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ChroniquesL'encre bleue

Partie 14 de la série

Il est temps de dire merci

21 avril 2020

Merci! Le mot est tendance.

On le trouve ces jours sur toutes les lèvres. Sur tous les murs, les solides comme les virtuels. On le ressent dans nos cœurs et dans les applaudissements nourris qui ponctuent nos vies confinées chaque soir, sur le coup de 21h. Merci, encore merci!

Dire qu’il aura fallu cette pandémie pour que la population genevoise se rende compte, enfin, que son confort ne tombe pas du ciel! Et qu’il tient pour beaucoup à l’engagement quotidien et sans relâche de milliers de personnes œuvrant le plus souvent dans l’ombre.

La caissière du magasin, à qui certains acheteurs pressés n’accordaient pas même un regard, devient une héroïne, tout comme le facteur, qui ne sonne plus jamais deux fois, les livreurs de journaux, dont les étrennes passent trop souvent à l’as, les éboueurs, dont on se plaint généralement qu’ils font trop de bruit au petit matin.

Ces êtres dont le travail est indispensable au fonctionnement de la société sont soudain sous le feu des projecteurs. Il était temps!

Des tas de gentils mots ont ainsi fait leur apparition sur le chemin de Nantet, à Collonge-Bellerive. Ils expriment leur reconnaissance «à tous ceux qui continuent à nous servir durant cette période difficile», «à vous qui rendez nos vies enfermées plus supportables». Il y a aussi cette feuille adorable où il est écrit «Ça va aller!» avec des dessins de fleurs tout autour.

Et sur l’ensemble du territoire genevois, ce sont ces grandes affiches qui ont remplacé les publicités pour diffuser loin à la ronde «un grand MERCI» en lettres noires sur fond blanc.

Un tel message positif fait du bien au corps médical, à l’ensemble des travailleurs concernés, et à nous tous. Cette expression de gratitude publique nous change vraiment de l’ordinaire et nous rappelle à l’essentiel.

Alors, merci!

Rire, c'est bon pour la santé!

16 avril 2020

Rire, c’est bon pour la santé. Rien de nouveau sous le soleil…

Sauf que depuis le 17 mars dernier, les clowns qui se rendent d’habitude dans les hôpitaux et les institutions spécialisées ne peuvent plus y entrer pour détendre l’atmosphère. C’est bien dommage pour tous ceux qui sont à l’intérieur: les soignés comme les soignants; les petits comme les grands.

Mais les clowns ont plus d’un tour dans leur sac à malice! Ils ont trouvé la solution pour continuer à apporter sourires et réconfort à ceux qui en ont besoin, en étant présent à leurs côtés sans être vraiment là, à portée de nez rouge.

Serpillette, Berlingotte, Emilio, Sidonie et tous les autres joyeux drilles de l’association Hôpiclowns ont ainsi réalisé de courtes vidéos depuis leur lieu de confinement. On les découvre dans une cuisine, un salon ou un cabanon de jardin, avec leur tenue habituelle et leur façon bien à eux de s’exprimer.

Une fois ces enregistrements faits avec les moyens du bord, ils sont soumis pour approbation au groupe, puis postés quotidiennement sur YouTube par les Hôpiclowns.

Ces vidéos rigolotes sont visibles depuis une quinzaine de jours et sont relayées par le personnel soignant dans les endroits où ces personnages attachants interviennent régulièrement. Elles sont aussi accessibles à tout public désireux de vivre ces temps de repli en bonne compagnie.

Des Hôpiclowns communiquent aussi par Skype avec des résidents de certains foyers ou EMS genevois, afin de pimenter un peu leur quotidien. Ces contacts virtuels devraient se généraliser pour atteindre un plus large public.

Cette belle initiative met du baume au cœur aux soignants comme aux soignés. Car tous ont besoin de rire quelques secondes de temps en temps. C’est bon pour la santé!(www.hopiclowns.ch)

Pâques au balcon...

14 avril 2020

«Noël au balcon, Pâques au tison.» À l’évidence, les dictons n’ont pas toujours raison!

Nous avons eu droit cette année à nos premières vraies Pâques au balcon, alors qu’il faisait un temps à grimper au Salève ou à griller des saucisses sur les tisons à l’Allondon.

Et ceux qui ont eu la chance de passer entre les gouttelettes du corona et autres funestes pièges peuvent se réjouir d’avoir déjoué l’adage de saison du regretté Pierre Desproges: «Noël au scanner, Pâques au cimetière»…

Fêtons alors cette vie qui continue, malgré tout. Nous avons passé sans trop de difficulté cette épreuve qui semblait insurmontable pour certains, celle de passer Pâques à la maison, dans nos meubles et notre train-train quotidien.

Eh bien, ce n’était pas le lac à boire! La nature nous en a mis plein les yeux, comme pour nous rappeler à l’essentiel, et des humains ont fait des gestes magnifiques pour réjouir leur prochain.

Anne-Marie me signale ainsi qu’un habitant de Jussy a eu une idée magnifique pour apporter un peu de réconfort à tous les citoyens de ce village. Il a offert un lapin ou un œuf en chocolat à chaque famille!

Incroyable, non? Sa généreuse initiative a non seulement donné du travail à un artisan chocolatier, mais elle a aussi comblé de joie les Jusserands, déjà bien lotis en ces temps de confinement en vivant dans cette belle partie de la campagne genevoise.

La secrétaire de mairie et son fils ont sillonné tous les chemins de Jussy pour glisser un paquet de douceur accompagné d’une jolie et gentille carte dans chaque boîte à lait.

«Un tout grand merci à ce généreux donateur qui a réjoui nos cœurs et nos papilles», conclut Anne-Marie.

On aimerait bien en dire autant…

Beau et chaud devant

9 et 10 avril 2020

Il faut parfois bien creuser pour dénicher des notes optimistes au milieu de tout ce qui nous tombe sur la tête.

La météo, par exemple. Selon les spécialistes, la situation anticyclonique se maintiendra ces prochains jours et les températures resteront très supérieures aux normes de saison. Beau et chaud devant. Jusqu’à 24 degrés vendredi à Genève. Le rêve!

Sauf qu’en réalité, ce sera galère pour la plupart d’entre nous. Comment se réjouir d’un temps si resplendissant quand on vit à plusieurs, enfermés dans un quatre pièces en centre-ville, sans vue ni balcon? Nul doute qu’à la campagne ou en zone villa, la perspective devient nettement plus jouissive…

Autre exemple: ce Vendredi-Saint, c’est jour férié pour tous. Le bonheur, en temps normal, même si une mise en croix n’a pas vraiment de quoi nous mettre en joie. Mais comment occuper ce jour supplémentaire plein de vide, sans école à la maison, sans télétravail, sans rien pour le rythmer, même pas un saut à l’église?

À chacun à ses bons plans pour gérer ce temps confiné. Ce ne sont pas les conseils qui manquent. Plutôt l’envie…

Alors, beau et chaud devant? Chaud au cœur, parfois!

Eliette me dit ainsi avoir découvert ses voisins grâce à l’épreuve actuelle. Cette dame âgée, qui a vu son immeuble se vider des anciens locataires et se remplir de plus jeunes et plus aisés, se sentait très isolée. Mais c’est fini! Ces nouveaux habitants de la rue Blanche sont désormais aux petits soins pour elle, lui rendent de menus services, et elle revit!

Jean-Pierre est également aux anges. Ce retraité, abonné de longue date à la Julie, avait renoncé à son petit plaisir quotidien faute d’arrangement. Or, une solution satisfaisante a été trouvée pour qu’il puisse rester abonné. Bonne nouvelle, non?

Il en faut, ces temps-ci...

Faire preuve de patience

7 avril 2020

La période actuelle nous met tous les nerfs en pelote, même si l’on est en bonne santé et que tout va cahin-caha, compte tenu des circonstances. Mais que dire, quand la mort frappe…

Ainsi Sylvia, qui vient de perdre son mari fin mars. Toute à son chagrin, elle téléphone au service d’État civil de la Ville de Genève pour demander le certificat de décès de son époux. On lui répond alors que ce document ne peut pas lui parvenir avant trois semaines.

Trois semaines? Mais de qui se moque-t-on, s’énerve la veuve, qui a besoin de ce papier officiel pour entreprendre ses démarches administratives. C’est peu dire qu’elle est fâchée de l’attitude de ces fonctionnaires de bureau, en regard de ce que font les autres.

Comment expliquer pareille lenteur?

Il faut savoir, nous répond le service concerné, que tous les actes sont signés par un officier de l’état civil nommé par le Conseil d’État et que ce personnel ne peut pas être remplacé au pied levé.

Or, si l’on veut éviter que ces officiers ne tombent tous malades et ne puissent plus assurer le service public dans la durée, il faut limiter les risques.

Il a donc été décidé de ne répondre actuellement qu’aux demandes d’actes revêtant un caractère d’urgence.

Entendez par là un retour en Suisse ou un départ à l’étranger, ou si l’acte est indispensable pour l’enregistrement d’un décès, d’une naissance, d’une reconnaissance, d’un mariage ou d’un partenariat d’urgence.

S’il y a eu une erreur d’interprétation de la part d’un employé et que Sylvia peut se prévaloir d’une nécessité absolue, précise ce service, elle peut à nouveau le solliciter.

Inutile de se déplacer au guichet, qui est fermé. Elle fera parvenir sa demande via l’adresse e-mail etat-civil@ville-ge.ch.

Et l’administration municipale d’inviter les habitants de la ville à faire preuve de patience…

Des panneaux d'expression

4 avril 2020

Quand on se risque au dehors, il est saisissant de voir, dans la ville désertée, tous ces panneaux qui annoncent haut et fort des manifestations qui n’auront pas lieu, à cause de qui vous savez.

Ces publicités ne vantent désormais plus que du vent, nous promettent des plaisirs impossibles à vivre en ces temps de confinement.

Ce décalage finit par créer un sentiment désagréable. Celui d’être complètement à côté de la plaque. Ou de tout rater… Pourquoi continuer à s’infliger pareil rappel à tout coin de rue?

Autre question: vous souvenez-vous d’un mois de janvier passé, quand ces mêmes panneaux avaient été recouverts de papier blanc, le temps de savoir quelle société allait se charger de l’affichage sur la voie publique?

Des habitants s’étaient alors emparés de ces pages immaculées pour en faire des œuvres d’art, des manifestes poétiques, des lieux d’échanges graphiques ou de simples gribouillis.

Pourquoi ne pas renouveller l’opération, en recouvrant les affiches qui ne veulent plus rien dire de feuilles blanches, ou de couleur, sur lesquelles les Genevois viendraient écrire de petites histoires, peindre, échanger des idées, dire merci à qui ils veulent?

La musique et les applaudissements à heure fixe ne sont pas les seuls moyens d’expression d’une population en mal de repères et de communication. Et puis les réseaux sociaux ne font pas tout!

Pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour transformer ces panneaux d’affichage en espaces créatifs et rassembleurs? Chacun pourrait sortir un moment de chez lui avec ses propres crayons et viendrait écrire ou dessiner, à main levée pour ne pas risquer de contamination, un billet doux, voire un bout de cadavre exquis, laissant au suivant le soin de compléter le tableau.

Ce serait plus stimulant pour la tête que toutes ces publicités périmées…

Le prix de l'information

2 avril 2020

Lire son journal préféré fait partie des petits plaisirs du quotidien. Encore faut-il pouvoir se l’offrir, par les temps qui courent…

Jean-Jacques a 75 printemps, et cela fait près d’un demi-siècle déjà qu’il reçoit tous les jours la Julie dans sa boîte aux lettres. C’est dire si c’est un lecteur fidèle, un abonné sur qui l’on peut compter. Merci à lui!

Mais voilà. Depuis qu’il est à la retraite, son revenu n’a pas augmenté. Mais ses charges, elles, ont pris l’ascenseur. Il doit désormais contrôler ses dépenses au plus près, et il n’est hélas pas le seul dans son cas.

En février dernier, quand il reçoit la facture d’abonnement annuel de sa chère «Tribune», il se dit que ce serait bien de pouvoir la régler en deux fois.

Le Genevois fait sa demande par courrier à qui de droit en proposant deux échéances de 277 francs chacune. Eh bien, vous savez quoi ? Sa demande d’arrangement est refusée.

Son cher journal ne peut pas accéder à sa requête et ne lui donne pas d’explications. Mais il le remercie de l’intérêt qu’il a pour sa publication.

Pour Jean-Pierre, c’est la douche froide. Il annule donc son abonnement. Après cinquante ans passés à nous lire au quotidien, clap de fin!

C’est tout de même un comble, non? Surtout qu’il ne pourra même pas aller nous feuilleter au bistrot ou dans une bibliothèque de quartier.

Comment se fait-il que l’on perde ainsi de précieux lecteurs? D’autres avant lui ont déclaré forfait lors de la disparition du prix AVS. Je me souviens d’un monsieur disant avoir appris à lire avec la Julie. Mais qu’elle était devenue un luxe qu’il ne pouvait plus s’offrir.

Oui, un journal a un prix. Mais s’il n’a plus de lecteurs, parce que des arrangements ne sont pas trouvés pour qu’ils puissent le payer, ça rime à quoi? Ça rime à rien!

L'utilité de la presse papier

31 mars 2020

En temps de crise, l’humain a parfois des comportements irrationnels. Comme celui se ruer sur le papier-toilette dans les grands magasins.

Nous avons tous vu ces scènes surréalistes de clients allant presque jusqu’à se battre pour posséder quelques rouleaux en plus. On a les trésors que l’on peut…

Christine s’en étonne. «Bien sûr, au niveau de l’hygiène, il est nécessaire d’avoir ce qu’il faut, dit-elle. Mais de là à faire des réserves, c’est choquant.»

Cette histoire de papier-toilette fait remonter en elle des souvenirs de son enfance genevoise, à la fin des années 40. «Lorsque j’allais chez ma grand-mère, les toilettes étaient à l’extérieur. Une maisonnette dans le jardin faisait l’affaire…

»Une banquette y était installée, avec un gros trou au milieu. Comme j’étais petite, je me hissais sur le bord pour m’asseoir en me tenant de toutes mes forces, la peur au ventre, pour ne pas risquer de tomber au fond. Personne pour m’aider, c’était le système «D».

»Et pour s’essuyer, devinez ce qu’il y avait? «La Tribune de Genève» déchirée en morceaux et à disposition à côté. On ne se posait pas la question de savoir si l’encre de votre journal pouvait créer une allergie!»

Manifestement, elle n’en a pas souffert, et son témoignage débouche sur quelques constats rassurants.

La grand-mère de Christine était une lectrice de la Julie et sa petite-fille, devenue peut-être grand-mère à son tour, l’est aussi. Une belle tradition familiale qui ne demande qu’à être perpétuée!

Et puis il est plus simple d’avoir sous la main un journal en papier, pour l’usage décrit plus haut, que sa version numérique.

La presse écrite à l’encre noire ou bleue a donc de beaux jours devant elle si, une fois lue, elle peut encore servir en toutes circonstances.

On avance les montres!

28 mars 2020

Dimanche, à 2h du matin, il sera 3h. Et hop, il faudra avancer nos montres, horloges et pendules, comme à chaque passage à l’heure d’été!

En temps normal, on se serait dit mince alors, c’est une heure de sommeil en moins!

Mais en ce temps qui ne ressemble absolument à rien, nous ne sommes pas à une heure près, ou je me trompe?

Une heure perdue, c’est toujours ça de gagné, quand on est confiné!

Mais que sont finalement ces soixante minutes de perdues ou de gagnées en regard de l’année de plus que je prends au passage?

Drôle d’anniversaire en perspective! Et c’est pareil pour toutes celles et ceux qui ont vu le jour au printemps. Ils ont connu ou vont connaître ces jours des fêtes qui n’en sont pas vraiment.

Les invités? Inexistants. Les petites attentions qui font plaisir? Limitées. Les sorties? Réduites, pour ne pas dire plus.

Les adultes comprennent, bien sûr, et font avec. Il y a bien plus grave que de ne pas pouvoir faire la bamboula.

Mais les enfants? Comment leur faire passer la pilule, eux qui se réjouissent tant de pouvoir réunir les copains à cette occasion et de recevoir des cadeaux?À nouveau, les parents devront déployer des trésors d’inventivité pour faire de ce jour un événement à part dans la monotonie de ces jours…

Alors justement, pour changer nos habitudes, je voulais vous avertir qu’à partir de la semaine prochaine, les Encres bleues vont s’espacer. Non pas parce que je prends de l’âge et que je ne tiens plus la route. Mais parce que nous passons au chômage partiel, comme tant d’autres entreprises.

Jusqu’à nouvel ordre, je serai fidèle au poste les mardis, jeudis et samedis. Les trois autres jours, cet espace sera réservé à la chronique «Il y a 50 ans».

À mardi, si tout va bien, et n’oubliez pas de passer à l’heure d’été!

Coeur géant en façade

27 mars 2020

Les manifestations de solidarité et de reconnaissance envers les personnes touchées par la pandémie ne s’expriment pas seulement par la musique ou les applaudissements aux balcons.

Elles passent aussi par des signaux lumineux du plus bel effet. Il suffit pour s’en convaincre de lever le nez et de viser la façade de l’Hôtel Intercontinental, au-dessus de la place des Nations. Elle se repère d’assez loin grâce à ses 18 étages qui se dressent dans le ciel.

Depuis quelques nuits, les gens du voisinage, ou de passage, peuvent y admirer d’immenses créations colorées qui changent de motif tous les trois jours.

La première à faire son apparition dans la nuit genevoise représentait un cœur. Un organe vital bien plus grand que nature, puisque sa représentation stylisée a eu besoin de plusieurs étages pour déployer tout son effet. Huit étages, en l’occurrence!

Comme la lumière n’est pas projetée sur le bâtiment mais qu’elle vient de l’intérieur, l’exercice demande un certain doigté, d’après ce que l’on m’a expliqué. Il faut d’abord trouver un motif, repérer des chambres disponibles pour le réaliser, trouver les bonnes couleurs et le tour est joué.

Après avoir fait battre un cœur sur sa façade, le cinq-étoiles a mis en lumière le drapeau suisse. Et hier soir encore, le drapeau italien illuminait le ciel de la Rive droite, sur six fenêtres en largeur et quatre en hauteur.

Ce message lumineux a fait chaud au cœur de l’ambassadeur d’Italie, comme à ceux de ses compatriotes.

Et que verra-t-on les soirs à venir? Mystère! Il faut garder l’effet de surprise, me dit-on. Mais sachez que l’Hôtel Intercontinental est ouvert à toute proposition du public pour continuer à animer sa façade. Encore faut-il qu’elle soit réalisable…

Alors, une idée lumineuse?

Des conseils à la pelle

26 mars 2020

Depuis que nous sommes confinés chacun chez soi, nous sommes bombardés de conseils en tous genres pour savoir comment occuper notre temps. Des fois qu’on ne le saurait pas…

Des «experts» se relaient ainsi dans tous les médias pour nous bombarder de bonnes paroles qui nous disent comment faire, comment vivre au mieux cette période, et bientôt comment penser. Penser positif, forcément.

À croire que nous serions tous dépourvus d’esprit d’initiative. Que nous serions tous terrassés par la perspective d’avoir encore de longs jours devant soi, chez soi. Et qu’il nous faudrait un gentil organisateur pour nous injecter un semblant de discipline, afin d’éviter que l’on devienne une flaque.

Alors oui, c’est pas facile de renoncer à tout ce que l’on a toujours fait à l’extérieur du foyer. Pas facile de partager à plusieurs le même territoire. Ou d’en être l’unique arpenteur.

Mais franchement. Ai-je besoin d’une coach de gym en ligne pour éviter que les chairs ne se ramollissent plus que nécessaire? D’un animateur pour pimenter mes après-midi? D’un comptable pour me dire comment diviser mon temps entre vie privée et vie professionnelle? Je suis une grande fille, capable de m’occuper comme je veux, où je veux (quoique l’espace à disposition devient très limité) et quand je veux!

Par contre, je veux bien prendre connaissance et partager toutes ces initiatives qui se lancent sur les réseaux sociaux pour créer des liens, même ténus, entre les gens qui nous entourent et que l’on ne peut plus approcher.

Je pense à ces applaudissements aux fenêtres, chaque soir, qui sont devenus des moments de retrouvailles qui font du bien. Les habitants se saluent de loin alors qu’ils s’étaient toujours ignorés. Reste à savoir s’ils se diront encore bonjour dans la rue quand tout sera fini et qu’ils pourront se croiser de plus près…

La compagnie des fleurs

25 mars 2020

Celles et ceux qui se risquent encore dans les supermarchés pour remplir leur panier l’ont sans doute remarqué.

Les fleurs ont disparu!

Elles ne sont pas de première nécessité, nous dit-on, pour expliquer leur disparition des étals. Les fleurs ne se mangent pas. Quoique. On peut les dévorer des yeux…

Leur compagnie met de la couleur dans notre quotidien. Une bonne odeur aussi. Ces belles naturelles ne sont peut-être pas nécessaires mais contribuent à notre bien-être.

Elles font particulièrement du bien aux personnes sensibles qui n’ont pas de jardin et qui vivent ces jours cloîtrées chez elles.

Comment passer alors ce temps de confinement sans visites, sans marchés et surtout sans fleurs?

À ces questions, Chiara a trouvé la solution. Elle a déniché un endroit magique à Puplinge, au chemin des Fleurs. Cela ne s’invente pas.

Vente libre directement chez le producteur Taverney . «Vous choisissez les tulipes et laissez l’argent dans la tirelire. Rien de tel pour vous remonter le moral et faire ensuite plaisir autour de vous!»

Je veux bien le croire. Mais pour moi, Puplinge, c’est loin. Quels sont les autres producteurs locaux où l’on peut trouver des fleurs, à commander et à se faire livrer, ou à venir prendre en libre-service? Genève Terroir m’a donné la liste que voici, en version résumée.

Gallay Fleurs (Cartigny, 022 756 16 76); Verdonnet (Troinex, 022 899 19 50); Delafontaine (Anières, 079 617 42 96); Roussillon Fleurs (Meyrin, 022 782 90 12); Jousson Fleurs (Vésenaz, 078 882 47 27 ); Bouvard Fleurs (Perly, 022 771 48 43).

Si l’on respecte les mesures sanitaires et que l’on vérifie les disponibilités de ces producteurs avant de faire le déplacement, il y a encore moyen de se fleurir à Genève!

L'hirondelle fait le printemps

24 mars 2020

Impossible d’aller vérifier sur place la bonne nouvelle, puisqu’elle me vient de France voisine et que je suis coincée chez moi.

Mais je crois Anne sur parole quand elle m’annonce, tout sourire, que la première hirondelle est arrivée le 20 mars dans ses écuries, à Douvaine.

Preuve que le confinement général ne touche pas ces jolis émissaires du printemps. Preuve aussi que la vie suit son cours!

Car ces petits oiseaux, venus à tire-d’aile depuis l’autre côté de la Méditerranée, retrouvent le nid qu’ils avaient abandonné l’année d’avant. Ils y feront leurs petits, qui reviendront à leur tour en ces lieux, le moment venu.

Ce ballet aérien, ponctué de joyeux trissements, s’intensifie ces jours et les 42 nids présents dans le bâtiment vont bientôt afficher complet. Ce qui est plutôt rassurant, car la présence des hirondelles fait souvent dire aux gens de passage que ces écuries sont saines.

Saines, mais néanmoins confinées! Coronavirus oblige, personne ne peut plus se rendre dans les écuries, à part les soigneurs. Et les hirondelles. Une situation assez inédite. Une de plus…

Les responsables des lieux s’occupent désormais de 30 chevaux, les leurs, mais aussi ceux de treize clients qui ne peuvent plus venir assurer les soins quotidiens de leur protégé.

Leur tâche n’est pas de tout repos. Il faut soigner ces animaux, les sortir régulièrement et les monter, histoire de se dérouiller les pattes.

Paraît que les chevaux n’ont pas à se plaindre de ces mesures. Tandis que leurs propriétaires sont confinés entre quatre murs, eux vont au parc, galopent parfois et prennent du bon temps. Que demander de plus?

Que les hirondelles, peut-être, évitent de lâcher une fiente au passage sur leur croupe…

A quoi bon sortir encore...

23 mars 2020

À quoi bon sortir s’il n’est plus là?

S’il ne monte plus la garde dans la rade, droit comme un I, ou s’étirant au gré du vent?

Le Jet d’eau, c’est notre repère! Le point commun à nous autres qui vivons au bout du lac. C’est lui que l’on cherche toujours du coin de l’œil quand on se promène en ville ou à la campagne. Quand on descend du Jura, des Alpes ou du Salève.

Lorsque son blanc panache, qui se repère de très loin, est enfin dans notre champ de vision, on se dit qu’on est de retour à la maison. «Ici, c’est Genève», comme le clament les fans de hockey aux Vernets. Ou plutôt le clamaient…

C’est pourquoi la nouvelle de l’arrêt du Jet d’eau m’a coupé la chique, et je ne suis pas la seule à la ressentir ainsi. Oh non, pas lui!

Ben oui! Pour faire passer la pilule, les SIG disent qu’ils veulent ainsi garantir la santé des collaborateurs qui gèrent au quotidien le fonctionnement du symbole de Genève. Or, ce sont des retraités de l’entreprise qui l’assurent. Donc des personnes à risque…

Alors moi qui ne suis pas encore retraitée, ni vraiment à risque, je pourrais peut-être le faire? Venir à leur place appuyer sur le bouton pour le faire démarrer? Et revenir le soir pour lui couper le sifflet? J’ai déjà eu la chance de le faire une fois, un matin. Magique!

Je devrais pouvoir me débrouiller toute seule si quelqu’un m’expliquait la marche à suivre. Non?

Non! Essayé, pas pu. Paraît que s’il n’y a plus de Jet d’eau, donc plus d’attraction majeure, il n’y a plus personne non plus pour venir se rincer l’œil à ses pieds. Et c’est bien le but recherché./span>

À quoi bon sortir s’il n’est plus là? Restons donc à la maison. Car avec un peu d’imagination, on peut se dire qu’avec l’eau de Genève qui coule dans nos robinets, grâce aux SIG, c’est un peu du Jet d’eau qui s’invite chez nous!

L'aventure intérieure

21 mars 2020

Le confinement rend créatif, comme chacun le teste au quotidien chez soi ou le voit sur les réseaux sociaux.

J’ai ainsi reçu hier un message sur mon petit écran, qui m’a mise en joie. Il annonce la fausse sortie du fameux «Guide du routard», celui qui se balade toujours avec la planète Terre en guise de sac à dos et qui recommande les lieux les plus branchés et les moins chers pour découvrir une contrée.

Ce routard de circonstance invite à un voyage unique en son genre. La destination promise? L’intérieur…

Son titre? «Votre appartement, édition 2020, le guide indispensable pour découvrir les coins les plus insolites de votre lieu de vie.»

L’expédition commence dans la cuisine et ses tiroirs fantastiques où se cachent des trésors d’un autre âge. Elle se poursuit aux toilettes, à travers les piles de revues accumulées au fil des ans et qui n’ont pas encore été toutes lues par les usagers de ces lieux d’aisances.

Les voyageurs plus téméraires font de la spéléologie pour atteindre le fond des armoires de la chambre de l’adolescent de service, ou dans les plis du canapé du salon, là où la famille bâfre ses pop-corn devant une série à rallonge.

Si ce routard de l’intérieur vise plus loin que l’appartement pour s’attaquer aux caves ou aux greniers, l’aventure entre alors dans une autre dimension!

Certains d’entre nous y retrouveront peut-être un classique de la BD, loufoque et absurde, sorti au siècle dernier. Eh oui, c’est «Raymond Calbuth, aventurier d’appartement»!

Une série du dessinateur Tronchet, qui est un monument à la gloire de la vie quotidienne intérieure, avec ces deux antihéros que sont Raymond, en peignoir matelassé et charentaises, et Monique, sa femme aux éternels bigoudis.

À lire ou à relire pour rire jaune, à l’intérieur de soi.

Un ciel bien dégagé

20 mars 2020

«Que remarques-tu, Julie, dans le ciel bleu depuis ce matin? Plus une seule traînée blanche dans la stratosphère...»

Le message est arrivé hier dans ma boîte aux lettres électronique.

En temps normal, le collègue m'aurait juste interpellée à voix haute dans notre open space pour partager son observation. Et la conversation.

Mais nous ne sommes plus en temps normal! Il m'a donc écrit ce qu'il avait vu quand il est sorti s'aérer les neurones au jardin, après avoir rédigé son article. Il a regardé le ciel, et il a été ébloui par le spectacle.

J'ai fait de même depuis la fenêtre de ma cuisin. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un jardin...J'ai donc regardé par la fenêtre, et effectivement, c'est épatant!

Le ciel semble ainsi plus vaste. Plus frais, plus propre. Plus lavé, repassé même, sans ces plis dans le bleu, sans ces marques blanches qui le zèbrent dans tous les sens et qui lui donnent parfois un air chiffonné.

Tiens, j'ai la métaphore ménagère aujourd'hui. Ma foi, c'est un peu normal quand on bosse depuis chez soi. Faut avouer qu'à défaut de faire la pause-café à la caf du journal, je lance vite une lessive. Traque les minons. Astique les robinets. Hésite devant le fer à repasser, avant de revenir à mon ordinateur.

Si le télétravail perdure, je n'aurai plus besoin d'envisager les grands nettoyages de printemps!

Mais dans le ciel de ce joli moins de mars, la poutze est plus radicale encore. Car les "cirrus homogenitus", ces traînées de condensation qui se forment derrière les avions, ont partiellement été gommés du paysage. Normal, puisqu'il en vole nettement moins que d'habitude.

Dommage pour l'économie mondiale, Mais tant mieux pour nos yeux, et pour les oreilles des riverains de l'aéroport.

Car un ciel bien dégagé, c'est bon pour la santé!

Quand vient l'âge à risque

19 mars 2020

Denyse a la plume facile et le sens de l’humour. Je ne la connais pas le moins du monde mais la devine d’un naturel assez rieur, capable de se regarder prendre de l’âge, et tout ce qui va avec, avec le recul nécessaire et un brin de dérision.

Elle a envoyé un petit texte à la Julie pour le proposer à nos lecteurs, si intérêt. Eh bien, intérêt il y a! De nombreuses personnes vont sans doute se sentir concernées par ce qui suit.

«Il y a un âge où tu remises la corde à sauter, où tu revends ta bécane dix vitesses, où tu offres ta vieille bagnole à ton petit-fils qui vient d’obtenir ??son permis.

»Il y a un âge où ton foie t’interdit le chocolat, où tu baves de rage devant la vitrine de Martel, où tu crucifierais volontiers le toubib qui te détaille les dangers du cholestérol.

»Il y a un âge où tu ne peux plus fermer le zip de tes pantalons, où tu remontes d’un cran les bretelles de ton soutien-gorge, où tu enfiles de tristes mocassins et non les talons qui affinaient tes chevilles.

»Il y a un âge où tu deviens sage, où tu sais goûter le présent, où tu savoures chaque minute, chaque geste de tendresse, où les souvenirs enrichissent ton chemin de vie.

»Il y a un âge où tu cesses de pleurer ta jeunesse perdue, où tu jettes aux orties peurs et préjugés, où tu ouvres ton cœur pour recevoir des joies jusqu’alors insoupçonnées.

»Mais en 2020, il y a un âge où il faut te planquer, porte fermée, où tu sens rôder la peur, puis naître la panique, où la solitude étouffe ton quotidien car, et tu n’y peux rien, tu es devenue «à risque!»

À risque, peut-être. Mais si la porte de Denyse est désormais fermée, il reste encore la fenêtre, ou le balcon, pour ouvrir son cœur aux joies du voisinage.

Une ancienne quarantaine

18 mars 2020

La crise sanitaire que nous vivons fait remonter chez cette dame de 80printemps des souvenirs d’une période révolue. Elle s’en souvient pourtant comme si c’était hier.

Andrée avait alors 18ans, elle était amoureuse, pleine de projets d’avenir. Et si elle se souvient avec précision du jour où la maladie s’est déclarée, en cet automne 1957, c’est parce qu’elle venait de déposer à la mairie de Genève les promesses de mariage avec l’élu de son cœur.

Pour fêter l’événement, une petite verrée avait été organisée chez sa future belle-mère. Heureusement que la jeune femme s’entendait bien avec son aînée: elle restera finalement plusieurs semaines alitée chez elle…

Car le soir même de la publication des bans, Andrée tombait malade, et ce n’était pas d’émotion! La fièvre était telle qu’elle ne pouvait plus bouger. Le lendemain matin, c’était pire encore. Le médecin venu l’ausculter à domicile posait son diagnostic: grippe asiatique!

Mauvaise nouvelle. Car à Genève, l’hôpital était débordé, les patients agglutinés dans les couloirs, et les perspectives peu réjouissantes.

«À l’époque, l’information, c’était zéro. Aujourd’hui, on en fait peut-être un peu trop…» constate Andrée, qui se porte comme un charme.

«Imaginez, on n’avait pas la télévision, pas forcément le téléphone, et on ne parle pas du portable. On lisait la «Tribune» et «La Suisse», avec un temps de retard. On écoutait la radio.»

Elle restera quant à elle en quarantaine chez sa belle-mère et se remettra juste à temps pour enfiler sa belle robe de mariée, devenue entre-temps un peu trop grande…

Ce qu’elle garde en plus de cette période? «Sans doute d’excellents anticorps. Après cette maladie, je n’ai plus jamais eu de grippe de ma vie!»

C’est une bonne nouvelle, non?

Maison bonne à tout faire

17 mars 2020

Les jeux sont faits… rien ne va plus!

Alors restons tranquilles chez nous. Enfin, tranquilles, c’est une vue de l’esprit.

Travaillons depuis notre salon, transformé en bureau. Faisons en même temps la classe à nos enfants, les ateliers créatifs, les étirements sportifs. Cuisinons, jouons et rigolons de concert dans notre réduit. Et puis roupillons et aérons aussi la maison, pour changer l’air, avant de retourner à nos affaires.

Nous avons tout intérêt à aménager notre logis de manière à pouvoir mener à bien toutes ces activités sans se marcher dessus et se prendre la tête. D’autant que la situation risque de durer…

Justement. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me fait vraiment tout chose de bosser hors de mon lieu de travail. De me retrouver seule dans mon coin, sans les collègues, sans l’ambiance d’une salle de rédaction dont l’agitation soutenue fatigue, mais qui me manque déjà. Et sans le matériel habituel.

Là, ça craint: est-ce que la batterie de mon ordinateur portable jamais utilisé jusque-là tiendra? Comme tant d’autres, j’ai égaré le chargeur et ma bécane se vide à toute allure. Au secours!

Il me faudra alors revenir au bureau trouver du jus et relever le courrier, en tâchant de ne croiser personne. Puis retourner à la maison pour turbiner. Ou du moins essayer…

Car la pratique du télétravail demande une discipline terrible. Comment résister à la tentation d’un canapé qui vous tend les bras, avec un bon bouquin posé juste à côté? Paraît qu’il existe des spécialistes pour apprendre à gérer ces cas de conscience. Je vais tâcher de me débrouiller toute seule.

Cela dit, n’hésitez pas à me faire parvenir vos témoignages et autres petites histoires par mail, et non pas par courrier postal, que je ne pourrai peut-être bientôt plus aller relever.

Qui sait ce qui nous attend?

Le printemps recroquevillé

16 mars 2020

Le printemps, c’est le temps de la libération!

Celle des peuples trop longtemps opprimés comme celle de la nature, trop longtemps mise en veilleuse, et qui profite des premières douceurs pour se réveiller et s’émanciper.

Il y a alors une extraordinaire force de vie qui renverse tout sur son passage. Une explosion de couleurs dans les arbres fruitiers, avec des fleurs admirables où viennent déjà butiner des abeilles, des parterres joyeux avec des bouquets de primevères et de crocus, et puis tous ces feuillages vert tendre qui sortent à toute allure des bourgeons.

Or, ces splendeurs printanières qui nous envoient des signaux pleins d’optimisme et de beauté tombent totalement à plat en ces jours de pandémie.

La nature se déploie, mais les humains se recroquevillent.

Tout ou presque a déjà été dit sur les familles qui doivent aujourd’hui improviser des solutions de garde pour leurs enfants; sur l’isolement des aînés; sur la fermeture des lieux de rencontre; sur le télétravail bientôt généralisé; sur les risques encourus par toutes celles et ceux qui sont en première ligne face à la maladie, et qui ont dû être applaudis dimanche soir, sur le coup de 21h, comme la population était invitée à le faire sur les réseaux sociaux.

Tout ceci est du jamais vu, du jamais vécu pour la grande majorité d’entre nous. II y a de quoi être chamboulé.

Autant affronter cette situation avec le plus de civisme possible. Avec de la solidarité, même si celle-ci a ses limites. La distribution des Colis du cœur a ainsi été suspendue jusqu’au 29mars, le temps, pour les organisateurs, de mettre au point un système de distribution de vivres qui assure la protection des bénévoles comme des bénéficiaires.

Tâchons cependant de ne pas oublier les beautés du printemps. C’est bon pour le moral!

Le taxi au grand coeur

14 mars 2020

Il pète la forme, cet homme! Il a la santé, de l’énergie et des idées à revendre. Avec la générosité en plus.

À 74 ans, Giuseppe fait toujours taxi. Ces jours, il monte assez vite les tours. Pour tout dire, il est à cran. Rien à voir avec les agacements quotidiens liés au trafic genevois saturé qui l’empêche de faire son métier.

Ce qui l’affecte au plus haut point, c’est de voir qu’en ce temps de pandémie, des personnes vulnérables sont obligées d’emprunter les transports en commun pour se déplacer, parce qu’elles n’ont tout simplement pas les moyens de s’offrir une course en taxi.

Et ça lui semble parfaitement insupportable, quand on sait que ces lieux de grande promiscuité présentent des risques de contamination évidents. Vous me direz que ce chauffeur prêche pour sa paroisse.

Pas vraiment. S’il réagit avec tant d’émotion, c’est parce qu’il est Italien, et que ce qui se passe dans son pays d’origine depuis l’arrivée du coronavirus lui fait spécialement mal aux tripes et au cœur.

Parce qu’il estime aussi que les mesures de protection de la population sont prises ici avec un temps de retard. Trop tard, pour éviter la grosse casse que trop de gens mettent encore en doute.

Alors il agit, à son niveau.

Il propose de faire des réductions substantielles à bord de son taxi 530, de la centrale 141.

Pendant ces jours de crise, Giuseppe est prêt à faire 30 à 40% de rabais sur les trajets aux personnes qui en ont besoin. Il est ouvert à toute proposition, parce qu’il est là pour aider les gens.

Et s’il peut contribuer, par son geste, à éviter quelques contaminations, il en est heureux. Car la solidarité n’est pas un vain mot pour lui: «L’union fait la force.» Merci, Giuseppe!

Le tsunami sanitaire

13 mars 2020

Le tsunami sanitaire qui atteint nos contrées bouleverse décidément tout sur son passage!

Il n’est pas une heure qui passe sans que tombe, dans notre rédaction, la nouvelle d’une annulation de spectacle ou de grande manifestation sportive.

Pas une heure qui passe sans que nous soient communiquées des fermetures de lieux, des limitations dans le nombre de personnes pouvant encore se trouver ensemble, des précautions supplémentaires à prendre pour se protéger et protéger les plus fragiles d’entre nous.

La machine s’emballe presque aussi vite que la propagation de la maladie, laissant les foules désemparées, les rumeurs les plus folles s’installer et le nombre de personnes contaminées augmenter inexorablement.

On aimerait bien faire comme si tout cela n’était qu’un mauvais rêve. Un scénario de film catastrophe.

Mais déjà, les passants semblent un peu moins nombreux dans les rues. Une conséquence visible du télétravail, auquel recourent de nombreuses organisations internationales et des entreprises de la place?

Déjà les usagers des transports publics se replient sur eux, pour éviter tout contact. Les clients des grands magasins font de même. Les embrassades se refusent. Les visites dans les EMS se font plus rares et plus courtes, lorsqu’elles sont encore autorisées. Bref, le lien social en prend un sacré coup!

Restent encore dans l’espace public quantité d’affiches annonçant des manifestations ou des programmes qui donnent terriblement envie de sortir.

Or, tout cela n’aura pas lieu. Dans l’immédiat. Et toute promesse non tenue donne une impression de perte de repères. De gâchis. De naufrage.

D’où viendra la bouée qui nous maintiendra à flot? Des scientifiques? Des politiques? Ou de nous-mêmes…?

Des trésors refont surface

12 mars 2020

La situation se corse. Plus question de se retrouver à plus de 100 dans un lieu fermé à Genève.

Comment continuer à se changer les idées, en ces temps de pandémie, sans se risquer dans les grandes salles de spectacle, de concert ou de cinéma? Sans relire une fois de plus «À la recherche du temps perdu»?

En prenant l’air du large, par exemple! Il est une exposition qui se découvre ces jours sur la Jetée des Pâquis, accrochée le long du mur des bains et visible, justement, par tous les temps…

Le thème développé sur de nombreux panneaux titille l’imaginaire: il est ici question des «Trésors ressuscités du Léman». Le lac, donc, pas le train!

Ces trésors, comme il est joliment relevé dans la présentation, «ont la modestie des marins d’eau douce». En clair, faut pas s’attendre à trouver des images de lingots d’or ou de pièces d’antiquités chinoises découverts dans les cales des navires échoués.

Ces trésors ressuscités proviennent plutôt de déconstructions navales. Les objets sauvés vont alors revivre dans des lieux insolites, au gré des humeurs et des passions des acquéreurs.

Ainsi la cloche du bateau Bonivard, sauvée des flammes lors de l’incendie de 1925, va se retrouver au sommet de l’église catholique chrétienne du Grand-Lancy. Celle du bateau à vapeur Valais va quant à elle sonner dans le clocher de l’église de Denges.

Textes et documents d’époque permettent aussi de voir où a atterri l’hélice de l’hydravion d’Air Union qui s’est abîmé dans le lac en 1930. Ou pourquoi le mât flottant, coulé volontairement au large de Vidy en 1939, repose désormais devant le musée du Léman, à Nyon, partenaire de l’exposition.

Cette-ci est le deuxième volet du triptyque autour des mystères du Léman. Après celui des fantômes!

Ça change les idées…

Distribution de vivres annulée

11 mars 2020

Les annulations de concerts et de manifestations sportives sont légion ces temps-ci, avec les conséquences que l’on sait. Ou que l’on imagine.

L’annulation de la distribution des Colis du Cœur, hier matin, est aussi un sacré coup dur pour les milliers de personnes qui étaient déjà dans la mouise avant l’arrivée du virus.

«Pour des raisons de sécurité, pour les bénéficiaires et les bénévoles, la distribution du mardi 10 mars est annulée…» Tel est le message affiché en quatre langues sur le site de l’association depuis lundi, relayé par les services sociaux partenaires et Facebook, ainsi que sur la porte close des locaux de la rue Blavignac.

C’est une claque pour tous ceux qui sont venus, sous la pluie, chercher leur ration hebdomadaire de vivres, qui leur permet de nourrir leur famille, et qui n’ont pas pu être alertés à temps de cette mesure d’urgence.

Chaque mardi, en effet, quelque 1200 femmes et hommes se rendent dans la halle carougeoise chercher des provisions avec leur caddie. On estime que les vivres donnés ici alimentent au moins 3400 personnes.

On s’en doute, la décision n’a pas été facile à prendre pour les membres de cette association dont le but est de venir en aide à ceux qui en ont besoin. Ils sont foncièrement navrés. Désolés.

Mais voilà. Parmi les 80 bénévoles réguliers qui donnent un coup de main le jour de la distribution, nombreux sont des retraités, plus ou moins âgés. Donc plus exposés aux risques.

Les denrées qui étaient prêtes à être données n’ont pas été perdues pour autant. La banque alimentaire Partage les a réparties dans d’autres institutions de la place, toujours demandeuses.

Les Colis du Cœur informeront au plus vite les principaux intéressés des décisions prises pour mardi prochain. C’est un sacré coup dur, disais-je…

Quand la nature d'éveille

10 mars 2020

Et si l’on changeait de sujet de conversation, ça vous irait? Causons de choses plus riantes. De nature, par exemple.Au rayon des bonnes nouvelles, nous sommes déjà au printemps!

Ainsi en a décidé le marronnier officiel de la Treille, en faisant éclore sa première feuille ce dimanche, pendant la journée des femmes. C’est du joli!

D’autres feuillus du cru n’avaient pas attendu ce signal pour faire de même, mais évidemment, ils n’ont pas la notoriété de l’arbre de la haute ville pour être pris au sérieux...

La nature s’éveille et l’on s’émerveille, comme des gosses, de voir à nouveau poindre les premières fleurs dans les prés, les premières feuilles aux arbres, les premiers chants d’oiseaux. Les plantes se livrent à d’étranges contorsions pour sortir de leur cachette et s’épanouir en plein jour. Une vraie manifestation de force tranquille!

Et s’il est un lieu au bout du lac où le spectacle est particulièrement saisissant en cette saison, c’est bien les Conservatoire et Jardin botaniques de Genève.

La représentation y est permanente et les amateurs peuvent aller l’admirer tous les jours, sans se lasser. Car si le décor reste le même, les acteurs principaux changent au gré des floraisons.

Un horticulteur-botaniste de la maison assure d’ailleurs «La visite du Jardinier», depuis le début de ce mois pour partager sa passion avec le grand public. Cette visite thématique a lieu tous les jeudis à 12h30 et est gratuite.

Les visiteurs ont rendez-vous à l’entrée principale des CJB par tous les temps. Le jardinier leur présentera alors les plantes les plus intéressantes du moment. Il semblerait que pour la floraison des rhododendrons, il faille encore attendre trois semaines. Mais sait-on jamais...

Retrouvez les informations sur les différentes visites proposées par ce lieu magique sur le site www.cjb-geneve.ch.

Ces visages qui sourient

9 mars 2020

Avec toutes ces histoires qui nous prennent la tête, liées au coronavirus et ses extraordinaires mises en quarantaine, on les avait presque oubliés.

Leurs bobines se rappellent pourtant à nous à tous les coins de rue et en grand format sur des affiches de saison.

Elles se retrouvent aussi en médaillon dans les papillons glissés dans nos boîtes aux lettres, dans les pages de la Julie, en différé sur les écrans de télévision locale ou en direct sur les stands des marchés genevois.

C’est dire si on n’y échappe pas!

Les visages des candidats aux élections de cette fin de semaine sont très présents dans notre quotidien et ils affichent tous un sourire de circonstance.

Ce qui fait plutôt du bien, en ces jours de soupe à la grimace, même si l’on sait que leur bonne humeur affichée ne va pas durer longtemps.

Mais à y regarder de plus près, il y a quelque chose de troublant dans ces mises en scène de grandes familles recomposées.

Ces photos de groupe ont le plus souvent des arbres en toile de fond, qu’ils soient verts ou pas. Les candidats, donc. Le sujet est porteur, on le sait, puisque avant le Covid-19, on ne parlait que d’eux dans la République.

Et il arrive aussi que l’on repère les affiches de partis ou d’alliances où les candidats ne sont pas arrivés à poser ensemble. Faute de temps, ou de conviction?

Les visages si souriants semblent alors avoir été découpés aux ciseaux et collés sur des corps, avec, souvent, un sacré problème d’échelle.

Un peu comme s’ils avaient la grosse tête. Vous me direz que c’est normal, pour des politiciens, d’en avoir une de cette taille!

Cela dit n’oubliez pas, malgré ces histoires qui nous prennent la tête, d’aller voter pour des êtres si souriants et porteurs de promesses.

On passe à l'onde violette

7 mars 2020

Dimanche, on passe à l’onde violette. C’est la Journée de la femme, voyez-vous. Alors vive nous!

J’ai lu à cette occasion, dans les mots d’ordre lancés par les féministes d’ici, que nous autres femmes étions invitées ce jour-là à ne pas remplir les tâches habituelles du dimanche, afin de les mettre en évidence.

«Mobilisons-nous pour réclamer le temps de vivre», clament-elles. Oh oui! J’applaudis des deux mains. Sur le principe…

Parce que je fais quoi, moi, si je ne peux pas pondre dimanche mon encre du lundi?

Je laisse une case blanche dans la page, ou plutôt violette, puisque telle est la couleur du mouvement?

Ou alors je me contente d’abandonner clavier, écran et souris d’ordinateur pile à 15 h 24. C’est donc l’heure fixée du ralliement de toutes les femmes de ce pays, en ce dimanche 8 mars.

Et puis j’enfilerai une tenue violette et je danserai, comme souhaité dans le programme. Mais je passerais vite pour une allumée aux yeux de mes collègues…

Notez que je peux aussi taper sur une casserole. Au boulot, je n’en ai pas sous la main. Ailleurs, peut-être. J’ai aussi la possibilité de poser un habit de la bonne couleur à la fenêtre, pour afficher mon soutien. Pourquoi pas. Et puis continuer à écrire dans mon coin, à l’abri des foules et du virus.

Alors à défaut d’être dans la rue, en cette journée internationale de lutte pour les droits des femmes, j’ai une pensée émue pour nos aînées qui se sont battues, dans des conditions autrement plus âpres que celles d’aujourd’hui, pour que nous puissions disposer de droits et de libertés qu’elles n’avaient pas.

Mais il y a encore pas mal de chemin à faire… Alors non, on ne lâche rien. Sauf un sourire violet aux lèvres!

Les nouveaux gestes

6 mars 2020

Depuis l’arrivée dans nos contrées du coronavirus, on ne parle plus du climat!

Ce satané virus balaie tout sur son passage. Il pulvérise l’économie et modifie en profondeur nos comportements. Il fout la trouille, pour tout dire.

Qu’on le veuille ou non, il s’immisce toujours plus dans notre vie quotidienne et nous fait adopter des gestes étranges censés maintenir un contact humain sans risquer pour autant la contamination.

On m’a ainsi signalé que des gens passent désormais par les pieds pour se dire bonjour. Ah bon, et comment ça? Eh bien on donne simplement de petits coups avec la pointe de sa chaussure dans celle de la personne rencontrée. La pratique viendrait de Chine, de la région touchée en premier lieu par le virus. Elle s’est toutefois répandue de manière plus pacifique dans nos quartiers.

D’autres préfèrent semble-t-il se frotter les coudes, au lieu de se serrer la main. L’exercice demande que les deux personnes se saluant de la sorte le fassent latéralement, ce qui tient l’autre à distance raisonnable. J’ai testé, ce n’est pas des plus pratiques…

Mais comment éviter justement le coude à coude dans les trams ou les trains bondés? En renonçant à les prendre, me dit un collègue. Ou en les utilisant à des heures où l’on peut garder un siège de distance. Certains travailleurs n’ont pas le choix. Alors ils font profil bas, se calfeutrent dans leur écharpe et se badigeonnent les mains de produits désinfectants.

Et pour ceux qui cherchent le réconfort à l’église, surprise. Plus question de prendre la communion ou la sainte cène en buvant le vin à la même coupe. À Saint-Pierre, dimanche matin, mais aussi dans d’autres lieux de culte, les fidèles l’ont prise dans des minigobelets en plastique. Pas très écolo.

Normal, on ne parle plus du climat…

Des bus, faute de mieux?

5 mars 2020

«C’est vraiment un comble! Le Léman Express ne fonctionne pas, mais Lémanis organise une fête, au lieu d’organiser des bus de remplacement. Avec l’argent consacré à cette fête, ou pourrait financer ces bus pendant des mois!»

Il est comme ça, Martin. Quand les choses ne vont pas droit sur les rails, ça le rend malade. Et la chose ne date pas d’hier…

Mais disons qu’avec la mise en circulation chaotique du LEX, il est gâté! Notre homme a carrément les nerfs en pelote, et le fait savoir.

On passera sur la politique des tarifs et autres bizarreries du réseau, qu’il pointe régulièrement du doigt dans ses mails diffusés loin à la ronde. Car il y a pire. Ce qui hérisse au plus haut point sa sensibilité suisse alémanique et sa qualité d’usager des transports publics?

Le manque de ponctualité et la suppression de trains régionaux.

Ce retraité vit à Coppet et se déplace souvent en train. Il est donc en première ligne pour constater retards ou annulations, donner des conseils aux voyageurs, échanger des informations. Et partager des idées constructives pour que cela aille mieux.

Martin a donc proposé aux responsables de ce trait d’union ferroviaire un plan B pour éviter que les usagers du rail ne restent trop souvent en rade.

Sa solution: aussi longtemps que les suppressions régulières de trains régionaux pourriront la vie des passagers, il faudrait recourir aux bus de réserve, garés à Coppet et près de la gare Cornavin. À eux de prendre le relais et d’assurer le trajet.

«Les TPG, prévoyants, le font à longueur d’année. Pourquoi Lémanis ne le ferait-il pas?»

Il attend toujours réponse à sa question. Ce qui lui fait dire, un brin dépité: «On se moque des voyageurs, on se moque du grand public…»

Au-delà de l'imagination

4 mars 2020

En ces temps de virus envahissant et déstabilisant, certaines promesses publicitaires nous laissent songeurs. Pour ne pas dire plus...

Ainsi ce tram qui sillonne de long en large la République depuis quelques mois déjà. Depuis la fin du joli mois de mai, pour être précise.

Une bande étalée sur la crête du véhicule sert de support à une opération séduction qui passait presque inaperçue jusqu’à l’arrivée du coronavirus. Aujourd’hui, on ne voit plus qu’elle, et son slogan nous fait tousser: «La Chine au-delà de votre imagination»...

Extraordinaire, non? Devant cette perspective, l’imagination s’emballe, forcément. Mais pas dans le sens attendu par l’institution de promotion touristique, proche de la Chine, à l’origine de cette campagne visible jusqu’en juillet prochain.

Elle qui pensait vanter ainsi les beautés du pays et pousser les Genevois à s’y rendre provoque l’effet contraire. Ce sont plutôt les images des grandes villes désertées par leurs habitants, les hôpitaux bâtis à la hâte qui viennent à l’esprit des passants. Plus tous ces masques de protection barrant les visages.

Dommage pour cette pub qui rate sa cible. Dommage surtout pour ces milliers de personnes contaminées qui vivent la peur au ventre, que ce soit en Chine, en Corée, en Iran et toujours plus près de chez nous. Quels que soient les prospectus qui nous vendent ces destinations et leurs produits typiques, les gens ne bougeront plus.

Suivant le fameux principe de précaution, la méfiance s’est installée chez nous. Les Salon et Festival se ferment, les patinoires, les stades et les salles de spectacle se vident. Les gens se surveillent du coin de l’œil et se lavent les mains.

Le Jet d’eau sera-t-il bientôt mis sous cloche? C’est Genève, au-delà de notre imagination...

Gardons nos distances

3 mars 2020

Gardons nos distances!

Ainsi, tout est dit. Face au virus, c’est chacun pour soi.

Chacun chez soi, dans le creux de son coude, où il fait si bon tousser, en cas de refroidissement généralisé.

L’heure du repli sur soi a sonné. Gardons nos distances en ces temps de frimas, de frousse, de goutte au nez.

Finis ces gestes qui rassemblent. Finies les embrassades, les tapes serrées sur les épaules, les poignées de mains qui n’en finissent pas. Toutes ces démonstrations de franche affection, ou de politesse, qui rendent nos relations humaines un peu plus chaleureuses.

On dit volontiers des Genevois qu’ils ne sont pas de nature démonstrative. Leur truc, c’est plutôt la réserve. Le quant à soi. Alors bonjour l’ambiance si les petits gestes de proximité qui améliorent leur quotidien sont proscrits sur la voie publique, dans les lieux de travail, de réunion et bientôt dans les familles, sait-on jamais. On n’est jamais assez prudent, diront certains.

La bonne distance, pour éviter toute propagation? Un mètre, est-il recommandé.

Pour assurer ce cordon sanitaire, une amie m’a recommandé de manger de l’ail cru, et en quantité. Non pas que cette plante vaccine contre le coronavirus. Mais il n’y a rien de tel pour assurer une haleine bien chargée et tenir ainsi les autres loin de soi...

Comment échapper à la sinistrose ambiante, aux réserves de boîtes de conserve, à la course au masque? Par l’humour, sans doute. À mon retour de congé, j’ai appris la nouvelle: «Il n’y a plus que six nains avec Blanche-Neige. Atchoum vient d’être placé en quarantaine.»

Et Grincheux? Il peste, comme tout le monde, contre ce virus qui nous fait perdre nos repères, qui nous plonge dans l’incertitude. Et nous pousse à garder toujours plus nos distances...

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