L’euro frôle 1 franc 20

Achats transfrontaliersLa monnaie nationale s’affaiblit et retrouve son niveau de janvier 2015. Sortez vos calculettes pour savoir où faire vos courses ce week-end.

Depuis l'abandon par la BNS du taux plancher en janvier 2015, il aura fallu quarante mois pour retrouver le même taux de change.

Depuis l'abandon par la BNS du taux plancher en janvier 2015, il aura fallu quarante mois pour retrouver le même taux de change. Image: Keystone

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Ce vendredi matin, un euro se négociait à 1,1997 franc! La barre symbolique de 1,20 franc était toute proche. Rappelons que, le 15 janvier 2015, en abandonnant sa défense d’un taux plancher de 1 euro pour 1,20 franc, la BNS (Banque nationale suisse) provoquait une très forte appréciation du franc. Du jour au lendemain, la parité était atteinte. Il aura fallu quarante mois pour rejoindre ce niveau. Aujourd’hui, le secteur horloger, très puissant à Genève, peut souffler. Tout comme ceux du tourisme et du commerce de détail, qui étaient très pénalisés par la cherté du franc. Pour les Suisses, la zone euro devient en revanche une région plus chère. Et ce sont les commerçants de France voisine qui font la grimace.

À Annemasse, la présidente de la principale association de commerçants de la ville, Maïca Désormière (photo ci-contre), indique que cet effet «cours de change» s’ajoute aux travaux et à l’explosion des tarifs des horodateurs (17 euros pour deux heures trente, soit 20 fr. 40 au cours de change de ce vendredi matin), qui font office de repoussoirs. Elle sonne le tocsin: «Les chiffres d’affaires ont baissé de 30%. Et les commerces pratiquant les détaxes douanières ont enregistré une chute de leurs revenus encore plus importante, de l’ordre de 40 à 50%.»

Dans l’hyper-centre, un horodateur a été barbouillé par un automobiliste mécontent

Selon une récente enquête sur le Grand Genève publiée par la Haute école de gestion, un bon tiers des Genevois se rendent en France une fois par mois pour faire leurs emplettes, et 22% le font sur un rythme hebdomadaire. Mais – on l’ignore souvent – les habitants de l’Ain et de la Haute-Savoie achètent aussi fréquemment des articles en terres genevoises: plus de 30% des résidents du Pays de Gex et un quart de Hauts-Savoyards traversent une fois par semaine la frontière genevoise.

«Mis à part les travaux, les horodateurs et le cours du franc, les incivilités nous inquiètent aussi», ajoute Maïca Désormière. Pour les contrer, Annemasse a créé une BIP (Brigade Incivilités-Propreté). Jeter un mégot par terre coûtera 68 euros (environ 80 francs). Mais le dépliant de la mairie ne précise pas le montant de l’amende pour la personne qui a écrit le mot «voleur» en grosses lettres noires, sur un des horodateurs du centre.

Créé: 20.04.2018, 10h37

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