L'étude du professeur Flückiger sur les frontaliers prend le MCG à contre-pied

Etude sur l’embaucheUne étude démontre que les travailleurs genevois sont préférés aux résidents de France voisine. Réactions

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Roger Golay, président du Mouvement citoyens genevois (MCG), est le premier à avoir soulevé le thème des frontaliers dans son parti. Au téléphone, il fulmine: «Je ne remets pas en question le sérieux de l’étude, mais je souligne qu’il y a toujours 80?000 frontaliers employés à Genève sur près de 280?000 travailleurs!»

Le politicien réagit au travail de l’Université de Genève sur les pratiques d’embauches sur le marché du travail genevois (nos éditions d’hier) . L’économiste Yves Flückiger et son équipe sont arrivés à la conclusion que les résidents genevois, même chômeurs, sont favorisés dans le processus de recrutement par rapport aux frontaliers.

«Préjugés infondés»

Cette découverte va à l’encontre des croyances qui circulent dans la cité. Notamment depuis que le MCG a fait des frontaliers sa cible. Pour beaucoup, à l’instar du député PLR Pierre Weiss, ces réponses sont un soulagement: «Il s’agit de la première enquête qui démontre de manière scientifique que les préjugés antifrontaliers défendus par certains partis ne sont pas fondés et j’en suis heureux!»

La conseillère d’Etat Isabel Rochat, qui vient de reprendre le Département de l’emploi, salue aussi l’étude. «Les résultats tordent le cou à certaines rumeurs et ils apaisent les tensions. D’autre part, l’étude valorise les chômeurs en démontrant qu’ils sont concurrentiels car disponibles. Cette conclusion va dans le sens du retour à l’emploi des chômeurs préconisé par le département.»

Patrick Schmied, directeur de l’Office cantonal de l’emploi, parle d’un «retour à la raison qui se base sur des faits plutôt que sur des discussions de café du commerce». Et Jean-François Besson, secrétaire général du Groupement transfrontalier européen (GTE), d’ajouter: «L’étude casse la légende de ces frontaliers qui se cooptent entre eux.»

La réaction la plus apolitique vient du député socialiste Roger Deneys, également à la tête d’une entreprise d’informatique. «Selon mon expérience, chercher la proximité est un réflexe normal pour un employeur. Cela assure une connaissance du tissu local. Bien sûr, les gens peuvent apprendre, mais dans les petites structures, c’est plus difficile», détaille-t-il.

Même au GTE, on ne trouve pas illogique ce réflexe patronal. «Il est compréhensible qu’à compétences égales un employeur embauche quelqu’un qui n’a pas 40?km à faire tous les matins et qui ne sera pas coincé dans les bouchons», indique le secrétaire général.

Le marché suisse, dans certains secteurs comme les soins, manque de travailleurs. Et l’étude se base en partie sur la réponse aux annonces. Pour Roger Deneys, il ne faut pas tirer de conclusions trop vite: «Si les candidatures suisses manquent, il est normal qu’un CV suisse retienne l’attention des employeurs. Cela ne dit pas qu’ils vont être engagés.»

MCG isolé, pas contrarié

Contré dans son raisonnement, le MCG ne baisse pas les bras. «Si les conclusions de l’étude sont rendues officielles par le Conseil d’Etat, nous réagirons par un communiqué de presse», assure Roger Golay. Une décision qui fait soupirer son opposant, Pierre Weiss: «Je crains que cette étude ne change pas d’un iota la position des partis qui ont fait leur beurre de la présence de frontaliers à Genève. Si vous leur dites, il fait jour, ils vous diront qu’il fait noir.» (TDG)

Créé: 25.07.2012, 07h47

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