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Les étourneaux signent de drôles de meetings aériens

Chaque nuée compte jusqu’à 100'000 individus. Au sol, c’est apéro géant.

Genève, 24 octobre 2017. Une nuée d'étourneaux dans le Mandement. Photo: Laurent Guiraud.
Genève, 24 octobre 2017. Une nuée d'étourneaux dans le Mandement. Photo: Laurent Guiraud.
Laurent Guiraud
Genève, 24 octobre 2017. Une nuée d'étourneaux dans le Mandement. Photo: Laurent Guiraud.
Genève, 24 octobre 2017. Une nuée d'étourneaux dans le Mandement. Photo: Laurent Guiraud.
Laurent Guiraud
Genève, 24 octobre 2017. Une nuée d'étourneaux dans le Mandement. Photo: Laurent Guiraud.
Genève, 24 octobre 2017. Une nuée d'étourneaux dans le Mandement. Photo: Laurent Guiraud.
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On les a racontés en ville, douchant de leurs fientes acides les carrosseries de voitures, garées par des propriétaires imprévoyants sous les platanes de l’avenue de Sainte-Clotilde où ils dorment depuis la fin de l’été. On les retrouve dans la campagne, animant à la journée un drôle de meeting aérien au-dessus du vignoble genevois.

Des dortoirs urbains aux feuillus champêtres, ce sont toujours les mêmes oiseaux: des étourneaux par milliers. Espèce proliférante. Est-ce à dire que ces passereaux au ventre ferme et rebondi sont plus nombreux aujourd’hui qu’hier? «L’espèce n’est pas en régression, en effet», répond l’incollable Patrick Jacot, directeur du Centre ornithologique de réadaptation de Genthod. Il ajoute: «L’étourneau a su s’adapter à l’homme et aux changements climatiques.» Il se reproduit bien, niche dans des cavités qu’il squatte parfois à l’année et ne se connaît que peu de prédateurs parmi les rapaces.

Couples sédentarisés

A l’année, vraiment? Nombreux sont les couples qui se sédentarisent. Ils ont de quoi se loger et se nourrir durant l’hiver, la jouant petite aile et repli sur soi. Nombreux mais pas majoritaires. L’instinct migratoire continue à rythmer la vie de l’étourneau. Les grands dortoirs, les nuées impressionnantes vont disparaître à la fin du mois d’octobre. Départ pour l’Italie, en survolant Rome, avant d’atterrir plus au sud ou de s’offrir un séjour insulaire du côté de la Sicile. Départ pour l’Espagne, avec escale à Perpignan, avant de mettre le cap sur l’Andalousie. Ceux qui sont pressés de partir et ne craignent pas les kilomètres voleront jusqu’au Maghreb. A Marseille, les regroupements ont déjà débuté. Du nord au sud, les voiries locales se plaignent: l’étourneau est un bon mangeur, il pratique l’apéro géant et laisse des traces dans l’espace public.

Insectivore zélé, il plaît bien aux viticulteurs pour cela; beaucoup moins quand il s’adonne à son péché mignon: les fruits charnus. Il a fait du raisin l’un de ses plats favoris, le goûtant aux différents stades de son mûrissement, avec une petite préférence pour le surmaturé. Patrick Jacot se souvient d’une anecdote assez révélatrice. «On nous signale un jour une hécatombe d’étourneaux sur la place de la Synagogue. Des dizaines d’oiseaux raides morts au pied des arbres.» Inexplicable. La piste de l’empoisonnement volontaire est écartée. Plusieurs dépouilles sont envoyées au Tierspital à Berne.

Coma éthylique

Les résultats d’autopsies pointent tous une cause unique: mort par absorption massive de raisin fermenté. Coma éthylique à l’heure du coucher; l’oiseau tombe de sa branche et ne se relève plus. En vol, le sturnus vulgaris cache bien son vice. Au soleil couchant, les nuées comptent jusqu’à 100 000 individus. Trop hauts dans le ciel pour contrôler leur alcoolémie.

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