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Des étudiants planchent sur les logis de migrants

L’Hepia a lancé un programme de recherche en architecture sur le thème de la migration.

Des élèves Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture (Hepia). (Photo d'archives)
Des élèves Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture (Hepia). (Photo d'archives)
Magali Girardin

La Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture (Hepia) inaugure un programme de recherche original sur la problématique de la migration. Celui-ci est mené en partenariat avec la Fondation Braillard Architectes. Ce semestre, des étudiants en master d’architecture devront élaborer des projets d’hébergement provisoire pour les requérants d’asile, qui pourraient aussi servir en cas de crise humanitaire ou de catastrophe naturelle, en Suisse ou ailleurs.

Dans un premier temps, il s’agira d’identifier les besoins en cas d’afflux de réfugiés, puis de trouver à Genève des sites potentiels pour accueillir temporairement de telles infrastructures. Ensuite, davantage que de dessiner des plans d’abris, le but est de travailler sur la planification de ce genre de projet, les questions de logistique et de ressources (en particulier énergétiques), ou encore sur l’aspect environnemental. «Nous ne demandons pas aux étudiants de concevoir des abris, parce qu’il y a déjà beaucoup de choses qui existent dans ce domaine, explique Philippe Bonhôte, professeur à l’Hepia. Nous voulons surtout qu’ils apprennent à travailler dans un contexte différent, c’est-à-dire dans l’urgence et pour une situation éphémère. Il faut savoir prendre des décisions rapides et collaborer avec toutes sortes de partenaires, l’Etat, des ONG, etc.»

L’aspect énergétique et environnemental devra également être pris en compte. Comment assurer l’approvisionnement énergétique dans des sites parfois dépourvus de toute infrastructure? Comment éviter de détériorer l’environnement en y installant des abris pendant plusieurs mois?

Le programme inclut une dimension participative, impliquant les principaux intéressés: les migrants et les voisins des lieux d’hébergement. «Il s’agit de comprendre les besoins des uns et des autres, précise Philippe Bonhôte. La concertation est indispensable dans les situations d’urgence, cela permet paradoxalement de faire avancer les choses plus vite et plus efficacement.»

Ivan Vuarambon, architecte spécialisé dans l’humanitaire et qui assure la partie pratique de ce programme, souligne que l’acceptation des réfugiés par les voisins des lieux d’accueil est le principal défi sur le terrain: «Le choix du site est déterminant. Plus il est proche de la population résidente, plus l’intégration des requérants d’asile est réussie.» Et il ajoute que garantir l’intimité et la dignité des hébergés est aussi primordial. Les travaux des étudiants feront l’objet d’une exposition à la fin de l’année.

Selon Ivan Vuarambon, ce programme de recherche suscite beaucoup d’intérêt et il n’y aura pas de place pour tous les candidats. «A ma connaissance, la formation d’architecte d’urgence n’existe nulle part. J’ai dû apprendre sur le tas.» En cas de succès, le programme sera reconduit.

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