L’Etat ouvre une nouvelle prison de 100 places

InaugurationSituée à côté de Champ-Dollon, Brénaz +100 accueillera d'abord des détenus en exécution de peine. Son coût: 70 millions de francs.

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«On connaît les lenteurs de la construction à Genève, mais ici, nous avons été très rapides.» Le conseiller d’Etat Serge Dal Busco a rappelé la célérité avec laquelle Genève a construit sa nouvelle prison. Moins de deux ans séparent le vote des crédits et l’inauguration, qui s’est déroulée hier. Pour son nouvel établissement, Genève a décidé d’aller vite. Brenaz +100 offre cent places. Elle accueillera ses premiers détenus dans un mois. Elle a coûté 70 millions de francs.

A force de s’agrandir, le site pénitentiaire qui borde la Seymaz s’étale sur plus de 500 mètres. L’emprise est impressionnante et la multiplication des établissements aux noms divers fait perdre son latin au néophyte. Il y a Champ-Dollon, l’ancêtre construit dans les années 70, voué au départ à enfermer les gens en attente de leur procès. En 2008 s’est ajoutée La Brenaz. Puis, en 2014, Curabilis, pour les prévenus nécessitant un suivi psychiatrique. Enfin, hier, Brenaz +100, qui forme avec la première du même nom un ensemble autonome.

Exécution de peine

A quoi sert cette prison? Elle permettra d’abord de décharger Champ-Dollon en abritant les détenus en exécution de peine. Son occupation se fera par étapes dès le mois de novembre, selon une gymnastique des effectifs compliquée puisque La Brenaz 1 doit être vidée pour des travaux. Au final, les deux Brenaz (168 détenus) seront pleines au printemps 2016.

Ce n’est qu’une étape. L’Etat veut créer un cinquième établissement: les Dardelles, 450 places, à l’horizon 2022. A ce moment-là, et pour autant que ce projet se réalise, Brenaz +100 sera dédiée à la détention administrative. On y enfermera des étrangers sans statut légal ou déboutés de la demande d’asile, en vue de leur renvoi forcé.

«Brenaz +100 a d’ailleurs été construite selon les normes de la détention administrative», indique Claude-Alain Barraud, directeur des infrastructures à l’Office cantonal de la détention.

A vrai dire, cela ne saute pas aux yeux du néophyte. Une prison reste une prison. De longs couloirs, certes bien éclairés par la lumière naturelle; des locaux collectifs comme une salle de culte, des salles de sport, des ateliers et une salle de spectacle. Trois cours intérieures. Et bien sûr des geôles.

Des fenêtres obstruées

Les cellules font 12 m2, dont un espace ouvert de 2 m2 pour la douche-W.-C. «Le standard européen est plutôt de 9 m2», indique Jean-Pierre Duport, chef de projet à l’Office des bâtiments. Un lit, une table en bois, des rayons et une TV. Pour les fenêtres, il a été tenu compte des habitants de Puplinge qui se plaignent des cris des détenus. Le dispositif n’est guère engageant. A côté d’une vitre qui reste fermée se trouve un battant ouvrant. Mais derrière celui-ci a été posée une grande plaque métallique percée de petits trous, le caisson acoustique. Impossible donc de prendre l’air et encore moins de se «mettre à la fenêtre». Commentaire du fonctionnaire de service: «Les autorités ont priorisé la lutte contre le bruit par rapport à une ouverture classique.»

Une cellule reste une cellule. «Mais quand le lieu sera utilisé pour la détention administrative, les détenus pourront se déplacer plus librement», explique Claude-Alain Barraud.

Le conseiller d’Etat Pierre Maudet, qui a réceptionné l’ouvrage, a rappelé que ce dernier a été réalisé «grâce à un consensus politique de 2012 qui, certes, s’est un peu écorné depuis». Rappelant la «rare vétusté» de Champ-Dollon, il s’est félicité de ce «rattrapage» qui permet «d’accueillir les détenus dans des conditions humaines.» Champ-Dollon, avec ses 376 places, a entassé jusqu’à 860 prisonniers. Ils sont ces jours entre 650 et 700.

Brenaz +100 est moins gourmande en terres agricoles que Curabilis. Mais il y a des progrès à faire puisqu’un énorme parking de 325 places s’étend sur 2,3 hectares. Pourquoi ne pas construire en hauteur ou en sous-sol? «Ce n’était pas possible pour des raisons de coûts et de sécurité», répond Claude-Alain Barraud. (TDG)

Créé: 09.10.2015, 19h58

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