Un entartage vise Marc Bonnant à l’Université de Genève

PotachesL’avocat a été couvert de crème mardi en marge d’un débat à Uni-Bastions.

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Il a vécu ce qu’on pourrait appeler son baptême de la crème. Comme l’a appris la Tribune de Genève, Me Marc Bonnant a été victime d’un entartage mardi en fin de journée alors qu’il se rendait à un débat organisé dans la grande aula d’Uni-Bastions. L’homme de loi, qui a tout de même pris part la réunion, a été visé dès le rez-de-chaussée.

«Vers 18 h, en sortant de cours, j’ai aperçu Me Bonnant déambulant dans le hall central, raconte un témoin visuel. Il y avait peu de monde. Soudain, cinq ou six personnes grimées, munies de chapeaux melon et de fausses moustaches, ont brandi des assiettes jetables couvertes de crème en entonnant ce slogan: «Entartons, entartons, entartons les fascistes de salon». De Me Bonnant, on ne voyait plus qu’un monticule de Chantilly. C’était très charivari, gai, pas du tout agressif même si j’imagine qu’il a vécu cela différemment. Il a ensuite été exfiltré vers le premier étage. Tout s’est passé de façon fulgurante en une minute à peine.»

Joint mercredi, Marc Bonnant évoque l’assaut perpétré par «quatre ou cinq personnes encagoulées» et se souvient avoir été traité de bourgeois et de fasciste avant d’être «lourdement entarté». «C’était une violence inutile et, sur le moment, je ne l’ai pas bien pris», confesse l’ancien bâtonnier qui, au lendemain des faits, semble avoir très largement récupéré son humour et son flegme. «Je suis pour la liberté d’expression et j’estime qu’il faut accorder à qui n’a pas de mots la possibilité de s’exprimer par une violence sucrée, poursuit-il. Cette jeunesse illettrée fait le choix de la tarte. Mais, si ces gens disposaient des mots, ils choisiraient autre chose que la violence.»

L’homme de loi revient sur les qualificatifs dont il a été affublé avec une confirmation et un démenti. «Je suis bourgeois, concède-t-il. Né sur la Rive gauche, fils de diplomate et petit-fils de banquier, je déplore tous les jours de ne pas pouvoir affirmer que mes parents étaient pauvres.» Quant à l’autre grief, il lui inspire cette catégorique réfutation: «Le fascisme est un socialisme et est en cela haïssable», condamne-t-il.

Hasard du calendrier, Marc Bonnant raconte avoir justement évoqué ce type d’attentat pâtissier en dînant, la veille de l’attaque, avec Bernard-Henri Lévy, probable détenteur du record mondial de l’entartage. Le site Wikipédia recense une dizaine d’occasions, entre 1985 et 2017, où cet auteur a été la cible de projectiles crémeux. Me Marc Bonnant, dont c’était le premier entartage, juge son propre cursus «misérable», mais il fait contre mauvaise fortune bon cœur. «Esthétiquement, la crème de Gruyère me va très bien, sourit-il. Cela m’a valu un hommage, des affections. Chacun voulait me lécher. C’était très agréable.»

L’événement auquel se rendait Marc Bonnant était organisé par le Club genevois de débat. Cette organisation attend de se réunir en comité pour étudier les suites à donner à cette affaire, mais signale déjà une conséquence fâcheuse. Une dame a glissé sur la crème et roulé dans les escaliers. Elle est hospitalisée avec une vertèbre fracturée. (TDG)

Créé: 13.12.2017, 16h09

L'avocat Marc Bonnant a été couvert de crème mardi en marge d’un débat à Uni-Bastions. (Image: DR)

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