Des «événements graves» ont contraint le Quai 9 à fermer dix jours

SantéEstimant son personnel en insécurité, la directrice a fermé le lieu de consommation de drogue.

La structure du Quai 9 derrière la gare Cornavin.

La structure du Quai 9 derrière la gare Cornavin. Image: TDG

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L’espace d’accueil et de consommation de drogues Quai 9, derrière la gare, a été fermé entre le 25 mai et le 3 juin. En raison de «difficultés de gestion interne», informait mercredi soir le président du Conseil d’État, Pierre Maudet, invité de l’émission «Infrarouge». Ce jeudi, la directrice Martine Baudin nous a donné une autre raison.

«Cette fermeture, soutenue par la Direction générale de la santé, n’a rien à avoir avec des difficultés internes. Elle a été décidée afin de protéger le personnel.» Martine Baudin rappelle que la «zone de deal» s’est déplacée de la place de la Rotonde à la basilique, puis à la rue Malatrex, pour s’installer durablement devant le Quai 9. Cette stagnation de personnes a engendré une surcharge de travail pour l’association – avec «jusqu’à 150 consommations par jour, soit une augmentation des passages de près de 50% des passages en quelques années» – et généré de «très importants champs de tension».

Martine Baudin évoque des bagarres, des règlements de comptes, des insultes et des menaces visant le personnel, menant à une «réelle mise en danger». L’association a déposé plainte plusieurs fois et demandé à la police des mesures d’éloignement à l’égard de plusieurs usagers, jugés «particulièrement dangereux». Face à l’accumulation d’événements graves, la directrice a finalement décidé de fermer les lieux, tout en laissant un distributeur de seringues stériles à disposition. Pourquoi avoir rouvert? «Nous avons un mandat», réplique-t-elle, même si le sentiment d’insécurité persiste.

Selon elle, le point crucial de la discussion avec les autorités doit concerner la gestion de cet espace où se croisent des personnes désœuvrées et isolées, en demande de travail et de reconnaissance d’utilité publique. «Notre travail consiste à tenter de les sortir de l’isolement et du désœuvrement, mais nous ne pouvons pas agir seuls», argumente-t-elle.

Alors que faire? «L’association Première Ligne, qui gère le Quai 9, souhaite lancer une discussion avec différents acteurs de la santé, du social, de la Ville de Genève et des milieux associatifs. Nous devons réfléchir ensemble à l’insertion et à la visibilité des personnes usagères de drogues et aux responsabilités partagées quant à la gestion d’un territoire appartenant à l’espace public. Une salle de consommation a-t-elle un rôle de régulation? Entre répression et réduction des risques, comment se situer? Il sera nécessaire d’associer à cette réflexion les magistrats Pierre Maudet et Mauro Poggia.» (TDG)

Créé: 07.06.2018, 19h13

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