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L’espace public est envahi par les «encombrants»

La levée des déchets volumineux vit sa saison la plus faste au printemps, après celle des fêtes et des soldes. Tournée.

De la cave au grenier, les nettoyages de printemps. Ce geste saisonnier, qui consiste à faire de l’ordre chez soi et débarrasser le trop-plein hivernal, se vérifie en ce moment sur le trottoir. Depuis le retour des vacances pascales, l’espace public est encombré… d’encombrants. Des tas un peu partout, des petits, des moyens, des gros. A évacuer avant qu’ils ne se transforment en déchetteries improvisées.

Le job de la Voirie, des cinq camions qui quittent chaque matin à 6 h 30 leur base arrière de la rue François-Dussaud pour rejoindre leurs cinq secteurs d’attribution, avant d’honorer les 150 «rendez-vous de débarras» fixés dans la journée. Ils ont reçu leur feuille de route la veille au soir, plusieurs pages d’adresses extraites du listing établi par les opératrices de cette exclusivité genevoise. L’offre est gratuite, quotidienne et fait des envieux un peu partout en dehors du territoire municipal.

Isabelle et Carla à l’aube

Au bout de cette ligne de cœur au format Conforama (une enseigne commerciale championne des chutes volumineuses), deux femmes qui connaissent leur géographie urbaine, Isabelle et Carla. Le lundi et le mardi, mieux vaut se lever tôt pour avoir une chance de leur parler au premier coup de fil. «Elles prennent les appels dès 6 h 30 le matin», souligne Alain Bussard, le chef de l’unité collecte des déchets.

Avant les particuliers, les concierges d’immeubles composent dès l’aube ce numéro qu’ils connaissent par cœur, le 0800 22 42 22. Très aguerri, ce tandem de téléphonistes spécialisées rappelle aux ignorants les règles à respecter. On les écoute: «Sont exclus, les pots de peinture, les solvants, les pneus, les batteries de voiture, les luminaires; bref, les déchets spéciaux et tout ce qui relève de près ou de loin de l’électroménager.» C’est clair?

Sur le calendrier 2015 de la Voirie – ce truc en forme de pense-bête citoyen que l’on accroche au clou dans l’armoire de la cuisine – les choses utiles sont rappelées en lettres majuscules. Y compris les plans d’accès aux trois Espaces de récupération cantonaux (ESREC), situés à Bellevue, à Bernex et à l’avenue de la Praille, entre Acacias et Carouge.

Comme les gens savent lire, ils composent plus souvent qu’à leur tour le numéro gratuit. «Nous sommes en train de mettre en place un système en ligne, poursuit Alain Bussard. Nous avons plus de 150 appels par jour, avec des piques à 300, durant les périodes de soldes notamment. Malgré la conjoncture difficile, les gens achètent et jettent beaucoup. On continue à flirter avec les 5000 tonnes de ramassage par année.»

Ce tonnage généreux qui ne connaît pas la crise, Sonny, Fausto et Thierry le chauffeur sont là pour l’alimenter. Un équipage solidaire, incollable sur son secteur, parlant d’une même voix. «On règle notre tournée sur les adresses annoncées, expliquent-ils. Notre mission consiste aussi à pointer les débarras douteux. Il faut compter avec 10% de sauvage. Si c’est un objet isolé – sommier, chaise de bureau – on l’embarque en passant; si le tas a fait des petits, on envoie l’équipe d’incivilité.»

Arbre à chat et porte-skis

Des tas qui font des petits: les encombrants sont toujours à volume variable. «Maximum sept objets de taille moyenne par ménage», répète en boucle l’aimable opératrice. Sur le terrain, au pied de l’immeuble, les voisins ont profité de l’aubaine et rajouté leur paroi murale, leur matelas d’enfant, pendant que d’autres venaient se servir.

«Pour dire la vérité, on ne sait jamais ce que l’on trouvera exactement», avoue Sonny, en transportant un arbre à chat dans une main, un vieux porte-skis de Coccinelle dans l’autre. «Du vintage garanti», commente en rigolant son collègue.

Ensemble ils travaillent à la main, remplissent le pont plat du camion, actionnent la plaque élévatrice lorsqu’ils tombent sur ces anciens canapés-lits – leur bête noire – à la structure en ferraille. Direction le site de déversage à la Praille. Un grutier virtuose sépare les matières et remplit les bennes. Avant de croquer dans un matelas deux places qu’il utilise comme un chiffon pour nettoyer sa place avant l’arrivée du prochain camion. Les encombrants, ici, n’encombrent personne. Propre en ordre. C’est le printemps toute l’année.

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