste pas le seul à dénoncer le procédé. Manuel Tornare, interrogé le jour même par Léman Bleu, affirmait également que la méthode pose problème.

Alberto Velasco, qu’est-ce qui vous agace tellement?

Un tel résultat, ce n’est tout simplement pas possible. Du point de vue de l’intelligence politique, c’est incompréhensible. Certaines sensibilités qui existent au PS ont été proprement exclues. C’est le cas du milieu de la défense des locataires, que représentent Carlo Sommaruga et Carole-Anne Kast. La tradition socialiste de présenter au moins un candidat issu de cette mouvance est rompue.

Est-ce le seul critère selon vous?

Plus généralement, c’est l’aile gauche du parti qui a été laminée. Tous ceux qui ont voté contre RIE III, la réforme de l’imposition des entreprises, et ceux qui s’opposent à Prévoyance 2020, le projet de réforme fédérale des retraites, ont été mis dehors. De plus, l’assemblée n’a choisi que de justesse notre conseillère d’Etat, et cela sans débattre réellement de son bilan. Ce n’est pas correct.

Cela ne demeure-t-il pas un choix démocratique effectué par une assemblée générale?

Tout d’abord, d’un point de vue tactique, c’est absurde. Il fallait que toutes les tendances du parti soient représentées. Vous pensez que l’aile gauche va maintenant se mobiliser pour ces élections? Dans ces conditions, je ne vois pas comment le PS pourrait gagner un second siège. Ensuite, il est évident qu’il y a eu magouille grâce aux adhésions de dernière minute. Une centaine de nouveaux membres, cela suffit à faire basculer une assemblée.

Mais de là à parler de magouille, n’y a-t-il pas de la marge?

Une quinzaine de bulletins d’adhésion ont par exemple été écrits par la même personne. C’est plus que suspect et je vais exiger qu’une enquête soit menée par le parti pour éclaircir cela. Il y a des choses que l’on ne peut laisser passer. C’est une méthode très stalinienne que de phagocyter ainsi une assemblée. Ce n’est pas ça, la social-démocratie. Je rappelle qu’un conseiller national socialiste biennois avait dû démissionner en 2010 parce qu’il avait rempli de sa main plusieurs bulletins de vote, même s’il avait expliqué l’avoir fait «pour aider».

Pour parler franchement, qui soupçonnez-vous d’être derrière cela?

Regardez la liste des candidats au Grand Conseil! Ce sont les représentants de la Ville de Genève et de celle de Vernier qui occupent massivement les premières places. Les sections de ces deux communes ont fait le ménage. Les gens d’Onex ont été balayés et moi-même je suis relégué loin derrière. Je n’ai jamais vu cela en vingt-cinq ans. Maintenant, c’est l’omerta, personne ne parle au sein du Parti socialiste. Je ne suis pas d’accord, je ne me tairai pas.

Ne craignez-vous pas d’en subir les conséquences politiques?

Je préfère être sanctionné par le peuple plutôt que par un parti. Je n’ai rien à perdre. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir consacré une part importante de ma vie pour pas grand-chose. Si au moins il y avait eu une stratégie derrière tout cela. Mais non! Ce sont juste des ambitions personnelles qui se sont imposées.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.