Etudiants et profs se plaignent de bâtiments délabrés

Uni BastionsL’Etat dit tenir compte des critiques, mais aucune rénovation d'importance n'est prévue, faute d'argent.

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Les photos des stores cassés, des urinoirs en panne ou des portes défectueuses d’Uni Bastions circulent partout. Jeudi soir, elles se sont offert un passage sur RTS Un. Même l’Etat de Genève, par le biais de son porte-parole Roland Godel, finit par le reconnaître: la situation est «inconfortable pour les utilisateurs».

A la mi-janvier, deux étudiants de Master de l’Université de Genève lancent le site unibastions.ch, qui dresse un inventaire des dégradations d’Uni Bastions. «Le site a vite pris de l’ampleur. On ne pensait pas que ça marcherait aussi bien, s’exclame Deniz Ates, l’un des deux fondateurs. Nous avons reçu une centaine de contributions et de messages de soutien. Au départ, notre but était d’exprimer notre lassitude sans que nos remarques ne partent dans le vent.»

L'étudiant admet que la situation est complexe, même s'il peine à comprendre les priorités du gouvernement. «L’argent vient de l’Etat, mais qui décide d’investir dans de nouveaux bâtiments et d’en délaisser d’autres, comme Uni Bastions?» L’entretien du patrimoine de l’Université n’est pas un problème nouveau aux dires d'anciens. «Dans les années 1960, notre chère vieille Alma mater des Bastions était déjà dans un état pitoyable», témoigne un internaute, tandis qu’une ancienne étudiante en histoire relève sur Facebook: «C’était déjà comme ça il y a 15 ans quand j'y étudiais.»

«Le quart-monde de l’Uni»

Le personnel de l’Université se plaint plus discrètement. La Professeure associée Leïla el-Walik fait figure d'exception. En 2008, cette spécialiste en Histoire de l’architecture n’hésite pas à lancer sur son blog: «Il y a trop longtemps que la Faculté des lettres est le quart-monde de l’Université de Genève».

Six ans plus tard, le constat reste le même. «Je pense qu’il y a un vrai problème, à Genève, avec le patrimoine ancien appartenant à l’Etat», lâche-t-elle au téléphone. Elle rappelle que l’Ecole de médecine, à moitié désaffectée et dont l’état de dégradation est critique, est classée monument historique, de même qu’Uni Bastions. Avant de concéder qu’«à la décharge de l’Etat, on attend depuis très longtemps que le grand projet de restauration aboutisse». L’entretien quotidien des bâtiments pose aussi problème. «Vous devez attendre trois mois pour qu’un tube de néon soit remplacé», proteste-t-elle. Les étudiants d’Histoire des religions lui donneraient raison. En décembre dernier, faute d’éclairage, leur bibliothèque se visitait à la lampe torche.

Pas de budget pour rénover

Malgré cette situation, aucune rénovation d'envergure n'est prévue avant 2023, faute de budget. En septembre dernier, les travaux d'Uni Bastions ont été écartés du plan décennal des investissements du Conseil d'Etat, qui consacre un milliard et demi à l'éducation et à la formation. Comme la restauration semblait acquise, des travaux d'entretien courant ont été mis en attente, ce qui a occasionné «un certain nombre de dégradations», reconnaît Roland Godel, qui tempère: «aucun risque pour les utilisateurs n’a été identifié. Si un risque apparaît, on intervient immédiatement dans tous les cas.»

Le Rectorat et la direction de l’Office des bâtiments (OBA) «se sont rencontrés dernièrement et ont mis au point un programme commun coordonné de travaux», ajoute le porte-parole. Il précise que l’OBA se charge des bâtiments proprement dit (peintures ou plafonds) tandis que l’Université est responsable du «domaine académique», notamment les tableaux et les sièges. Au programme, des travaux d’entretien à court terme qui devraient «répondre aux points soulevés par les étudiants sur leur site Internet», dont Roland Godel salue par ailleurs l’«optique constructive». (TDG)

Créé: 07.02.2014, 15h05

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