Les enseignants se mobilisent pour la grève du climat

GenèveUn collectif de profs lance un manifeste pour soutenir le mouvement des jeunes.

Grève des jeunes pour le climat le 15 mars dernier à Genève.

Grève des jeunes pour le climat le 15 mars dernier à Genève. Image: Laurent Guiraud

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Lors des récentes grèves du climat des étudiants et écoliers, on pouvait voir çà et là quelques profs défiler à leurs côtés par solidarité. Ce mardi, à trois jours de la prochaine grève, ce soutien d’une partie du corps enseignant au mouvement des jeunes a pris une tournure plus formelle. Un collectif de maîtres a publié un «Manifeste pour le climat et la biodiversité» et appelle l’ensemble des collègues du primaire, du secondaire et du supérieur à le signer.

Il s’agit pour ces enseignants d’exprimer leur détermination à agir pour l’avenir de leurs élèves, expliquent-ils dans un communiqué de presse. À l’instar de leurs homologues belges et français, ils ont donc décidé de s’organiser pour soutenir ce mouvement qu’ils jugent légitime. «En contact quotidien avec notre jeunesse qui craint, à raison, pour son avenir, les enseignants signataires entendent être à la hauteur de la confiance témoignée par leurs élèves. Ils souhaitent favoriser le questionnement des savoirs transmis, de même que le questionnement de notre société par les jeunes.»

Valoriser l'engagement des jeunes

Ce collectif de profs engagés pour le climat estime que le Département de l’instruction publique (DIP) devrait davantage valoriser le mouvement des jeunes. Dans leur manifeste, ils disent avoir observé la détermination et l’implication de leurs élèves. «Parce qu’ils ont consacré et consacrent encore une partie de leur temps libre pour construire des projets en faveur d’un avenir commun, ils témoignent de leur sens des responsabilités. Parce que, par les belles énergies qu’ils dégagent, nous savons que ce n’est pas par opportunisme qu’ils descendent dans la rue mais par nécessité face à l’urgence climatique.»

Sébastien Bertrand, prof de sociologie à l’école de culture générale Jean-Piaget déplore le regard que le DIP porte selon lui sur le mouvement. «Le département n’est pas complètement sourd et la conseillère d’État Anne Emery-Torracinta a reçu une délégation d’élèves. Mais il y a toujours cette vision que les jeunes demanderaient la lune. Or, ce qu’ils revendiquent est à la fois radical et réaliste.»

Les signataires regrettent par ailleurs que le DIP puisse empêcher les jeunes «d’exercer leur rôle citoyen». Référence faite notamment à l’exigence imposée aux élèves grévistes de présenter une lettre de motivation contresignée par leurs parents. Mais le plus dissuasif est sans doute la menace de se voir recalé à la maturité en cas d’absence à un seul des examens de la session. Une disposition qui n’a toutefois pas été créée pour la grève du climat, mais existait déjà dans le règlement, précise-t-on au DIP, où on sent une certaine lassitude face au mouvement de grève du climat. «Certains enseignants n’ont des cours que le vendredi et à la longue, il commence à y avoir un trou dans le programme», souligne le porte-parole du DIP, Pierre-Antoine Preti.

Créé: 21.05.2019, 11h50

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