L’Etat fâche à grande échelle avec sa nouvelle «Feuille d’avis officielle»

InformationRégies, lobbies et associations d’habitants critiquent le manque de lisibilité de la «FAO» passée sur le Web. L’Etat annonce des améliorations.

Une ancienne version papier de la Feuille d'avis officielle.

Une ancienne version papier de la Feuille d'avis officielle. Image: DR

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L’Etat essuie de sérieuses critiques quant à sa politique d’information. En cause, la manière dont il publie ses décisions. Depuis cette année, la Feuille d’avis officielle ne paraît plus sur papier, ce qui génère une économie de 500 000 francs par an. La FAO a été remplacée par une version sur l’internet. Les services de l’Etat y publient des centaines d’annonces, empilées les unes sur les autres et sans organisation claire. Des autorisations de construire, des mises à l’enquête publique, des décisions de justice ou encore des ventes immobilières.

La qualité de cette présentation a suscité de multiples réactions. Les régies, des groupes d’habitants, l’Association des communes genevoises et des lobbies ont écrit pour se plaindre. L’Union suisse des professionnels de l’immobilier (USPI) a été la première a réagir. «En l’état, le site est presque inutilisable, déplore Philippe Angelozzi. On a le sentiment qu’il n’a pas été conçu pour les utilisateurs, même si je me réjouis des améliorations en cours.»

Si les milieux immobiliers sont mécontents, les associations de locataires et d’habitants le sont tout autant. Comme Survap, qui traque aux Pâquis les éventuels abus des propriétaires. «Ce site est illisible, complètement fumeux», fulmine Claude Witschard.

Le site permet certes de faire des recherches, par exemple à partir d’un nom ou d’une adresse. En revanche, et c’est son principal défaut, il n’offre pas une vision générale des annonces que l’on peut embrasser d’un coup d’œil. C’est cette vision synoptique qui est largement regrettée. Comme le résumait récemment un journaliste: «La FAO, on n’y cherchait rien de particulier, mais on finissait toujours par y trouver quelque chose.»

«Ce site est problématique pour notre activité, lâche Christine Jeanneret à Pro Vélo. Nous risquons de laisser passer des délais et de ne plus pouvoir agir.» L’architecte et députée PLR Bénédicte Montant relève le même problème. «Il y aura peut-être moins de recours mais, d’un point de vue démocratique, c’est regrettable, même si je me réjouis de la digitalisation des annonces.»

Améliorations pour la fin avril

L’Etat a rencontré certains utilisateurs et travaille sur des améliorations. «Dès le 28 avril, il sera possible, chaque soir, de télécharger en PDF toutes les annonces du jour, classées par rubrique», explique Florence Noël, directrice de communication au Département présidentiel. Elle précise que chaque service est responsable de la manière dont il publie ses annonces (rubricage, fréquence), le Département présidentiel ne faisant que coordonner la plate-forme numérique.

«Avec la disparition de la version papier, qui était gérée par un mandataire, il n’y a plus d’éditeur qui se charge de mettre en page les annonces comme le ferait un journal», explique Florence Noël. Qui rappelle que, désormais, la FAO numérique est gratuite. (TDG)

Créé: 08.03.2017, 18h49

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