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ChroniquesL'encre bleue

Partie 4 de la série

Le don de soi: un bon départ!

20 décembre 2018

Pas besoin d’être riche pour en donner. Il suffit d’être en bonne santé, ce qui n’est hélas pas donné à tout le monde. Alors si vous avez encore la pêche, allez vite donner un peu de vous. Un peu de votre sang! L’Hôpital en a grand besoin, et pas seulement de A négatif, pour lequel il y a pénurie sévère.

Les donneurs sont toujours accueillis à bras ouverts au centre de transfusion sanguine. Et aujourd’hui, ils seront vraiment soignés aux petits oignons: ils pourront déguster des pizzas de 10?h à 19?h. Un brin d’Italie sur les papilles, et c’est déjà la fête!

Le don de soi, c’est un bon début. Après, on peut varier les plaisirs. Offrir de son temps, par exemple, comme tous ces bénévoles venus me donner un coup de main à la patinoire des Vernets pour collecter des sous, la Thune étant la cause mise à l’honneur de ce derby lémanique. Joli score, et bonne récolte: 1502?francs, Jules a apprécié.

Tout comme il a adoré les bricelets et l’oseille apportés par la Chorale d’Onex, ainsi que la jolie cagnotte des «Sœurettes». Ces trois amies et voisines, qui prennent chaque matin un café ensemble, ont décidé depuis le mois d’octobre de payer un franc à chaque expresso pris. Même les invités de Marie-Paule passent à la caisse. «Tout le monde a joué le jeu», se réjouissent les Sœurettes. Et moi avec!

Enfin cette nouvelle qui me ravit: la fameuse Brasserie des Artisans donne à nouveau une soirée en faveur de la Thune du Cœur! Delphim, le généreux patron des lieux, secondé par Pierrot, le grand rocker au cœur tendre, organisent ce vendredi 21 décembre une soirée où la bonne humeur est de rigueur!

Après un repas de fête, le groupe Hot Spot fera danser les foules, et tout ce joli monde participera à une tombola géante, dotée de produits du terroir. On réserve sa table au 022?301?12?64. Jules est donc de sortie à la Brasserie des Artisans, 5D, route des Jeunes. Youpi!

La chaîne de solidarité

18 décembre 2018

En cette veille de Noël, on ne compte plus les gestes de solidarité qui se font çà et là pour venir en aide aux personnes qui peinent toujours plus à joindre les deux bouts à Genève.

Je vous avais parlé de ces six très jeunes pianistes et violonistes qui voulaient récolter de l’argent pour la Thune du Cœur en se produisant sur la voie publique. Eh bien malgré le froid de canard qui gelait leurs doigts et le reste, les enfants ont joué samedi de nombreux duos à la demande des spectateurs, qui pouvaient choisir leur morceau préféré sur un menu, moyennant une thune.

Les musiciens ont tenu bon deux heures durant, à coups de thé et de marrons chauds, plus de chaleureux applaudissements. Le public a apprécié. Résultat: 938.60 francs et 6?euros dans le bidon de Jules. C’est extra!

La collecte va aussi bon train du côté des amis du P’tit Bel-Air, qui déposent encore des sous dans la boîte aux lettres d’Arlette, avenue de Mirany. D’autres quêtes pour la Thune sont en cours dans le canton, me dit-on, sans plus de précisions. On en saura bientôt plus.

Et ce soir, Jules et son fan-club sont de sortie à la patinoire des Vernets pour un événement sportif haut en couleur: la Thune du Cœur est la cause mise à l’honneur du match qui opposera le GSHC au Lausanne HC. Ça risque de chauffer grave! Mais Jules n’a peur de rien et moi non plus, ça tombe bien: alors par ici les pépètes!

Dans un registre plus calme, je vous signale que dans le cadre des Noëls de l’Uni, l’aumônerie de l’institution et le CSP organisent une action «Noël sur la paille» dans l’espace central d’Uni Mail. Deux containers bleus montent la garde jusqu’à demain à côté d’un grand sapin à pommes. Les étudiants sont invités à y déposer des vêtements, des jouets et objets en bon état et faire un geste concret contre la précarité en participant à cette chaîne de solidarité.

L'obsession du cochon

15 décembre 2018

Vous allez dire que ça vire à l’obsession, mon cochon, mais bon, c’est de saison! Si je n’en parlais pas, qui le ferait?

Alors voilà: la Thune du Cœur tourne à plein régime, la population se réveille, des groupements se mobilisent et le Jules grossit à vue d’œil. Mais il a encore de la marge avant d’exploser…

Par où commencer? Par rappeler le concert «Les notes du cœur» que donnent ce samedi les enfants musiciens, place du Molard, de 14?h à 16?h. Venez les écouter et les soutenir!

Par signaler ensuite quelques dons qui font prendre des rondeurs au goret. Je viens ainsi de recevoir un courrier de la commission sociale de Migros Genève m’annonçant qu’elle octroie à Jules la somme de 4000?francs. Miam, toute cette oseille! Merci aux membres de la commission de leur geste si généreux.

J’adresse mes meilleures pensées aux Perruches, ces marcheuses âgées «qui se déplument un peu», disent-elles, «mais qui chantent toujours!» et qui se déplacent pour déposer leur collecte à la Julie. Longue vie aux Perruches! Aux Gourmettes aussi, dont les treize membres se sont cotisées, «avec plaisir, pour engraisser Jules». Et hop, dans le bidon!

Le club des retraités de la Société générale de surveillance a le nourrain à l’œil: il l’a spécialement gâté lors de son repas de fin d’année. Chapeau! Quant à Percho, le dessinateur aux doigts en or de Carouge, il lui a envoyé, avec sa clientèle, de quoi boulotter gentiment. Et merci encore à toutes celles et ceux qui glissent discrètement les dons dans notre tirelire commune. Comme cette petite enveloppe contenant «10 thunes, de la part de ceux qui ne peuvent pas les donner, à ceux qui en ont besoin».

Enfin, ne pas oublier la journée «portes ouvertes» de la Coulou qui a lieu ce samedi au 4, rue de la Coulouvrenière, de 13?h à 18?h, avec grand repas populaire, visite des lieux et projection de documentaires sur l’association Carrefour-Rue. Elle est, faut-il le rappeler, une des bénéficiaires de la Thune du Cœur 2018!

Les notes du coeur enfantin

13 décembre 2018

«Bonjour, je m’appelle Gabrielle et j’ai onze ans. Je joue du violon depuis cinq ans. J’ai un projet pour récolter des sous pour la Thune du cœur. Moi et mes amis musiciens, nous pourrions jouer dans des endroits publics et faire payer une thune par morceau pour les passants qui voudraient nous entendre. Nous aurions une grande pancarte «Menu», avec tous les morceaux que nous savons… Ma professeure de violon et mon papa musicien me soutiennent. Voulez-vous m’aider?»

Oh que oui, bien sûr! Comment ne pas fondre devant pareille proposition? J’ai reçu ce courrier intitulé «Les notes du cœur» début octobre et, depuis, j’ai eu le plaisir de rencontrer Gabrielle et ses parents pour organiser l’événement.

La jeune violoniste avait envie de se produire avec ses amis sur la place du Molard, au moment où il y a beaucoup de gens qui font leurs courses de Noël, histoire de récolter plein de sous. On s’est donc arrangé pour que la représentation ait lieu samedi 15 décembre, au cœur de la cité.

En attendant ce grand jour, Mathieu, Noura, Mélisande, Roxane, Henok et Gabrielle répètent des duos ou des trios, sous l’œil bienveillant de leurs parents et/ou professeurs de musique.

Il a encore fallu obtenir l’autorisation du Département de l’environnement urbain et de la sécurité pour que ces enfants puissent se produire sur la voie publique. Ce n’était pas gagné d’avance, mais j’ai réussi à me procurer une carte de légitimation qui fait de moi une cheffe d’orchestre. Collector! Inutile de dire que je ne tiendrai pas la baguette. Seul le gros Jules sera sous ma direction. Et encore…

Rendez-vous donc samedi qui vient place du Molard. Les jeunes musiciens joueront normalement de 14?h à 16?h, si le froid ne leur mord pas trop les doigts. Venez donc les écouter et les encourager, ils le méritent bien. Vive les notes du cœur!

Les enchères grimpent

11 décembre 2018

J’ai une amie qui a inventé un truc formidable pour lever des fonds en faveur de la Thune du Cœur. Je vous en parle, des fois que vous auriez encore besoin d’idées pour participer à notre action de solidarité…

Comme beaucoup d’entre nous, cette amie a accumulé au fil des ans beaucoup trop de tout dans son petit appartement. Alors régulièrement, elle donne ses livres et autres affaires à des associations qui en font bon usage.

Mais elle n’a pas réussi à se défaire jusqu’à présent d’un tableau offert en son temps par un homme charmant. Elle a finalement décidé de le mettre aux enchères (le tableau, donc!) lors d’un brunch organisé à son domicile.

Comment cela s’est-il passé? Eh bien une fois la mise de départ fixée par un convive, chacun a ajouté une thune, voire plus, jusqu’à ce que l’œuvre trouve enfin sa nouvelle propriétaire et parte avec elle.

Cette amie inventive a ainsi fait d’une pierre trois coups: se débarrasser d’un objet devenu trop encombrant, faire une heureuse et remplir la panse de Jules. Qui dit mieux?

Si vous voulez aussi joindre l’utile à l’agréable, n’hésitez pas: organisez chez vous ou en ligne des ventes aux enchères de vos biens superflus, et pensez à Jules!

D’ailleurs, si les grandes maisons de la place spécialisées dans ce commerce lucratif veulent à leur tour faire un geste en sa faveur, c’est volontiers.

En attendant, ce sont les groupes plus modestes qui s’activent pour lui dans le canton. Les peintres et sculpteurs de la Palette carougeoise ont dégusté ce week-end leur choucroute de l’Escalade. Notre cochon était de la partie, et pas seulement dans les assiettes! Il a circulé entre les tables et a bien bâfré. Mais pas le temps de digérer: il sera de sortie ce soir à Plan-les-Ouates, où l’ex-jeunesse de la commune organise une fiesta avec vin chaud, soupe et musique. Chapeau, les artistes!

Les joyeux vadrouilleurs

8 décembre 2018

Eh oui! Les joyeux vadrouilleurs de Conches, loin de faire la tronche, ont encore sévi. Enfin sévi, c’est leur façon de dire. Parce que dans les faits, ils ont plutôt collecté des sous pour la bonne cause et apporté leur cagnotte à la «Tribune», accompagnée de ces mots:

«Quand approche la Noël/Notre fier Jules le bel/Pense aux défavorisés/Et soudain, il entre en transe/Poussant Genève à la danse:/ Ses amis de tous côtés/Convergent vers la Tribune

Cent mille petits cochons/À peine sortis de leurs boîtons/Tout gonflés de picaillons/Apportent à notre Julie/Les Thunes de la compassion.»

C’est-y pas joli? J’adore l’image de ces cent mille petits cochons gonflés de picaillons venant livrer leur pognon. Bon, cent mille, faut pas rêver!

Il y a certes des tas de crousilles qui se remplissent ces jours dans ce canton. Mais sûrement pas autant qu’espéré par nos joyeux vadrouilleurs, et sans doute pas toutes pour la Thune du cœur.

Et pour cause. Les Genevois ont toujours plus de peine à tourner, ce n’est pas un secret d’État. Le peu qu’ils ont, ils le gardent. Normal. Et puis il y a tous ces citoyens qui n’en peuvent plus d’être sollicités de toutes parts. Nos boîtes aux lettres débordent de demandes de dons venant de partout. Alors pourquoi donner à la Thune?

Parce que c’est local (argument imparable dans les campagnes publicitaires), bio (Jules est élevé uniquement à l’oseille pure) et durable (l’argent alimentera longtemps les associations qui le recevront.)

Autre argument: si tous les Genevois donnaient juste une thune à notre action de solidarité, ça ne ferait pas trop de mal à leur porte-monnaie, mais ça donnerait un sacré coup de pouce aux plus défavorisés d’ici.

Je rappelle à toutes fins utiles que les bénéficiaires de la Thune 2018 sont Partage, Carrefour-Rue et le Bateau Genève.

Alors par ici les petits cochons gonflés de picaillons…

Ce n'est qu'un au revoir...

6 décembre 2018

À la fin d’octobre, un encart plein d’humour était publié dans les pages de la Julie pour annoncer le décès de la bijouterie Zbinden, établie à la rue de Coutance depuis 1929 déjà.

Pas de quoi rire, me direz-vous. Un commerce qui ferme, ce n’est jamais un bon signal pour l’économie locale.

Mais les bijoutiers qui vont bientôt mettre la clé sous le paillasson sont visiblement de nature enjouée, si l’on en croit l’annonce se terminant en ces termes: «Les cérémonies solennelles de liquidation du stock, pendant lesquelles un dernier hommage pourra être vendu, auront lieu jusqu’en fin d’année. Paix à son âme.»

En réponse à cet avis mortuaire un brin décalé, un poème nous est parvenu, adressé précisément à la bijouterie Zbinden. Je vous le livre tel quel:

«En ces moments de dernière séance/Je t’adresse mes sincères condoléances Cette décision de Jean-Jacques et Michelle/Va faire pleurer tes amis et ta clientèle Mais ton nom restera toujours vivant/Dans mon esprit et mon cœur d’enfant Une bijouterie célèbre comme toi/Ne meurt pas, même pas une fois Dans mon souvenir tu seras toujours là/Même si tu es dans l’au-delà Avec nos grands âges/On peut se rendre hommage Ne t’en fais pas, je te le dis/Bientôt on se verra au paradis.»

Signé Claudio Rudaz, 90?ans, ancien employé qui a beaucoup apprécié travailler dans cette entreprise familiale.

Alors là, je me dis que non seulement ces bijoutiers étaient de nature enjouée, mais qu’il devait aussi faire bon travailler en ce lieu pour qu’une personne, à la retraite depuis des lustres, prenne la peine d’écrire ces lignes. Vous connaissez beaucoup de commerces locaux capables d’inspirer de telles louanges? Je cherche…

Ventre à terre pour la Thune

3 décembre 2018

Bien remis de cette Course de l’Escalade diluée sur deux jours?

Pour les milliers de participants qui ont bravé les éléments ou les montées en Vieille-Ville, qu’est-ce qui l’emporte aujourd’hui? Les courbatures, la crève ou la satisfaction d’avoir bouclé un, deux, voire trois tours sur les pavés glissants et sous les vivats de la foule?

Pour ma part, j’ai adoré participer à ce bel effort collectif: avec Jules et sa bande de petits cochons, nous avons couru deux jours durant ventre à terre pour l’escalade de la Thune du cœur. Et on en est tout raplapla.

Raplapla mais comblés! Au parc des Bastions, nos tirelires roses ont mis les bouchées doubles. Certaines d’entre elles montaient la garde sur le stand de la «Tribune de Genève», bien au chaud à côté des marmites, et se remplissaient de sous au passage. D’autres étaient agitées par des mains amies pour aller titiller d’un peu plus près les mangeurs de la soupe de l’Escalade.

À ce propos, ceux qui prétendent encore que les enfants n’aiment pas la soupe aux légumes ont tout faux. Fallait voir tous ces poussins transis venir d’eux-mêmes demander un bol fumant, se lécher les babines, et parfois même en redemander. Faut dire qu’elle était rudement bonne, cette soupe! Il s’en est ainsi écoulé près de 2000?litres.

Et tandis que les gens se réchauffaient, nos chers gorets prospéraient. En deux jours, ils ont boulotté des billets de toutes les couleurs et dix kilos et demi de monnaie!

Dix kilos et demi de pièces, petites ou grandes, c’est vite assez lourd à trimballer dans son sac à dos, mais ça peut rapporter gros: nous avons ainsi collecté 4230?francs et 144?euros. Extra! Plus des roubles, des livres sterling, de vieux jetons de téléphone, des couronnes et le traditionnel bouton traînant au fond d’une poche. Marrant. Mais à tout prendre, je préfère les thunes aux boutons, même s’ils sont en nacre!

Jules campe aux Bastions

1er décembre 2018

Vous n’étiez peut-être pas au courant? La Course de l’Escalade se tient sur deux jours et c’est juste là, maintenant!

Deux jours d’efforts collectifs et de liesse populaire au centre-ville, vous imaginez comme ça va décoiffer? Pour Jules et sa bande de petits cochons, c’est la fête assurée. Enfin, s’il ne pleut pas trop des cordes dimanche…

Parce que pendant ces jours de folie, des milliers et des milliers de personnes vont passer par le parc des Bastions, centre névralgique de la manifestation. Là où, précisément, la «Tribune de Genève» se réjouit d’accueillir tous les marcheurs, coureurs, bénévoles, partenaires ou spectateurs transis pour leur offrir de quoi tenir le coup.

Par ici, la bonne soupe!

Pas besoin de se battre pour obtenir son bol fumant, il devrait y en avoir assez pour tout le monde. On a prévu 2000?litres de bonne soupe chaude, avec que des légumes et pas l’ombre d’un bout de lard dedans. Ceci pour ne pas froisser Jules et ses Julot, nos cochons chéris. Ils seront de piquet samedi et dimanche afin de se remplir la panse pour la Thune du Cœur.

Ces tirelires roses et coquines acceptent tout des buveurs de soupe: petits sous, thunes, billets de banque d’ici et d’ailleurs, même des euros. Tout ce qui entre fait ventre, n’est-ce pas? J’allais encore oublier l’essentiel: le stand de la «Tribune de Genève» se trouve à mi-chemin entre le café-restaurant des Bastions et les jeux d’échecs, un peu sur le devant. Et on vous y attend!

Ceux qui préfèrent éviter la Course de l’Escalade peuvent se rendre à la salle de gymnastique du groupe scolaire de Puplinge. L’association d’artisans Les Érables organise ce samedi et ce dimanche sa vente d’objets faits main, où l’on trouvera des trésors. Ces artisans ont garni un sapin avec des décorations de Noël qui seront vendues au profit de la Thune du Cœur. Deux cochons tirelires attendent également des dons à la caisse et à la buvette. Il y a donc de quoi faire en cette fin de semaine!

Un moment de partage

29 novembre 2018

C’était samedi dernier, lors du Samedi du partage.

Liliane attendait le bus à la place du Cirque, non loin du majestueux platane à qui l’on vient de refaire une beauté. L’attention de la passante est alors attirée par un spectacle qui la touche.

Assise sur une marche d’escalier, comme absente à ce qui se passe tout alentour, une dame sans âge mange une tranche de pain. Et tandis qu’elle se nourrit, elle émiette aussi son pain, pour que d’autres profitent de ce modeste repas: trois pigeons et deux corneilles…

«J’ai trouvé ce geste très beau, très émouvant: le peu qu’elle avait, elle en faisait profiter ses compagnons de misère. Oui, je sais qu’il ne faut pas nourrir les pigeons. Mais c’était la journée du partage!»

Toute à ses réflexions, Liliane se dit encore qu’en cette période de ruée sur les achats de Noël, il faudrait peut-être réfléchir à ce geste du cœur.

Eh bien, au même moment, comme par magie, des milliers de Genevois ont eu ce geste du cœur en participant au 25e Samedi du partage, qui s’est déroulé dans 80 magasins du canton.

Résultat des courses? 161?tonnes de denrées récoltées, soit des produits alimentaires non périssables et des articles d’hygiène. C’est extraordinaire!

Un tel résultat prouve que les habitants de ce canton sont toujours aussi généreux et qu’ils sont nombreux à donner de leur temps pour qu’une telle opération puisse avoir lieu.

On nous dit que 1100 bénévoles ont été à pied d’œuvre pour distribuer les jolis cabas rose pétard de Zep, récupérer leur contenu et répartir ensuite le tout dans des palettes. 1100 bénévoles, vous imaginez?

Avec la récolte organisée en juin, le total annuel du Samedi du partage se monte désormais à 308?tonnes, établissant ainsi un record de denrées récoltées. Chapeau, les Genevois!

Le surveillant sauve une vie

27 novembre 2018

Pedro est un héros. Même s’il affirme aujourd’hui n’avoir fait que son boulot, celui de surveillant de réseau TPG. L’homme porte un gilet jaune sur son uniforme bleu nuit et sa mission est de faciliter le trafic, pas de le bloquer…

C’était le vendredi 12 octobre, en fin d’après-midi. Ce père de famille s’en souvient comme si c’était hier. Il y avait du monde dans le secteur de Rive, pas mal de circulation et d’agitation.

Alors qu’il se trouvait sur un trottoir, rue de Rive, à l’angle de la rue d’Italie, côté Vieille-Ville, le surveillant a comme une intuition. Les sens en alerte. Un tram est à l’arrêt sur sa droite tandis qu’un autre arrive sur sa gauche, roulant en direction de Moillesulaz.

Et que voit-il entre ces véhicules, sur le trottoir d’en face? Une dame avec deux enfants. La scène dure deux ou trois secondes: le garçon (7-8?ans) échappe soudain à la surveillance de sa nounou et s’élance sur la rue. La femme le rappelle à l’ordre. Il revient donc sur ses pas mais se ravise, fait brusquement volte-face et court traverser les rails.

À la seconde même, le wattman active freins et sonnette d'alarme et Pedro hurle un interminable «Noooon!» tout en se précipitant sur l’enfant. Il le saisit au vol, le prend à bras-le-corps et pivote pour le mettre à l’abri, sentant le tram frôler son dos. Grosse, grosse frayeur!

Le temps est suspendu: l’homme serre contre lui le gamin en pleurs, tout en le rassurant, comme si c’était son enfant. Un motard, témoin de la scène, fait le signe de croix, deux touristes lèvent le pouce en sa direction. Bravo!

Et tandis que la nounou sermonne le garçon, Pedro va lui acheter un donut au chocolat, pour le consoler. Il fera de même pour la sœur, toute retournée. Puis il s’isolera dans la rotonde de Rive, pour se remettre de ses émotions.

À quoi servent les surveillants de réseau TPG, se demandent parfois les clients. À sauver des vies, par exemple! Vive Pedro et le wattman inconnu.

La Thune, c'est par ici!

24 novembre 2018

Avez-vous mis les pieds au centre-ville ou dans les grands magasins, hier, lors du Black Friday? Noir de monde!

Un peu partout des gens se bousculaient, pressés d’acheter les actions du jour, de dépenser sans compter, de réaliser de superbes affaires. Très bien. Ça voudrait donc dire que les Genevois sont pleins de thunes

Ce serait une excellente nouvelle. Si elle se vérifie, je n’ai plus aucun souci à me faire: mon Jules sera bien nourri cet hiver! Et la Thune du Cœur, qui vient de reprendre du service, grimpera vite vers des sommets inégalés.

Cinq francs économisés sur l’achat d’un vêtement ou d’un appareil vidéo lors du Black Friday? Bling! Vlà une thune qui tombe dans la panse de Jules. Dix balles de bon sur un autre article soldé? Bling! Tout est bon pour le cochon. À ce rythme, notre quête prendrait vite de l’ampleur!

Mais non, ça ne marche pas comme ça. Dommage, ça aiderait. Cela dit, je ne vais pas me plaindre. Les premiers dons sont déjà arrivés et ils me mettent en joie. Ainsi cette collecte organisée avant l’été à l’occasion du départ à la retraite de José, qui fut traducteur dans une organisation internationale. Il ne voulait pas de cadeau, mais plutôt faire un geste pour les démunis d’une ville qui lui a beaucoup apporté. Pas dit que José lise l’Encre Bleue à Madrid, où il est retourné vivre. Mais un grand merci à lui et à ses collègues, qui ont bien nourri Jules, invité à ces agapes internationales.

Merci aussi aux fidèles donateurs, Olivier, Rosemary et Nicodème, à ce monsieur discret venu glisser ses gros billets jaunes dans une petite enveloppe «pour Jules», sans autre commentaire, ainsi qu’à toutes ces mains qui filent des pièces au nourrain en passant.

Et puis, si l’on ne peut pas compter sur le Black Friday pour remplir Jules, faudra inventer autre chose. Vous avez des idées peut-être? N’hésitez pas, soyez créatifs! Demander le forfait restau des conseillers municipaux, dites-vous? Pourquoi pas!

L'insolence des capucines

22 novembre

Dans les cimetières se trouvent des fleurs convenables, et d’autres pas.

Il y a celles qui savent se tenir à leur place, sans manifester trop d’exubérance. Elles remplissent sagement leur mission. Ce sont les fleurs «propres en ordre».

Et puis il y a les sauvageonnes, les pimpantes, les pleines de vie, au point de dépasser les limites de la bienséance funéraire et d’oser ramper hors du cadre. Les capucines, par exemple!

Sylvie avait semé des graines de cette plante ornementale en mai sur la tombe d’un être cher, au cimetière de Chêne-Bourg. Les graines s’y sont plu et la végétation a joyeusement prospéré, allant jusqu’à recouvrir le sol de jolies feuilles rondes et d’une multitude de fleurs jaunes dansant au vent.

Ces belles ont traversé la sécheresse de l’été sans faiblir et se sont épanouies jusqu’au début de ce mois, prenant même leurs aises sur une allée du cimetière. Or ça ne passe pas, en période de Toussaint et de chrysanthèmes.

Les gardiens du temple n’ont pas apprécié l’insolence des capucines. Ils ont photographié les coupables et fait remonter l’affaire jusqu’à l’administration communale. La famille a donc été contactée pour que cesse cette transgression du règlement des lieux.

La mort dans l’âme, Sylvie a dû faire entendre raison à ces fleurs volubiles à grands coups de sécateur. Tout en tranchant dans le vif, elle imaginait déjà commander des graines de capucine à des généticiens horticoles et néerlandais capables, sans doute, de bricoler une plante fournissant des buissons de taille réglementaire pour nos cimetières…

Et que sont devenues les fleurs coupées? La jardinière les a mangées! Car elles ne sont pas seulement jolies, les capucines. Elles sont aussi comestibles et font d’excellentes comptines enfantines: «Dansons la capucine/Y a du plaisir chez nous/On pleur’ chez la voisine/On rit toujours chez nous/Youh!» Youh!

Des thunes pour la Thune

20 novembre 2018

Vous voulez que je vous raconte une histoire? Il était une fois un cochon de boucherie, en céramique rose tendre, aux formes pleines et aux yeux taquins surnommé Jules.

Le Jules de la Julie, donc. Il roupillait tranquille depuis des mois dans un placard qui n’avait rien de doré. Et puis un jour, quand le froid fut venu, quand les premières décos de Noël firent leur apparition dans les rues marchandes et les devantures des grands magasins, il se dit qu’il était temps de sortir de son boiton. Histoire de se remplir le bidon.

À ce stade du récit, je dois vous dire que son insatiable appétit d’oseille n’est pas signe de boulimie maladive ou d’égoïsme forcené. Car ce cochon-là est plutôt partageur: s’il s’apprête à boulotter tant et plus et gonfler jusqu’à s’en faire péter la panse, c’est pour la bonne cause. Celle de la Thune du Cœur.

Ce grand jour est donc arrivé: Jules reprend du service dès aujourd’hui à la réception de la «Tribune de Genève». Tout le monde est invité à venir glisser dans sa bedaine réjouie une thune, ou plus, ou moins, selon ses moyens. Tout le monde, à savoir les banquiers, les minots, les retraités, les internationaux, les pompiers, les puciers, les fonctionnaires, les sportifs, les actifs, les politiques, vous, moi. L’essentiel étant de participer à cette action de solidarité genevoise en faveur des plus démunis.

Si c’est trop compliqué de venir nourrir Jules sur place, on peut aussi lui envoyer des pépètes par voie postale ou bancaire, les coordonnées de son compte figurant sous ma signature.

Et quels sont les bénéficiaires de la Thune du Cœur 2018? Il y a Partage, l’indispensable banque alimentaire genevoise; Carrefour-Rue, qui se démène pour nourrir et loger des personnes sans-abri; le Bateau Genève, qui les accueille à bord. Nous ferons meilleures présentations plus tard.

Car pour l’heure, Jules manifeste avec impatience: des thunes pour la Thune!

JULIE-LA THUNE DU CŒUR/UBS SA Numéro 0240-504482.01K IBAN CH080024024050448201K BIC UBSWCHZH80A

Les pépètes de la discorde

3 novembre 2018

Ce père de famille vient de finir ses payements mensuels et il en ressort totalement lessivé: loyer, impôts, assurances maladie, frais de dentiste du petit dernier, lunettes pour lui, plus les frais en tous genres qu’il faut bien régler, sous peine de poursuites. Comment s’en sortir?

Car au bout du compte, il ne reste plus grand-chose dans les caisses pour faire tourner le ménage. Oh, ce n’est pas la misère, c’est juste suffisant. Mais pour dire qu’il bosse à plein temps, sans parler des heures supplémentaires, il pourrait espérer respirer un peu plus librement. Comme beaucoup de contribuables genevois, d’ailleurs.

Mais non. Il doit compter ses sous. Pas de quoi faire la bamboula, commander du champagne, téléphoner pendant des heures ou prendre le taxi quand ça lui chante.

Alors quand il apprend le montant et la nature des frais professionnels de certains membres de l’Exécutif de sa ville, révélés par le rapport de la Cour des comptes, son sang ne fait qu’un tour! Comme celui de beaucoup de contribuables genevois, sans doute.

Il empoigne fissa son téléphone et demande à parler à l’élu Barazzone au sujet du bon usage des deniers publics. L’élu n’est pas là. C’est une secrétaire, qui n’y peut rien, qui essuie le courroux citoyen. Parce qu’en définitive… «C’est nous qui paye! Sans blaague! Meerde!» comme le clamait si bien Coluche.

Le politicien a donc fait amende honorable et remboursé les frais. Ça ne se fera plus, disent la bouche en cœur ses collègues. Jusqu’à la prochaine fois.

Mon ami Jules, lui, flaire la bonne affaire. À l’heure où des élus pris la main dans le pot de confiture veulent se faire pardonner, il accepte volontiers leurs pépètes. À charge, pour lui, de les redistribuer à ceux qui en auraient bien besoin. C’est pas une bonne idée?

Cela dit, je prends congé quelques jours et rentre juste à temps, le 20 novembre, pour lancer la Thune du Cœur. Car elle est plus utile que jamais!

Comment payer du vent

1er novembre 2018

«Rappel de paiement». Le motif est écrit en caractères gras sur la lettre. Comme pour signaler au client genevois l’inconvenance d’avoir laissé la facture en souffrance.

Rappel de paiement, donc. Le courrier lui est adressé par les Chemins de fer fédéraux suisses, Berne. Du sérieux, du lourd, les CFF! L’entreprise se manifeste auprès de l’usager du rail pour le paiement de son abonnement demi-tarif.

Elle lui indique la période de facturation et le montant attendu. Puis à la ligne d’en dessous figure la date à laquelle le client s’est acquitté de son dû. Mathématiquement, cela donne: CHF 165.00-CHF 165.00=CHF 0.00. Tel est le solde en faveur des CFF.

Absurde, n’est-ce pas? Mais attendez: «Vous n’avez peut-être pas vu que le montant de CHF 0.00 n’a pas encore été payé. Merci de bien vouloir payer la facture d’ici telle date à l’aide du bulletin ci-joint.» Le client n’en croit pas ses yeux, et pourtant…

Le ridicule ne tuant pas, le papillon rose qui accompagne la missive comprend effectivement le montant de «0.00» franc à régler sur le compte des Schweizerische Bundesbahnen SBB. «Si votre paiement a croisé ce courrier, signale aimablement l’employé zélé, veuillez ne pas en tenir compte.»

Mais comment payer du vent?

Une autre absurdité, relevée par une dame qui aime faire des bricolages avec son petit-fils, lorsqu’elle en a la garde. Elle se rend dans une grande surface pour acheter de la pâte à modeler avec laquelle on joue à refaire le monde.

Une fois qu’elle a enfin dégotté l’article, elle le regarde sous toutes les coutures, ne reconnaissant pas la matière de son enfance. Mais ce qui la scotche sur place, c’est la notice sur l’emballage: «Sans gluten ni arachide»! Au fait, c’est pour bricoler ou pour manger, la pâte à modeler?

On se pince!

L'absent et les présents

30 octobre 2018

Inutile de le chercher du regard dans le ciel gris. Il est aux abonnés absents!

Cette nouvelle ne va pas affoler la République: avec le froid de canard qui vient de s’abattre sur la région, les passants ont sans doute mieux à faire que d’admirer le Jet d’eau!

N’empêche. Depuis hier et jusqu’au mercredi 14 novembre, des travaux de maintenance vont couper le sifflet du grand jet. Il faudra faire sans lui. Puis expliquer la chose aux gens de passage qui n’en savent rien et qui le cherchent partout des yeux. J’ai déjà renseigné un car de Japonais à ce sujet. Y’a pas à dire, je devrais être sponsorisée par Genève Tourisme ou par les SIG…

Quant aux abonnés présents par tous les temps, on peut compter sur les contractuels!

Oh, ceci n’est pas de l’acharnement contre ces agents. Juste un questionnement. Pourquoi faut-il que certains d’entre eux sévissent toujours là où l’on vient, le cœur en charpie, dire adieu à un membre de sa famille ou à un ami?

De nombreux automobilistes sont ainsi gaulés quand ils se rendent au Centre funéraire de Saint-Georges. Le parking étant souvent saturé, les gens se garent comme ils peuvent dans l’enceinte du parking, mais pas juste là où il faut. À la sortie de l’enterrement, un papillon les attend. Ça les rend encore plus chagrin. Ou colère.

Pas de salut non plus pour ceux qui trouvent une place en zone bleue sur le plateau de Saint-Georges. Une femme l’a appris à ses dépends. Avant d’aller à une cérémonie, elle place bien en vue sur le pare-brise le disque bleu décoré avec une tête de chat par son petit-fils.

C’est mignon comme tout, mais pas réglementaire aux yeux de l’agent qui lui colle un PV. La dame le conteste, mais la direction du stationnement, n’entre pas en matière. La conductrice est amendée pour ne pas avoir placé de manière visible son disque de stationnement. Et bing, 40?francs l’enterrement. Voilà qui lui remonte le moral!

Passage à l'heure d'hiver

27 octobre 2018

Que se passe-t-il généralement après dissipation des brouillards matinaux sur le plateau?

Le soleil peut briller, comme ce fut le cas vendredi. L’astre joue alors à cache-cache cache avec des bandes nuageuses. Ce grand taquin parvient presque à nous faire croire que la partie n’est pas perdue d’avance. Et que nous n’allons pas bientôt verser dans une longue zone dépressionnaire dont on ne verra pas le bout de sitôt.

Mais en cette fin de semaine, changement de programme. Après dissipation des brouillards matinaux sur le plateau, il y aura surtout d’autres nuages au rendez-vous. De gros nuages gorgés de flotte qui vont se vider sur la terre assoiffée.

Vive la pluie donc, et bienvenue à ses compagnes de saison, puisqu’on ne peut pas faire autrement. Bonjour les grisailles, les températures frisquettes, l’écharpe sur le nez, les pieds mouillés et le rhume de cerveau.

Il y aura bien sûr aussi des temps nuageux sans précipitations, avec ces masses compactes et menaçantes qui bouchent le ciel et nous le font trouver si bas de plafond.

Ce brusque basculement de la météo correspond pile-poil cette année au passage à l’heure d’hiver. Et à la fin des vacances scolaires. Autant de raisons de profiter à fond du seul bon côté de ce dimanche gris. Nous gagnons enfin une heure!

À trois heures du matin, il sonnera deux heures. Bonheur! Il faudra reculer les montres et déguster comme il se doit ces soixante minutes offertes sur un plateau. Nous pourrons ainsi rester plus longtemps au pageot, bouquiner tranquille, aller voir la famille ou regarder tomber la pluie derrière la vitre de la cuisine.

Ce rab de temps à utiliser pour tout ou rien risque bien d’être le dernier puisqu’il est question, au niveau européen, de mettre fin à ces changements d’heure. Profitons-en!

Des bras pour le Téléthon

25 octobre 2018

«Aidez-nous à les aider»…

Tel est le credo des nombreux bénévoles qui s’activent à Genève depuis vingt ans déjà pour le Téléthon.

Le Téléthon? C’est une action, ou plutôt une chaîne du cœur, qui récolte inlassablement des fonds en faveur de toutes les personnes, enfants et adultes, atteintes par des maladies génétiques dites rares.

Comme elles touchent justement peu de monde, il faut compter sur la générosité du public pour faire avancer les recherches médicales susceptibles de soulager les malades.

Et pour lever des fonds, rien de tel qu’une bonne soirée de gala, comme celle prévue ce samedi 27 octobre à la salle des fêtes du Lignon, pour marquer les 20 ans de cette action.

Si les organisateurs ont craint un instant de ne pas pouvoir rassembler assez de monde à cause des vacances scolaires, ils sont finalement victimes de leur succès: le repas de soutien affiche complet! La soirée anniversaire sera animée par la Compagnie des années 80, Los Hermanos Paraguayos et une vente aux enchères. De ce côté-là, tout va bien, merci.

Mais les bras manquent pour pousser les chariots de repas et servir les convives! La présidente du Téléthon Genève cherche donc des bénévoles pour assurer le service. Ce serait tout de même ballot de devoir payer des gens quand on est là pour récolter de l’argent! Les personnes intéressées peuvent se manifester auprès d’elle jusqu’à vendredi en fin d’après-midi (schristiane@bluewin.ch).

Tous les bénéfices de la soirée seront versés au Téléthon Suisse, qui affectera ensuite la moitié à la recherche médicale et l’autre moitié aux malades.

Et pour les personnes qui aimeraient encore donner un coup de main à cette cause, ne pas oublier la vente de peluches Téléthon qui aura lieu à Genève les 7 et 8 décembre prochain.

«Aidez-nous à les aider!» Chiche?

Le temps béni des patates

23 octobre 2018

On peut les nommer comme bon nous semble: relâches, vacances d’automne ou vacances de patates, pour faire encore produit du terroir.

Quel que soit leur nom, le résultat est le même: c’est un temps béni pour ceux qui partent au loin, comme pour ceux qui restent dans le coin.

Je ne vais pas me mettre à la place des gens qui ont abandonné le bout du lac pour changer d’air, puisqu’ils se déplacent justement un peu partout, pour se retrouver souvent nez à nez avec d’autres Genevois en vadrouille. Passons. J’imagine qu’ils y trouvent du plaisir.Mais je peux parler de ceux qui ne bougent pas d’ici et qui font tourner la baraque ces jours-ci: même au boulot, c’est plus facile! Les collègues arrivent le matin détendus, sans avoir dû se battre dans une circulation folle pour arriver sains et saufs au turbin. Ça aide, au quotidien.

Et puis les passants respirent mieux dans les rues; les automobilistes n’en viennent pas aux mains pour trouver une place de stationnement; le bruit de la ville s’atténue; les queues diminuent aux caisses des commerces, sauf dans les pharmacies: les malades ne connaissent hélas pas les vacances…

On ne le dira jamais assez: c’est si bon, les relâches à Genève, quand la moitié des habitants ne sont plus là! Alors on grappille quelques heures çà et là pour repartir à la conquête de la ville et de la campagne environnante. Elles sont si belles en ce moment! Si aimables, si douces sous le soleil qui n’en finit pas de dorer la peau et les coteaux.

Et si la délicieuse Crémerie du parc La Grange est officiellement fermée depuis dimanche, sa terrasse était encore ouverte lundi, afin de profiter de ces derniers beaux jours pour dire adieu à sa fidèle clientèle. D’autres terrasses genevoises jouent aussi les prolongations jusqu’à mi-novembre.

Tel est le temps béni des patates!

Flashes à répétition

20 octobre 2018

Un flash dans la nuit. Manquait plus que ça! Faut croire qu’elle roulait trop vite sur l’autoroute française qui la ramène à son domicile genevois. Agacée par l’inattention qui va lui coûter bonbon, la conductrice passe la frontière et s’arrête à la première station-service.

Ses gestes sont mécaniques: elle sort sa carte pour payer l’essence, pose son portefeuille en peau de vache sur le capot de la voiture, remplit le réservoir, remonte dans l’habitacle et met les gaz, tout en ruminant!

En route, la jeune femme entend bien un bruit étrange, mais n’y prête pas garde. Pareil pour ces appels perçus au loin. Ça ne la concerne pas. Sa soirée se poursuit en mode récréatif, mais sa bonne humeur retrouvée ne va pas durer longtemps: en rentrant chez elle, elle réalise que son porte-monnaie a disparu, tombé sans doute bêtement sur la route alors qu’elle roulait.

Un flash de panique la saisit. Au secours, il faudra refaire les papiers officiels, les cartes bancaires et compagnie. Parce que, forcément, il y a tout dans cette pochette. Et tandis qu’elle balise ferme, le téléphone sonne. Il est près de 23?h?30.

«Police. Votre porte-monnaie a été retrouvé! Deux messieurs nous l’ont rapporté au poste. Et nous, voyez-vous, on est en patrouille dans votre quartier. On vous le rapporte?»

«Là, maintenant? Pourquoi pas!» Rendez-vous est pris après minuit à la poste de Montbrillant, déserte et sinistre. La Genevoise n’en mène pas large. Serait-ce un traquenard? Mais voilà qu’arrive soudain la voiture de police. Deux jeunes hommes en uniforme en descendent, saluent et remettent le portefeuille à sa propriétaire, un peu aplati mais complet. Tout y est. La restitution se fait en toute simplicité, sans chichi ni papier à signer.

Nouveau flash dans la nuit: il est dans cette cité des policiers de proximité, adorables, prêts à rendre service. Comme des amis. Elle les aurait volontiers embrassés!

La ville cimentée

18 octobre 2018

Ils sont d’ordinaire si discrets. Si invisibles, aux yeux de la grande majorité des habitants de ce canton.

Ils bossent pourtant pour nous tous, sur les chantiers publics ou privés du bout du lac. Ils œuvrent par n’importe quel temps, dans des conditions qui ne font rêver personne. Et pour des salaires qui ne disent rien de la pénibilité de leur travail.

Ils viennent souvent d’ailleurs pour prêter leurs bras à la construction de ce pays, n’osant pas dire haut et fort ce qu’ils endurent. Par crainte de perdre leur emploi. Ou par simple résignation. Ils en ont vu d’autres.

Leurs corps sont fatigués, usés avant l’âge.

Mais un jour, quand ils estiment que c’en est assez, les maçons finissent par descendre dans la rue. Ils font masse. Ils existent. À ce moment-là, la grande majorité des habitants de ce canton les remarque enfin.

Car l’action de ces hommes cimente la cité. Pas seulement en bloquant un pont, en paralysant la circulation, en empêchant les habitants de se rendre à leur boulot, les prenant ainsi «en otage», comme on a pu l’entendre.

Cette action rapproche aussi des gens que tout pourrait opposer. Comme ces policiers, chargés d’encadrer le cortège, que l’on surprend à dire entre eux que, finalement, ces manifestants se battent comme eux pour leurs conditions de travail, et que c’est assez normal.

D’autres citoyens s’agacent également contre la grosse artillerie déployée par les forces de l’ordre pour encadrer ce rassemblement, avec canon à eau et hélicoptère pour couronner le tout. «Les maçons ne sont pas des casseurs mais des bâtisseurs!» s’énerve une passante.

«Construis ton avenir, deviens maçon», disait une publicité en son temps. Or l’avenir, il se joue maintenant!

L'alimentation pour tous

16 octobre 2018

La «faim zéro» sur la planète Terre, c’est possible, en 2030. Pour parvenir à l’objectif fixé par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), il faudrait que chacun, à son niveau, y mette également du sien. Oui mais comment?

Vous le saurez en vous rendant aujourd’hui dans le hall de la gare Cornavin. À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, ce mardi 16 octobre, de nombreux intervenants animeront un stand d’exposition sur ce thème, et cela de 9?h à 19?h.

Quelques chiffres, peut-être? L’an dernier, rapporte la FAO, 821 millions de personnes souffraient de sous-alimentation chronique, alors que 1,9 milliard d’individus étaient en surpoids. Dont 672 millions d’obèses. C’est dire si la balance est déréglée!

Tout au long de la journée, des représentants de l’agence onusienne et de la banque alimentaire genevoise Partage échangeront avec le public sur les problématiques de la «faim zéro».

Mais on ne se nourrit pas que de chiffres et de rapports. Pour sensibiliser les voyageurs et passants au gaspillage alimentaire, Partage leur offrira une bonne soupe, préparée avec des légumes invendus et récupérés dans le canton. Pour rappel, Partage récolte chaque année plus de 1 000?tonnes de denrées alimentaires auprès des commerces et des grandes surfaces pour les redistribuer gratuitement à 57 institutions sociales. On estime que 12?700 personnes sont ainsi aidées chaque semaine à Genève.

De 11?h à 18?h, des personnalités politiques, sportives ou culturelles vont retrousser leurs manches pour distribuer la soupe à la louche. Parmi elles, Jean Ziegler, Esther Alder, Brigitte Rosset, Chappatte. Mais aussi Jean-Marc Richard ou Chris McSorley. Et quand la soupe sera bue à Cornavin, le Jet d’eau s’illuminera en bleu pour signaler cette Journée de l’alimentation. Pour tous.

Campagne de séduction

13 octobre 2018

À la mi-septembre, Jean a reçu chez lui un courrier de la Tribune de Genève adressé à son père, fidèle lecteur de la Julie en son temps. Or le Monsieur n’est plus de ce monde depuis 2013 déjà. Moche!

Le fils, assez remonté, m’a donc rapporté la chose avec, en prime, l’avis de décès de son paternel paru dans nos pages il y a un lustre. «Alors quoi, ça ne passe pas les infos, chez vous? Vous ne recoupez pas les bases de données pour éviter une telle gaffe?»

Ben non, à l’évidence! Car j’ai reçu d’autres témoignages allant dans ce sens. De gens pas contents du tout. Pour relativiser la portée de cette grogne légitime, les pros du marketing m’ont signalé que cette erreur d’aiguillage, certes regrettable, était plutôt rare.Mais que le risque zéro n’existait pas lors d’une campagne d’abonnement.

Et pourquoi donc? Parce que cette nouvelle opération de charme vise à reconquérir le cœur d’anciens abonnés. Or il est difficile de savoir pourquoi un abonné ne l’est plus. Car jusqu’à nouvel ordre, il n’a pas à se justifier!

Les causes du désamour n’étant pas précisées en fin de contrat, comment savoir si la personne à qui «l’offre exclusive» est adressée est toujours vivante?

Il faut que les proches d’un abonné signalent son décès pour que son nom ne figure plus dans cette base de données. Base qui n’a rien à voir avec celle des annonces mortuaires paraissant dans le journal. Vous me suivez toujours, au milieu de ces joyeusetés?

Des milliers d’envois personnalisés ont donc été envoyés cet automne, avec le prénom des personnes ciblées écrit en gros et gras. Heureusement, le slogan «Tu nous manques!» qui avait filé de l’urticaire à certains lors d’une précédente campagne, n’est plus de mise. Même si celle-ci avait fait un tabac…

Cela dit, n’hésitez surtout pas à vous abonner ou réabonner, histoire d’assurer santé et longue vie à la Julie!

Arnaque au lit orthopédique

11 octobre 2018

Les malfrats ont une imagination sans bornes dès qu’il s’agit de truander une personne âgée, seule ou handicapée, femme de surcroît. Hélène cumule ces facteurs de risque! Pire: elle est sous médicaments après une mauvaise chute quand elle se fait aborder par un gentil «papy» à la poste de son quartier.

Ce monsieur rassurant œuvre pour la société Nature & Bien-Être. Il babille avec l’aînée, dont il sait presque tout: elle fait ainsi partie de la même église que lui, quelle bonne surprise! Elle se fait vite embobiner par ces bonnes paroles et montre de l’intérêt pour un lit orthopédique figurant dans le catalogue qu’il tient en main. Elle choisit finalement un coussin et donne son adresse pour la livraison: avec ses cannes, elle ne porte plus rien.

L’après-midi même, le papy se pointe chez Hélène. Avec le coussin. Et un jeune homme, connu des services de police. Mais ça, bien sûr, la dame ne le sait pas encore. Car ce qu’elle voit sur son palier la laisse sans voix: il y a là un lit orthopédique «à l’essai» qui pourrait remplacer son plumard à bout de souffle!

Elle n’a pas le temps de réaliser ce qui lui arrive que très vite, le type aux cheveux blancs asperge l’appartement de spray à l’aloe vera «bienfaisant» qui lui fait tourner la tête. Et quand elle voit, comme dans un rêve, son vieux lit partir et le nouveau arriver tout bien emballé, Hélène se dit qu’elle a fait une bonne affaire. Personne ne lui a jamais offert un tel service!

Alors elle règle illico le montant demandé: 5000?francs, tout de même. Sans reçu, bien sûr, il sera fait tout à l’heure à l’ordinateur. Le papy reviendra le lendemain avec le contrat à signer et en profitera pour brancher le lit. En partant, il lui laisse sa carte de visite.

Or le soir, quand elle soulève la toile qui cache son achat, Hélène découvre un lit bas de gamme, pas orthopédique pour un sou. Et en appelant au numéro donné, elle voit qu’il n’existe pas. La police l’a alors consolée comme elle a pu…

Ces petit riens attachants

9 octobre 2018

La vie est faite de ces petits riens qui n’arrivent pas toujours à trouver place dans ce billet. Ils sont trop courts, trop perso, trop ci, trop ça, voire pas assez. Or ils ont juste ce petit truc qui me donne envie d’en faire quelque chose. Mais quoi? Et les jours passent…

Or ces courriers et ces notes finissent par s’impatienter. Pourquoi les autres passent et nous pas? Euh, parce que vous êtes bien trop disparates. Et où est le problème? Bon d’accord!

Alors Julie, si tu tapes «Prison de Champ-Dollon» sur Internet, tu sauras que l’établissement est ouvert 24?heures sur 24. Moi, perso, je le préfère fermé jour et nuit, et plutôt à double tour! Certes…

Quoi d’autre? Les avocats n’en font qu’à leur tête, mais ce n’est pas un scoop! Alors que le papier recyclé est d’usage au Tribunal et dans l’administration, ces gens de loi utilisent encore et toujours du papier «plus blanc que blanc». Ça fait chic. C’est plus cher. Or quand chaque dossier de cent pages est tiré à cinq exemplaires, ça fait vite des milliers de feuilles qui finiront de toute façon jaunies sur une étagère, à côté de milliers d’autres. Pourquoi pareil gâchis?

Mais encore: le calendrier 2019 des vacances scolaires qui se vend actuellement aux plus offrants dans les rues de la ville a beau être en carton recyclé, il ne fait pas forcément l’affaire. Et pour cause: les informations figurant près de la bouille sympathique d’un dauphin et d’un gentil petit phoque sont communiquées par le Ministère de l’Education Nationale. Celui de France, donc. Avec les détails pour les zones A, B et C. Pour les dates des vacances scolaires genevoises, faudra aller voir ailleurs.

Comme ce fumeur occasionnel de cigare, surpris en train de se livrer à cette activité délicieusement coupable à l’air libre, dans la rue. Des yeux noirs le regardent et le fustigent. Il dérange, c’est sûr. Il devrait dégager. Loin du bal! «Tout est tabac, mais tout est tabou…»

Un bénévole aux poursuites

6 octobre 2018

«Dommage que ça finisse comme ça, nous étions tous des bénévoles. Et on était là pour aider!»

Il en a toujours gros sur la patate, Gérald. Car cet ancien responsable des Sauveteurs auxiliaires est aux poursuites depuis des années. Pour une somme de 3000?francs qu’il ne paiera «jamais de la vie». Par principe. Faut pas pousser! Je vous résume l’affaire?

L’homme assis en face de moi a le sens du service public comme il ne s’en trouve plus beaucoup. Pendant un bon quart de siècle, il a œuvré avec d’autres camarades au sein de la section de la Cité, prêt à intervenir à tout moment en renfort sur des sinistres pour sécuriser, protéger des biens, mais aussi assurer la circulation ou donner un coup de main lors de grandes manifestations.

C’était pour lui une façon de rendre service à la collectivité. Gérald était ainsi président des quatre sections des Sauveteurs auxiliaires – Petit-Saconnex, Plainpalais, Eaux-Vives et Cité – qui toutes avaient leur propre histoire et fonctionnement.

Puis est arrivé un magistrat qui a voulu faire de l’ordre dans tout ça. Moderniser, centraliser, cadrer, surveiller. Ça vous rappelle quelqu’un?

Devant la tournure des événements, Petit-Saconnex et Plainpalais ont jeté l’éponge en 2012. La Cité a suivi. Un vrai crève-cœur pour cette section active depuis cent trente-neuf?ans à Genève.

Le problème? Avant leur dissolution, le magistrat avait versé aux quatre sections encore actives une partie de leur subvention votée par le Municipal. Il avait donc exigé la restitution de ce montant de 3000?francs.

Un groupe a refusé de le faire, estimant avoir assez donné et être mal payé en retour. Et c’est Gérald qui casque, en tant que responsable. «On n’a jamais espéré une médaille pour tout ce qu’on a fait. Mais une mise aux poursuites…!» Une sanction qui pourrait, qui devrait être annulée. Pour les bons et loyaux services rendus par ce bénévole et ses pairs aux Genevois.

On n'arrête pas le progrès

4 octobre 2018

Nos TPG passent à la vitesse supérieure. Pas dans la circulation, hélas, mais dans l’acquisition des titres de transport. La billétique se modernise, voyez-vous. Alors, comme dans toute période de transition, il faudra que chaque partie fasse preuve de souplesse pour que ça fonctionne à peu près.

Bientôt, le paiement par carte sans contact sera généralisé. L’innovation se met en place en ces jours d’octobre, avec la modification des 590 distributeurs fixes installés sur la voie publique. Là où des gens comme moi pourront encore acheter leur billet avec de la monnaie, à l’ancienne, en plus des autres moyens de paiement modernes.

Puis au mois de novembre, 310 nouveaux distributeurs automatiques équiperont les bus des lignes suburbaines et régionales du réseau TPG. Sur certaines d’entre elles, les deux types de machines (ancienne et nouvelle) seront maintenus, dans la mesure du possible.

Une exception est toutefois à signaler sur les nouveaux véhicules mis en circulation sur la ligne transfrontalière F. Car ces deux bus flambant neuf, qui roulent depuis la mi-septembre de Gex à Cornavin et retour, n’ont pas été équipés d’anciens distributeurs, et pas encore de nouveaux! Comment faire alors pour être en règle? Les usagers qui ne sont pas en mesure d’acheter un billet par SMS sont en plein désarroi.

D’autant que certains chauffeurs, lassés de répéter les mêmes consignes, intiment parfois rudement à ces payeurs désorientés de descendre vite fait du véhicule pour prendre leur titre de transport à un arrêt équipé d’un distributeur. Et prendre le bus suivant.

Or il faut savoir que pour les clients qui sont dans l’impossibilité de se livrer à un tel exercice, les contrôleurs des TPG sont habilités à leur vendre des tickets. Et ce jusqu’à la mise en place des nouveaux distributeurs mobiles.

Quand je vous dis qu’il faudra faire preuve de souplesse…

L'antichambre de l'hiver

2 octobre 2018

Fallait que ça tombe sur ce lundi de ciel bas, de pluie et de froid.

Un jour d’automne chagrin, avec de l’eau dans les trémolos: un immense artiste vient de tirer sa révérence et sa disparition, mine de rien, touche une corde sensible en nous.

Alors on se retire dans un coin pour réécouter, jusqu’à plus soif, les plus belles chansons de Charles Aznavour et prendre pleine mesure de la place qu’il a pu occuper dans notre existence. Même si ça remonte à loin.

«Je suis automne et je n’existe/Qu’aux jours et nuits de notre amour…» C’est qu’il savait si bien chanter l’amour, cet homme-là! Et à toutes les saisons de la vie. Chapeau, maestro.

Car nous autres vivants restons pour l’heure en automne, cette antichambre de l’hiver. Une période de préparatifs, de mises au point et de réglages en tous genres. Un temps à mettre en route la nouvelle édition de la Thune du Cœur, cette opération de solidarité genevoise qui redonne un peu de chaleur quand on gèle de partout.

J’allais précisément m’y atteler, en ce lundi de ciel bas, de pluie et de froid, quand on m’a soudain prise de court. Le fameux Nicodème est venu me livrer un bocal plein à ras bord de pièces de 5?francs, accumulées depuis des mois.

Une confiture d’argent qui vaut mille francs, accompagnée d’un petit mot doux: «C’est peut-être un peu tôt pour commencer de donner à bouffer à Jules… mais cet argent sera en sécurité dans son petit bedon. Dites-lui de bien se goinfrer, que plus il y aura de pièces, mieux ce sera. Bonjour l’indigestion!»

Un immense merci à Nicodème et à sa générosité légendaire. N’hésitez pas, comme lui, à vous y prendre assez tôt pour organiser collectes ou actions en faveur de la Thune du Cœur dans les communes, les clubs de sport, les écoles, les cercles culturels ou d’amis. «Ensemble, on est plus fort», disait l’autre. Aznavour aurait pu le chanter!

Le blues de la commerçante

29 septembre 2018

Les petits commerçants genevois ne sont pas vraiment aidés!

Ils étouffent sous le poids des charges et des contraintes. Ils rament face aux grosses enseignes. Ils subissent de plein fouet la concurrence de la vente en ligne. Et ils travaillent en plus avec des clients dont le pouvoir d’achat diminue comme une peau de chagrin.

Bonjour l’ambiance!

Pour s’en convaincre, suffit de faire un tour en centre-ville et de relever la quantité d’arcades fermées. Les gens mettent la clé sous le paillasson quand les affaires vont trop mal. Et quand ils se débrouillent couci-couça, ce sont les propriétaires des lieux qui les mettent à la porte. En espérant louer les locaux à meilleur prix, c’est-à-dire à un prix exorbitant.

Et ça plombe encore un peu plus l’ambiance…

Une bonne citoyenne genevoise, comme elle se présente volontiers, déplore cette lente asphyxie. Les rues marchandes perdent ainsi leur âme, et elle un pan de son histoire.

Car ses grands-parents ont fondé un commerce familial à la place du Molard, en 1958. Il y a 60?ans, donc. Puis son père a pris le relais. Et à son tour, elle gère ce magasin d’habits pour enfants. Mais plus à la place du Molard.

Car un jour de sinistre mémoire, cette femme a reçu la résiliation du bail commercial. C’est le début d’une longue bataille. Elle va remuer ciel et terre pour rester à sa place et continuer à pouvoir travailler au Molard. Las.

Après des années de procédure, les propriétaires ont obtenu gain de cause. Elle a donc vidé les lieux. Et déménagé plus loin.

Mais ce qui fait enrager notre commerçante, c’est que depuis ce départ forcé, qui remonte à plus de deux ans déjà, son ancienne arcade est cachée derrière des palissades noires où figure ce slogan: «prochainement un nouvel espace de vie»!

Avant, il y avait là de la vie. Pour l’heure, c’est plutôt mortel!

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