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ChroniquesL'encre bleue

Partie 2 de la série

Place à la rose trémière

21 juin 2018

Inutile de maudire le ciel ou la terre entière en ce premier jour d’été.

Oui, c’est le petchi. Oui, c’est rageant toutes ces perturbations de circulation, ces bouchons, ces interdictions de tourner à gauche, à droite, et ces gens partout. Oui, tout ceci est lié à une bonne cause, la venue au bout du lac du pape François. Sans doute. Mais il fait chaud à crever dans la voiture immobilisée en plein soleil depuis des plombes.

Et alors? Alors c’est l’occasion d’en profiter pour admirer une splendeur qui passe trop souvent inaperçue quand on roule en ville, le nez sur le guidon ou le volant. Où regarder?

Viser le pied de certains arbres, le long des trottoirs; les bordures herbeuses peu entretenues; les interstices entre le bitume et le bâti; les petits espaces incertains mis entre parenthèses dans l’aménagement urbain.

Car c’est souvent dans ces lieux inattendus qu’elles s’épanouissent et s’élancent en bouquets sauvages vers la lumière. Elles sont actuellement au meilleur de leur forme, se déploient dans un déferlement de fleurs couleur pourpre, rose, blanche, dépassant souvent la taille des passants.

Elles? Ce sont les roses trémières, bien sûr. De grandes amies, fidèles au poste, pas délicates pour un rond. Elles poussent presque toutes seules, une fois que leurs graines ont trouvé un coin de terre où s’accrocher.

Certaines ont été plantées un jour par des habitants, d’autres par des jardiniers. Après ce coup de pouce initial, elles vivent leur vie, n’ayant besoin de personne pour croître et se multiplier. Les gaz des véhicules ou les pipis de chien ne semblent pas trop affecter leur santé. Bon, mieux vaut éviter de les consommer en salade: elles sont belles, mais peut-être un peu chargées…

En ce premier jour d’été, inutile de maudire le ciel et la terre entière à cause du petchi généralisé. Rendons plutôt hommage aux roses trémières!

"Habemus papam"

19 juin 2018

Ce jeudi, Genève sera en état de siège.

De Saint-Siège, si j’ose le dire ainsi: le pape François fera escale dans la Rome protestante et sa venue met toute la République en émoi. Ce qui est plutôt amusant, sachant que la séparation de l’Église et de l’État remonte chez nous à plus d’un siècle déjà.

Bref. Comme Saint-Pierre de Genève n’est pas Saint-Pierre de Rome, la messe sera dite à Palexpo. Une sage décision, voyez-vous, puisque la visite pastorale est placée sous le signe de l’œcuménisme. Pas question de raviver de vieilles chicanes à propos de la cathédrale. Le vénérable édifice ne serait d’ailleurs pas en mesure d’accueillir les foules qui se presseront au portillon pour voir et entendre le pape.

La Rive gauche devrait être à l’abri des fortes perturbations de circulation générées par sa venue, dignes de celles d’une rock star dans les folles années. Mais la Rive droite, elle, va trinquer! Mieux vaut éviter d’y mettre les pieds, et les roues, si l’on n’a rien à y faire.

La police n’y va pas par quatre chemins, elle qui recommande à tout le monde d’éviter de prendre sa voiture jeudi, de privilégier les transports publics. Et d’écouter les bulletins d’information réguliers concernant les complications routières. C’est dire la taille de l’événement!

Car le secteur de l’aéroport, du Grand et du Petit-Saconnex et de Pregny-Chambésy sera sous haute surveillance, et plein à craquer. C’est vers Palexpo que vont converger, dès 10?h du matin, les 41?000 heureux élus qui ont un billet en poche pour assister à la messe.

Quant au saint homme qui la dira, il n’aura pas une seconde pour lui. Même pour aller faire un tour au cimetière des Rois, afin de se recueillir sur la tombe de son compatriote Jorge Luis Borges. Et de saluer au passage Jean Calvin, qui repose non loin de l’écrivain argentin. Dommage! Une autre fois, peut-être…

Le règne du ballon rond

16 juin 2018

Hop Suisse! C’est donc reparti pour un tour… Le Mondial fait à nouveau battre les cœurs des amateurs dans les salons, les bistrots, la fan zone de Plainpalais, les salles communales, voire même sur les lieux de travail.

Comme si cela ne suffisait pas, il s’invite aussi dans le paysage genevois: les drapeaux d’ici et d’ailleurs pendouillent aux balcons ou aux fenêtres. Ils emballent les rétros des voitures. Ils décorent les vitrines des commerces. Ils poussent sur les pots de fleurs. Ils se croquent en sucre chez les pâtissiers. Impossible d’y échapper.

Histoire d’en rajouter encore une couche, de grands sacs rouges équipent les poubelles de la ville et affichent un «Hop Suisse!» de circonstance. J’avoue ne pas bien saisir le rapport qu’il y a entre une poubelle et l’équipe nationale de football. Mais bon, on supporte comme on peut l’événement.

Vérification faite auprès de la Voirie, ces contenants en plastique ne sont pas des restes de l’édition précédente au Brésil, mais bien une commande pour la compétition en Russie. La Ville de Genève a ainsi prévu 36?000 sacs rouges à croix blanche!

De quoi soutenir la Nati pendant deux bonnes semaines, jusqu’en 8es de finale en tout cas, me dit-on. Et quand elle ne sera plus en lice, les sacs jaunes reviendront à leur place. Comme si de rien n’était.

En attendant, si l’équipe de Suisse gagne dimanche soir contre le Brésil, sûr que l’emballage aux couleurs nationales deviendra collector. Pour autant qu’il soit vide… Et hop Suisse!

Les étapes de la vie

14 juin 2018

«Avez-vous déjà visité la mairie des Eaux-Vives?» me demande Henriette.

Euh oui, comme pas mal de citadins genevois qui veulent se passer la bague au doigt. Ou obtenir un papier officiel. On doit tous s’y rendre, un jour ou l’autre, pour déclarer un changement de vie au Service de l’état civil, qui est logé là. Et qui sait tout sur nous, de la naissance à la mort. Le milieu aussi.

On peut même s’y procurer un certificat de vie prouvant qu’on est toujours de ce monde. Ça me tue, ce genre de paperasse! Mais bon. Paraît qu’il peut servir, des fois que l’entourage ne se rendrait pas compte que l’on respire encore. Mais je m’égare.

La mairie des Eaux-Vives, donc. Cette imposante bâtisse style art suisse, avec son clocher de guet, ses clochetons et sa grande horloge mesurant le temps qui passe fait partie du quotidien des citadins. C’est beau, c’est grand, rien à dire, relève Henriette.

Jeune, on grimpe ou on descend les escaliers sans y penser, dit-elle. C’est plus tard que ça se gâte. Ces fichues marches deviennent vite impraticables. Notez que pour certains usagers des lieux, elles l’ont toujours été.

Le bâtiment étant classé, il n’y a pas d’ascenseur à disposition de la population. Seule une plateforme permet de hisser les personnes en chaise roulante au premier étage, si elles souhaitent accéder à la fameuse salle des mariages. Il faut pour cela que les employés, sympas au demeurant, leur donnent un coup de main. Or, Henriette en a marre de demander de l’aide.

Et pour le reste? Un bureau spécial situé au rez-de-chaussée de la mairie permet aux personnes à mobilité réduite d’effectuer toutes les formalités usuelles d’état civil. Bien vu.

«Les vieux râlent tout le temps?» ironise notre aînée. «Il faudra s’y habituer, puisqu’ils sont de plus en plus nombreux!»

Surtout si ce sont de vieux Genevois...

Comme un air de rebuse

12 juin 2018

Hier, matin et soir, il a plu des cordes. Des seaux. Des hallebardes. Des petits chats aussi, me glisse à l’oreille un collègue avisé. Il a plu des tringles d’escalier, des jarres, des ficelles, des tuyaux de pipe, des canifs, des piques, voire des tasses ou des soucoupes, comme cela s’exprime dans différentes langues. C’est fou ce que les expressions varient d’un pays à l’autre pour imager ces douches célestes!

Il pleut comme vache qui pisse, dit-on volontiers dans nos campagnes, ce qui n’est pas d’une finesse extrême. Notez qu’en Belgique, il tombe bien des vaches, quand ça drache. Or, dans une contrée où l’eau manque cruellement, la pluie fait plutôt un fil du ciel. Comme un cadeau venu de là-haut pour rendre la vie plus facile sur terre…

Le ciel nous est donc tombé sur la tête alors que la veille, c’était l’été. Et de quoi demain sera fait? La météo prévoit de la flotte et une baisse progressive de température. Nous entrons là dans le vif du sujet.

Arrivons-nous droit dans la rebuse de juin? Ce fameux coup de froid du milieu du mois, pris en sandwich entre deux phases de températures clémentes? Les spécialistes se tâtent sur la question, et vu que je n’en suis pas une, je ne me prononcerai pas. Mais quand même. Ça y ressemble fort.

Car cet événement climatique, propre à la Suisse, se distingue par des journées quasi estivales, suivies par un brusque refroidissement des températures à la mi-juin, puis à nouveau par une rapide remontée à des niveaux presque estivaux. On y court, non?

Et puis il y a ce nom qui sonne si bien aux oreilles: la rebuse! Qui veut dire «froid de mouton». Celui qu’éprouvent ces bêtes fraîchement tondues et qui se pèlent dans les alpages lorsque tombent soudain des flocons sur les fleurs des prés.

Alors bonne rebuse, et vivement que ça remonte!

Les abeilles et le banquier

7 juin 2018

Vous aimez le miel? Vous allez adorer cette histoire à dormir debout!

Il y a une trentaine d’années, un apiculteur genevois a installé ses ruches à Conches, de l’autre côté de la petite forêt située derrière l’annexe du Musée d’ethnographie. Ceci d’entente avec l’ancien patron des lieux et le paysan voisin. Ses butineuses n’ont jamais gêné personne. Et elles ont toujours fait un miel délicieux. Où est le problème?

Il est arrivé quand s’est construite, à proximité, la maison d’un banquier qui n’a rien de champêtre. Un jour que notre amoureux des petites bêtes s’activait vers le rucher, il est abordé par le nouvel arrivant. Pas content, le monsieur: les abeilles font caca sur les coussins des sièges disposés autour de sa belle piscine. Et ça ne va pas!…

L’apiculteur hausse les épaules et passe à autre chose, tant la situation lui semble absurde. Il aurait dû se méfier. Car les ennuis commencent.

Il reçoit bientôt une lettre de l’administration le rappelant à l’ordre. Il y a plainte du voisinage. Allons donc! Et puis le service n’a pas trouvé trace d’une autorisation lui permettant de poser là ses six ruches. Alors ouste!

Il doit les enlever, au plus tard le 31 mai. Or l’apiculteur est à cette période-là en pleine récolte! Pas question de déménager son rucher, il perdrait tout. Et pour le mettre où? Ni le banquier ni l’administration ne lui proposent d’autres lieux pour loger ses protégées.

À peine a-t-il mis le miel en pot qu’une nouvelle salve est tirée: ses ruches doivent dégager au 30 juin. Lors de la deuxième récolte. Allô la Terre!

À croire que tous ces gens qui tiennent de si beaux discours se fichent pas mal des abeilles. Celles qui font du miel, certes, mais qui pollinisent aussi 80% des espèces végétales, nous permettant ainsi de manger des fruits et des légumes. Cinq par jour, donc.

Mais voilà, les abeilles font aussi caca, et ça ne va pas! Affaire à suivre…

Des bâtons dans les roues

5 juin 2018

Que va devenir notre République, si elle a un porte-monnaie à la place du cœur? Le monsieur qui pose la question a déjà sa petite idée sur la réponse. Et pour cause.

Roland souffre d’une maladie neurologique progressive qui le cloue dans un fauteuil roulant depuis 1994. Malgré la perte de son autonomie, il se déplace encore en voiture pour vaquer à ses occupations. En plus de vingt ans de conduite, le Genevois n’a jamais reçu de contravention. Faut dire qu’il dispose d’une carte de handicapé pour parquer son véhicule sur les places réservées.

Jusqu’à ce jour de la fin d’avril où une contredanse l’attend sur le pare-brise de son auto, stationnée pourtant correctement. La tuile! La faute à qui? À Roland, tout d’abord, car sa carte est arrivée à échéance et il a complètement oublié de la renouveler.

En même temps, ce n’est pas parce qu’il a du retard dans ses démarches administratives qu’il n’est plus handicapé. Cloué dans son fauteuil roulant il l’est et le restera, hélas.

L’employé, ensuite, qui lui a collé l’amende. Il a seulement regardé la date d’échéance du document. Qu’importe si la voiture prunée est bien celle d’une personne à mobilité réduite, reconnaissable au système de conduite au volant et à l’équipement pour charger la chaise.

Roland a donc fauté, il doit payer. L’amende se monte à 120?francs. Mais ce n’est pas tant le prix qui le chiffonne que le principe. On aurait pu l’avertir avant de sévir! Il fait alors le nécessaire pour renouveler sa carte de handicapé puis se rend au Service du stationnement, pour tenter de plaider sa cause. Peine perdue. Le courrier qu’il enverra ensuite pour faire annuler son amende, pareil. C’est niet. La loi, c’est la loi.

Oui mais le bon sens, ça existe aussi! Et il faut parfois oser en faire preuve et ne pas se réfugier derrière les règlements. La République s’en porterait mieux!

Consommer local et utile

2 juin 2018

Voici qui m’ouvre l’appétit, se réjouit un passant de langue française devant les vitrines de PKZ, qui lui annoncent la bonne nouvelle: «PRE SALE»! Car ce Breton gourmand, pas végane pour un rond, lit instinctivement «pré-salé». C’est donc une pub pour de la bonne viande, goûteuse, comme celle qu’il l’aime. Et déjà, l’eau lui vient à la bouche…

Car qui dit prés-salés dit jolis petits agneaux broutant dans des pâturages proches de la mer, et donc imbibés de sel. Un tel fourrage finit par donner à leur chair une saveur originale appréciée des connaisseurs. Miam.

Sauf que non! Il n’est pas ici question de mouton breton. Ou de mouton tout court. C’est bêtement un magasin de fringues pour messieurs, qui communique avec des anglicismes. «On est trompé sur la marchandise…» constate, un brin dépité, l’amateur de pré-salé, qui ne s’est pas rabattu pour autant sur un pull en mérinos.

Pour les denrées alimentaires, consommons plutôt local, spécialement aujourd’hui puisque c’est le Samedi du partage! Ce n’est pas dans les hyper-méga-supercentres commerciaux voisins que se tient cette grande collecte de nourriture et de produits d’hygiène destinée aux personnes en situation de précarité à Genève.

Et si le Samedi du partage a pris de l’avance vendredi dans une quinzaine de supermarchés genevois, l’action prend toute son ampleur ce samedi dans 76 commerces. Difficile de passer à côté!

Plus de 800 bénévoles sont ainsi à pied d’œuvre pour recueillir, à l’entrée des magasins, les achats que les clients auront faits dans les rayons alimentaires et de soins. Cette récolte sera redistribuée gratuitement à 57 associations caritatives et sociales pendant les mois à venir. C’est dire l’importance de cette action de solidarité.

Alors samedi, on partage! Le salé et le sucré. Plus tout ce qui met un peu de piment à la vie.

Les photos qui font foi

31 mai 2018

«Combien de photos de mon portrait, qui n’est pas celui d’une star, dois-je encore présenter pour obtenir une carte d’identité confirmant que je suis bien un Terrien helvète, âgé de 84?ans, ne venant pas de la planète Mars?» se demande André, qui en a ras la patate.

La raison de sa fâcherie? À deux reprises, des fonctionnaires lui ont refusé les clichés apportés pour refaire le document officiel prouvant qu’il est bien lui, et non un autre.

Or le photomaton où il s’est rendu pour se faire tirer le portrait garantissait des «photos passeport». Oui mais voilà. Ce n’est plus la machine qui fait la photo bonne ou pas aux yeux des autorités, mais le sujet. À lui de se plier au diktat de l’Office fédéral de la police. Finie la plaisanterie!

Les critères d’acceptation des prises de vues pour passeports biométriques et cartes d’identité sont ainsi devenus d’une rigidité extrême. Et ce qui était une simple formalité devient un véritable chemin de croix…

À ce sujet, le site de la Confédération suisse est assez explicite. En gros, pour faire juste devant l’objectif, il faut être rigoureusement neutre!

Neutre, comme le pays, comme l’expression du visage, comme l’arrière-plan. Il ne faut pas de regard orienté sur le côté, pas de cheveux cachant le visage, pas d’ombres ou de reflets sur la figure, pas de ci, pas de ça. Et puis la bouche doit être fermée. «Toutefois, une expression aimable est autorisée.» Ach, quels taquins, ces fonctionnaires fédéraux…

Une petite précision encore: du menton au crâne, la hauteur du visage doit être comprise entre 29 et 34?mm. M’est d’avis que pour réussir une telle prise de vue, André doit oublier le photomaton de son quartier et s’en remettre aux photographes de l’Office cantonal de la population. Plus sûr!

C’est toujours bon à savoir, n’est-ce pas, quand on veut vite refaire une pièce d’identité avant de filer en vacances.

105 fleurs pour Hélène

29 mai 2018

Elle a vu le jour à Genève le 28 mai 1913. Un an tout juste avant que la Première Guerre mondiale n’éclate. C’est dire si depuis, le temps a filé. Pourtant, la Genevoise vit aujourd’hui encore au bout du lac, fidèle au poste. Ses yeux bleus portent parfois un regard étonné sur le monde qui ne cesse de changer: Hélène Debernardi vient ainsi de fêter ses 105 ans!

Mazette, quel anniversaire…

Faut-il le lui souhaiter joyeux, sachant que le grand âge ne l’est pas forcément? Ou lui dire simplement l’émotion que l’on ressent devant elle qui a traversé les années avec tant d’élégance, qui a vécu tant d’expériences au cours de ses 105 ans.

La perspective donne presque le tournis. Mais il en faudrait plus pour faire tourner la tête à cette dame un peu réservée, qui s’excuserait presque de susciter pareille agitation.

Car pour cet anniversaire hors du commun, la Villa Mona a fait honneur à sa résidente la plus âgée, avec musique, chants, bons petits plats partagés avec ses connaissances. Plus un immense gâteau, forcément. Mais Hélène n’a pas eu besoin de souffler les bougies!

Le maire de Thônex s’est déplacé pour féliciter l’héroïne du jour, avec une grande brassée de fleurs et de mots agréables, tandis que la maison lui offrait un châle douillet, l’aînée étant frileuse. Très émue, aussi, devant ces manifestations de gentillesse.

Car avant d’être au cœur de toutes ces attentions, Hélène a plutôt été au service des autres. C’est donc un juste retour des choses. Elle a travaillé comme vendeuse à l’enseigne Mercure, pour ceux qui s’en souviennent. Puis a consacré une bonne partie de sa vie à s’occuper de sa maman, pour lui éviter l’hôpital. Est-ce que la bonté conserve? La centenaire n’a pas de réponse à donner. Ni de conseils à prodiguer.

Elle fait du mieux qu’elle peut. Et à l’évidence, ça lui réussit plutôt bien!

Pourquoi faire la queue

26 mai 2018

Tiens, me suis-je dit en me pointant de bon matin au turbin. Des gens font la queue devant l’Office des poursuites et des faillites de Genève avant même l’ouverture des bureaux. Signe que ce n’est pas la joie dans les ménages et les commerces de la région.

«Faire la queue…»! C’est une drôle d’expression pour décrire une situation qui n’a rien de spécialement marrant. Qui n’a jamais pesté de se trouver un jour coincé dans une file d’attente, sans savoir s’il faut ou non en sortir, selon le temps déjà perdu à la faire?

«L’agaçant, c’est qu’il faut toujours et partout faire la queue: à l’entrée des cinoches comme à la sortie des cimetières», râlait ainsi San Antonio.

D’ailleurs, a-t-on une fois seulement compté le temps passé dans une vie à attendre que son tour vienne?

Dans certains cas, il n’arrive jamais. Mais en règle générale, il suffit de s’armer de patience et d’avancer à la vitesse de l’escargot pour atteindre enfin son but. Nous faisons ainsi la queue à la caisse du supermarché; à l’entrée des bains, un jour de beau; au péage de l’autoroute, au départ en vacances; devant un grand musée, ailleurs qu’à Genève; à l’entrée de la boutique de la fleuriste, le jour de la Fête des mères; au pied d’un immeuble où un appartement se libère. Et plus encore. Partout on fait la queue.

Pour comprendre cette expression, il faudrait, semble-t-il, remonter jusqu’à Robespierre. Avant d’être guillotiné, le révolutionnaire français aurait dit à son bourreau: «On me coupe la tête, mais on ne me coupera pas aussi facilement la queue!» Rapport à sa fidèle perruque, bien sûr, mais aussi à son parti, qui allait sans doute venger sa mort.

La légende veut que depuis, les files d’attente aux portes des boulangers (on ne mange alors que du pain) soient appelées des queues, les partisans de Robespierre pouvant profiter de ces rassemblements pour susciter des émeutes.

Ferons-nous la queue, ce samedi, pour accéder aux 87 caves genevoises? La queue, peut-être. Mais pas l’émeute!

La lecture à voix haute

24 mai 2018

C’était hier la toute première Journée suisse de la lecture à voix haute. Qui tombait pile sur la Journée nationale du marin. Et en même temps que le test des sirènes d’alarme, qui a eu lieu à l’heure du café, sans crier gare.

Ça fait beaucoup pour un seul jour, mais en même temps, quel joli clin d’œil!

Il suffit de rassembler ces ingrédients épars, de les touiller avec un brin d’imagination et de laisser mijoter un instant la sauce pour que sorte de là une histoire de marin au long cours tombé raide dingue d’une naïade à queue de poisson et au chant ensorcelant. Une histoire sans retour qui serait lue devant une assemblée prise dans les filets du récit et de la voix. Mais je m’égare…

D’ailleurs, qui fait encore ce genre d’exercice aujourd’hui?

Les parents qui prennent le temps de s’asseoir près de leur enfant pour partir à l’aventure dans les pages d’un livre et vivre ainsi un moment de complicité. Plus toutes les personnes qui travaillent dans les institutions de la petite enfance ou les classes enfantines. Car partager des lectures à voix haute soutient le développement des minots et améliore leurs perspectives de formation, affirme ainsi l’Institut suisse Jeunesse et Médias, qui est à l’origine de cette journée.

Mais lire à voix haute, c’est une activité qui rend heureux à tout âge! Elle se pratique auprès des personnes âgées ou malvoyantes qui ne sont plus en mesure de le faire elles-mêmes. Des romans, des journaux, tout y passe.

Elle favorise les rencontres dans des lieux parfois improbables où les auteurs de prose ou de poésie font entendre leurs mots. Fermer alors les yeux pour mieux se laisser happer par la diction du lecteur et par sa voix. Et l’on se fait son cinéma…

L’expérience est enrichissante et ne coûte rien. Ou si peu. Alors, pourquoi ne pas la tester vendredi, lors de la Fête des voisins?

Le gaspillage alimentaire

22 mai 2018

Partage, ça vous dit quelque chose? C’est la banque alimentaire genevoise, pour faire court. Celle qui collecte, depuis 2005, les invendus et les surplus des commerces pour les redistribuer ensuite gratuitement à une cinquantaine d’institutions sociales.

L’an dernier, cette fondation a été en mesure de distribuer 1002?tonnes de denrées alimentaires et de produits d’hygiène à 12?735 personnes, d’après ce que je lis dans son rapport d’activité.

La lutte contre le gaspillage alimentaire fait donc partie de son ADN!

Depuis que Partage existe à Genève, il y a bien moins de nourritures qui finissent leur existence à la poubelle, sans avoir été utiles à quelqu’un.

Certes, il y a encore çà et là des vivres qui passent entre les mailles du filet. Certains magasins pourraient faire mieux. Mais ils ne sont pas seuls à devoir fournir un effort pour limiter le gâchis: il reste aussi pas mal à faire à notre échelle, dans notre cuisine. N’est-ce pas?

C’est pourquoi Partage organise cette semaine à Balexert une campagne «Zéro déchet — lutte contre le gaspillage alimentaire» qui devrait parler à tout le monde. Elle comprendra de multiples animations, ateliers, dégustation de soupe à midi et de nombreuses surprises. Avec des activités spécialement pensées pour les enfants le mercredi.

Du mardi au samedi, aux heures d’ouverture du centre commercial, le public pourra ainsi se renseigner sur les dates limites de consommation de produits, apprendre à cuisiner ses restes avec un grand chef de cuisine, connaître les trucs et astuces de spécialistes en zéro déchets à la maison ou découvrir un atelier de fabrication de sacs recyclés.

À signaler encore la grande conférence publique du jeudi 24 à 18?h, sur le thème «Gaspillage alimentaire: à qui la faute?» On se le demande bien.

Une respiration bienvenue

19 mai 2018

Une longue fin de semaine s’annonce. Ah, souffler un peu, la belle perspective que voilà…

J’étais plongée ce vendredi dans l’écriture laborieuse d’une encre bleue dénonçant une escroquerie à la clé déjà réglée, hésitant plutôt à faire un petit jus sur la fermeture d’un bancomat de quartier, ou alors revenir sur les pratiques revêches d’une employée du géant jaune. À moins de consacrer peut-être quelques lignes à une arnaque au bouquet de fleurs?

Je n’avais que l’embarras du choix. Et pourtant, j’hésitais, j’hésitais à n’en plus savoir qu’écrire. Pourquoi diable assommer les lecteurs avec des histoires un peu plombantes, ou qui ne tournent pas rond, quand le soleil nous tend pareillement les bras au dehors…?

C’est alors que j’ai eu ce coup de fil venu d’ailleurs.

C’était le téléphone d’un homme absolument ravi qui tenait à partager sa belle expérience du jour: une rencontre, dans un bus, avec une équipe de jeunes.

Elle m’arrivait ainsi sur un plateau, cette encre de Pentecôte! Comme une respiration bienvenue pour exprimer le bonheur qu’il y a parfois à ouvrir ses yeux sur le monde pour tenter d’y voir un peu plus clair.

Alors, qu’a-t-il donc vécu, ce Pascal? Un trajet dans le bus numéro 2 en compagnie de filles et de garçons de toutes les couleurs de peau. Des jeunes venus, pour la plupart d’entre eux, de régions de guerre et ici réunis dans une classe d’accueil.

Notre homme a pris le temps de discuter avec une adolescente syrienne et un jeune érythréen. Les deux lui ont alors raconté, dans un français déjà bien assuré, les raisons qui les ont conduits à trouver refuge à Genève. Là, à l’instant, ils vont tous ensemble faire un tour au Bois de la Bâtie. Car la vie continue.

Fort de cette rencontre avec ces ados qui ont grandi trop vite, Pascal dit qu’il regardera désormais les reportages sur les réfugiés avec d’autres yeux...

La boulangère le sort du pétrin

17 mai 2018

Vous prendrez bien une pincée d’égard et de bienveillance? Certes, ces denrées sont peu tendance, à l’ère du chacun pour soi. Mais qu’est-ce qu’elles font du bien!

C’est un monsieur qui s’en va un jour prendre une douceur et un petit crème dans une boulangerie de la place. Ainsi rassasié des bonnes choses de la vie, il s’en va ensuite flâner dans les rues de la ville, pas pressé pour un rond, humant l’air du temps.

Je ne sais trop pourquoi, il est soudain traversé par un affreux doute. «Où diable ai-je mis mon portefeuille?» se demande le jeune retraité. Après les recherches d’usage au fond des poches, force est d’admettre qu’il ne l’a plus. Perdu? Volé?

Mystère. Mais l’homme sait d’expérience que c’est la grosse tuile: son portefeuille contient, en plus de l’argent, toutes les cartes possibles et imaginables. Il se rend donc au poste de police le plus proche pour signaler la chose, puis s’apprête à devoir passer le reste de son week-end à effectuer des démarches administratives. Ce qui n’a rien d’une partie de plaisir.

Un coup de fil le tire soudain de ces sombres pensées. La police lui annonce que son portefeuille vient d’être trouvé et rapporté. Alléluia!

Il s’en va dare-dare à Rive récupérer son bien. Miracle, il y a tout dedans! Très ému, il demande s’il peut obtenir les coordonnées de la personne qui l’a ainsi sorti du pétrin. Et la police les lui donne (ce que ne fait pas le Service des objets trouvés, soit dit en passant).

Bref, c’est une employée de la boulangerie Desplanches qui a pris la peine de rapporter le portefeuille, après qu’un serveur l’a trouvé par terre en balayant la boutique.

Notre retraité s’en est donc retourné à cette bonne adresse pour remercier concrètement les deux employés. Sûr qu’il a encore repris une douceur et un petit crème, pour fêter ça!

Et hop, tous sur le gril...

15 mai 2018

C’est à n’y rien comprendre.

À l’heure où les vitrines des bouchers genevois volent en éclats sous les coups vengeurs d’antispécistes encagoulés, on pourrait s’attendre à ce que les amateurs de viande se la jouent plutôt discrète.

Qu’ils évitent de montrer trop ouvertement leur attirance pour la côtelette, histoire de ne pas indisposer les protecteurs des animaux. Certains d’entre eux étant du genre sanguin.

Eh bien rien du tout! Depuis une semaine, la viande s’exhibe crûment sur les panneaux d’affichage du canton, rose, pimpante, sans complexe aucun, prête à passer sur le gril.

La Migros, pour ne pas la nommer, vient ainsi de lancer une nouvelle campagne publicitaire un brin décalée pour vanter les aliments qui se font lécher la peau par le feu. Les adeptes du barbecue estival étant nommés pour l’occasion des «grilétariens». Bien.

Et que voit-on sur ces affiches? De mâles mains palper la barbaque pour sentir combien elle est tendre. Avec le slogan «un massage avant le repas»… Ahhhh, que c’est bon! Sur un autre visuel, il est dit que les hommes osent le rose. Celui de la viande saisie à point, donc! La troisième image montre des légumes, avec peut-être un clin d’œil pour une courgette, mais je ne l’ai pas vue en ville.

Alors, une provocation, ces affiches carnivores? Non. Une coïncidence! Le géant orange nous répond que cette campagne nationale a été mise au point bien avant que des extrémistes ne caillassent les vitrines des petits commerçants du bout du lac.

Et que partout ailleurs qu’à Genève, la cohabitation est harmonieuse entre végétariens, carnivores, véganes et amateurs de poisson. D’où son credo «grilétarien», qui unit autour du feu tous les mangeurs du monde. Car il y a de la place pour tous. Où est le problème?

C’est bien ce que se demandent encore les bouchers genevois!

Aimez-vous Hodler?

12 mai 2018

Ferdinand Hodler sort ces jours de sa réserve genevoise.

On le croise un peu partout en ville: sur les affiches, dans les musées, les livres et les articles de presse. Cet hommage grand format rappelle que le peintre suisse et populaire est mort il y a tout juste cent ans dans son appartement du quai du Mont-Blanc.

Si le Musée Rath accroche à ses murs cent toiles du maître, dans un déferlement de couleurs et de vues majestueuses, un très joli clin d’œil lui est adressé dans les vitrines de Brachard, à l’autre extrémité de la rue de la Corraterie.

Autant le préciser tout de suite, je ne suis pas payée pour faire de la pub pour cette papeterie. Mais franchement, si les commerçants de la place se donnaient la peine de faire d’aussi belles mises en scène, les rues marchandes seraient bien plus attrayantes.

Bref. Il y a quelques jours encore, des reproductions de paysages de Hodler étaient exposées dans ces vitrines, permettant aux passants de se rincer l’œil à bon compte de montagnes et de lacs. Aujourd’hui, un autoportrait du peintre barbu les regarde droit dans les yeux et leur demande, tout de go, s’ils ont envie de dessiner.

Parce que lui, Ferdinand Hodler, a trouvé à l’époque dans ce magasin les fournitures nécessaires pour réaliser ses tableaux. Alors, pourquoi pas vous? Exprimez votre talent!

Sans vouloir aller jusque-là, vous et moi pourrions tout au plus éveiller l’artiste qui sommeille en nous, en participant au concours «Dessinez ce que vous voulez en vous inspirant des couleurs de Ferdinand Hodler».

Ouvert à tous et divisé en trois catégories (3 à 10?ans, 11 à 17?ans et dès 18?ans), ce concours dure jusqu’au 30 septembre et est doté de beaux prix. Sortez crayons et pinceaux, en cette fin de semaine qui s’annonce maussade, renforcée par les saints de glace. Un refroidissement qui risque de gâcher la Fête des mères. Dessinez-leur donc des cœurs, ça les réchauffera!

Pour voir la vie en jaune

8 mai 2018

Ah, La Poste! Elle nous fait décidément voir la vie en jaune.

Sa couleur fétiche peut sembler chaude et solaire, comme celle du car postal sur une route de montagne. Ou virer citron acide, lors de contrariétés avec l’entreprise qui peuvent vite nous faire de la bile. Jaune, la bile…

Une Bernésienne se rend un jour à l’office postal de son village pour y expédier cinq lettres recommandées. Jusque-là, tout va bien. La situation se corse lorsque la dame à la blouse jaune pastel voit que le code de la localité manque sur une adresse. Carton jaune, retour à l’expéditrice!

Celle-ci demande alors à la préposée de service si elle peut lui fournir ce code car elle ne le sait pas par cœur et ne peut pas le trouver là, tout de suite.

«Non, répond la postière. Nous avons l’interdiction de donner ces informations aux clients, c’est à vous de les trouver sur Internet!» En disant ça, l’employée franchit la ligne jaune.

Car elle peut le faire. Même si, nous précise la voix de La Poste à Berne, «le personnel au guichet n’a pas pour consigne de devoir expressément donner ces informations». Nuance!

La cliente digère mal cette réponse et s’en va, avec sa lettre sous le bras. Sans développer pour autant une jaunisse, elle revient à la charge le lendemain et se renseigne. Existe-t-il au moins un guide des codes postaux? Non! Et si je n’ai pas Internet pour les trouver, je fais quoi? Débrouille-toi mon poussin, aurait pu lui dire l’employée, qui ne sait que répondre.

Elle a juste oublié l’essentiel: le bon vieux bottin de téléphone n’est fait pour caler un meuble. Il contient aussi les renseignements recherchés. Et pas forcément dans les pages jaunes.

À cause de ça, la Bernésienne maugrée: à La Poste, on vend toutes sortes de babioles, mais on ne fournit pas les codes postaux. Où faut-il donc aller pour les trouver, au supermarché?

Victime de son succès

5 mai 2018

Place des Grottes, un vendredi de bon matin. L’heure n’est plus à la fête: le sol est jonché de cadavres de bouteilles, de mégots et de vieux restes abandonnés. Un vrai champ de détritus sur lequel flotte encore un relent d’urine. Les riverains qui sortent de chez eux ont les yeux cernés, après une trop courte nuit. Bonjour l’ambiance!

C’est comme un lendemain de cuite. Sauf que ces habitants-là n’ont rien bu. Ils sont juste aux premières loges du marché des Grottes. Ce rendez-vous incontournable du jeudi soir qui draine les foules et qui déborde de partout.

Car le monde attire le monde, c’est bien connu. Or plus on est de fous, plus on s’amuse, n’est-ce pas, surtout s’il y a un coup à boire. Alors au diable le voisinage, et à nous la belle vie. Hips!

Les amateurs de fiesta viennent aussi consommer ici des produits achetés ailleurs. Le tapis humain qui occupe alors l’espace public empêche les clients d’accéder aux étals, puis bloque les maraîchers quand ils plient bagage, à la fermeture du marché. Qui n’en finit plus.

Ces incivilités à répétition portent sur les nerfs des habitants des Grottes. Ce sont eux pourtant qui ont voulu à l’époque ce marché de petits producteurs sympa et convivial, à l’échelle du quartier. Mais les temps ont changé.

Pour éviter que cette manifestation soit un jour supprimée, à cause des nuisances qu’elle génère, le groupement des riverains de la place des Grottes entend calmer le jeu. En demandant à chacun d’y mettre du sien, et aux autorités de mieux encadrer la chose.

Parmi les mesures évoquées, il est question de redimensionner le marché, de sensibiliser ses usagers au respect des lieux et des gens. Une suppression temporaire de la vente d’alcool est souhaitée pendant l’été, ce qui fera grincer quelques gosiers. Les riverains demandent aussi la présence de chuchoteurs et d’agents municipaux en fin de marché, plus la construction de WC pérennes. Sans ça, la situation va vite devenir ingérable. Seront-ils entendus?

Apprendre à se protéger

3 mai 2018

Les malfrats ont finalement été arrêtés. Emprisonnés. Et puis jugés. C’était la semaine dernière au Tribunal correctionnel de Genève. Marcel, 90 ans, s’est rendu au procès des trois Marseillais (voir nos éditions du 24 avril).

Il a fait le déplacement de la Croix de Rozon pour témoigner car il a été victime, avec une vingtaine d’autres personnes âgées, de cette arnaque au bancomat qui lui a laissé un goût amer.

Faut dire que cet homme n’a pas seulement perdu 5000 francs dans l’affaire. Il a aussi perdu la confiance. Celle qui l’a toujours poussé à venir en aide à son prochain, quand il en a besoin. Sans se douter une seconde que ce prochain-là pourrait, un jour, le voler!

C’est pourtant ce qui lui est arrivé, et Marcel s’en veut encore de s’être fait avoir comme un bleu. Ce qu’il retient de tout ça? Qu’on ne l’attrapera plus! Et que police devrait donner plus d’informations sur les arnaques en cours, pour éviter que les gens de sa génération ne tombent dans ces pièges.

Alors, que fait la police? Elle se bouge! La preuve? Depuis 2017, un coordinateur de prévention pour les seniors leur explique comment se protéger au mieux des escrocs. Il est en contact régulier avec la plateforme des associations d’aînés et se rend dans les différents clubs de personnes âgées du canton pour leur parler des différentes astuces inventées par les scélérats.

Ce lieutenant se déplace aussi dans les EMS ou appartements à encadrement médical, instruit le personnel des soins à domicile. Pour toucher les autres seniors, la police tient des stands d’information dans les centres commerciaux, où elle leur distribue des conseils de prévention sur de jolis papillons.

Et si les avertissements lancés par les forces de l’ordre sur les réseaux sociaux ne touchent pas la population la plus vulnérable, il y a encore les communiqués de presse pour la radio. Et les journaux.

Enfin, ceux qui restent…

Vélo de frime ou de triche

1er mai 2018

Vise un peu ces cuisses et ces jarrets d’acier! Et t’as vu aussi leur allure? C’est fou ce que ces coureurs pédalent vite, pour dire qu’ils ont déjà 180 kilomètres dans les pattes. La classe!

C’était dimanche après-midi. Des spectateurs, massés sur le quai du Mont-Blanc, assistent à l’arrivée de la dernière étape du Tour de Romandie: 130 cyclistes terminent la course dans un sprint étourdissant, sous les vivats de la foule. Bravo!

Ces cyclistes-là sont des extraterrestres. Ou des forçats de la route, comme l’écrivait le reporter Albert Londres il y a bientôt un siècle, rapport à tout ce qu’ils devaient alors ingurgiter pour tenir le coup. Reste que pour tous les cyclistes du dimanche, impossible de régater avec ces sportifs de pointe, même dans les rêves les plus fous.

Quoique. Deux jours avant l’arrivée du Tour de Romandie, un féru de deux-roues m’a signalé l’existence d’un vélo de course étonnant, aperçu dans un magasin spécialisé des Eaux-Vives. Une bécane très chic, destinée à ceux qui veulent nous en mettre plein la vue mais qui n’en ont pas les moyens.

Je parle des moyens physiques, bien sûr. Ceux qui se développent à la force du mollet et à l’endurance. Parce que des moyens financiers, il en faut un max pour se procurer ce petit bijou de triche électrique. Compter 9990 francs.

La publicité pour cet engin de course parle d’un «bouton discret» qui permet d’enclencher une «batterie cachée». Où se niche donc cette alliée qui va soudain donner des ailes au cycliste et faire croire à la ronde qu’il est maillot jaune?

Dans la gourde! C’est un sacré tour de passe-passe. Ni vu ni connu. Le ou la cycliste vous dépasse à toute vitesse, en montée, sans faire de bruit bizarre, sans faire d’effort. De quoi vous couper la chique. Mais c’est de la triche!

Et ça sert à quoi, finalement, ce dopage autorisé qui ne dit pas son nom. À frimer? Mais à quoi bon...

Des réactions au clin d’œil

28 avril 2018

Vous êtes décidément plus sensibles et réactifs que les décideurs de l’AI! Vous me direz que ce n’est pas très difficile…

Suite à mon billet de jeudi «Le clin d’œil qui fait tout», j’ai reçu une avalanche de courriers et de propositions pour venir en aide à Isabelle, dont le sort vous a touchés.

Pour rappel, cette Genevoise est atteinte de sclérose latérale amyotrophique. Privée totalement de parole et de mouvement, elle communique avec ses proches et soignants au moyen d’un ordinateur spécial qu’elle actionne en clignant des yeux.

Cet outil vital pour Isabelle arrivant en fin de course, elle a fait plusieurs courriels à l’assurance invalidité pour obtenir une nouvelle machine qui ne plante pas quand elle en a besoin. Une demande urgente, laissée sans réponse depuis six mois déjà. Or le temps presse.

Si l’AI tarde encore à se manifester ou, pire encore, si elle refuse de débourser 12'000 et quelques francs pour cet ordinateur adapté à la patiente (ce qui serait tout de même un comble), je proposais de lancer une collecte, le moment venu.

Eh bien un lecteur n’a pas attendu mon feu vert! Il est venu discrètement déposer à la rédaction de la Julie une enveloppe contenant mille francs, avec ce petit mot dessus: «pour Isabelle, en attendant plus!» Signé Nicodème.

Je collerais volontiers deux gros becs sur les joues de ce Monsieur au grand cœur. Comme aux autres personnes qui se sont déjà annoncées pour financer cet ordinateur, s’il y a besoin de le faire.

Mais avant de solliciter la République, il serait bon peut-être de suggérer à Mauro Poggia, qui sait si bien parler aux assurances, de peser de tout son poids de conseiller d’État pour régler cette situation incompréhensible.

Isabelle vaut bien une telle mobilisation.

Le clin d’œil qui fait tout

26 avril 2018

Isabelle ne parle plus. Isabelle ne bouge plus, clouée dans une chaise roulante. Cette femme de 45 ans est atteinte depuis treize ans de sclérose latérale amyotrophique. La même méchante maladie qui a terrassé Stephen Hawking, le célèbre astrophysicien dont tout le monde a vu un jour ou l’autre la photographie dans un média.

Ceci pour se représenter combien ce handicap a changé radicalement la vie d’Isabelle.

Cette belle personne vit aujourd’hui dans un appartement, à Genève, avec sa maman de 84 ans qui veille sur elle nuit et jour. Elle est naturellement entourée de professionnels de la santé qui se relaient pour lui apporter les soins indispensables. Des proches et des amis lui rendent aussi visite.

Comment peut-elle communiquer avec eux puisqu’elle est totalement privée de parole et de mouvement? Isabelle dispose d’un ordinateur qu’elle actionne avec les yeux! Ça demande du temps et pas mal de volonté pour exprimer ainsi ses besoins vitaux, ses émotions ou ses envies, mais enfin, elle y parvient.

Cet outil de communication est donc vital pour elle. Mais il commence à fatiguer et devient moins performant. Pire, il bloque parfois. Et là, ça devient dangereux pour celle qui en dépend.

C’est pourquoi cette femme a entrepris, il y a plus de six mois déjà, des démarches auprès de l’assurance invalidité pour le financement d’un nouvel ordinateur. En écrivant, avec ses yeux, que c’était urgent.

Six mois ont passé. Pas de réponse. Ni oui ni non. Juste de l’indifférence.

Qu’attend donc l’AI pour réagir? Que la patiente ne puisse plus du tout communiquer? Si l’assurance sociale fait encore l’autruche, on va finir par lancer une collecte pour réunir des fonds. Parce qu’un ordinateur adapté à Isabelle, ce n’est pas un caprice, mais une nécessité.

Allez les vieux, dehors!

7 avril 2018

Parler de cette histoire, c’est donner peut-être du grain à moudre au parti qui caresse lourdement l’électorat genevois dans le sens du poil, affirmant que lui ne fera jamais, oh grand jamais, de résiliation de bail dès 65 ans. On parle ici de l’âge des habitants, donc. Pas de la durée de leur bail. Ah, la belle promesse électorale que voilà.

Mais bon. Il est temps aussi de dire la grogne qui monte chez les locataires de la Gérance Immobilière Municipale (GIM) dont le manque de souplesse est légendaire. Elle monte d’ailleurs à tel point, cette grogne, qu’une association de personnes fâchées par la politique de la GIM vient de voir le jour. C’est dire si le sujet est sensible.

Bref. C’est un couple de retraités de bientôt 70 ans chacun. Après avoir passé trente-cinq ans dans un logement social des Grottes, ils reçoivent leur congé, sans possibilité de recours ou d’arrangement.

Motif: leur appartement est sous-occupé, depuis que leurs trois enfants ont quitté le nid. Or pendant des années, leur logis a été nettement sur occupé, sans que ça fasse d’histoire.

Et puis quand Monsieur et Madame sont entrés dans cet immeuble de la rue de la Servette, les étrangers n’avaient pas le droit d’y loger, ce qui était injuste. Mais quand ils ont mis la clé sous le paillasson, ils étaient les derniers locataires suisses de la maison. Ce qui ne joue pas non plus.

Comme tant d’autres de leur âge, ce couple a été obligé de déménager alors qu’il avait organisé sa vie aux Grottes pour s’occuper de la famille élargie. «Pourquoi ne tient-on pas compte des grands-parents qui gardent leurs petits-enfants? Bonjour la politique sociale affichée par la Ville de Genève!»

Ces locataires sont d’autant plus remontés qu’ils ont toujours payé leurs loyers, sans renâcler, et qu’ils n’ont jamais fait de vagues. Résultat: allez les vieux, dehors! «Nous sommes dégoûtés». On le serait à moins…

Cela dit, je m’esquive quelques jours et vous retrouve le mardi 24 avril.

Le temps des bras croisés

5 avril 2018

Après le Mardi gras, il y a le mardi noir. Et puis le mercredi pourri.

On a ainsi eu droit à des turbulences sur tous les fronts.

Éclairs, coups de tonnerre et averses se sont abattus hier sur la rade et ses environs. Ambiance électrique. Chargée et humide.

Coup de sang aussi à Cornavin, quand des passagers, comme tombés de la lune, ont soudain compris qu’aucun train n’allait partir de là en direction de la France, où les cheminots bloquent tout le réseau ferroviaire.

Rien à signaler du côté de l’aéroport, où l’on redoutait pourtant une grève à Air France. Le coup de théâtre est venu du CERN voisin, où le personnel d’entretien a débrayé. Bras croisés.

Enfin, méchant coup de froid à Crans-Montana, où les remontées mécaniques ont été mises à l’arrêt forcé. La faute à de grosses divergences entre la commune et la société propriétaire. Ceci au beau milieu des vacances de Pâques, quand les touristes paient bonbon leur location et leur abonnement. Bonjour l’accueil! Des Genevois sont déjà redescendus de la montagne pour prendre l’eau au bout du lac…

Coup de mou par contre chez les colleurs d’affiches du cru. Sinon comment expliquer autrement leur étrange façon de recouvrir les panneaux publicitaires de l’espace public?

Prennent-ils les passants pour des êtres à ce point primitifs qu’il faille répéter deux à trois fois la même image, sur le même panneau XXL, avec le même slogan, pour que le message passe? Une publicité suffit, merci, on a compris. À moins que cette pratique réponde à la loi du moindre effort.

Mais le principe de la pub, me direz-vous, c’est justement d’enfoncer le clou. De répéter jusqu’à plus soif le slogan qui fera date, pour qu’il en reste au moins une bribe, le moment venu. Suffit de voir les affiches de la campagne électorale. Autres turbulences en vue…

Les dégâts collatéraux

3 avril 2018

Les carottes sont cuites! Les fêtes de Pâques et leur cortège de joyeux lapins sont déjà derrière nous, même si on ne les a pas bien digérées. Je parle des montagnes de chocolat, donc. Le reste, c’est une autre histoire. Car le temps pascal, à savoir les 50?jours qui séparent le dimanche de Pâques de celui de Pentecôte, vient de commencer. C’est le temps de la résurrection. Du renouveau.

Alors que cette période donne plutôt des ailes à de nombreux croyants, elle peut aussi totalement démoraliser des personnes qui vivent depuis longtemps des situations critiques.

Je pense à cette mère de famille qui m’a adressé l’autre jour une lettre à propos d’un sujet «tabou», dit-elle. La drogue et ses dégâts collatéraux.

Quel est le message de cette dame? Tous les jours, écrit-elle, on peut lire dans les journaux l’arrestation de dealers, le démantèlement d’un trafic ou une saisie spectaculaire de drogue. Mais on ne parle jamais des problèmes découlant de la toxicomanie des jeunes. Notamment la détresse des familles, confrontées à la descente aux enfers d’un des leurs, et qui se battent pour les sauver, et pour ne pas sombrer à leur tour dans les tourments.

«Nous souffrons en silence, la culpabilité nous ronge… Nous n’osons même plus nous confier à nos amis de peur d’avoir à affronter leur regard, leur jugement, souvent très cruel…»

Personne n’étant en mesure de soutenir ces familles en plein désarroi, la dame lance cet appel, comme une bouteille à la mer. «Ne devrions-nous pas crier haut et fort notre détresse? Dénoncer le problème, à la manière de ce qui se fait à propos du harcèlement sexuel? Et devenir visibles, afin que nos édiles se rendent enfin compte de l’ampleur du phénomène et du nombre de citoyens impactés par cette lèpre qui ronge nos enfants…»

Voilà de quoi méditer, en ce temps pascal!

La poule aux œufs d'or

29 mars 2018

Quelques semaines avant Pâques, une Genevoise est admise à l’Hôpital cantonal. Elle n’est pas au mieux de sa forme et ne peut rien avaler de ce qui lui est proposé au petit-déjeuner. La seule chose qu’elle tolère, sans avoir la nausée, c’est un simple œuf à la coque. Allez comprendre pourquoi.

La patiente en demande donc un. On la prévient que ce produit n’est pas compris dans le prix du repas du matin, et qu’il lui sera facturé.

À la bonne heure, un œuf, ce n’est pas du caviar! Elle le commande sans demander son prix et fait de même les deux jours suivants.

Au troisième jour de ce régime, elle reçoit un coup de fil des cuisines pour savoir si elle désire un autre œuf pour le lendemain. Sur le ton de la plaisanterie, la dame glisse qu’elle reprendra volontiers un, pour autant qu’il ne coûte pas dix francs. Pensant alors être au comble de l’exagération. Silence un brin embarrassé au bout du fil. Euh, c’est un peu plus.

Combien? 15?francs. Quinze francs pièce, donc!

À cette annonce, la malade manque de s’étrangler. Bon elle est à l’hôpital, elle ne risque rien. Mais tout de même. Trois thunes l’œuf à la coque, ça ne passe pas. La malade peine à digérer. J’ai demandé à voir la facture, car je n’en croyais pas mes oreilles. Mais oui, c’est bien ça: un total de 45?francs pour ces trois merveilles de la nature, pondus par une poule aux œufs d’or…

Et pour rester à l’Hôpital cantonal en cette période pleine de petits œufs en sucre et en chocolat, je vous signale le concert que l’Ensemble instrumental romand donnera Vendredi-Saint à 15?h, à la salle Opéra. Malades, visiteurs et amateurs de musique apprécieront les œuvres pour violons de Georg Philipp Telemann et un concerto de Vivaldi, dirigés par Eric Bauer. Entrée libre.

Cela dit, je vous pose un lapin samedi. Alors joyeuses fêtes de Pâques!

L'éveil à l'heure d'été

27 mars 2018

Le passage à l’heure d’été peut laisser des traces dans nos petits organismes fatigués par un long hiver. Certains peinent à s’adapter au nouvel horaire, d’autres développent des troubles du sommeil ou ne se sentent juste plus en phase avec leur quotidien.

Ce n’est pas pour rien que certains députés européens envisagent de supprimer un jour l’heure d’été qui est, à l’usage, ni bonne, ni mauvaise, bien au contraire…

Lundi, en ce premier jour ouvrable après le changement d’heure, le réveil sonne donc bien plus tôt que d’habitude. Le corps et l’esprit des dormeurs, encore tout embrumés, sont particulièrement lents au démarrage.

Sauf mon «œil», vif et alerte depuis l’aube. Cet homme qui voit tout et me raconte ensuite ses découvertes arrive de bon matin en ville. Parvenu devant une cassette à journaux, il regarde à deux fois l’étrange tableau qui s’offre à lui.

Deux longues tirelires métalliques, fermées à clef, reposent sur la cassette. Il les saisit et les secoue. Elles tintent fort! Normal, elles contiennent l’argent que les lecteurs de la Tribune de Genève ont versé pour payer leur information.

«Encore un qui n’était pas bien réveillé ce matin» se dit mon œil, en pensant à l’employé qui, dans sa tournée des caissettes, livre les nouvelles du jour et relève les compteurs. Alors, pour que la recette de la Julie ne tombe pas entre des mains malintentionnées, notre homme ramasse les tirelires et s’en va au poste de police voisin. Fermé.

Il se rend ensuite à la police municipale qui ouvre ses portes à 7?h?30. Mais il n’y a personne au guichet pour l’accueillir et apprécier, à sa juste mesure, son geste citoyen. Parce qu’il aurait pu se faire la malle avec tous les sous…

Il a fini par se pointer au journal, avec les deux tirelires pleines sous le bras. Et là, on lui a fait la fête comme il se doit: tournée générale de cafés pour siroter cette histoire à dormir debout.

Ça bourgeonne un peu partout

24 mars 2018

Le printemps est arrivé, la belle saison!

Les terrasses des bistrots fleurissent dans les rues; les chaises longues s’étalent sur le quai Turrettini; les passants s’arrêtent pour prendre le soleil à la première occasion; des oiseaux chantent; les souliers remplacent les bottes; les tons clairs reviennent en force dans les habits majoritairement foncés.

Ces signes ne trompent pas. Il y a du renouveau dans l’air. Il était temps!

Bon, rien n’est encore joué: le marronnier de la Treille n’a toujours pas annoncé le printemps! Il bourgeonne tant et plus, la verdure pointe le bout de son nez, mais sa première feuille n’est pas éclose, «à l’heure où nous mettons sous presse», comme le veut la formule.

Le sautier de la République, à qui revient l’honneur de consigner cette sortie végétale dans le registre officiel, est allé vendredi vérifier toutes les deux heures s’il y avait du nouveau sur l’arbre. Avec ce coup de chaleur, hop, la belle devrait éclore n’est-ce pas? Mais non, rien! L’heureux événement devrait toutefois être annoncé par ses soins samedi midi, sur la Treille, avec les enfants du quartier rassemblés à l’occasion de la Fête de la première feuille. Qui tombe plutôt bien!

La nature genevoise n’a pas attendu cette nouvelle pour sortir de sa torpeur hivernale. L’horloge fleurie s’est ainsi mise à l’heure des élections à venir en accueillant 500 primevères jaunes et 500 autres rouges, du plus bel effet. Le cadran fait de l’œil aux passants, sans slogan électoral. Et c’est tant mieux!

Car ailleurs, ces couleurs genevoises recouvrent jusqu’à l’étouffement bus et trams, comme le font les couleurs d’autres formations politiques. Toutes vampirisent ces véhicules qui n’en demandent pas tant, avec des promesses qui ne tiendront que le temps de la campagne printanière. Du coup, des nez rouges bourgeonnent ces jours sur les images des candidats...

C’est ainsi, le printemps des Genevois, qui ne devraient pas oublier de passer, dimanche déjà, à l’heure d’été!

Un luxe, la convalescence?

22 mars 2018

C’est l’histoire d’une femme qui a un jour un gros pépin de santé, comme cela peut arriver à n’importe qui d’entre nous. Eva devra malheureusement subir une hystérectomie. Autrement dit l’ablation de l’utérus.

Une opération qui n’a rien d’anodin et qui laisse des traces, non seulement dans le corps, mais aussi dans le cœur d’une femme. Dorénavant, elle ne pourra jamais plus mettre au monde un enfant. Un constat qui peut être traumatisant.

Et puis Eva habite seule au 5e?étage d’un immeuble sans ascenseur. Avant l’intervention, elle s’inquiète de savoir comment se remettre de tout ça à sa sortie de l’hôpital, sa mère n’étant pas en mesure de l’accueillir.

Renseignements pris, la Faculté dit qu’elle entend l’envoyer dans une maison de convalescence, à Montana, où elle sera bien entourée et pourra se remettre au mieux de cette lourde opération. Or son assurance ne l’entend pas de cette oreille. La patiente n’aura pas droit à cette solution. Elle n’aura que ses yeux pour pleurer.

Mais enfin, de quoi se plaint-elle, diront certains lecteurs. L’assurance lui paie déjà l’hôpital, que demander de plus? L’assurance d’une bonne convalescence, par exemple, afin qu’elle recouvre rapidement santé et moral!

Pourquoi n’y aurait-elle pas droit? Eva n’a-t-elle pas payé, des années durant, des primes exorbitantes, sans avoir pour autant coûté bonbon à sa caisse maladie?

Elle et sa maman auront beau tenter de faire revenir l’assurance sur sa décision, rien à faire. On lui permettra tout au plus de rester deux jours supplémentaires à l’hôpital. Après, débrouille-toi.

C’est une amie qui accueillera Eva quelques jours chez elle, pour lui éviter de gravir les 5?étages à pied et la laisser seule chez elle, à broyer du noir. Cette solution a l’avantage de ne pas coûter trop cher à l’assurance. Elle pourra ainsi dormir tranquille sur ses réserves...

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