Eric Grassien: «Je peux rester une éternité»

ProtestationLe tétraplégique français campe depuis un mois devant l’ONU réclamant un logement digne. Il ne laisse personne indifférent.

Eric Grassien dit apprécier les visites qu’il reçoit.

Eric Grassien dit apprécier les visites qu’il reçoit. Image: PIERRE ALBOUY

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Il a ajouté une boîte aux lettres, les plantes vertes qu’il a reçues ainsi qu’une guirlande au-dessus de sa tente, entre les pieds de la «chaise cassée». Cela fait un mois aujourd’hui, qu’Eric Grassien campe devant les Nations Unies demandant un logement adapté à son handicap.

Le cas de ce tétraplégique est particulier. Son passeport français ne lui permet pas de bénéficier des mêmes prestations que les handicapés suisses (nos éditions du 16 janvier). Néanmoins, sa cause est commune à celle de «toutes les personnes à mobilité réduite qui n’arrivent pas à trouver un logement accessible», répète-t-il.

Depuis le début de son action, l’Hospice général lui a retiré la chambre qu’il lui avait attribuée au foyer de requérants d’asile des Tattes. «Je m’y attendais, mais je ne veux plus vivre dans des foyers. Ce n’est pas adapté et il y a sans arrêt des bagarres», dit-il. Pour cette même raison, il a refusé une chambre proposée par l’Hospice dans un autre foyer pour requérants, au Grand-Saconnex. Il a aussi décliné une offre d’un foyer pour handicapés. «Ce monsieur est très libre et a besoin de vivre avec peu de contraintes», résume Bernard Manguin, porte-parole de l’Hospice, qui ne lui proposera plus de solution de logement. En revanche, le quadragénaire continue les recherches d’appartemment avec Mireille, son assistante sociale.

Du soutien, Eric en reçoit tous les jours. Un livre d’or en témoigne tout comme la question urgente écrite déposée par Anne Emery-Torracinta au Grand Conseil la semaine passée. «Le cas d’Eric est touchant, car il ne baisse pas les bras», apprécie la députée socialiste.

Les touristes curieux lisent son panneau explicatif et soupirent «c’est triste» en s’éloignant. Les travailleurs onusiens défilent sans lui prêter vraiment attention: «Il y a tellement de gens qui viennent manifester ici, on s’habitue», confie un diplomate costaricain. La police cantonale a commencé par lui rendre visite tous les jours en le sommant de partir. Désormais, les gendarmes relèvent simplement sa présence: «Lorsqu’il partira, nous inscrirons le nombre de jour où il est resté dans un rapport que nous enverrons au Service des contraventions», explique Sylvain Guillaume-Gentil, son porte-parole.

La pipe au bec, le torse nu et bronzé, Eric Grassien garde le moral. Il dit apprécier la vie au grand air, tout comme toutes les visites qu’il reçoit. Seules les intempéries posent problème. «Je resterai ici jusqu’à ce que je trouve un appartement adapté, une éternité s’il le faut!» assure-t-il.

Créé: 04.07.2013, 08h20

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