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ChroniquesL'encre bleue

Partie 6 de la série

Ces mégots infernaux

19 mars 2019

«Quelle aberration de voir les manifestants jeter leurs mégots de cigarette en défilant dans les rues de Genève pour sauver le climat!» nous a fait remarquer Nathalie, qui n’en croyait pas ses yeux.

Ben oui, c’est pas malin, quand on sait que ces restes de clope, bourrés de produits toxiques, gâchent tout sur leur passage. Un seul mégot suffit, disent les experts, à polluer 500?litres d’eau!

Ce n’est donc pas pour rien que l’État de Genève a lancé sa campagne «Oh mon eau» et distribué l’an dernier des petits cendriers portatifs pour éviter que les fumeurs n’abandonnent leur poison derrière eux.

Pour éviter ce genre de pollution, le mieux serait de prendre le problème à la source. En évitant de fumer, par exemple! Ce serait déjà un bon début.

La logique voudrait aussi que l’on oblige les cigarettiers à fabriquer des filtres biodégradables. Des scientifiques étudient bien la possibilité de vie sur la planète Mars, ils devraient aussi trouver une solution à ce problème très terre à terre. Non?

En attendant cette invention, ne reste plus qu’à éduquer les fumeurs à ne pas jeter leurs mégots n’importe où. Car ce sont toujours les autres qui jouent les pompiers.

Des universitaires genevois ont ainsi lancé l’action «Ne Mégotte Pas». Encore que pour moi, une mégotte, c’est autre chose. Ou plutôt quelqu’un! Bref. Ces étudiants ont retroussé leurs manches pour ramasser ces restes de cigarettes devant le bâtiment de Sciences III. La récolte? Quinze?litres de déchets qui seront dépollués, réduits en poudre et utilisés comme matériau pour fabriquer des meubles. Et ce n’est qu’un début!

Quant aux clients de la poste du Mont-Blanc, ils piquent leur miniclope sur les protections antipigeons du vieux bâtiment, formant ainsi d’étranges guirlandes. D’autres reconversions sont à imaginer. Mais de grâce, les fumeurs, ne jetez plus vos mégots par terre!

Payer, encore et toujours

15 mars 2019

C’est tout neuf, ça vient de sortir. Enfin, depuis deux bonnes semaines. Qui invente des trucs pareils?

Or donc, depuis le début du mois, les places de stationnement à l’air libre du nouveau quartier d’habitation de la Chapelle sont devenues payantes. Au prix du mètre carré dans le canton de Genève, le contraire eût été étonnant…

Pourtant, ces 84?places en surface avaient tout d’abord été mises gratuitement à disposition des visiteurs, avant de voir leur usage limité à trois heures les jours ouvrables. Cela n’a manifestement pas suffi à régler les habitudes (mauvaises?) prises par certains usagers qui trouvaient là de quoi stationner à bon compte.

Après mûres réflexions, la Commune a choisi l’option radicale. Celle de faire payer tout le monde! Les habitants, les gens qui viennent leur dire bonjour, mais aussi les enseignants de l’école primaire du Sapey, qui n’ont pas de parking garanti par leur employeur, et les autres.

Ce qui est le plus surprenant, dans cette histoire, c’est qu’il n’y a aucun répit dans l’encaissement. Les places sont payantes, jour et nuit, et tous les jours de l’an! Il faut payer, encore et toujours, à raison de 1 fr. 50 l’heure.

Les musiciens et sportifs qui se rendent régulièrement l’école du Sapey pour y pratiquer leur hobby passent aussi à la caisse.

Or, dans la nuit, tous les chats sont gris. Les plaques de voiture aussi. Comment les lire, si on ne les sait pas par cœur? Comment entrer ces chiffres en pianotant sur le parcomètre et donnant son accord sur la touche «OK» quand on n’y voit goutte? Et puis la machine ne délivre pas le billet qui prouve le payement. Seulement un accusé par SMS. Sans portable ou briquet pour y voir clair, c’est la galère assurée. Ou la prune collée par un Securitas.

Qui invente des trucs pareils?

Appel à témoignages

14 mars 2019

Ceci n’est pas un appel à témoins pour savoir qui a assisté à l’accident, au brigandage de la veille ou à tout autre truc crapuleux.

C’est un appel à témoignages. Pour garder vivante la mémoire du «Moulin des Evaux», le restaurant qui a accueilli pendant quatre décennies des milliers de clients et amis au cœur des Evaux. Les Evaux? C’est le plus grand parc urbain de Suisse, à cheval sur plusieurs communes. Il s’étend sur une cinquantaine d’hectares près du Rhône et est un paradis pour les amateurs de sports, de loisirs et de nature.

Le Moulin des Evaux, on le sait, a fermé ses portes en 2012, laissant pas mal d’habitués sur leur faim. Un nouvel établissement verra le jour en 2021. Pour patienter, ou se mettre en appétit, une exposition aura lieu en mai.

Elle réunira les souvenirs de toutes celles et ceux qui ont passé là de bons moments, des anniversaires, des soirées de boîte, des repas en famille élargie ou des moments conviviaux qui ont marqué une existence.

Les lecteurs qui aimeraient partager leur album de photos, des écrits ou anecdotes peuvent contacter jusqu’au 29 mars la Fondation des Evaux: a.rytzell@evaux.ch ou 022 879 85 77.

Dans un autre genre, et à l’autre bout du canton, un premier concours de nouvelles vient d’être lancé à Jussy. Thème de ces joutes littéraires: «Un jour à Jussy». Pour y participer, il faut être âgé d’au moins 16 ans et rédiger au maximum dix pages (A4) recto verso dans un style de son choix. Les copies sont à rendre avant le 31 mars.

En plus des nouvelles, un concours d’illustration est également ouvert, sur le même thème, typiquement jusserand. Entrent en ligne de compte les peintures, dessins, photos ou sculptures. Des œuvres à photographier puis à envoyer à leconcoursdenouvelles@gmail.com. À vos plumes! www.leconcoursdenouvel.wixsite.com/jussy

Genève, ville ouverte...

13 mars 2019

Devinette, vous disais-je, il y a quelques jours. À quoi voyons-nous que le Salon de l’auto, c’est pour tout bientôt?

J’en arrivais à la conclusion que le signe le plus visible, à n’en pas douter, était la forte présence au centre-ville de grosses et belles bagnoles rutilantes que l’on ne voit plus du tout après. Et pas forcément parce que ces berlines ont des plaques étrangères.

Eh bien, paraît que j’ai tout faux, me signale Dorothée. Car «le signe absolu, irréfutable, reconnaissable entre tous, c’est la multiplication d’ouvertures de chantiers routiers en ville…

» Genève, ville ouverte pour le Salon de l’auto…»

C’est une option qui se défend. En même temps, les éventrations, éviscérations, points de suture et réouvertures des chaussées font partie depuis longtemps de notre paysage quotidien. Ces opérations à rallonge sur le bitume sont-elles plus nombreuses pendant la grand-messe automobile? À voir.

Reste que le signe le plus léger montrant qu’un événement d’importance se passe au bout du lac, c’est bien le pavoisement du pont du Mont-Blanc avec les drapeaux des cantons suisses.

C’est la seule fois de l’année, avec la fête nationale, que s’affiche ici avec tant de grâce notre histoire commune. Les drapeaux de tous les Confédérés flottant à l’unisson dans la même direction, c’est tout un symbole.

Les conducteurs romands et suisses alémaniques qui empruntent ces jours le pont du Mont-Blanc pavoisé apprécient sans doute cet accueil officiel.

Quant aux visiteurs du Salon de l’auto descendant par hasard à la gare Cornavin, ils verront une rataflée de bannières, 24 en tout, du plus bel effet.

Elles ne sont pas aux couleurs des cantons suisses, mais du FIFDH, le Festival du film et forum international sur les droits humains. Faut dire que les deux manifestations ont lieu en même temps dans cette ville ouverte…

La ville pour espace de jeu

12 mars 2019

Mon collègue Jean-Claude Ferrier a écrit dans la Julie du 28 février une «perspective» un brin nostalgique, où il a livré des bribes de son enfance et de sa jeunesse à Genève, à la manière du «Je me souviens» de Georges Perec.

Ce témoignage a fait ressurgir, dans la mémoire de certains Genevois, des souvenirs d’une époque révolue. Celle d’une ville animée par de drôles de zigotos, où les plaisirs étaient simples, où les gens se connaissaient dans la rue. Ces lecteurs ont donc écrit à leur tour ces moments du passé. Ainsi Florina, qui, à 86 printemps, se souvient, entre autres, de ces faits, de ces personnages.

«…Les jouets distribués par la Pharmacie principale le jeudi contre les bons récoltés.

»L’accordéoniste qui jouait si bien devant le Grand Passage.

»Le mystérieux couple habillé de blanc de la tête aux pieds déambulant en ville. Le bruit courait parmi les gamins que c’étaient des magiciens ou des fakirs.

»La petite vieille en bas de laine noirs s’agrippant à une poussette contenant toutes ses possessions.

»M. Quick, un petit bonhomme en habit et haut-de-forme, qui donnait à manger aux pigeons au départ du pont du Mont-Blanc. Entouré d’une nuée d’oiseaux se disputant pour se poser sur ses bras, ses épaules et son chapeau, il était une attraction pour les touristes, qui le prenaient tous en photo.

»Jacob, au rire en cascade tonitruant, toujours entouré de jeunes. Il ne finissait jamais ses «witz» et passait l’été aux Bains des Pâquis, où il arpentait, en colonne droite, toute la longueur de la jetée jusqu’au phare.

»À Carouge, sur la place du Marché, la dame qui promenait sa poule, tenue en laisse comme un chien.

»Certes, nous n’avions pas la télévision, mais nous avions la ville pour espace de jeu et des personnages qui lui donnaient de la couleur…»

Tournée de nettoyage

11 mars 2019

On ne se rend jamais à Saint-Georges de gaieté de cœur.

Michèle s’y est pourtant déplacée l’autre jour pour assister à une cérémonie d’adieu. Étant en fauteuil roulant, elle a pu garer sa voiture sur la première place pour handicapés qui lui tendait les bras.

Jusque-là, tout va bien, elle ne risque donc pas de prune, comme cela arrive trop souvent aux personnes éplorées qui parquent leur véhicule où elles peuvent, et qui reviennent de ce temps de recueillement le cœur en berne, pour découvrir un joli bulletin rose sur le pare-brise…

En longeant le chemin menant au crématoire, Michèle découvre avec horreur, au pied de chaque arbre et sur le côté gauche du trottoir, des tas de merdes de chien, car on ne peut pas appeler ces choses-là autrement.

Or, il se trouve qu’un distributeur de cornets, prévus précisément pour que les humains ramassent les déjections de leur cher toutou, est installé à quelques mètres de là.

Alors en plus d’être triste, Michèle est dégoûtée, et surtout très énervée devant ce manque de respect. Car un cimetière, jusqu’à nouvel ordre, ce n’est pas un parc à chiens. Ni un terrain vague. C’est un endroit qui mérite attentions et considération.

Que faire de ces propriétaires de chiens qui se moquent du monde en laissant derrière eux des lieux souillés?

Leur interdire l’accès au cimetière? Moche, tout de même. C’est un espace public. Les amender? Encore faudrait-il les prendre la main dans le sac. Oups, l’image ne joue pas, puisqu’ils ne les utilisent justement pas…

Les amender, donc, quand ils laissent Médor se soulager en détournant diplomatiquement la tête. Dommage que la seule punition se joue au niveau du porte-monnaie. Ne pourrait-on pas plutôt les astreindre à une tournée de nettoyage?

Vroum vroum vrooooum...

9 mars 2019

À Genève, on vit le Salon de l’auto à fond la caisse. On ne voit qu’elle, on n’entend qu’elle.

Alors parlons voiture, tant qu’à faire!

Ça débute par un claquement sec.

«Blam», «Clac» ou «slam» s’écrie la portière qui vient d’être refermée avec ou sans ménagement.

«Pffff», réagit le siège sur lequel l’humain vient de s’affaisser.

«Vroum-vroum», ronronne d’aise le moteur, mis en marche après un léger «clic» de la clé de contact.

«Clutch» fait alors l’embrayage, s’il est bien luné.

«Rheu» soupire l’accélération qui prend tranquillement de l’assurance.

«Vroooom», voire «broum» lâche enfin le bolide qui prend de la vitesse. Notez que dans les rues congestionnées de la ville, ce stade libératoire est rarement atteint ces temps-ci. Il doit souvent se contenter d’émettre un modeste «Peuf-peuf»…

Les pneus tournent en faisant discrètement «critch-critch-critch» sur le bitume. L’heure n’est pas aux dérapages contrôlés et à leurs interminables «criiiii».

«Tut tut!» crache soudain l’avertisseur sonore, pour tenter de se frayer un passage dans la circulation qui forme un grand tapis sonore et odorant.

Selon la provenance de l’auto, la parole libérée s’exprime plutôt par des «piep-piep», «bip-bip», «honk-honk», «ti-ti» ou «pi-pi». Je vous laisse deviner le pays d’origine de ces coups de klaxon intempestifs.

Mais trop tard: «doiiing» grince douloureusement le pare-chocs avant, qui vient de rencontrer un collègue arrière lors d’un gros «crac». Et l’écho salvateur est aussitôt au rendez-vous.

«Pimpon-pimpon»: 22 les flics, ou les pompiers? Leurs sirènes bleues disent aussi à certaines oreilles «uiu-uiu-uiu», «nino-nino» ou «tatüla-tatüla»…

La suite? Elle reste à inventer, selon la tournure des événements.

Voilà, j’ai parlé voiture à fond la caisse, mais là, je cale!

Quelle belle journée!

8 mars 2019

Il peut faire moche, froid, pluvieux, venteux ou tout ce qui nous mettrait grinchouille en temps normal, ça n’y changera rien.

C’est aujourd’hui une belle journée, quelle que soit la météo. Car c’est la Journée internationale des femmes!

La nôtre, quoi! Là, je m’adresse pour une fois aux seules lectrices de la Julie. Celles qui sont normalement à la fête ce 8 mars, comme chaque année. Avec les résultats que l’on sait…

Dans ce journal, nous avions tenté l’expérience, il y a belle lurette, de célébrer cette journée en produisant une édition principalement assurée par les filles de la maison, toutes de rose vêtues: des articles de rédactrices mises en page puis en images par des photographes femmes ou des illustratrices. Histoire de traiter enfin l’actualité à notre manière.

Nous avions bien œuvré, montrant à nos collègues de l’autre sexe que l’on pouvait fort bien se passer d’eux pour fabriquer un journal. Et puis patatras. Il y a eu ce gros problème aux rotatives, bastion éminemment masculin à l’époque. Un souci d’encrage. Résultat? Une vraie cata!

Textes maculés de traces noires, photos ternes, dessin de la une triste à mourir, avec sa couleur rose virant au gris. Comme nos mines déconfites devant ces pages gâchées. Sabotage?

Depuis, nous les femmes, on se contente ce jour-là de revendiquer nos droits; d’aiguiser nos plumes; d’intervenir dans le débat; de défendre notre point de vue; de provoquer aussi. Mais on n’abat plus le boulot de tout le monde, sous prétexte que nous en sommes capables. Ça, on le sait!

Si l’on veut faire progresser notre cause, rien ne sert d’agir contre les hommes. Mieux vaut construire avec eux. «L’homme est l’avenir du féminisme» affirmait ainsi le rédacteur en chef adjoint dans les pages de la Julie. Les temps changent. Vive les femmes!

Pub crade et baladeuse

7 mars 2019

À l’heure où le Salon de l’auto ouvre ses portes à Palexpo, on voit se balader dans le trafic genevois des bus TPG qui ont une grosse publicité collée au cul. Celle du salon érotique Venusia!

Un salon qui sait se vendre et qui nous a habitués à des jeux de mots salaces, pas forcément de bon goût, mais qui dénotent d’un bon sens de la formule premier degré avec de très lourds sous-entendus.

Sauf que là, ça dépasse les bornes! Et c’est un homme, pas bégueule pour un sou, qui m’a fait part de son dégoût et de sa consternation face au message véhiculé par nos chers Transports publics genevois.

Que voit-on sur la pub orange du salon érotique? Le dessin stylisé d’un jerrican, l’engin utilisé pour le transport des carburants et muni d’un embout verseur. L’image est accompagnée de cette promesse: «service complet, y compris la vidange».

C’est finement ciblé amateurs de grosses cylindrées, visiteurs du Salon de l’auto venus d’ailleurs et livrés à eux-mêmes dans cette ville de stupre et de fornication.

Ça craint! Et c’est crade.

Que disent les TPG à ce sujet? Ils ne sont pas responsables du choix de cette campagne, visible actuellement sur quinze autobus articulés. Soit sur 3,5% de leur flotte. Car c’est une régie publicitaire autonome qui gère les espaces de pub mis à disposition. Et tout cela a été fait dans les règles de l’art, même si le résultat peut heurter certaines sensibilités.

Sans doute. Mais le 8 mars, lors de la journée des femmes, il y a fort à parier que ces messages libidineux qui vont et viennent dans l’espace public feront débat. Voire plus, si entente…

Et dire qu’il faudra attendre le dimanche 17 mars, dernier jour du Salon de l’auto, pour que ces pubs disparaissent enfin. À moins que des autorités s’en mêlent…

L'arrivée des milans noirs

6 mars 2019

«Ça y est, les premiers milans noirs sont arrivés chez nous!» On sent poindre dans voix de Patrick Jacot une certaine excitation à communiquer cette bonne nouvelle. Et pour cause: comme les hirondelles, ces oiseaux majestueux annoncent les beaux jours.

L’ornithologue passionné me conte alors le voyage entrepris en petits groupes par ces migrateurs, partis de l’Afrique de l’Ouest. Ils ont traversé le Sahara, profité des vents pour planer au-dessus du détroit de Gibraltar. Puis ils ont remonté l’Espagne, traversé la France et emprunté le Fort l’Écluse pour parvenir enfin sur les rivages lémaniques.

Si vous ne les avez pas dans l’œil, sachez que l’on reconnaît les milans noirs à leur grande dimension (entre 1,30?m à 1,50?m d’envergure, tout de même) à leur queue légèrement échancrée, à leur sifflement et à leur vol ample et souple.

Quand ils seront remis de leur long voyage, ces beaux oiseaux vont commencer leur parade acrobatique, avec des figures de haute voltige pour épater la galerie. Car s’ils ont bravé tous les éléments, c’est bien pour venir se reproduire dans nos contrées…

Ils s’installent alors dans leur aire, en haut des arbres, et pondent deux à trois œufs. Les adultes repartiront en juillet, les jeunes un peu plus tard.

En attendant, les humains pourront observer près du lac ou du Rhône ces «charognards nonchalants» comme on les présente parfois, ou ces «opportunistes», ainsi que préfère les nommer Patrick Jacot. Car les milans noirs se nourrissent principalement de poissons morts flottant à la surface de l’eau. Ou font pitance dans des déchetteries.

Il arrive parfois que ces rapaces fondent sur des proies vivantes, comme les petits des canards ou des harles bièvres. Ce qui émeut toujours les carnassiers que nous sommes…

Les milans noirs sont arrivés, dans un battement d’ailes printanier. Il est temps de lever le nez pour les admirer!

Mais où sont les femmes?

5 mars 2019

Leur slogan n’est pas resté longtemps en place. Dans la nuit de dimanche à lundi, des mains agitées ont écrit à la va-vite sur des statues genevoises l’interrogation suivante: «ou (sic) sont les femmes?»

L’inscription, tracée à la bombe violette, a peut-être été lue par des noctambules ou des promeneurs matinaux sur le socle de la statue du Général Dufour, qui en a vu d’autres, ainsi qu’au pied des Réformateurs, eux aussi rodés à ce genre de cri du cœur.

À midi, ces graffitis n’étaient plus là. Nettoyés, oubliés.

Mais celles qui les ont réalisés ont revendiqué l’action faite, disent-elles, pour «rendre aux femmes et féministes une visibilité réelle». Avec une faute d’orthographe. Là, je me pince très fort. Et ce n’est que le début.

Car ces activistes affirment agir par opposition au système patriarcal et viser des endroits choisis en fonction de leur valeur emblématique. En l’occurrence des statues de militaire et d’hommes d’Église. Bien. Elles auraient peut-être voulu être à leur place, à l’époque?

Pas forcément. Seulement voilà: «Nous en avons marre des hommes célèbres, marre de n’apprendre que l’histoire de grands hommes […], marre de ne pas être représentées et d’être invisibilisées […], marre des monuments, de noms de rues et de la glorification historique des hommes…» Rien que ça! Elles sont très colère. Mais le sont-elles à bon escient?

Heureusement que ces mains agitées ne se sont pas attaquées aux statues féminines montant la garde devant la façade du Grand Théâtre, bien endommagées par des casseurs.

Faut dire que ces quatre grâces sont des allégories. Celles de la tragédie, de la danse, de la musique, de la comédie. Des femmes alibi, diront certaines. Non, des inspiratrices.

Et elles aussi seront dans la rue, le 8 mars prochain, avec d’autres femmes!

Crocus et primevères

4 mars 2019

L’avantage de rester en plaine, quand il fait beau et chaud comme ces derniers jours, c’est de se trouver aux premières loges pour admirer la percée du printemps.

Oui je sais, c’est pas bon signe qu’il fasse pareillement doux en cette période. On va sans doute le payer assez cher. Mais quel bonheur de voir sortir de terre les premières fleurs qui irradient de couleur sur l’herbe fraîche des pelouses et des champs…

Les espaces verts de nos parcs sont pimentés de milliers de crocus mauves, avec çà et là des touches blanches et jaunes qui font le bonheur des promeneurs du dimanche immortalisant la scène à tour de bras. Des primevères sont aussi de sortie, bien qu’un peu plus timides que les perce-neige.

En poussant la balade jusqu’au Jardin botanique, on peut apercevoir les fleurs mauves d’un rhododendron particulièrement précoce! L’arbrisseau fou se trouve près d’un chemin en dur menant à la buvette, et non le long de la passerelle aux rhododendrons, là où de gros bourgeons attendent sagement sur les massifs le prochain coup de chaud pour éclore et embaumer.

Ceux qui se dirigent vers la mare aux canards et aux flamants roses devront à un moment donné tourner le dos à cette vie aquatique pour s’approcher de la maison qui abritait autrefois la boutique du jardin botanique.

Car sur le côté droit de l’édifice, des mains ingénieuses et inventives ont créé un bûcher monumental en forme de feuille, du plus bel effet qui soit!

Une grande branche avec ses ramifications est disposée à l’horizontale contre la façade, et ces pousses ligneuses jouent ici le rôle de nervures de la feuille géante. Pour le reste, elle est entièrement composée de grosses bûches calées avec soin pour suivre la forme végétale. Vous avez suivi? Le mieux, peut-être, serait d’aller la voir sur place! Avec les crocus et les primevères…

Les signes précurseurs

2 mars 2019

Devinette. À quoi voyons-nous que le Salon de l’auto, c’est pour tout bientôt?

Quels sont les signes qui annoncent l’ouverture, jeudi prochain, du fameux «Geneva international motor show», où l’on roulera les mécaniques?

Vous me direz que c’est la profusion des affiches de bolides rouges et racés qui fleurissent sur les panneaux officiels, comme le font les bourgeons précoces sur les branches des arbres. Pas vraiment: ces images nous font de l’œil depuis un certain temps déjà.

Ou plutôt la publicité pour les autos, toujours plus présente dans différents médias. Avec des concours à la clé pour gagner des billets d’entrée au Salon; des offres combinées pour y accéder; des trucs et des bons plans pour profiter au mieux de ce rendez-vous. Tout ceci participe effectivement à la montée en puissance de l’événement, et dit bien son imminence. Mais ce n’est pas tout.

Quoi alors? Certains anciens diront que le Jet d’eau revient à cette occasion dans la rade, que c’est un signe qui ne trompe pas. Mais non! Cela fait depuis belle lurette que le symbole de Genève n’attend plus ce coup de klaxon pour sortir de sa torpeur, étant désormais de sortie toute l’année.

Vous donnez votre langue au chat? Eh bien voilà. Le signe le plus visible, c’est que tout le monde sort en ville avec de grosses et belles bagnoles que l’on ne revoit plus après.

Cela ne veut pas dire que le parc automobile genevois est d’habitude déglingué, loin de là. Mais il y a ces jours-ci une concentration étonnante de voitures de luxe, chics ou rutilantes dans les endroits où il faut être vu.

Des berlines de représentants de marques ou des voitures de particuliers qui reposent dans un garage et à qui l’on fait faire un tour de piste, le temps d’être admirées sous toutes les coutures. Plus tous les autres véhicules qui s’offrent à cette occasion un nettoyage de printemps, histoire de ne pas faire tache dans le paysage. Ce sont des signes qui ne trompent pas…

Comment se simplifier la vie

1er mars 2019

Dans la série «pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué», Michel me raconte qu’il a voulu changer un jour d’opérateur, une partie de sa téléphonie étant chez Sunrise, l’autre chez Swisscom.

Entre les deux, son cœur balance… Ce sera finalement Swisscom qui aura sa préférence.

Notre homme entreprend donc les démarches pour résilier son contrat chez Sunrise et reçoit en retour une douloureuse pour deux mois de préavis non respecté. Soit. Il règle cette somme, plus de 200?francs, tout de même, à l’aide d’un bulletin de versement.

Voilà, c’est en ordre, se dit-il. Erreur! Ce serait trop simple…

Car Sunrise se manifeste à nouveau en lui envoyant une nouvelle douloureuse, d’une valeur de 5?francs, pour avoir utilisé un bulletin de versement. Un moyen moyenâgeux de paiement, ou qui ne convient pas à cet opérateur.

Michel, ça commence gentiment à lui courir sur le fil. Il appelle Sunrise qui lui conseille de passer au magasin de Genève pour solder l’affaire.

Qu’on en finisse une fois pour toutes avec cette histoire! Le jeune retraité se rend à l’échoppe pour régler son dû, mais sur place, ô surprise, on lui dit que l’opération n’est pas possible.

Comment s’en sortir? Facile. Il doit se rendre à sa banque et payer la thune par virement bancaire! Ce que Michel a enfin fait, en espérant très fort ne pas avoir mis Sunrise en faillite…

Et dans la série «pourquoi faire simple…», suite: Françoise a eu la surprise de recevoir dans sa boîte aux lettres un catalogue de mode. Pourquoi pas. Mais il y a problème: la Bernésienne ne parle pas un traître mot de flamand!

Or, tout ici est écrit dans cette langue. Bon, le modèle, on comprend. Son prix aussi. Mais le reste, au secours! Le moins compliqué, ce sera encore pour Françoise d’aller en ville pour s’offrir une petite robe!

Pourquoi faire simple?

28 février 2019

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Ce questionnement est récurrent dans notre société où tout semble fait pour nous faciliter la vie, mais où tout finalement nous vient contre.

Ainsi les caisses maladie.

Je ne parle pas ici des primes qui étranglent toujours plus serré-serré les familles comme les célibataires. Je pense plutôt à ces assureurs de santé, ces gens bien sous tous rapports, qui prennent parfois des décisions compliquant inutilement le quotidien de leurs clients.

Prenons le cas de Renée. Cette dame aimerait qu’un politicien avisé réponde enfin à une question qui la taraude: pour quelle raison place-t-on un patient assuré en privé dans une maison de convalescence située à 40?kilomètres de son domicile, alors qu’une autre institution de ce type se trouve à 12?kilomètres seulement de chez lui? Ceci alors que ces deux établissements médicaux font partie du même groupe?

La logique voudrait qu’un habitant de Versoix puisse ainsi être pris en charge dans une clinique sise à Nyon. Bon, faudrait franchir pour cela la rivière délimitant les cantons de Genève et de Vaud. Mais ce serait plus simple encore que de traverser la ville, et le reste, pour atteindre Veyrier. Surtout pour la famille qui va lui rendre visite.

L’assurance, qui a longtemps fait la sourde oreille aux demandes de Renée, lui a finalement répondu que la clinique de Nyon ne correspondait plus aux normes, alors que celle de Veyrier l’était. Point barre.

Elle a voulu tenter d’obtenir plus de renseignements, sans succès. Son mari a donc pris le chemin du Grand Salève.

«On prône les économies d’énergie (CO2) et le rapprochement familial! Là, c’était tout le contraire», s’énerve Renée qui, à 75 printemps, a dû faire les trajets Versoix-Veyrier-Versoix un certain temps. Pourquoi faire simple?…

Ces phrases qui frappent

27 février 2019

Une Genevoise en vadrouille aux Rasses finit d’écouter une émission de la RTS dans sa voiture en stationnement. Le moteur du véhicule est coupé, bien sûr, la fenêtre entrouverte. Il fait si bon au dehors. Elle ne va pas tarder à y aller.

Un père et sa fille rentrent à cet instant de leur journée de ski et passent à la hauteur des oreilles de la conductrice. Le temps pour le papa de lâcher cet avis définitif: «Pour une femme, boire une bière, c’est pas très élégant! Elle devrait choisir un autre apéritif.»

La Genevoise sursaute et se pince. «Mais il est grave, ce type!» Elle entend encore la voix de la petite demander ce qu’une femme devait boire pour être distinguée, mais la réponse se perd dans le bruit des souliers de ski qui s’éloignent. C’est peut-être mieux ainsi. Ça lui évite des aigreurs d’estomac. Ne pas oublier qu’elle est venue aux Rasses pour se faire du bien… Mais tout de même, il est grave, ce type. Vivement la prochaine grève des femmes!

Plus près d’ici, notre dessinateur favori fait ses courses à la Coop du quartier. À la sortie du magasin, un homme fait la manche. Il quémande des sous pour manger. Ni une ni deux, le dessinateur généreux lui tend les bananes qu’il vient d’acheter. Refus un zeste gêné du mendiant. «Je ne suis pas très banane…» Plutôt pomme?

Le Musée des sciences présente ces temps-ci l’exposition «Roulez les mécaniques, la loi du moindre effort». À l’étage, les visiteurs se trouvent face à un jeu qui les invite à tester leurs connaissances. Selon comment ils positionnent des rondelles, leur réponse est juste ou fausse. Problème: la mécanique est toute déréglée!

Une adulte prévient le surveillant qui lui répond alors: «Les enfants doivent apprendre que la perfection n’existe pas!» Ah, c’est le but du jeu, dans un musée des sciences? Ou la démonstration de la loi du moindre effort? La dame en était toute déboussolée.

Hommage aux artistes

26 février 2019

Triste lundi! On a appris dans la même matinée le départ pour d’autres cieux de Jesus Moreno et d’Ellis Zbinden. Deux artistes œuvrant à Genève: un photographe et un peintre aquarelliste. L’un était âgé de 79 ans, l’autre de 97!

Leurs travaux ont longtemps fait partie de notre quotidien, sans que le grand public sache forcément qui tenait l’appareil photo ou le pinceau. L’essentiel étant que les images ainsi créées attirent le regard et l’attention. Ce qui était le cas: les photos de danse de Moreno ont souvent paru dans la presse, les peintures de Zbinden ont apporté la vie dans les galeries d’ici et d’ailleurs. Avec bonheur.

La carrière du photographe étant déjà évoquée en page culturelle de ce jour, je ferai donc un clin d’œil à Ellis Zbinden, rencontré lors du vernissage de son livre «Ora-kali, voyage d’un peintre en scooter, de Genève à Istanbul», paru en 2016. Je voulais lui dire le plaisir d’avoir vécu en compagnie de sa frise de poissons, peinte dans le hall de mon immeuble. Il a demandé l’adresse précise, pour aller les revoir…

L’artiste âgé semblait fatigué par toutes ces mains à serrer, par ces petits mots gentils qui lui étaient adressés et les dédicaces qu’il s’appliquait à faire. Mais quelle pêche dans le regard!

N’avait-il pas affirmé, dans sa jeunesse, qu’il détestait la foule, préférant se trouver seul devant son chevalet planté en Grèce, en Égypte ou sur une petite barque au large de Nernier? Il était ainsi, cet enfant de la Jonction.

Un homme un brin sauvage qui exprimait à l’aquarelle, sur le papier juste humide, ce qu’il ressentait devant des vues exotiques ou de chez nous. À 95 ans, il exposait encore ses tableaux et sa vie faisait l’objet d’un livre paru dans la collection «Les grands témoins», chez Slatkine. À cette occasion, il lâchait à notre consœur, venue le rencontrer: «Pour quelqu’un qui a recherché toute sa vie à capter l’éphémère, voilà que je suis en phase de fossilisation…»

Bonjour les têtes brûlées

25 février 2019

C’est quoi, une «tête brûlée»? Dans les dictionnaires, l’expression désigne une personne qui prend des risques volontairement et inconsidérément.

Mais dans la vie des gosses, les «têtes brûlées» sont juste des bonbons ronds vendus quatre sous pièce sous emballage. C’est «la bille qui t’arrache la tête» promet la pub sur le paquet de cette confiserie au cola et à enrobage acide.

Ce bonbon-là fait fureur dans les préaux, avec ses cousins qui teintent les lèvres en rose et les autres qui provoquent chaud ou froid dans la bouche.

Le phénomène des «têtes brûlées» est sorti de la cour de récré pour passer à la vitesse supérieure, avec des vidéos sur YouTube touchant des adolescents. C’est à qui fera les grimaces les plus affreuses en bâfrant un maximum de ces bonbons.

Et là, bonjour les dégâts!

Si les consommateurs prenaient la peine de lire les avertissements figurant sur l’emballage, ils verraient qu’«une consommation excessive sur une courte période peut entraîner des irritations temporaires de la bouche et la langue chez les jeunes enfants».

Autrement dit des aphtes et des boutons. Plus des troubles gastriques. Et un risque pour l’émail dentaire. Vous m’en direz tant!

Que répondre alors à cette grand-maman qui a lu la mise en garde et qui s’inquiète pour la santé des enfants?

Que la législation alimentaire interdit de mettre sur le marché des denrées «préjudiciables pour la santé». Mais qu’elle ne donne pas de limite claire concernant la quantité d’acide citrique qu’il est possible d’ajouter dans des aliments, nous précise la responsable Alimentation de la Fédération romande des consommateurs.

Cette responsabilité est laissée aux fabricants, qui se protègent en mettant un avertissement. Lequel ne fait pas le poids devant l’emballage attractif du bonbon. C’est donc aux gosses d’éviter la tentation. Et de ne pas faire les têtes brûlées…

Pluie d'étoiles sur les Pâquis

23 février 2019

On a donc appris vendredi qu’un hôtel quatre étoiles va bientôt ouvrir aux Pâquis. Ça manquait!

Ce qui surprend le plus dans cette affaire, c’est que le nouveau venu ne s’installe pas sur les quais, avec vue imprenable sur le lac et les montagnes. Là où tout est calme, luxe et volupté.

Bon, la place au soleil est déjà prise. Alors cet établissement se rabat sur la rue de Fribourg. Vous situez l’endroit? Disons que la vie y est assez dense!

Car il y a dans cette rue, comme dans celles De-Monthoux et de Neuchâtel, qui entourent le bâtiment où l’hôtel s’installe, une quantité extraordinaire d’arcades abritant des commerces les plus divers. Avec une préférence pour ceux qui ne connaissent jamais de temps mort…

La rue de Fribourg a longtemps été considérée comme celle des Espagnols, une sorte de Nouvelle Andalousie genevoise. Au fil du temps et des trafics, elle est devenue infréquentable, au point que les commerçants du quartier envisageaient d’engager une agence de sécurité privée pour chasser les délinquants des trottoirs. Je n’invente rien, c’était il y a tout juste dix ans.

Depuis, les caméras de surveillance ont peut-être calmé les ardeurs festives, ou simplement déplacé le problème.

N’empêche. Que fait un hôtel chic avec salle de fitness et 57 chambres, dont les prix peuvent grimper jusqu’à 440?francs la nuit, au milieu d’un quartier populaire? Et dans un immeuble où il y avait autrefois des Pâquisards à tous les étages et une épicerie de quartier à ses pieds?

Les nouveaux venus parviendront peut-être à s’imposer dans cet environnement qui leur est étranger, comme l’ont fait certains citadins qui s’installaient à la campagne et faisaient des pétitions contre le chant du coq, les cloches des vaches ou celles de l’église.

Les cloches du temple des Pâquis, elles, sonnent toujours le temps qui passe.

Quand les arbres s'en vont

22 février 2019

Soleil et douceur, toujours…

Enfin, pas pour tous: certains arbres de la Jonquille en savent quelque chose! C’était mardi, jour de grand beau. Au milieu de la torpeur printanière, des tronçonneuses ont soudain commencé à pétarader. Les habitants du boulevard Carl-Vogt se sont illico mis aux fenêtres. C’est quoi, ce boucan?

Ils sont vite aux aguets lorsque les arbres semblent menacés. Plus que d’autres citadins. Ça fait moins de dix ans que certains d’entre eux ont lancé ou signé un référendum pour sauvegarder les 31 tilleuls argentés qui s’épanouissaient dans le préau de l’école du quartier. Et qui ont été coupés pour permettre au MEG de pousser.

Alors ce bruit, c’est quoi, au juste? Des branches qui se font élaguer? Non. C’est l’arbre tout entier qui y passe!

Et ce n’est pas un, mais cinq arbres en tout qui vont passer de vie à trépas le long du boulevard. Trois robiniers, un tilleul, un marronnier.

«On va peut-être dire que ces arbres étaient malades. Mais est-ce qu’on tue aussi les personnes malades?» Ce cri du cœur d’un habitant dit tout. «Ils nous donnaient de l’ombre en été et nous aidaient à respirer. Or il fait très chaud, à la Jonction, à cette saison…»

Son émoi est légitime. Mais voilà. Les professionnels des Espaces verts ne procèdent pas à ces abattages de gaieté de cœur ni sans bonne raison. Car eux aussi aiment les arbres!

Ces coupes ont été faites, m'a-t-on dit, pour des raisons de sécurité, sur la base d’une analyse réalisée par un bureau de conseil indépendant. Les cinq «victimes» présentaient toutes des défaillances, pas forcément visibles: un tronc fendu ou creux. Une couronne instable ou attaquée par un champignon. Des branches qui risquent de casser.

Ces arbres seront tous remplacés en automne, c’est sûr. Mais on ne sait pas quelles seront les essences replantées. Notre habitant peut respirer!

Invasion de petits lapins

21 février 2019

Soleil et douceur, suite, et pas fin. Tandis que les Genevois se lugent au loin, ceux qui restent en plaine se croient déjà au printemps.

La preuve? Les petits lapins sont de retour chez nous!

Ils gambadent joyeusement sur les étals d’une grande surface orange de la place et sont mignons comme tout! Il y en a des blancs, des bruns, des noirs. Tous en chocolat, il va de soi.

Chose surprenante, me signale Élisabeth, qui a constaté la première cette invasion de jeunes mammifères sucrés, ils sont déjà en action. Des fois qu’on n’arrive pas à les vendre tout de suite…

La cliente, interloquée devant l’apparition précoce de ces douceurs, a fini par interpeller le gérant. Lequel était occupé à annoncer, à une employée, que la prochaine livraison de lapins aurait lieu la semaine prochaine. Pour fêter le retour en classe des élèves genevois, sans doute.

«Au fait, c’est quand, Pâques?» «Euh, à la mi-avril, je crois.»

C’est plus exactement le 21 avril. Soit dans deux mois pile. Ce qui laisse une certaine marge de manœuvre.

Dans deux mois, le chocolat noir, blanc ou brun ne sera plus d’une grande fraîcheur. Il aura pu fondre, se casser. Ou tout simplement lasser les principaux intéressés, qui s’en seront déjà gavés. C’est le risque lorsque l’on est pareillement décalé dans le temps.

Alors, tant qu’à faire, s’énerve Élisabeth, autant tout mélanger! Les magasins devraient laisser les décorations de Noël toute l’année, avec les boîtes de chocolats enrubannées vendues en même temps que les marmites de l’Escalade que l’on voit en octobre sur les étals, en compagnie des couronnes des Rois. Et des lapins.

Ce grand dérèglement va de pair avec les fraises qui se vendent dans les magasins. On se croirait presque en été. Soleil et douceur…

Déclaration contrariée

20 février 2019

Soleil et douceur, suite. Tandis que certains se lugent en altitude, il est des personnes qui profitent de ces jours bénis pour remplir leur déclaration fiscale.

Pourquoi pas. J’en connais qui préfèrent plutôt attendre les jours de pluie pour liquider ce pensum, mais bon, tous les goûts sont dans la nature…

Certains contribuables s’acquittent encore de leur devoir à l’ancienne, déclarant leurs revenus à la main, après avoir retourné l’appartement pour collecter tous les documents exigés par l’administration fiscale.

D’autres passent également par cette étape décourageante de tri de paperasserie, mais ils remplissent leur déclaration sur le logiciel GeTax 2018. Bien. Enfin, c’est une façon de parler.

Parce que la partie n’est pas gagnée d’avance, comme me le signale cette citoyenne remontée à bloc.

Ainsi donc, me dit-elle, Genève prône la bonne parole: recycler plutôt que jeter, développement durable et tout et tout pour éviter le gaspillage généralisé qui plombe notre planète.

Mais dans les faits, l’administration pousse les contribuables à posséder des équipements informatiques les plus récents et performants pour télécharger, en paix, le logiciel GeTax 2018.

Ce que cette dame ne peut plus faire depuis cette année. Car le système d’exploitation de son ordinateur est dépassé. Or sa bécane de la marque à la pomme date de 2011. C’est déjà la préhistoire?

Et si son outil informatique est trop vieux et fragile pour réussir les mises à jour proposées (faut déjà y arriver…) ou se lancer dans l’e-demarche, ça craint pour la protection de ses données, ou je me trompe?

Dommage qu’on ne puisse plus faire ses impôts avec des moyens informatiques simples et pratiques, conclut cette contribuable contrariée qui était pourtant prête à sacrifier un jour de soleil et de douceur pour faire sa déclaration.

Les oiseaux trinquent

19 février 2019

Soleil et douceur sont au menu de ces jours. Chouette alors! D’autant que ces bonnes conditions vont probablement durer jusqu’à la fin du mois, si l’on en croit MétéoSuisse.

Et les oiseaux, là-dedans? Certains chanceux ont déjà entendu un merle chanter au petit matin, confirmant ainsi la venue des beaux jours.

Mais d’autres oreilles attentives se font du souci: elles n’ont pas encore perçu les manifestations sonores de cet oiseau qui flûte, jase ou siffle de si belle manière. D’ici à ce que certains lecteurs parlent de maladie et de disparition prochaine du merle dans nos jardins, il n’y a qu’un pas. Que Patrick Jacot, du Centre ornithologique de réadaptation, ne franchit justement pas.

Alors oui, c’est sûr, il y a globalement une diminution des effectifs d’oiseaux dans nos contrées. Les éléments qui contribuent à cette triste réduction sont variés, le changement climatique n’expliquant pas tout.

Si l’on se concentre sur les seuls merles (il faudrait aussi parler des mésanges, des sittelles ou des pinsons des arbres), certains facteurs de risque sont connus. Comme la présence des chats dans certains périmètres, qui les traquent ou les empêchent de nidifier.

L’usage de sels sur les routes peut causer des dégâts, lorsque les oiseaux vont gratter là-dedans et ingérer des substances qui ne leur conviennent pas.

Mais ce n’est encore rien par rapport à l’abus de pesticides. Ça tue effectivement tout: il y a bien moins d’insectes, donc plus grand-chose à manger. Et si les prises sont contaminées, elles peuvent conduire à la mort de l’oiseau.

Pour l’heure, au Centre de réadaptation de Genthod, les seuls merles en traitement ont été victimes de chocs contre des véhicules…

On finit par de bonnes nouvelles? Patrick Jacot a vu passer dans le ciel une bonne quinzaine de cigognes blanches. Et les milans noirs, c’est pour bientôt!

Les vacances des autres

17 février 2019

On ne les avait pas vues venir. Mais elles sont là, les vacances. Enfin, celles des autres!

Celles des collègues qui vous ont lâché vendredi, en enfilant à toute vitesse leur manteau, comme si une main invisible allait encore les retenir au boulot: «Alors salut! T’es pas en vacances, toi, la semaine prochaine?»

Ben non! Faut bien faire tourner les rotatives, n’est-ce pas, comme on le dit dans le jargon. Ou rester au poste pour que la boîte, l’hôpital, le musée et autres secteurs professionnels puissent fonctionner normalement.

Parce que oui! La vie économique et sociale d’une région ne s’arrête pas lors des relâches scolaires, sous prétexte que la moitié de la population se prend du bon temps ailleurs. Elle ralentit, se traîne un brin, mais elle assure. Voilà!

Alors ceux qui étaient pressés de partir vendredi ont plié bagage et sont partis. Dans les premières heures, ceux qui n’ont pas bougé du bout du lac ont appris, goguenards, que les autres étaient bloqués sur les routes, que ça bouchonnait en direction des stations, que ça prenait des heures, et ils ont savouré leur situation.

Et c’est seulement le lendemain, en découvrant leur environnement vidé d’une partie de ses habitants, que des Genevois ont manifesté les premiers signes d’abandonnite.

Alors comme ça, nous restons là, comme d’habitude, pendant que les autres se royaument à la montagne, s’aèrent les poumons à la campagne. Ou visitent une nouvelle ville. Tristesse…

Qu’ils se consolent en tirant profit de ce qu’ils ont sous la main. Et ce n’est pas rien! Voir les premières fleurs au Jardin botanique, siroter le soleil sur une terrasse, se balader dans les parcs, sur les quais, prendre les Mouettes, flâner aux Puces, saluer Jules César au MAH, se promener dans la campagne.

Bref, profiter que les autres sont au loin pour faire ses vacances à Genève!

Les barbiers et les barbus

16 février 2019

Je ne comprends pas très bien cette histoire de barbiers. Les Messieurs de Genève pourront peut-être éclairer ma lanterne.

Comment se fait-il que les salons de ces tailleurs de barbiche, bouc, collier et impériale poussent en ville presque aussi vite que les poils qu’ils coupent?

Depuis quelque temps, ces boutiques de beauté masculine prennent place dans notre paysage commercial, remplaçant les habituelles boutiques de fringues et autres babioles. À moins que j’aie la berlue?

Pour en avoir le cœur net, je me suis adressée au Répertoire des entreprises du canton de Genève. Alors oui, c’est bien ça. Il y a manifestement beaucoup de «barber shops», puisque tel est leur nom!

En résumé, m’a-t-on dit, 24 entreprises sont actives dans ce domaine dans le canton, dont 15 se concentrent en ville de Genève. La plus ancienne remonte à 2008, la plus récente date de janvier 2019. Mais toutes n’ont pas encore commencé leur activité!

Alors, si j’ai bien tout compris, de nouveaux établissements vont bientôt s’ajouter à la bonne vingtaine de boutiques qui ont déjà pignon sur rue.

Et ce ne sont pas de petites échoppes miteuses. Ce sont de vrais salons, vastes, chics, souvent sans rideaux, avec des tas de miroirs et de fauteuils bien alignés, dotés de vitrines généreuses permettant aux passants de profiter du spectacle.

Ce qu’on y voit? Des hommes, assez jeunes et coquets, se faire dégager bien net la nuque, les oreilles, et tailler savamment les poils du menton, des joues et de la lèvre supérieure par des barbiers très barbus.

Est-ce le nouvel uniforme capillaire de rigueur? Un effet de mode? Le besoin de se faire cocoler le plus souvent possible? Parce que ça pousse très vite, une barbe. Ou quoi d'autre? Je ne comprends rien à cette histoire de barbiers…

La formule du sonnet

15 février 2019

Dimanche dernier, les urnes ont parlé. Leur verdict a ravi ou agacé celles et ceux qui ont voté. C’est toujours ainsi, et ça ne changera pas, tant que l’on aura la chance de pouvoir exprimer librement son point de vue, qui n’est pas forcément celui de son voisin.

Les urnes ont donc parlé dimanche. À l’évidence, le message délivré n’a pas plu à Anna, que je ne connais pas. Elle a donc pris la plume pour réagir. L’exercice a débouché non pas sur un pamphlet, mais un sonnet!

Il est sobrement intitulé «Genève». Et je vous le livre tel quel:

«À Genève, on aime l’élégant et le beau/Le lac qui reflète d’une dignité turquoise/L’immuable cité, les cygnes et le Jet d’eau/Et puis les passants, pourvu qu’ils n’aient pas d’ardoise.

À Genève, on aime que tout soit comme il faut/Que l’on garde une humeur égale et ne pavoise/Que des couleurs neutres sans excès d’idéaux/Pour ne pas troubler la sérénité bourgeoise.

Avec des réformes venues d’autres cités:/Soins dentaires et tolérance des religions/Écologie et autres excentricités…

Pourtant, Genève est fière et fait souvent mention/De sa vibrante ouverture et diversité/Alors pourquoi la brimer? Telle est ma question.»

On peut ou non partager cet avis. Mais quel plaisir de le voir ainsi mis en forme, avec sa petite musique singulière. Ça change de l’ordinaire, quand tout ce qui passe par la tête des gens est balancé en trois secondes et demie sur les réseaux sociaux, avec des propos souvent décousus et une orthographe approximative. Ou alors jetés en pâture et sans façon sur les murs de la cité.

Mais le sonnet, ça le fait! Il faudrait proposer cette formule aux accros des réactions épidermiques et leur faire travailler la rime et le rythme. Un peu de poésie ne nuirait pas à leurs écrits. N’est-ce pas, Anna?

Vivre d'amour et d'eau fraîche

14 février 2019

Pour celles et ceux qui seraient passés à côté de l’information du jour, nous sommes aujourd’hui la Saint-Valentin.

La fête des amoureux! D’où ces cœurs rouges et bombés qui fleurissent un peu partout autour de nous, épaulés parfois par de petits angelots joufflus. Difficile d’échapper à cette déferlante de bons sentiments et d’idées de cadeaux à offrir, toutes affaires cessantes, à l’élu(e) de son cœur.

Or, quand on y pense, c’est tout de même assez étrange, cette habitude de faire tourner le commerce local pour prouver son attachement à l’être aimé.

Comme si le fait de s’aimer jour après jour ne suffisait pas et qu’il fallait cette piqûre de rappel de la Saint-Valentin, avec son lot de petites et de grandes attentions, pour célébrer le bonheur d’avoir trouvé son âme sœur.

En plus des fleurs, des bijoux et des douceurs chocolatées, les grands classiques du jour, il y a aussi, chez certains couples, ce besoin d’afficher leur amour en public dans des restaurants qui proposent des menus à rallonge. De ceux qui vous pèsent longtemps sur l’estomac et vous ramollissent les ardeurs…

Or ne pourrait-on pas vivre d’amour et d’eau fraîche, au moins ce jour?

Faire comme au commencement de la relation, lorsque l’amour pour l’autre vous dévore au point qu’il n’est plus besoin de manger pour être comblé des bonheurs de ce monde?

Notez que ces transports amoureux n’ont pas le même effet sur tous, comme me l’a justement fait remarquer un vieil ami. «Jamais un baiser ne m’a ôté l’appétit!» Au contraire…

Alors mangeons et buvons un verre à la santé des amoureux! Et si le cœur nous en dit, allons guincher à l’Ariana pour le bal de la Saint-Valentin, après avoir découvert la belle exposition qui s’ouvre aujourd’hui et qui a pour thème «Aimer d’amour»

C’est un sacré programme!

A quoi bon groumer...

13 février 2019

La sève monte, les humains sortent de leur léthargie et les Genevois groument. Quoi de plus naturel, en somme.

Prenons les choses dans l’ordre. Un lecteur agacé m’allume à propos de notre campagne publicitaire aux affirmations trop évidentes à ses yeux. Et d’en proposer une innovante: «La «Tribune» ne fait toujours aucun rabais aux abonné(e)s de longue date, sinon on vous l’aurait dit» Bien vu! Sauf que je n’y peux rien, ami lecteur. Si j’avais les cordons de la bourse de Tamedia… Mais stop, faut pas rêver, Julie!

Une dame est en ébullition à propos de sa bouilloire qui avait un petit souci de contact électrique. Au lieu d’assurer la réparation attendue, le service clients de Migros l’informe que ce modèle, acheté deux ans et trois mois pile auparavant, n’est plus réparé. Hop, au recyclage, la «vieille» bouilloire, place à une nouvelle. Et bonjour le gaspillage.

Une abonnée me reproche enfin d’avoir consacré une Encre bleue à dénigrer la présence de SALE dans les vitrines des magasins. Où est le problème? Dans une ville internationale comme la nôtre, on se doit de faciliter la vie des expats qui ne parlent qu’anglais!

Peut-être. J’ai pas osé lui dire qu’une ex-collègue journaliste, amoureuse de la langue française, utilise un crayon noir bien épais pour ajouter, sur les vitrines SALE, un «MENT» après ou un «TRÈS» avant. Mais ce n’est pas elle, croix de bois, croix de fer, qui graffe un «OPE» à la fin de ce mot. Parce que le résultat est encore plus moche!

Bref, au lieu de parler de ça, m’a dit la dame, vous feriez mieux de dénoncer la présence des fraises, ces jours, dans les étals des magasins. Parce que ce n’est pas la saison, et donc pas écolo du tout. Elle a entièrement raison.

La sève monte, mais les fraises ne poussent pas encore dans notre canton. Faudra attendre la mi-mai pour que les maras des bois pointent leur museau rouge et sucré. Et là, on se régalera!

Un amour de chauffeur

12 février 2019

Les TPG conduisent à tout, et surtout à bon port. Mais ils amènent aussi à de belles rencontres, voyez plutôt.

En février 2015, Diane s’était pointée à l’agence TPG de Rive avec une bouteille de champagne sous le bras. Elle tenait ainsi à remercier le chauffeur qui avait été d’une grande gentillesse, la veille, quand elle était montée de toute urgence dans le bus et qu’elle n’avait pas un sou sur elle. J’en avais fait une encre bleue, à l’époque…

Il y a quelque temps, oh miracle, Diane tombe à nouveau sur ce conducteur de bus et le reconnaît tout de suite! Elle lui demande alors si le champagne était bon. Silence gêné de son interlocuteur. Et pour cause: cette bouteille ne lui est jamais parvenue. Les bulles ont chatouillé d’autres gosiers que le sien…

Elle aimerait lui offrir une nouvelle bouteille, mais il n’est pas spécialement amateur de champagne. Ils babillent un moment et Diane lui enverra ensuite une jolie carte de remerciement avec copie de l’article le concernant.

Un amour de chauffeur, cet homme! Car ce n’est pas la première fois qu’il fait preuve de bienveillance et que ça lui réussit. Sylvia me raconte leur histoire qui remonte à presque vingt ans.

Un jour de pluie battante, elle prend le bus à Genève-Plage pour se rendre au boulot en ville. D’habitude, elle fait le trajet à vélo et n’a donc pas de monnaie sous la main pour prendre son ticket.

Qu’importe, le conducteur, le même donc, est arrangeant. Il paie la course! Touchée par sa gentillesse, Sylvia fait comme Diane: elle lui envoie une boîte de chocolats, sans laisser pour autant son adresse. Ces douceurs lui ont plu.

Car des mois plus tard, c’était à nouveau un jour de pluie, tient à me préciser Sylvia, elle reprend le bus à Genève-Plage, bus conduit par l’amour de chauffeur. Ça leur a fait tout chose, de se revoir. Depuis, ces deux-là sont en couple.

Et dire que cet employé des TPG va bientôt prendre sa retraite…

Une soirée poudre

10 février 2019

«Soirée poudre»! C’est quoi encore cette invention? Et d’ailleurs, de quelle poudre est-il question ici? Ça peut aussi bien être la poudre de riz que celle de curcuma, de cacao ou d’escampette.

La poudre aux yeux, peut-être? À moins que ce soit la poudre à écrire, celle que l’on met sur l’écriture fraîche pour sécher l’encre bleue. Ou la poudre à canon. Voire une autre substance blanche qui fait pas mal de dégâts dans les neurones.

«Soirée poudre», donc!

Elle aura lieu mardi et s’inscrit dans la programmation du Festival Antigel. La soirée se déroulera dans les locaux de Partage, la banque alimentaire genevoise, qui n’est pas spécialement habituée à servir d’écrin à un concert rock. Or, c’est bien là que jouera John J Presley.

Quel est le rapport, me direz-vous, entre cet artiste anglais qui propose «un groove à défriser le premier rang au moindre coup de semonce et un blues cradingue d’une élégance folle et d’une puissance rare», à en croire le programme, et la poudre?

Eh bien pour assister à cet événement, il est demandé aux spectateurs de venir avec leur billet d’entrée plus un kilo de sel ou de sucre. Ou plus, si envie.

«Le rock est toujours plus intense quand il est empreint de solidarité», résume le Festival Antigel, pour expliquer le concept.

Quand les festivaliers se retrouveront dans l’immense halle de tri de Partage, ils seront peut-être un brin empruntés avec leur petit kilo de poudre sous le bras, tant les réserves à constituer pour assurer l’aide alimentaire à Genève sont énormes.

Mais si les 350?personnes attendues au concert de John J Presley jouent le jeu et viennent avec sel et sucre, la soirée augmentera les provisions de ces poudres magiques qui changent le goût des aliments, et de la vie. Un bon début!

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