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ChroniquesL'encre bleue

Partie 12 de la série

A la pointe des panneaux

21 janvier 2020

À en croire ce lecteur amusé par les nouveaux panneaux féministes, Genève a toujours été à la pointe en matière de signalisation.

Lorsque Svend est arrivé dans notre ville, au milieu des années 60, il a découvert, très étonné, des plaques portant l’inscription «Ne pas cracher sur le trottoir». Du jamais-vu ailleurs! Le message était aussi décliné en mosaïque sur certains sols, ce qui en faisait un sujet de curiosité pour les touristes.

À tel point que lors d’une visite organisée suivie par ses amis suisses alémaniques, un guide les avait rendus attentifs à cette Genferei. Les intéressés avaient aussitôt immortalisé ces avertissements originaux.

À l’ère des selfies, prédit Svend, ces six nuances de piétonnes vont sans doute faire un tabac. Notamment auprès des Chinois. Pourquoi pas…

Genève était aussi à la pointe de la féminisation des professions, se souvient ce Lancéen d’adoption, car elle était la première à engager des policières. Ce qui n’était pas du goût de tous, comme le prouve cette anecdote.

Les Rues-Basses étaient alors encore entièrement ouvertes à la circulation, et il y avait, en face du Grand Passage, qui ne s’appelait pas encore Globus, un passage pour piétons très fréquenté.

Un soir, la gendarmette en uniforme qui réglait la circulation avec son bâton blanc a fait signe aux piétons de ne plus traverser. Nullement impressionné par ce geste autoritaire, un homme âgé s’est alors lancé sur les clous.

La policière avait beau l’interpeller pour lui signaler qu’un tram arrivait et qu’il y avait danger, il continuait sur sa lancée. Svend entend encore dans sa tête l’exclamation de ce piéton récalcitrant: «Je ne me laisse pas arrêter par une femme!»

Le tram lui aura peut-être fait entendre raison. Et les temps ont changé.

Vive le progrès!

Le clavier à plumes

20 janvier 2020

Joli titre, n’est-ce pas? Joli concept aussi!

«Le Clavier à plumes», c’est une manifestation qui offre la possibilité aux personnes aveugles ou malvoyantes de participer à des rencontres littéraires.

Car on ne le dira jamais assez, les handicapés de la vue sont très friands de livres, de ceux en tout cas qui leur sont accessibles en audio et parfois aussi en braille.

Le principe de cette manifestation est de mettre ces amateurs de littérature en contact avec un auteur dont ils connaissent l’œuvre, ainsi qu’avec un invité surprise et un pianiste.

Oh, ce n’est pas une nouveauté à proprement parler. Avant de porter ce joli nom, ce rendez-vous se nommait «Un auteur, des voix». Il était le fruit de la collaboration entre la Bibliothèque Braille et livre parlé et la Bibliothèque de la Cité, et se tenait dans ce dernier lieu.

Or après cinq années de bons et locaux services et 18 soirées organisées avec succès, le partenariat n’a pas été renouvelé. La dernière séance a eu lieu en novembre à la Cité, et puis plus rien.

Même pas un petit mot officiel ou un pot de départ pour remercier les bénévoles de leur engagement et leur créativité. Mais ces trois-là ne sont pas du genre à baisser les bras. Avec le concours de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants, ils poursuivent l’aventure sous un autre nom et dans un nouveau havre: Les Recyclables, la librairie de la rue de Carouge.

Le premier rendez-vous de l’année (il y en aura quatre, comme les saisons) aura lieu le mardi 28 janvier à 19h, et emportera le public au Tchad, sur les traces de Nétonon Noël Ndjékéry et de son livre «Au petit bonheur de la brousse». Le pianiste Jean-Yves Poupin l’accompagnera au clavier.

Belle soirée en perspective, gratuite, ouverte à tous, bien ou malvoyants, tous réunis autour de la littérature.

Petit pays, petit souci

18 janvier 2020

Face à cette nouvelle fracassante, les réactions divergent, comme les avis.

Tu parles de quoi, Julie? Mais du changement de sexe opéré sur les 250 panneaux bleus des passages pour piétons, bien sûr! Le truc fait jaser tout Genève. Et les gens se gondolent loin à la ronde. Décidément, faut toujours qu’on trouve le moyen de se faire remarquer.

Grâce à notre chère maire, les mâles pictogrammes ont donc été féminisés. Avec cet acte politique majeur, tous les piétons sont désormais égaux face au capot d’une voiture. En théorie. En réalité, c’est une autre histoire.

Des Genevois pensent que la nouvelle a tout du poisson d’avril, quand bien même il ne fait pas un temps à mettre une truite dehors. Quoique… D’autres applaudissent des nageoires. Et moi je chantonne en boucle «Petit pays, petits soucis» du Beau lac de Bâle, tellement ces préoccupations d’enfant gâté me semblent déplacées.

Je sens que je vais me faire des amies…

Mais franchement, il n’y a pas des problèmes plus importants et urgents à régler dans cette ville? Et dire que la plaisanterie a coûté 56000 francs aux contribuables...

Ça fait réagir Philippe: «Quand je vois que vous avez bataillé pendant des semaines pour la Thune du Cœur, avec l’aide de nombreuses personnes, pour récolter 53000 francs, je me dis qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre République.»

Il enfonce le clou, en relevant qu’il y a quelques jours encore, on ne savait pas si la collectivité allait pouvoir héberger les sans-abri à la fin du mois, faute de moyens financiers.

Parmi ces personnes à la rue se trouvent aussi des femmes, très vulnérables, qui auraient besoin de protection, ailleurs que sur des passages pour piétons.

«Il n’y a plus aucune priorité dans ces choix», clame ce Genevois, dépité par la gestion de sa ville. Que faire?

Des humains mal traités

17 janvier 2020

Des jours, on se pince!

Ainsi hier, devant la manchette de la Julie. Notre journal, donc. «Un patron accusé de traite d’êtres humains». L’affaire, telle que présentée en page «Événement», fait froid dans le dos.

Alors oui, bien sûr, l’usage du conditionnel est de rigueur, et le prévenu présumé innocent dans l’attente de son jugement.

Mais les faits reprochés à cet entrepreneur du secteur de la construction sont accablants. Notamment des ouvriers payés de 20 centimes à 6 fr. 50 de l’heure!

À ce tarif-là, autant faire du bénévolat. Oui, mais les bénévoles choisissent les causes où ils ont envie de s’engager, et ils en retirent généralement satisfaction. D’ailleurs, s’ils peuvent se permettre une activité non rémunérée, c’est bien parce qu’ils ont déjà de quoi manger, se loger et s’assurer contre tout ce qui pourrait advenir.

Et même! Qui voudrait aller bosser dur, par tous les temps, et risquer sa vie sur des chantiers mal sécurisés?

Certains, à l’évidence, n’ont pas le choix. Alors ils triment dans des conditions que l’on peine à imaginer.

Des personnes descendent souvent dans la rue pour dénoncer de moins grandes injustices. Ou demander de meilleures conditions de travail.

Oui mais voilà. Comment manifester quand on n’a pas de papiers en règle? Quand on a aucun statut? Le premier contrôle de police, et c’est retour à la case départ.

L’exploitation de l’homme par l’homme, c’est vieux comme le monde. Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous. Pas de quoi en faire un plat.

Un plat indigeste, à coup sûr. Il est révoltant de constater que dans notre canton cher et prospère, ainsi que dans l’arc lémanique où l’argent coule à flots, des êtres humains puissent aujourd’hui être pareillement si mal traités.

Filets frais et petite laine

16 janvier 2020

«J’ai bien ri grâce à toi ce matin!» me dit Rémi. La nouvelle me ravit. Je préfère, et de loin, faire rigoler que pleurer…

Et pourquoi commence-t-il la journée de si belle humeur?

«Eh bien, le jour où tu dépèces Jules, il y a une grande pub à la une de la «Tribune» qui propose du filet de porc frais en action chez Aligro (fraîcheur, qualité, inspiration, comme dit le slogan: tout moi, quoi…) Est-ce une coïncidence?»

Non, plutôt une collision frontale!

Car mon Jules à moi ne vend pas sa peau, même à prix d’or, cher Rémi. Il la donne. De préférence aux personnes qui ont faim. C’est son rôle, non?

Cela étant, mon cochon préféré n’est pas le seul à se préoccuper du sort des plus défavorisés et à vouloir partager ce qu’il a.

Ainsi les tricoteuses de Veyrier, du moins celles qui sont membres du club de loisirs pour seniors Le Fil d’argent. Ces dames expertes dans le maniement d’aiguilles en bambou ou en métal réalisent depuis des années des tricots qu’elles offrent le plus souvent à diverses associations œuvrant dans des pays en guerre.

Depuis le pied du Salève, elles fabriquent ainsi, maille après maille, de petits pulls, des écharpes, des bonnets et des couvertures dans lesquelles il fait bon se réchauffer. Elles les envoient ensuite en Ukraine où, semble-t-il, les besoins sont importants.

Ces tricoteuses seraient ravies de recevoir des laines pour continuer leur travail. Des fils sans mites, bien sûr, avec des couleurs qui fassent envie de leur donner vie. Elles sont aussi intéressées à continuer des ouvrages abandonnés en route, et qui attendent des jours meilleurs au fond d’une armoire.

Si de tels trésors dorment chez vous, n’hésitez pas à prendre contact avec cette association. Ça fera des heureux. (www.fildargent.ch)

La Thune est remise

15 janvier 2020

«Franchement, c’est trop! Vous m’avez gavé!» dit Jules, en nous regardant du coin de l’œil, sans se rendre compte que le boucher arrive par-derrière pour lui faire la fête, une masse à la main.

Tel est le dessin d’Herrmann pour remercier les donateurs de la Thune du Cœur, notre opération de solidarité genevoise qui vient de s’achever.

C’est gentil à lui de ne pas m’avoir croquée avec le tablier de la bouchère. Car c’est bien à quoi j’ai joué à l’heure des comptes. J’ai ratissé jusqu’au dernier centime les pièces et billets qui ont atterri dans sa panse depuis fin novembre. Bon, j’avoue: la monnaie d’euros n’est pas encore changée…

Alors, quel est le montant de la collecte? 53000 francs! J’arrondis la somme, c’est plus simple pour diviser... Les trois parts de la Thune ont été remises hier aux associations bénéficiaires de cette édition, à savoir Partage, Le Caré et Café Cornavin (voir page 5 pour plus de détails).

C’est bien? C’est pas bien? me demandent généralement les personnes qui n’ont pas idée de la somme que nous parvenons, chaque année, à récolter en faveur des plus démunis.

Réussir à rassembler 10600 thunes, c’est drôlement positif, même si c’est un peu moins que les années précédentes! Cela montre que malgré les multiples sollicitations de dons qui leur parviennent, malgré la dureté des temps, les Genevois répondent toujours présent et donnent volontiers un coup de pouce à qui en a besoin ici. C’est donc une très bonne nouvelle.

Et tant pis si cette collecte est la plus modeste réunie jusqu’à présent. On fera mieux la prochaine fois. Comment? On va se creuser la tête pour y parvenir.

Je tiens encore à exprimer toute ma gratitude envers celles et ceux qui ont participé, d’une façon ou d’une autre, en fonction de leurs moyens, à faire grossir cette si belle Thune du Cœur.

Quand les sapins manifestent

14 janvier 2020

Les Pâquisards sont des êtres imaginatifs et débrouillards. Et il faut l’être, assurément, pour survivre dans ce quartier où tout semble permis.

Ainsi la fermeture partielle de la rue de Berne, à la hauteur de la plus grande école de Suisse. Il a fallu des années pour que la piétonnisation du petit tronçon de cette rue mythique se concrétise, et que la Ville de Genève pose des piquets sur le bitume pour tenir la circulation à distance.

Cet aménagement récent empêche les voitures de passer, ce qui est déjà un bon point pour la sécurité des écoliers. Mais il ne freine pas les motos ni les scooters. Ni les vélos, électriques ou non, ni tout autre bolide à roulettes.

C’est pourquoi, depuis quelques jours, des habitants du quartier ont pris les choses en main.

Un petit malin est venu déposer son sapin de Noël entre deux piquets, au beau milieu de la rue. Deux, puis trois citoyens ont fait de même.

Les gens se sont vite donné le mot et ont pris leur conifère sous le bras pour l’apporter jusque-là. Et c’est ainsi que, des deux côtés de l’espace piétonnier, est née une barrière de sapins!

Une barricade, diront certains, qui ont encore à l’esprit la chanson de Maxime Le Forestier: «Comme un arbre dans la ville/Ami fais, après ma mort/Barricades de mon corps/Et du feu de mes brindilles...»

On n’en est pas encore là, et le prochain le passage de la Voirie calmera sans doute ces ardeurs... Des éboueurs qui auront du boulot, car des sapins secs forment également une barrière en bas de la rue du Môle, pour signifier vertement aux usagers de la route qu’ils entrent là dans une zone sans trafic. Trafic routier, s’entend!

Mais tout de même. Quand les sapins de Noël fatigués se mettent à manifester dans nos rues, c’est qu’il y a quelque chose de changé dans la République!

Dernière ligne droite

13 janvier 2020

«Vu les besoins, Jules ne pourrait-il pas rester de service toute l’année?»

C’est Janice qui met le sujet sur la table, à propos de l’hébergement d’urgence menacé cet hiver, faute de moyens financiers.

Elle verrait bien la prochaine Thune du Cœur être attribuée au CAPAS. Le collectif d’action sociale qui se démène pour trouver de quoi mettre à l’abri les 400 personnes et plus qui vivent à la rue à Genève. La collecte s’étalerait sur plusieurs mois et serait ainsi plus conséquente.

«Mais ce sera déjà trop tard pour celles et ceux qui se retrouvent face à la bise noire.» Et puis, c’est moi qui l’ajoute, le montant réuni serait largement insuffisant pour répondre aux besoins.

«Quoi qu’il en soit, lâche-t-elle pour enfoncer le clou, je trouve que pour un jeune en bonne santé (Jules, donc), faire une pause de plus de dix mois est un peu exagéré.»

Certes, mais et moi, et moi, et moi?

Si je roule toute l’année pour la Thune, ça ne va pas le faire. Il faudrait être plusieurs Julie pour tenir le coup sur la durée. Avoir plus de temps à y consacrer.

Et puis la collecte de fonds, c’est un métier. Or ce n’est pas vraiment le mien, même si je fais semblant. «Se donne de la peine, et en a!» pourraient écrire à ce sujet certaines institutrices inspirées...

Histoire de rassurer Janice, je rappelle qu’il est toujours possible, de janvier à décembre, de faire des dons sur le compte de la Thune, qui reste ouvert jour et nuit et par tous les temps.

De même, les habitants de la région peuvent déjà se munir d’un gros bocal et commencer à le remplir de pièces. Des habitués de la Thune le font depuis des années, et c’est toujours payant!

Et si des communes, des banques ou des sociétés faisaient de même, je ne vous dis pas comme ça nous aiderait!

Cela étant, c’est demain que l’on découvrira enfin ce que Jules a dans le ventre...

La confiance règne...

11 janvier 2020

On marche sur la tête, me dit Pascal. Ah tiens, c’est nouveau! Et pourquoi un tel constat, l’ami?

«Un type m’a demandé où prendre le bus dans mon quartier pour aller à la gare. Ça tombe bien, je suis incollable sur le sujet! Or, pendant que je lui donnais le renseignement précis, le geste à l’appui, il pianotait sur son portable pour trouver une meilleure réponse sur un site quelconque. Comme s’il ne pouvait pas me faire confiance et que la machine savait mieux que moi!»

Parfois, oui. Mais pas dans ce cas.

À partir de là, nous en sommes venus à deviser sur cette furieuse tendance qu’ont certains de nos contemporains à préférer les renseignements venus d’ailleurs, par voie électronique, à ceux des humains à portée de main.

Quels avantages peuvent-ils bien tirer de cette pratique?

Elle limite à l’évidence les contacts avec l’entourage; elle évite de devoir dire merci à la personne interrogée, ou de se sentir obligé de suivre ses indications. Et puis, elle rassure. Ce que les gens racontent n’est pas forcément juste, tandis que ce qui figure sur un site l’est. Point barre.

Or, rien n’est moins sûr. Mais qu’importe, au fond. Il est si bon de se faire prendre par la main par des machines capables de vous répondre du tac au tac au premier clic. Si simple de se laisser conseiller pour tout et rien par l’écran qui nous mène par le bout du nez.

Car il sait mieux que nous ce qui va nous plaire ou nous aider.

Certes. Mais clouons-lui le bec, parfois. Faisons plus confiance à notre bon sens, écoutons les conseils de nos proches, quitte à les trier (les conseils, donc), observons mieux ce qui nous entoure, les espaces comme les gens, au lieu de rester dans notre bulle.

Il a raison, Pascal. On marche vraiment sur la tête!

Une scène de bistrot

10 janvier 2020

Ce courrier ne m’était pas spécialement destiné. Il est arrivé sur une pile voisine de la mienne, et j’y ai jeté un œil. J’espère que son auteur ne m’en voudra pas si je vous raconte son histoire dans ce billet bleu.

Jean-Bernard a l’habitude de lire sa Julie au bistrot. Un plaisir qui ne se refuse pas et que je partagerais volontiers...

De la table où il me lit, il voit ce gars perdre une fois de plus une partie de son salaire sur des machines à sous. Vous savez, ces loteries électroniques qui promettent monts et merveilles, mais qui les gardent souvent pour elles.

Comme ce client se montre fort irritable après le jeu, ce qui se comprend, Jean-Bernard se voit mal lui adresser la parole. Pourtant, une petite conversation s’imposerait, pas vrai?

Alors il passe par la «Tribune» pour lui passer le message suivant:

«Je te propose un nouveau jeu», qu’il dirait à l’intéressé. «Tu vois cette planchette où j’ai taillé une fente?

— Oui, et alors?

— C’est simple, tu y glisses des pièces de 5 francs et elles tombent de l’autre côté, dans mon chapeau.

— Et puis?

— Après dix pièces, je te donne 30 francs, et on recommence.

— Ça va, la tête? Tu me prends pour un plouc?»

Mais non! C’est juste pour lui faire comprendre que c’est un peu ballot de perdre ainsi tous ses sous. Ils lui seraient plus utiles ailleurs. S’il veut à tout prix s’en défaire, il ferait mieux de les glisser non pas dans la planchette de Jean-Bernard, mais dans la fente d’une tirelire. Celle de Jules, par exemple.

Bon, on pourrait aussi suggérer à cette loterie de reverser à la Thune du Cœur les pièces enfilées dans la machine par le joueur verniolan. Ses fonds ne seraient ainsi pas totalement perdus. On peut toujours rêver...

La valse des tronçonneuses

9 janvier 2020

Genève bruisse ces temps d’histoires tristes à pleurer sur ces arbres tombés au champ d’honneur.

Des jeunes, des vieux, des beaux, des remarquables même, victimes de l’urbanisation galopante du territoire. Et qui tombent, les uns après les autres, dans un grand fracas.

Cette valse des tronçonneuses ne laisse personne de bois: des habitants signent des pétitions à tour de bras pour sauver les arbres de leur quartier, des constructions d’intérêt public sont menacées parce qu’il faudrait abattre des chênes séculaires, des projets de route font débat parce qu’ils menacent des plantations.

Le sujet est des plus sensibles au bout du lac.

Mais nous autres humains sommes pétris de contradictions. Alors que les citoyens se mobilisent pour protéger à tout prix nos amis les arbres, des tas de bois mort forment ces jours dans nos rues de bien tristes forêts.

Des centaines, des milliers de sapins coupés et bientôt secs sont abandonnés sur les trottoirs ou près des poubelles. Ils attendent d’être levés par la voirie et de finir ainsi leur passage sur terre.

Tout le monde trouve ça normal. Personne ne s’émeut du sort de ces conifères qui furent au centre de toutes les attentions, le soir de Noël, et qui sont jetés après usage comme de vulgaires mouchoirs en papier.

Certains diront qu’il n’y a pas là de quoi s’alarmer. Que ces sapins ont été plantés à cette fin: celle de grandir pendant des années, puis d’être coupés et décorés pour divertir les humains et finir aux oubliettes en un temps record. Pourquoi s’en émouvoir?

Oui, mais leur vie a-t-elle moins de valeur que celle d’un érable, d’un platane ou d’un paulownia? À quand un mouvement de protection des sapins destinés aux célébrations de Noël?

Pas touche à mon arbre!

Le temps des cadeaux

8 janvier 2020

C’était pendant le temps de l’Avent. C’est-à-dire il n’y a pas si longtemps que ça, même si les températures actuelles barbouillent les repères et nous donnent l’illusion de vivre déjà au printemps.

C’est donc en décembre que la voiture de Christine a connu quelques problèmes techniques. Comme sa propriétaire n’y connaît rien en mécanique, elle l’a conduite à son garage préféré pour qu’elle soit remise en état.

Juste avant Noël, lorsque Christine vient la récupérer et s’apprête à régler le montant des réparations, elle a la surprise de se faire entendre dire, par le garagiste: «Vous n’avez rien à payer.» Autrement dit: cadeau!

De quoi tomber à la renverse, quand on sait le prix de l’heure d’un mécano. Un vrai Père Noël, ce garagiste! Dommage que Christine n’ait pas donné les coordonnées du généreux réparateur: il est toujours utile de connaître les bonnes adresses...

Dans la même période, Josette s’est transformée en Mère Noël et a fait la tournée des popotes avec son bel habit rouge et son petit panier en osier. Elle s’est ainsi rendue chez Carlo au Café de la Poste, à La Plaine. Comme elle n’avait pas trouvé de petit cochon pour assurer la Thune du Cœur, Jules s’est transformé en jolie coccinelle dans laquelle les clients du café ont glissé leur contribution. Merci à eux ainsi qu’à la Mère Noël, si pimpante sur la photo accompagnant la cagnotte.

Encore une brassée de bises chaleureuses aux sapeurs-pompiers de Plan-les-Ouates, qui ont mitonné le risotto lors du Noël communal et qui ont œuvré à faire grossir le nourrain, comme chaque année, avec l’aide du Service de l’environnement. Ceci grâce aux dons, aux retours de consignes de gobelets et de bols ainsi qu’au bénéfice de la vente de sapins de Noël.

Un magnifique cadeau!

Vin chaud et confiserie

7 janvier 2020

Tous mes vœux de santé et de bonheur pour cette nouvelle année qui commence de façon si clémente, si l’on pense à la météo. Pour le reste, on verra bien ce que les temps à venir nous réservent...

Au moment où je vous écris ces quelques lignes, on fête l’Épiphanie chez Suzanne et Louis Portier, à Perly. Comme chaque année, ce couple qui aime la bonne compagnie retrousse ses manches pour préparer des litres et des litres de vin chaud, à partager avec les habitants de Perly et leurs amis. C’est l’occasion de bien commencer l’année 2020 et de filer encore une thune à Jules, pendant qu’il en est encore temps. Alors santé et merci, les Portier!

Car c’est bien la semaine prochaine que la Thune du Cœur sera remise à trois associations genevoises œuvrant en faveur des plus démunis, à savoir la banque alimentaire Partage, Le Carré et Café Cornavin.

C’est d’ailleurs pour leur venir en aide, et pour le plaisir du public présent dans l’Espace Saint-Gervais Temple, que l’Ensemble instrumental romand a donné le 1er janvier son fameux Concert de l’An. Une prestation brillante et chaleureuse! Elle a donné la pêche et le sourire à tous ceux qui sont venus écouter ces excellents musiciens dirigés par Eric Bauer. Et cette heure musicale s’est terminée… autour d’un vin chaud!

Avec une telle entrée en matière, l’année 2020 était bien partie! Elle s’est continuée pour moi par une petite virée à Bâle où, à ma grande surprise, j’ai découvert une spécialité du cru: un petit cochon en pâte d’amandes tenant dans sa gueule… une thune en chocolat. Un petit Jules local! Incroyable, non?

Ça porte chance, m’a dit la vendeuse du magasin, à qui je demandais la signification de la confiserie. Oui, les cochons portent chance, à Bâle comme à Genève!

Vivement Noël!

24 décembre 2019

Joyeux Noël! Et bon Nouvel-An, tant qu’à faire.

Eh oui, la place étant comptée en ces vacances de fin et de début d’année, l’Encre Bleue se retire momentanément de la circulation. Le temps de retrouver une pagination normale, c’est-à-dire à la rentrée des classes, qui a lieu le jour des Rois. Belle entrée en matière, ma foi!

Mais si l’encre pâlit jusqu’à s’effacer, la Thune du Cœur ne se met pas en mode repos pour autant. Le Jules et moi-même continuons à recueillir des dons pour les trois bénéficiaires de cette action de solidarité genevoise, à savoir la banque alimentaire Partage, le Carré et Café Cornavin.

Les groupes qui ont organisé des collectes lors de dîners de fin d’année en faveur de la Thune peuvent donc déposer leur contribution à la réception de Julie, j’en prendrai grand soin!

Il faut pour cela venir pendant les heures de bureau et confier le magot aux adorables réceptionnistes, qui me le transmettront. C’est ainsi qu’une enveloppe bien garnie m’est parvenue, de la part de Florence et ses participantes à la Julienne de Plan-les-Ouates. Merci à elles!

Je vous signale que les versements sont toujours bienvenus sur le compte bancaire de la Thune du Cœur. Et que lorsque vous pianotez sur votre téléphone, n’hésitez pas à envoyer «Thune» au 339, ça fera cinq balles de plus dans la cagnotte.

Pour le reste, nous serons, Jules et moi, le 1er janvier à l’Espace Saint-Gervais Temple. L’Ensemble Instrumental Romand donnera son concert de l’An, avec le soutien de la Fondation Coromandel. Entrée libre à cette belle heure musicale, collecte à la sortie, au bénéfice de la Thune du Cœur. Joyeuses Fêtes, et tous mes vœux de santé et de bonheur pour la nouvelle année!

Chaleur humaine

23 décembre 2019

Encore quelques mots, avant Noël.

Je parlais l’autre jour de l’excitation qui nous gagne, parfois à notre corps défendant, à l’approche des fêtes de fin d’année. De l’obligation que l’on se sent de tout faire vite avant qu’il ne soit trop tard.

C’était oublier qu’il existe des lieux en retrait de cette agitation un peu vaine. Et des lieux plus importants que tout!

Le contraste avec la fébrilité de la cité est frappant lorsque l’on rend visite à un proche cloué dans un lit d’hôpital. Et ils sont nombreux, tous ceux qui n’ont pas choisi de se trouver là en ce temps de Noël, coupés des leurs, car mal en point.

Il a beau y avoir des décorations dans les couloirs et les chambres, de jolis sapins avec de faux cadeaux dessous, la pilule reste assez difficile à avaler.

Les patients ont d’un peu à beaucoup le vague à l’âme en cette période particulière. Avec un certain sentiment d’injustice à la clé: les gens s’amusent au-dehors, pas eux. Le personnel médical fait de son mieux, mais lui aussi aimerait peut-être fêter la Nativité en famille...

Ces moments de solitude sont également vécus par les pensionnaires d’EMS et autres établissements hospitaliers, et pris en compte par des équipes de professionnels.

Un grand merci à tous ces gens qui, à tous les niveaux, des soignants aux cuistots en passant par les animateurs ou les nettoyeurs, s’ingénient à adoucir ces moments difficiles, mais qui ne peuvent pas tout faire.

Le meilleur cadeau que l’on puisse donc faire ces jours est de passer du temps auprès de personnes proches hospitalisées, ou en institution, et qui ont besoin de chaleur humaine.

L'arc-en-ciel généreux

20 décembre 2019

Les lignes bougent, le niveau monte, le tour de taille augmente. Bref, ça roule pour Jules!

J’ai reçu une missive de la commission sociale de Migros Genève m’annonçant un joli don orangé pour le rose de service. Chouette alors. Car cette bonne nouvelle a tout pour qu’un arc-en-ciel illumine le ciel genevois.

À ces couleurs s’est ajouté le jaune bien connu des Services industriels de Genève. Ou SIG, pour les intimes.

Les employés de cet établissement public ont fait particulièrement fort cette année, jugez plutôt: toutes celles et ceux qui ont participé à la traditionnelle Revue de l’Escalade ont offert à Jules l’équivalent de deux fourmis, comme l’on disait des anciennes coupures suisses. Et ce n’est pas tout.

La troupe aux manettes de ce spectacle qui pimente chaque fin d’année a mis en vente les DVD des deux précédentes éditions de leur Revue. Le bénéfice de l’opération a rempli la panse de Jules, qui en grogne de plaisir.

L’écharpe d’Isis s’est aussi étoffée de la couleur du GSHC (oui je sais, le grenat n’est pas tout à fait le violet, mais ça m’arrange...) grâce aux 1322 francs et une poignée d’euros récoltés à la patinoire des Vernets, où la Thune du Cœur était la cause à l’honneur du match de mardi. Heureusement que les Genevois ont fini par l’emporter...

De quelle couleur pourraient se parer les danseuses et les danseurs du Far West Country Dance de Troinex? Indigo, me souffle Jules, qui a assisté à la soirée où une collecte a été organisée en sa faveur. Il n’a pas osé me dire s’il avait fait quelques pas de quadrille...

Mais il est devenu rouge d’émotion en recevant la collecte organisée à la fin de l’audition de la classe de piano de Chantal, à la maison Chauvet-Lullin.

Manque encore le vert, dans ce billet bleu. Vert, comme l’espoir de faire plus la Thune? Quel bel arc-en-ciel!

Un temps de chien

21 décembre 2019

Temps de chien, humeur de chien!

Les pauvres toutous n’y sont pourtant pour rien dans la fébrilité froide et mouillée qui a plombé ce dernier jour d’avant les vacances scolaires.

Les humains, c’est une autre histoire. Et c’est tout de même un comble, quand on y pense, de voir dans quel état nous parvenons à nous mettre en cette veille de Noël!

Pour réussir ces retrouvailles familiales, que la publicité nous vante comme débordant d’amour et de félicité autour de la table et du sapin, nous sommes prêts à mordre, ou pire encore, tous ceux qui osent se mettre sur notre chemin.

l suffit de se hasarder dans la circulation de ce vendredi, où tout n’est que bouchons et klaxons, malgré l’arrivée du Léman express, pour réaliser la gravité de la situation.

Même les plus pacifiques finissent par aboyer. Par retrousser les babines si d’aventure ils perdent une minute de leur précieux temps, la faute à un piéton trop lent à traverser la rue en évitant les flaques. La faute à la voiture qui se met en travers et qui bloque tout. La faute au monde entier.

Alors au diable ces cadeaux sortant du lot à dénicher encore, ces achats de dernière minute, ces énervements inutiles qui nous mettent les nerfs en pelote. Assez de ces bouchons qui ne libèrent pas de vins mousseux, mais des odeurs nauséabondes.

Restons plutôt au sec, à regarder tomber la pluie! L’exercice apaise. Il pleut à verse, et alors?

Car ce temps de chien est aussi celui du cochon! Des courageux ont ainsi bravé les éléments pour venir remplir notre tirelire, et je les remercie de tout coeur. Particulièrement les trois grâces, Marie-Claire, Marie-Paule et Catherine, qui ont rempli de sous une boîte à chaque café pris ensemble et l’ont remis à Jules. Dans la bonne humeur!

700 enfants sous le sapin

19 décembre 2019

Vendredi matin, si le temps ne leur joue pas un tour de cochon, 700 élèves des Pâquis se retrouveront sur la place de la Navigation pour chanter les louanges du grand et beau sapin de Noël qui se dresse depuis quelques jours au-dessus de la mêlée.

À la fin de la récré, en ce dernier jour scolaire avant les vacances d’hiver, filles et garçons des écoles de Pâquis-Centre, Zürich et Châteaubriand se rassembleront sur la place où se tient le marché de fruits et légumes.

Ils découvriront alors les décorations réalisées en classe et qui ont été déposées jusqu’aux plus hautes branches du roi des forêts par les bons soins de l’Association de défense économique des Pâquis, organisatrice de ce bel événement.

Marchands et commerçants distribueront aux enfants des mandarines, une boisson et quelques friandises du supermarché d’en face au slogan partageur «pour moi et pour toi». Là, ce sera pour eux! L’Union maraîchère offrira aussi la soupe aux légumes à tout le monde, le vin chaud étant plutôt réservé aux adultes qui assisteront à ce moment unique en son genre.

Car une fois biscuits et chocolats engloutis, les enfants formeront une immense chorale qui sera dirigée par le directeur des écoles des Pâquis. Je ne connais pas les chants qui seront entamés à l’unisson, mais mon petit doigt m’a dit qu’il y en aura six ou sept. Le temps, pour les parents, d’avoir l’œil humide devant cette prestation enfantine.

Pour les autres adultes aussi. Imaginez 700 enfants chantant sous un grand sapin des airs de Noël de leur voix cristalline, dans le froid de décembre. «Ça te file la chair de poule, tellement c’est beau et émouvant», m’a dit un ami.

Cette séquence émotion a lieu ce vendredi à 10h, au cœur des Pâquis. Alors on y court se réchauffer!

Du bien par où ça passe

18 décembre 2019

La vie est pleine de surprises. Je m’alarmais l’autre jour de ne pas voir décoller la Thune du Cœur pour qu’aussitôt déferlent, à la réception de la «Tribune», des mots d’encouragement accompagnés de billets doux pour le Jules.

Vous êtes formidables! D’abord parce que ça fait du bien par où ça passe, ce n’est pas mon cochon qui dira le contraire. Ensuite parce que je me sens ainsi moins seule...

C’est vrai, quand je me branche sur la RTS et que je vois et entends toutes les personnes mobilisées à l’interne pour que vive cette grande opération de fin d’année Cœur à Cœur, ça me file un peu le bourdon. Parce qu’en termes d’équipe, voyez-vous, je suis assez restreinte. Mais bon, l’essentiel est que vous soyez là, n’est-ce pas?

Je commence par qui? Par les Perruches, peut-être, ces dames marcheuses qui sont de moins en moins nombreuses, «vu l’âge», mais qui se déplacent encore en ville pour nourrir le nourrain. Tout comme les aînés de Perly-Certoux, réunis autour d’une marmite de l’Escalade, qui ont cassé la tirelire pour les beaux yeux de Jules. Nos seniors ont l’âme partageuse!

Confignon a fait un tir groupé de thunes du plus bel effet! La Pétanque communale a récolté plein d’oseille lors de son apéritif de Noël et s’est pointée à la réception pour déposer le fruit de sa collecte. Joli fruit, ma foi! Merci à ces joueurs qui n’oublient jamais les plus démunis de la région, et merci aussi au comité de l’association Confi Troc, qui cesse ses activités à la fin de l’année et qui a décidé de verser une partie de son capital en faveur de la Thune. Alors là, je dis bravo, belle initiative!

Et un bisou à Cédric, le jeune Confignonnais qui, année après année, met de côté ses 5 centimes et les transforme en billets, pour me faciliter la tâche. Trop sympa! C’est pas compliqué de faire des rouleaux. Mais c’est d’un long...

La cause mise à l'honneur

17 décembre 2019

Ce n’est pas tout de te baguenauder sur le Léman Express, Julie, et de te pâmer devant la grandeur des nouvelles gares qui donnent à Genève des allures de capitale. Il est temps de revenir à tes cochons...

Car les jours filent à toute allure et la Thune, après avoir bien démarré, peine à décoller. La faute à trop de sollicitations, me dit ma chère voisine du quatrième. Trop de dons tue le don. Certes.

Mais alors, que faire? Y croire très fort et continuer à grappiller des sous un peu partout! C’est ainsi qu’après avoir assisté jeudi dernier au concert de Noël d’Alain Morisod et des Sweet People, où il a récolté quelques thunes, le gros Julot se lance ce soir dans la mêlée à la patinoire des Vernets.

La Thune du Cœur est en effet la cause mise à l’honneur du match qui opposera ce mardi les Aigles du GSHC aux joueurs de Davos. Du gros, du lourd en perspective. C’est Herrmann, notre dessinateur préféré, qui lancera le puck, tout en restant sagement en retrait sur le tapis rouge. Ce n’est pas le moment de se ramasser un gadin sur la glace, on a trop besoin de lui ces jours pour nous dérider!

Les amateurs de hockey ont pris l’habitude ces dernières années de voir l’entrée de la patinoire envahie de cochons rose bonbon s’activant pour la bonne cause. Espérons qu’ils leur réserveront ce soir un accueil chaleureux et qu’ils les gaveront d’oseille.

Jules aime les contrastes, c’est bien connu. Eh bien, sachez qu’il se rendra le 1er janvier à l’Espace Saint-Gervais Temple pour écouter le Concert de l’An, le seul qui ait effectivement lieu le premier jour de la nouvelle année.

L’Ensemble instrumental romand, placé sous la direction d’Eric Bauer, jouera des musiques qui nous donneront de l’allant. Entrée libre, vin chaud à la sortie et collecte au bénéfice de la Thune du Cœur. Qui dit mieux?

Genève voit plus grand

16 décembre 2019

Curieuse je suis. Mais ni plus ni moins que ces milliers d’habitants de la région venus dimanche apprivoiser le Léman Express, les yeux grands ouverts, ébahis par l’ampleur de la réalisation et les nouvelles perspectives qu’elle leur offre.

Tout ça m’a laissé baba, et je ne suis pas la seule dans ce cas! Car nous avons enfin pris hier la mesure de tout ce qui a été entrepris ces dernières années. Et pourquoi il a fallu tant de discussions, de travaux, de chantiers et de désagréments en surface pour construire ce réseau qui va bousculer nos habitudes de transport. Et nous faire voir un peu plus grand.

Il y avait donc de l’excitation dans l’air, et sous terre, lors de cette première prise de contact.

Les gens admirent, commentent, touchent, prennent possession des lieux et interrogent. Ça commence déjà avec les billets. En faut-il ou pas? Les avis divergent. Ce dimanche, c’est gratuit. Mais non. Mais oui. De toute façon, j’ai pas vu l’ombre d’un contrôleur...

Ce train va jusqu’à Annemasse finalement? Non, c’est annulé. Moche… Mais qu’importe, il y a tant d’arrêts à faire encore avant de passer la frontière. De gares à visiter.

Comme celle de Champel, si profonde, avec ses perspectives étonnantes et son long couloir voûté conduisant à l’arrière des HUG. Ou celle des Eaux-Vives, aux volumes imposants au cœur d’un quartier en pleine mutation, avec la Comédie et la Voie verte. À son contact, la ville change d’allure.

Dans ces gares, les visiteurs évoluent dans de grands volumes sobres faits de variations de béton, de métal et de verre, dotés d’éclairages qui en jettent.

Un regret peut-être? L’absence presque totale de bancs! À croire que le Léman Express ne se fera plus jamais attendre. La fameuse horloge des CFF est là pour le rappeler...

Le repos ou l'accélérateur

14 décembre 2019

Tout dans la nature nous pousse ces jours à ralentir. À opérer un repli de saison. À nous poser, enfin.

La nuit tombe plus tôt et s’étire dans le noir. Le froid et le vent nous incitent à nous pelotonner près d’un chauffage. La pluie décourage, elle aussi, les aventures tout-terrain.

Les arbres, même les plus conservateurs, ont fini par perdre leurs feuilles et économisent leurs forces. Et puis certains animaux entrent en hibernation. Ce sont des signes qui ne trompent pas.

La flore et la faune tournent au ralenti. Elles font le dos rond, en attendant des jours meilleurs. Un peu plus de tiédeur. De douceur.

Et pendant ce temps, nous autres humains mettons la briquette pour en faire si possible encore beaucoup plus que d’habitude, bien que nous ayons les batteries à plat, ou pas loin. Nous voulons vite tout faire avant les Fêtes. Tout boucler, avant la fin de l’année.

Terminer le boulot; effectuer les rangements toujours remis à demain; préparer les attentions de Noël; assurer les sorties de boîte; se préparer à la Coupe de Noël; tester le Léman Express et ses gares. Et autres.

Une course effrénée qui nous met sur les rotules, avec les nerfs en pelote et la goutte au nez. Est-ce bien raisonnable de se mettre dans un état pareil?

Des jours comme aujourd’hui, j’avoue envier mon cochon de service. Il attend pépère que les gens viennent le cajoler. Il me délègue le soin de le trimballer à gauche à droite, de compter ce qui rentre dans sa panse, de faire des rouleaux avec les sacs de monnaie qui sont déposés à ses pieds et de remercier les donateurs.

Est-ce bien équilibré, cette répartition des tâches? Ben oui! L’animal fait le dos rond et se repose. Et nous autres humains mettons la briquette pour faire grossir la Thune du Cœur. Et hop, on accélère encore!

Victoire des Pâquisards

13 décembre 2019

Mieux vaut tard que jamais! Et je ne parle pas du CEVA, qui fut longtemps une vue de l’esprit, avant d’être aujourd’hui une réalité.

Je parle ici de la piétonnisation de la rue de Berne, réclamée à grands cris et depuis fort longtemps par les Pâquisards. Du moins par ceux qui s’activent au sein de «Bien vivre aux Pâquis», un collectif d’associations et d’habitants du quartier. Eh bien sur ce terrain-là aussi, c’est aujourd’hui chose faite!

Que les automobilistes qui se sentiraient lésés par la nouvelle ne montent pas tout de suite aux barricades: la fermeture à la circulation de la rue de Berne n’est pas totale. Une telle entreprise prendrait vraiment trop de temps...

Elle concerne uniquement le tronçon compris entre les rues du Môle et de la Navigation. Soit les abords directs de l’école de Pâquis-Centre, une des plus grandes de Suisse, ce qui vaut bien quelques précautions.

C’est donc une victoire d’étape pour ce collectif qui est parvenu à se faire entendre par la Ville de Genève. Laquelle aménage «Pour vous», selon un grand panneau qui dit tout aux passants.

On y lit ainsi que ce dispositif mis en place tout dernièrement assure la sécurité à proximité des écoles et pacifie le trafic à travers les Pâquis. Il améliore également la qualité de l’air et diminue le bruit. Très bien! À se demander pourquoi l’on a attendu si longtemps pour profiter de tous ces avantages.

«Bien vivre aux Pâquis» invite donc la population à descendre dans le bout de rue rendue aux piétons ce dimanche 15 décembre à 11h. La fiesta se fera au niveau de la bibliothèque, sans tambours ni trompettes, mais avec de quoi fêter l’événement. Champagne!

Mais non! Ce mousseux coule plutôt à flots dans les pubs alentour. Ce sera plus populaire, avec marmites d’Escalade et vin chaud!

Jules, notre porc d'attache

12 décembre 2019

Ce courrier a suffi pour que la journée maussade et pluvieuse de mercredi devienne presque riante.

Eh oui! Les fameux vadrouilleurs de Conches ont encore sévi. Ils viennent de me faire parvenir leur enveloppe garnie pour Jules et ses émules «qui ont tous trouvé leur porc d’attache: la Julie».

Euh, comment faut-il le prendre? Ne serait-ce pas plutôt Jules, notre port d’attache pour la Thune?

Un joyeux vadrouilleur a aussi écrit à la main une recette du jour au succès garanti. Je vous la livre?

«Panse de cochon farci:

Avant tout choisir un beau goret dodu

Recette facile à base d’oseille

Toujours à la portée de chacun.

Ajouter, selon l’humeur du chef:

Grisbi, galette, flouze, mitrailles

Espèces, thunes et picaillons (et que ça chauffe!)

On obtiendra pour Jules et ses congénères

Non seulement un délice mais

Surtout un régal pour la Julie.»

Vous avez remarqué? Si on lit de haut en bas les lettres capitales, ça dit PARTAGEONS. Tout un programme!

Merci aux joyeux drilles de Conches, qui doivent bien s’amuser, et merci également à la chorale du Plateau Lancy-Onex qui a semé d’étoiles son généreux présent pour les protégés de Jules.

Pour rester sur cette belle lancée, je vous signale que le gros cochon à roulettes et ses petits potes vont se pointer ce soir au Théâtre du Léman pour assister au concert de Noël d’Alain Morisod et des Sweet People. Ils en profiteront pour se remplir panse et oreilles de bons coups de cœur. Que du bonheur!

Ils se rendront ensuite mardi prochain à la patinoire des Vernets, où la Thune sera la cause à l’honneur du match opposant le GSHC au HC Davos. Et ça va barder!

Et si l'on parlait gros sous?

11 décembre 2019

Parlons donc gros sous, voulez-vous?

Il est temps de faire un petit pointage pour dire l’avancée de la Thune qui roule en ce mois de décembre pour les plus démunis d’entre nous.

Place à la nouveauté pour commencer. De nombreuses personnes ont déjà fait un don à l’aide de leur téléphone portable en envoyant «Thune» par SMS au 339.

À coup de 5francs donnés à chaque message, nous avons déjà pu récolter plus de 1000francs, et ce n’est que le début! N’hésitez donc pas à tester la chose à la pause café avec les collègues, en attendant le bus ou en la montrant à des proches ou amis, qui pourraient alors faire un petit don.

C’est simple, vite fait, mais ça peut rapporter gros!

Pour l’heure, puisque l’on parle gros sous, le montant collecté se monte à près de 20000francs, ce qui est une bonne moyenne par rapport aux précédentes éditions de notre action de solidarité genevoise.

Mais on peut, on doit encore faire mieux pour ajouter quelques dizaines de milliers de francs supplémentaires à la Thune du Cœur, afin qu’elle soit profitable à toutes celles et ceux qui en ont sacrément besoin.

J’en profite pour remercier chaleureusement les fidèles et généreux donateurs qui n’oublient jamais de remplir la panse de Jules: Eric et Olivier, Jacqueline, Dame Claude, en souvenir de son cousin Bernard. Et puis Nicodème, bien sûr, Ursula, Rosemary et tant d’autres à qui je pourrai bientôt écrire un mot de reconnaissance sur une petite carte dessinée par l’ami Herrmann.

Par contre, le mystère des versements postaux codés est total à mes yeux, ce qui fait que je n’arrive pas à savoir qui remercier pour le don versé... Si le mystère n’est pas percé à temps, il faudra que ces personnes se contentent de la grosse bise que je leur envoie!

Les largués du système

10 décembre 2019

C’est dans l’air du temps.

Celles et ceux qui n’ont pas pris à temps le virage numérique se retrouvent toujours plus isolés. Limite largués, n’ayant plus accès aux nouveaux outils de communication qui deviennent vieux à peine sortis de leur étui.

Les démarches administratives s’effectuent désormais presque toutes en ligne. Les assurances, les banques et autres entreprises sont passées en force pour que leurs relations à la clientèle se fassent par internet.

Que cela vienne des milieux privés, c’est leur affaire, même si cela pose de gros problèmes pratiques à tous ceux qui n’ont pas accès aux voies électroniques de communication.

Mais que la chose se développe dans l’administration publique, c’est une autre affaire. La nôtre, en fait. Comment accepter que certaines personnes âgées, ou handicapées, ou simplement rétives aux changements soient ainsi mises sur la touche par ceux qui sont aux manettes de la collectivité publique? À notre service, donc.

Insidieusement, ces êtres se transforment en assistés numériques. Ils ont besoin d’un proche pour les aider à accomplir des tâches administratives qu’ils ne sont plus en état de faire eux-mêmes. Ils perdent ainsi en autonomie. En confort. En confiance en eux.

La dernière cerise sur le gâteau, pour ces gens-là, c’est l’abandon du calendrier de la Voirie de la Ville de Genève, remplacé par une «appli», fort bien faite au demeurant.

La mesure permet d’économiser plus de 15 tonnes de papier par an et de l’argent. Mais où trouver ailleurs les informations qui remplissaient ces 36 pages? Sur une simple feuille A3.

C’est vite vu, prédit un vieux Genevois, «le chenit va revenir, alors que les gens se donnaient de la peine».

C’est dans l’air du temps...

Mon beau sapin, roi des forêts

9 décembre 2019

Comment faire pour bien faire, en ce temps de l’Avent? Avant la célébration de Noël et son fameux «beau sapin, roi des forêts, que j’aime ta verdure...»

Une lectrice sensible à la cause écologique s’est émue dernièrement de la décoration intérieure d’un magasin chic de la ville où trônait à l’entrée, ainsi qu’aux étages, un arbre de Noël en plastique.

À l’heure de la vague verte et du recyclage souhaité, la vue de ces sapins artificiels l’a tourneboulée, m’a dit cette dame qui va chaque semaine acheter des chocolats dans une boutique de ce grand magasin. Et qui fait remplir de douceurs chocolatées la même boîte en carton, avec le même ruban, jusqu’à ce que cela ne soit plus possible.

La cliente en appelle donc à une décoration écoresponsable. «Au lieu de ces dizaines de végétaux en plastique, un grand sapin naturel, qui pourrait être replanté à l’entrée du magasin, et avec une décoration originale, ce serait plus dans l’air du temps.»

Oui, mais l’air du temps est à ne plus toucher un arbre! Même un sapin. Même s’il a été planté et élevé dans le but de faire briller les yeux des enfants quelques jours durant, avant de tristement finir abandonné sur le trottoir.

Un sapin en pot, qui pourrait être réutilisé d’année en année? Pourquoi pas. Mais la solution implique des allers-retours en voiture, voire en camion si l’arbre est imposant, et donc des émissions supplémentaires de CO2, ce qui n’est pas le but.

Un arbre en papier? Il faut couper tant de forêts pour fabriquer du papier! Le produit serait inflammable, et donc trop risqué.

Des murs de grands écrans pour représenter le roi des forêts dans sa splendeur? Mieux, un sapin en hologramme! C’est assez dans l’air du temps. Mais ça bouffe de l'électricité.

Comment faire pour bien faire? Ne plus rien faire, peut-être, pour ne pas risquer la faute de goût.

On ne va pas s’en sortir...

Le picoulet de Jules

7 décembre 2019

À voir les hordes de collégiens lâchés vendredi matin dans les rues de la ville pour partir à l’assaut des Bastions, Jules avait un peu le bourdon.

Pourquoi eux et pas lui? Pourquoi reste-t-il à poireauter sur le présentoir de la réception de la Tribune, au lieu d’aller faire le picoulet et de gambader follement en bonne compagnie?

C’est qu’il aurait risqué de se prendre un œuf ou de la farine sur le groin, le Jules! Ou se faire tartiner de mousse à raser. Il aurait pu se casser une patte dans la mêlée. Or, cela ne sied ni à son teint, ni à sa fonction: recueillir des sous pour la Thune du Cœur dans sa jolie panse rose et rebondie.

Oui, mon cochon chéri déprime un peu dans son coin. Pensez à lui, venez le gratouiller sur place et cela lui rendra le sourire. Bon, il a tort de faire la tête, en ce jour de picoulet, car il a déjà reçu des visites. Des pièces tombent régulièrement dans son bidon. Des billets aussi. Dont une coupure de 1000, pliée discrètement en deux. Merci à toutes ces mains anonymes et généreuses.

Et puis il y a aussi les émissaires de différents groupements genevois qui commencent à se déplacer à la rue des Rois pour livrer le fruit de leur collecte.

Le premier est arrivé jeudi, après un repas qui avait réuni les retraités de la Société générale de surveillance (SGS), fidèle à ses engagements. Qui seront les suivants?

Cette fin de semaine, on va fêter l’Escalade un peu partout dans tout le canton. Il y aura des repas, des agapes, des réunions de famille, autant d’occasions de faire une collecte pour la Thune.

Si d’aventure vous passez le chapeau ou la tirelire et que des personnes vous disent, la bouche en cœur, «Désolé, je n’ai pas de monnaie sur moi», n’oubliez pas de dégainer l’argument choc: envoyez donc Thune par SMS au 339. Et ça fait 5francs en plus pour la Thune du Cœur!

Qui connaît la Coulou?

6 décembre 2019

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Coulou, vous le découvrirez samedi 7 décembre, lors d’une journée «portes ouvertes» qui ne craint ni le froid ni les courants d’air: il fait toujours bon au cœur de ce vieux bâtiment accueillant.

La Coulou? C’est un abri pour les sans-abri! Elle propose un toit à ceux qui n’ont plus rien et qui dormiraient autrement dans la rue. Ouverte jour et nuit, et tous les jours de l’An, elle offre refuge et vie communautaire à des personnes démunies qui peuvent rester là pour une durée de séjour illimitée. Avec l’assurance de bénéficier d’un petit-déjeuner et d’un repas du soir gratuit.

Ce lieu d’accueil se trouve, comme son nom le suggère, à la rue de la Coulouvrenière, dans sa portion qui se trouve juste à l’arrière du Palladium, non loin du Rhône qui file vers Marseille et les grands horizons.

Le havre de repos va donc connaître une certaine agitation lors de cette journée de partage, d’information et de convivialité.

Un repas festif sera servi dès 13h, mitonné à partir d’aliments fournis par la banque alimentaire Partage, que l’on ne présente plus.

Les habitants et toute l’équipe de la Coulou et Carrefour-Rue feront ensuite faire la visite des lieux aux intéressés qui comprendront alors un peu mieux le fonctionnement de cette association qui est en première ligne, et depuis des années, pour lutter contre la précarité à Genève.

Des projections ainsi qu’une exposition sont aussi au programme de ce samedi, de même qu’une partie officielle, juste avant l’heure du goûter. Ces allocutions seront suivies d’une partie plus récréative, avec le concert du groupe Indurain.

Ça va swinguer ferme à la Coulou! Alors, on y va?

La trouille, tous les jours

5 décembre 2019

«Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être si vous avez le temps...» Henri doit bien aimer Boris Vian pour commencer ainsi sa lettre manuscrite adressée au courrier des lecteurs de la Julie.

Une fois passée l’introduction musicale, le Pâquisard va droit au but: «Faut-il être abonné pour être publié?» Non, bien sûr. Mais être un lecteur, c’est un bon point de départ.

Ce retraité l’est, de toute évidence, mais toujours avec un temps de retard. Et pour cause: il tient ce journal de deuxièmes mains. Quand un de ses amis a fini d’éplucher sa «Tribune», il la lui donne. Et les nouvelles qu’il découvre alors ne sont plus forcément de première fraîcheur...

Ne serait-il pas plus simple de s’abonner? Henri aimerait sans doute bien le faire. Mais sa «misérable retraite», comme il le dit, ne lui permet pas cette dépense, comme c’est le cas de nombreuses personnes âgées qui doivent compter leurs sous. Alors elles se débrouillent comme elles peuvent et lisent l’actualité en décalé.

Que voulait exprimer ce retraité, dans son courrier de lecteur qui n’a pas paru, faute de place? «Bravo les Verts», lançait-il au lendemain des élections fédérales. À eux de lutter contre la pollution et d’assurer aussi la sécurité de la population. Car «y en a marre de se faire agresser en permanence par toute cette racaille qui pollue notre existence». Voilà qui a le mérite de la clarté.

Et de dresser une liste de tous les moyens utiles pour renforcer la sûreté du pays: police, drones, hélicoptères, engins motorisés et chevaux. On est très loin ici de l’esprit de la chanson «Le Déserteur» de Boris Vian!

La raison? Henri la donne volontiers: «L’insécurité, ça vous parle? Je ne suis pas parano, mais à mon âge, j’ai peur tous les jours.»

Et ce n’est pas normal.

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