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ChroniquesL'encre bleue

Partie 7 de la série

Informatique à excès

30 avril 2019

Un de ces jours, me glisse à l’oreille cette aimable octogénaire, il faudrait qu’une personne songe à compiler des anecdotes illustrant comment l’informatique, censée nous faire gagner du temps et nous faciliter la vie, nous la pourrit parfois.

Pas une collecte d’histoires tragiques, donc, la vie étant déjà bien assez compliquée comme ça. Non. Il faudrait plutôt rassembler ces petits riens du quotidien qui nous font vite grimper aux murs et qui démontrent l’absurdité du système.

Comme l’affaire qui est arrivée à cette aînée dans un hôpital où elle a passé plusieurs semaines à se remettre d’une pneumonie particulièrement mauvaise. La dame, assez mince en temps normal, y a perdu en quelques jours le sixième de son poids. C’est dire l’urgence qu’elle a de se remplumer.

Or un après-midi, elle se sent pousser des ailes lorsqu’un semblant d’appétit lui revient. Elle perçoit, au fond d’elle, les cris de sa musculature fondue réclamer de la protéine… Ni une ni deux, elle ose demander à l’infirmière qu’on ajoute un bout de fromage à son petit-déjeuner du lendemain.

Dans un milieu hospitalier à l’écoute de ses patients, la blouse blanche aurait accueilli cette demande avec soulagement, se disant que celle-ci était un très bon signe. Qu’il fallait vite y donner suite.

Mais dans les faits, l’infirmière n’a pas aimé. «Impossible, madame! L’ordinateur a déjà donné les instructions pour demain. Vous pourrez avoir du fromage après-demain.» Point barre.

La patiente a donc patienté: elle a reçu le surlendemain sa ration protéinée en plus du ballon beurre-confiture et a commencé à reprendre des forces.

Notez qu’avec un brin de souplesse la soignante, qui n'est pas une machine, aurait pu contourner la volonté de la toute-puissance informatique et trouver rapidement un bout de gruyère à lui apporter sur un plateau…

Une rafle chocolatière

29 avril 2019

Pâques, c’est fini. Et les vacances aussi. La ville est à nouveau pleine, comme le sont les estomacs de ceux qui ont abusé de chocolat pendant ces relâches.

Ceux de quatre ados chapardeurs, par exemple. En balade dans le petit bois de la Seymaz, en ce dimanche de Pâques, ils repèrent une dame occupée à cacher, dans les fourrés, des lapins en chocolat pour ses enfants. Le temps qu’elle finisse de préparer ce jeu pascal et tourne le dos, hop, ils se jettent dessus. Sur les lapins, donc.

En deux minutes top chrono, ils dépècent les bêtes de leur peau d’aluminium, qu’ils abandonnent bêtement près de la rivière. Puis filent sans demander leur reste, en se gavant de ces friandises. De grands enfants…

Sauf que les minots à qui les lapins étaient destinés les ont cherchés. Ils n’ont trouvé que les restes de cette rafle chocolatière. Moche. Au lieu de cris de joie, il y a eu des pleurs et une grosse incompréhension.

Je n’ai pas eu le fin mot de l’histoire, mais il y a fort à parier que ce sont encore les petits qui ont dû ramasser les déchets abandonnés par les voleurs de lapins… Joyeuses Pâques, les enfants!

Une grand-maman a eu plus de chance le soir du Vendredi-Saint: «Un vrai miracle à Genève», me glisse cette habitante de Berne. En montant dans le tram aux Bastions, avec sa fille, elle oublie sa valise sur le trottoir avec, à l’intérieur, tous les cadeaux pour sa petite-fille qui se marie le lendemain.

L’aînée se désespère: sa valise est perdue! Car elle a juste eu le temps de voir un monsieur s’en emparer quand le tram s’est éloigné. À l’arrêt suivant, sa fille saute du véhicule et court en direction des Bastions.

Elle retrouve alors la valise, poignée rentrée, couchée discrètement entre deux poteaux de tram. Le meilleur abri qui soit trouvé par cet homme prévenant, en attendant le retour de sa propriétaire. Un miracle, vous dis-je!

Le blues aux Acacias

23 avril 2019

«Alléluia les choux sont gras, je rentre aux Acacias…» Eh oui, c’est ainsi!

Chaque fois que j’entends parler de ce quartier genevois, aussitôt résonne en moi ce refrain du «Chant du retour» du Beau Lac de Bâle. Le groupe bien de chez nous qui cartonne depuis 40 ans déjà. Et quand on a biberonné à ces tubes, ça laisse forcément des traces…

Bref, les Acacias. Il y a dans ce quartier populaire un monsieur dont j’ignore le nom mais qui a pris la peine de téléphoner à notre rédaction pour dire qu’il n’en pouvait plus.

De quoi, au juste? Mais de ces courriers venant de 36 000 associations caritatives, toutes plus méritantes les unes que les autres, qui lui demandent encore et toujours des fonds pour venir en aide à la terre entière.

Lui, il aimerait bien, mais il peut point! L’argent qu’il a suffit tout juste à faire tourner le ménage, et encore, en comptant au plus près. Comment, dans ces conditions, être en mesure de donner aux autres?

À force de recevoir dans sa boîte aux lettres toutes ces lettres remplies de bulletins roses et d’arguments bien sentis pour pousser au don, il finit par sentir insulté. Comme si on lui mettait sous le nez son incapacité à gagner mieux sa vie pour faire un geste généreux. Et pour ce Genevois, c’est un constat insupportable.

Alors il a téléphoné à une association caritative pour lui dire que ses courriers finissent tous à la poubelle et que c’est du gaspillage. Pourquoi continuer à faire de la retape dans un quartier où la plupart des habitants peinent à joindre les deux bouts? Il y a assez de beaux quartiers où l’argent coule à flots!

Je n’ai pas eu le mot de la fin. Mais il y a fort à parier que cet habitant des Acacias recevra encore beaucoup de lettres de ce type, car elles arrosent large. Et pour cause: ça devient vraiment difficile de lever des fonds. J’en sais quelque chose, avec la Thune du Cœur…

Opération transparence

20 avril 2019

Là, vous allez penser que j’exagère. Que je prends vraiment beaucoup de place. Que je vais finir par choper le melon si ça continue (mais non, ça ne va pas continuer). Ou que j’ai les chevilles qui enflent (ça oui, je l’admets, mais c’est la faute à la chaleur…)

Eh bien oui, pour une fois, j’exagère! Je m’expose. Je me répands en confessions publiques, moi qui suis du genre discrète, plutôt femme de l’ombre que pleins feux sous les projos.

Je vous explique: aujourd’hui, avec la Julie d’origine, nous occupons de concert deux pleines pages, sans compter la couverture, du deuxième cahier de ce vénérable journal qui fête cette année ses 140 ans!

Deux pleines pages, alors que pendant des années, mes encres quotidiennes ont fait très exactement 1475 signes, espaces compris. C’est dire si ça change. Si ça file le tournis…

En même temps, pour une fois que la maison nous accorde autant de place, faut savoir en profiter, pas vrai? On ne sait jamais de quoi demain la presse sera faite.

Alors avec une petite équipe de la Tribune, nous avons préparé une opération transparence autour d’elle et de moi, ou l’inverse, avec un peu d’histoire, le pourquoi du petit nom, si c’est une fille, un gars, ou plusieurs à la fois. Bref, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur nous sans jamais oser le demander...

C’était aussi l’occasion de présenter cette aimable genevoiserie plus loin à la ronde, les journaux de l’autre côté de la Versoix et de la Sarine n’ayant pas de présence équivalente dans leur journal préféré. D’où le Webdossier. Eh oui, je vire branchée!

Pour celles et ceux qui voudraient le consulter et qui sont équipés pour, suffit de scanner le QR Code qui se trouve en page 18 pour en savoir plus. Voilà, telle était mon exagération.

Et puis Joyeuses Pâques!

Veille et aube de Pâques

18 avril 2019

Pâques ne se résume pas à des vacances scolaires, à des lapins en chocolat ou à des œufs décorés que l’on fait rouler dans les prés pentus.

C’est avant tout une fête religieuse. Et pour la célébrer ailleurs et autrement que dans les lieux de culte traditionnels, le pasteur Jean-Michel Perret lance une invitation ouverte à tous. Elle a pour nom «Jésus n’est pas resté dans les clous» et s’accompagne d’un visuel de circonstance.

Le tout interpelle et c’est bien le but!

Car le jeu de mots pointu autour de cette expression française tend à dire que le Christ n’est pas forcément l’être que l’on représente, mais qu’il est aussi autre: celui qui ne suit pas toujours les règles imposées. Les connaisseurs apprécieront…

La célébration proposée par le pasteur et son équipe Sans le seuil commencera donc la veille de Pâques, en allant chercher la vie dans le ciel. Où donc? À l’Observatoire astronomique de l’Université de Genève, à Sauverny, qui ouvrira spécialement ses portes le samedi 20 avril à minuit!

La visite des lieux sera assurée par l’astrophysicien Georges Meynet, et l’observation du ciel aura lieu si la météo le permet. Cette partie-là se fait sur inscription (jmp@protestant.ch).

Il est ensuite prévu une marche nocturne qui conduira la petite troupe, une trentaine de personnes environ, de l’Observatoire situé à Versoix jusqu’aux Bains des Pâquis. Un chemin physique et spirituel qui sera ponctué, dit-on, d’étapes méditatives et de temps de partage. Il faut bien ça, pour passer des ténèbres à la lumière…

L’aube de Pâques se vivra donc au bord de l’eau, où de nombreuses personnes viendront rejoindre les marcheurs pour partager, le dimanche à 7 h, une réflexion sur «L’espérance dans la crise». Les nombreux intervenants qui s’exprimeront donneront tous, à leur manière, du sens à Pâques.

L'esprit de l'escalier

17 avril 2019

L’esprit de l’escalier m’a encore frappé.

Le coup ne fait pas mal, bien sûr, mais il dépite un peu. Vous devez sans doute connaître aussi cet état particulier: après une conversation, on pense à ce que l’on aurait pu et dû dire de plus juste seulement après avoir quitté son interlocuteur. Et l’on reste avec un petit goût d’inachevé…

C’est bien connu, on est toujours plus intelligent après! Sur le moment, la bonne répartie ne vient pas, les arguments pour négocier son augmentation sonnent creux, la réponse tombe totalement à côté de la plaque, et tout le reste à l’avenant. Mais c’est trop tard pour changer le cours des choses.

Diderot, à qui l’expression est attribuée, l’expliquait ainsi: «L’homme sensible comme moi, tout entier à ce qu’on lui objecte, perd la tête et ne se retrouve qu’au bas de l’escalier.»

L’information est donc rassurante: même lui, l’homme des Lumières, perdait parfois ses moyens dans une conversation. Ce n’était qu’arrivé en bas de l’escalier de son hôte que la réponse appropriée lui venait à l’esprit.

D’où ce fameux «esprit de l’escalier». Ce temps de retard à l’allumage. Toutes proportions gardées, cet esprit me frappe parfois à la fin d’un billet, quand un truc m’échappe et que j’ai l’impression d’être passée à côté de quelque chose.

Le complément d’information arrive généralement le lendemain, sous forme d’un courrier qui me remet les idées en place. Je séchais l’autre jour. Je ne savais que dire de ces cabinets médicaux où jonchent toujours, sur les tables, de vieux magazines défraîchis et collants. Eh bien un toubib m’a apporté hier ses lumières.

«Savez-vous que c’est fait exprès?» me glisse le facétieux. «Ça fait moins débutant! Dans la salle d’attente, le patient est ainsi mis en confiance. Il pense forcément que je suis un ancien praticien. Donc expérimenté.» CQFD!

Ces quelques réflexions

16 avril 2019

Mes collègues le savent aussi bien que moi: la page «Décès» est l’une des plus lues de la Julie, ce qui pousse à une certaine modestie…

C’est donc après avoir parcouru les annonces mortuaires du 3 avril dernier que Silla m’a fait part de cette réflexion:

Le service de l’Accueil de l’enseignement secondaire II et l’Hospice général ont fait paraître ce jour-là une annonce commune faisant part de leur tristesse suite au décès d’Ali Reza, exprimant toute leur sympathie aux proches du jeune requérant d’asile.

Sur la même page, le DIP a publié lui aussi un avis signé de la magistrate, comme cela se fait toujours lors de la mort d’un élève. Mais la dernière phrase publiée était, comme à l’accoutumée: «Pour les obsèques, se référer à l’avis de la famille». Or, le défunt n’avait absolument aucune famille ici!

Une relecture de l’annonce s’imposait, vu la situation particulière de ce garçon seul et déraciné. Mais voilà…

Autres réflexions, moins sombres. Raymond a constaté le 11 avril au matin que l’horloge de la Tour de l’île, place du Molard, très photographiée par les touristes, était toujours à l’heure d’hiver! Il trouve donc triste que Genève, «capitale de l’horlogerie», ne puisse régler ce problème et être à la hauteur de sa réputation. C’est dit!

Roland, quant à lui, me signale que mes encres sur les séparateurs sont un peu limites! Car si ces petites barres posées sur les tapis roulants sont prises par trois doigts, selon lui, que dire de la barre des caddies empoignée des deux mains? Bonjour les microbes!

Et que penser des salles d’attente de cabinets médicaux où jonchent, sur la table, des magazines défraîchis et collants? relève encore Roland.

Euh, là, je sèche!

Je pourrais juste ajouter à sa liste la monnaie qui passe entre toutes les mains. C’est de l’argent sale. Est-ce pour cela qu’on le blanchit parfois?

La campagne des monos

15 avril 2019

Leur bonne bouille s’étale sur de grandes affiches et fait plaisir à voir. Car ces demoiselles et damoiseaux posent pour la bonne cause: inciter les jeunes de la région à faire comme eux. Et devenir mono!

Mono? Moniteur ou monitrice de camps de vacances et de centre aérés, bien sûr! Je l’ai fait à l’époque et ne l’ai jamais regretté: l’expérience est on ne peut plus enrichissante.

Or, malgré l’intérêt de la chose, le groupe de liaison genevois des Associations de Jeunesse (GLAJ-GE) peine à trouver des garçons et des filles âgés de 18 ans au moins prêts à s’investir dans l’aventure.

D’où la campagne menée ces jours-ci pour trouver ces perles qui s’ignorent. Les quatre affiches interpellent ainsi la jeunesse: «Et toi, quel-le mono serais-tu?» Chaque modèle dit ensuite ce que représente pour lui ou pour elle cette activité, qui se déroule pendant les vacances scolaires.

Côté garçon, le super-héros affirme tout de go qu’être mono, c’est l’assurance de passer «des vacances utiles avec une team de choc». Le créatif estime pour sa part que «c’est le job d’été le plus cool du monde».

Côté fille, la leader, qui voit déjà à plus long terme, relève que «c’est une expérience reconnue sur ton CV», alors que l’aventurière affirme dans un large sourire que «ce sont des vacances inoubliables avec des enfants».

Car bien sûr, en plus d’être motivé, d’avoir l’âge requis et un casier judiciaire vierge, il faut apprécier la compagnie de plus jeunes que soi!

À côté de cette campagne d’affichage, le GLAJ-GE a lancé le site lesmonos.ch, sur lequel les intéressés peuvent se rendre pour en savoir plus sur le sujet.

Faites-le savoir à vos jeunes connaissances, pour qu’elles deviennent une fois mono. Parlez-en autour de vous, et pas seulement sur les réseaux sociaux. Le bouche-à-oreille fonctionne parfois tout aussi bien!

Comment lui clouer le bec?

13 avril 2019

«Il est possible qu’en entrant dans cette église, vous entendiez l’appel de Dieu. Par contre, il est peu probable qu’il vous contacte par téléphone! Merci d’éteindre vos téléphones portables.»

Je ne sais plus à l’entrée de quelle belle église romane et française j’ai vu cette invite inspirante, mais elle m’est restée. C’est une jolie façon de clouer le bec à ces engins qui font perdre la tête à nos contemporains.

Car ils ne peuvent bientôt plus se passer d’eux, partout et tout le temps. Et si chacun fait bien sûr ce qui lui plaît, tranquille dans son coin, c’est une autre affaire dans les lieux publics.

Des panneaux, des pictogrammes, des messages fleurissent dans les hôpitaux, les bibliothèques, les écoles ou les trains pour rappeler aux usagers des lieux qu’ils ne sont pas seuls au monde. Que les sonneries de leur smartphone et le babil incessant qui s’ensuit dérangent.

Dans les salles de spectacle genevois, ce message de prévention est plus direct. Nous n’en sommes pas au stade où l’on confisque carrément ces objets indiscrets, comme l’humoriste Florence Foresti l’a fait en demandant aux spectateurs de placer leur smartphone dans une pochette sous scellé jusqu’à la sortie. Mais le ton reste ferme sous l’humour apparent.

Au Théâtre de Carouge, on dit ainsi volontiers: «Éteignez vos insupportables!» avant le lever de rideau, ou: «N’oubliez pas de rallumer vos portables à l’issue de la représentation». La mise en garde change selon les spectacles: «Et si vous ne souhaitez pas que Cyrano vous découpe en rondelles…»

Autre message engagé au Poche: «Éteignez vos futurs déchets électroniques!» tandis qu’au Loup, les consignes sont rappelées à l’entrée de la salle. Mais il pourrait aussi lancer: «N’oubliez pas de répondre au téléphone si on vous appelle pendant le spectacle, c’est sûrement urgent!»

Comment lui clouer le bec? En l’éteignant, bien sûr!

Le séparateur qui rapproche

12 avril 2019

Le séparateur de clients, suite et sans doute fin de l’épisode.

Je vous parlais hier de cette petite barre en bois ou en plastique qui se pose sur le tapis roulant des caisses de supermarché afin de créer une barrière infranchissable entre les achats des uns et des autres.

Je n’avais traité cet objet usuel que sous son aspect peu hygiénique, disant qu’il devait trimballer quantité de microbes, la faute à toutes ces mains qui le touchent tout le temps.

Or, ce séparateur n’est pas seulement un trait d’union microbien entre les clients, ai-je réalisé plus tard. C’est aussi et surtout un moyen d’entrer en communication avec la personne qui vous précède ou qui vous suit.

Car le passage à la caisse du supermarché est à peu près le seul moment des courses où l’on peut sans autre échanger quelques mots avec de parfaits inconnus.

Ce moment s’amorce bien souvent par une légère valse-hésitation. À qui revient au juste le soin de s’emparer du séparateur pour marquer son territoire? À la dame qui termine de poser ses achats sur le tapis roulant, ou à celui qui s’apprête à le faire?

Les écoles divergent. Les gestes s’embrouillent. S’ensuivent quelques «merci», «c’est bien normal», «oh, je vous en prie» et toutes ces sortes de petits mots polis et attentionnés qui peuvent mener à de plus longs échanges, quand la caissière ou le caissier se joint à la discussion.

C’est peut-être ce que certains clients fuient, précisément, préférant le passage plus discret aux caisses automatiques. Seul devant la machine, les possibilités d’échanges sont plus que limitées. Les risques de contamination nuls, ou presque, puisqu’il faut tout de même peser sur des boutons.

Finalement, ces petits séparateurs de clients sont plutôt de nature à les rapprocher…

Le séparateur de clients

11 avril 2019

Connaissez-vous le nom de cette petite barre en bois, ou en plastique, qui repose sur les tapis roulants, aux caisses de sortie des grands magasins?

On la prend souvent à pleine main pour marquer son territoire. Elle dit silencieusement «halte-là! Ces achats-là sont à moi, ceux-là, de l’autre côté, sont à vous». Point barre!

Eh bien j’ai appris que cette petite chose se nomme séparateur de clients. C’est très parlant! On l’appelle parfois aussi Toblerone de caisse, rapport sans doute à la forme des chocolats. À moins que l’appellation fasse référence à la ligne fortifiée de la Promenthouse, ce qui serait nettement moins goûteux…

Justement, si un lecteur m’en parle aujourd’hui, c’est pour me dire que ces objets doivent être, avec les poignées intérieures des portes de toilettes publiques (une denrée rare à Genève…) ceux qui trimballent sur eux le plus de microbes possible.

Car toutes les mains qui s’en emparent à longueur de journée sont porteuses de saletés diverses et variées, voyez-vous. Dès lors, on ne devrait plus parler de séparateur de clients, mais plutôt d’un trait d’union qui favoriserait la propagation des bactéries et autres joyeusetés dans la population. Je n’y avais jamais songé. En même temps, on ne peut pas se méfier de tout…

Le bon sens voudrait qu’à l’heure de la fermeture des magasins, les personnes travaillant à la caisse passent aussi un coup de torchon sur ces barres, comme elles le font sur le tapis roulant.

Si ce geste de salubrité n’est pas encore adopté partout, il fera bientôt l’objet d’une directive, a tenu à me rassurer le porte-parole de la Migros depuis notre capitale économique, là où la poutze est vénérée. Une attention particulière sera ainsi portée à la clientèle du bout du lac, très tatillonne sur ces questions hygiène.

J’applaudis des deux mains, et file vite me les laver. Sait-on jamais…

Les rêveries du promeneur

10 avril 2019

Le piéton qui emprunte le pont de la Coulouvrenière ne peut se lasser d’admirer la pureté de l’eau, dont les couleurs oscillent entre le vert et toute une gamme de bleus.

Qui ne sait s’arrêter et se laisser captiver par le jeu des rides sur l’onde manque de la vie la chose la plus essentielle, se plaît à penser André, notre promeneur solitaire.

Il y a quelque temps encore, il pouvait, à la faveur de la claire lumière, apercevoir, sur le lit du Rhône, vélos, barrières de chantier et autres objets balancés par-dessus le parapet. Et puis un jour, un service officiel a cru bon de retirer ceux qui scintillaient, ne laissant que les plus anciens, les plus ternes.

Il se trouvera toujours quelques esprits chagrins pour déplorer que le lit du fleuve soit ainsi décoré, se dit André, que la chose a plutôt tendance à réjouir. Laissons donc les joyeux turlupins s’exprimer et faire valoir leur talent!

Car voyez-vous, les vélos plongés dans l’eau ne subissent pas de déprédation. Ils sont simplement mouillés. Mais pas davantage que par temps de pluie. Suffit de les repêcher et les mettre à sécher au soleil. Et puis une machine à laver immergée ne souille pas les eaux. La vraie pollution est celle des hydrocarbures et des pesticides qui, en de multiples ruisseaux, finissent par asphyxier toute faune aquatique.

D’ailleurs, que voit soudain notre promeneur sous l’eau transparente? Des truitelles suspicieuses occupées à inspecter un four à micro-ondes. Un appareil dont le périple ne fait que débuter. D’ici à un mois, qui sait s’il ne parviendra pas en Camargue, pour une autre vie?

Tout à ses rêveries, André applaudit tous ces anonymes qui, par des actions imaginatives et de nature à poétiser notre quotidien, démontrent que l’on peut se divertir autrement que par ces loisirs consuméristes qui finissent par aliéner l’homme.

Les parents numérotés

9 avril 2019

Le courrier de Michel ne m’était pas spécialement destiné, mais je l’ai vu passer, et son contenu m’a bien plu…

C’est à propos de nos cousins français, dont nous suivons volontiers tous les faits et gestes. Leur Assemblée nationale a adopté, en février dernier, un amendement au projet de loi «pour une école de la confiance».

Grâce à lui, les formulaires scolaires ne contiendront plus les mentions «père» et «mère» pour préciser leur lien avec l’élève. Ce sera désormais «parent?1» et «parent 2»!

Ceci pour ne pas nier l’existence des familles homoparentales et contenter tout le monde. Pourquoi pas. Même si, jusqu’à nouvel ordre, un enfant est bien issu d’une femme et d’un homme, donc d’une mère et d’un père. Mais c’est sans doute une vision trop simpliste…

Or donc, «parent 1» et «parent 2».

Si cet amendement a fait jaser en France, il a aussi inspiré Michel, qui y voit là trois problèmes.

Qu’en est-il de l’égalité de traitement entre les personnes? Ne devrait-on pas, tant qu’à faire, parler de «parent 1 ou 2» et de «parent 2 ou 1», histoire de ne pas faire de jaloux?

Et puis comment entreprendre la confection d’un arbre généalogique digne de ce nom avec une croissance si réjouissante des branches du végétal parental?

Enfin, d’un point de vue spirituel, comment les fidèles vont-ils s’en tirer lors de l’incontournable «Notre Père»? Le Genevois n’ose imaginer la cacophonie pendant la prière…

Comme il est du genre facétieux, notre correspondant a une pensée émue pour Prévert qui s’adressait parfois au bon Dieu. Il devrait revisiter ainsi son poème: «Notre parent 1 (ou 2) qui êtes aux cieux, restez-y pour le moment, c’est peut-être plus prudent!»

Ce qui serait plus prudent encore, c’est de garder une formule qui a fait ses preuves…

Deux cartes de visite

8 avril 2019

Il est comme ça, Anton. Il ne peut s’empêcher de mettre les choses en relation et de chercher à comprendre pourquoi ça coince.

Ainsi la place Neuve. D’un côté il y a le Grand Théâtre, remis en état à prix d’or. Le bâtiment a retrouvé toute sa magnificence. Il éblouit, avec ses hauts foyers parés de dorures, de peintures, de lustres immenses, de tentures pourpres et de parquets soignés. Et on ne parle là que des lieux de réception. Tout reste est à l’avenant: le Grand Théâtre, décidément, en jette, et on en prend plein les mirettes.

Tant mieux, se dit Anton. C’est de l’argent bien investi. Ça fait rayonner la culture loin à la ronde et donne une belle image de Genève. C’est une carte de visite importante pour la ville. Et puis ça fait plaisir aux mélomanes et à ceux qui aiment l’apparat. Très bien!

De l’autre côté de la place Neuve, il y a le parc des Bastions. Un lieu populaire qui connaît diverses et nombreuses utilisations au fil des saisons. Contrairement à l’opéra d’en face, il fonctionne sans répit, tous les jours et toutes les nuits de l’an.

Et ce qui frappe Anton, justement, c’est l’état plus que déplorable des «coins de soulagement» qui se trouvent dans ce lieu cher aux Genevois.

Notre Suisse alémanique nomme ainsi les toilettes publiques, fort sollicitées, et qui sont trop souvent dans un état «dépassant tout ce qui est imaginable». Pour faire court, elles présentent une saleté «à faire vomir».

Pas terrible! Peut donc faire mieux, la Ville, dans la propreté et l’accueil des personnes dans le besoin. À moins que cette triste situation soit l’unique responsabilité de ses usagers.

N’empêche, c’est bien dommage, constate Anton. Car si le Grand Théâtre nous en met plein la vue, celle-ci se brouille et se ferme devant l’état de ces lieux d’aisances. Et c’est une mauvaise carte de visite pour Genève.

Une question de courage

6 avril 2019

Le courage, c’est quoi, au juste?

Avoir des enfants? C’est ce que répond l’assurance Allianz dans sa toute nouvelle campagne publicitaire intitulée «Le courage, c’est agir». Or avoir des enfants, me semble-t-il, c’est surtout une envie, un besoin. Ou une fatalité, pour certains.

Cette campagne qui se décline en plusieurs affiches et exemples sur les murs de Genève finit par agacer. Car le courage, c’est autre chose. À moins que je ne me trompe?

Comme toujours, en cas de doute, je ressors discrètement mon bon vieux Robert qui roupille sous mon bureau. Salut l’ami! Et voici la définition qu’il me livre: le courage, c’est une force morale; une ardeur, une énergie dans une entreprise; une fermeté devant le danger ou la souffrance; la volonté.

Bien. A-t-on besoin de courage pour se parquer en marche arrière le long d’un trottoir? Pas vraiment.

Par contre, il en faut pour affronter plus grand et plus fort que soi: la mort, par exemple. Pour surmonter un deuil, composer avec une maladie invalidante ou un handicap.

Il faut aussi une sacrée force morale pour supporter le jugement des autres quand on n’est pas dans la norme. Pour oser suivre sa voie, quand ce n’est pas celle qui a été tracée pour vous. Pour affronter les difficultés de la vie, quand on perd son emploi à un âge où l’on n’en retrouve plus.

Je pourrais continuer longtemps sur cette lancée, tant les exemples abondent. Mais voilà, ils sont peu vendeurs…

Et s’il est un personnage qui aurait pu incarner admirablement ce slogan «Le courage, c’est agir» c’est bien Franz Weber, qui vient de nous quitter. Toutes les définitions données par le dictionnaire lui vont comme un gant. Car cet homme a eu la force morale, l’ardeur, la fermeté et la volonté nécessaires pour mener à bien ses actions.

Le courage, quoi!

En avril, n'ôte pas un fil

5 avril 2019

«En avril, n’ôte pas un fil; en mai, fais ce qu’il te plaît.»

Nos grands-mères n’avaient que ce dicton en bouche au printemps, quand nous autres enfants voulions sortir au grand air sans toutes les couches d’habits qui nous encombraient dans nos jeux.

En avril, n’ôte pas un fil… Quelle bonne blague! J’en riais encore dimanche dernier en me promenant bras nus dans la campagne genevoise, au milieu d’une nature qui sortait le grand jeu: des touffes de primevères à perte de vue, des feuilles au vert tendre tout juste sorties des bourgeons, des herbes fraîches et graciles, des grenouilles s’agitant dans les étangs.

Et partout, ces familles en balade ou occupées à pique-niquer en bordure de forêt, ces cyclistes qui roulent et traversent silencieusement un paysage bucolique, ces gens qui s’activent dans leur jardin ou s’attablent sur une terrasse ensoleillée. Il fait si bon dehors!

La douche n’en a été que plus froide mercredi. Presque réfrigérante, avec les premiers flocons tombés durant la nuit et le blanc tapis qui a ensuite tout fait basculer.

Rangés, les petits souliers. Retour aux godillots bien fermés. Le pas, qui s’était délié et avait pris de l’ampleur aux beaux jours, rétrécit à nouveau. Il se ramasse, se fait précautionneux dans la papette neigeuse. Méfiance. Gare aux glissades.

Les vélos restent alors sagement remisés, les anniversaires prévus au grand air sont reportés, les sorties sont réduites, dans la mesure du possible. Il fait si cru dehors.

Mais surtout, les habits encombrants que l’on avait un peu vite rangés dans les placards ressortent au grand jour. Et les corps se protègent frileusement sous des couches de fils ajoutés les uns aux autres.

Les grands-mères finissent toujours par avoir raison…

La croix et la bannière

4 avril 2019

Ainsi donc, la Ville de Genève fait une fleur aux jeunes pour les encourager à prendre l’abonnement annuel Unireso junior. Très bien, bravo, on applaudit!

Prendre l’abonnement, c’est facile. Mais chercher à s’en faire rembourser une partie quand un jeune n’en a plus usage, c’est la croix et la bannière.

Un père en a fait l’expérience, et il en est encore chaud bouillant. Son fils ayant quitté le nid familial pour étudier à l’étranger, il a laissé derrière lui son forfait annuel TPG utilisé pas même à moitié. Vu le prix de l’investissement, les parents veulent tout naturellement récupérer une partie de la mise.

Les démarches en ligne pour le faire étant peu aisées, le paternel se rend aux TPG pour prendre le formulaire ad hoc, y retourne à deux reprises pour pièces manquantes au dossier, puis envoie le tout par la poste, comme demandé.

Il reçoit alors un coup de fil de la régie des transports. On lui explique gentiment que ça va être compliqué, le remboursement. Car il doit se faire sur le compte bancaire du fils, et non du père. Notre homme monte les tours: c’est lui qui a payé l’abonnement de son gamin mineur, l’argent lui revient.

Non, monsieur, lui dit-on. Votre fils est majeur maintenant. Et alors? «Alors il faudrait une procuration de lui!»

Pour toucher combien au final? «Euh, 49 francs. Moins 20 francs de frais administratifs.» Le père de famille s’étrangle d’indignation devant ce montant ridicule. Qu’on lui paye fissa ces 29 francs, et qu’on n’en parle plus. Fin de la discussion.

Le lendemain, rebelote au bout du fil. Une employée des TPG tente d’arranger les bidons, en disant qu’elle comprend son courroux, mais que l’argent appartient bien au fils, l’abonnement étant un cadeau…

Taratata, rien de tout ça, peste le père, qui dira à la dame que le précieux temps qu’elle dépense ainsi vaut sans doute plus cher que ces 29 francs… qu’il finira par recevoir.

Quand je vous disais que c’était la croix et la bannière!

Fixons la date de Pâques

3 avril 2019

Les lecteurs de la Julie sont des gens formidables. Ils ont réponse à tout!

À la question de savoir pourquoi la date de Pâques est fixée au dimanche 21 avril et non pas au dimanche 24 mars, (Encre Bleue 30-31 mars) de nombreux courriers me sont parvenus. Merci à tous ceux qui ont pris la peine d’éclairer ma lanterne, et celle de Muriel!

Je retiens l’explication détaillée de Gilbert, astronome à la retraite et ex-directeur de l’Observatoire de Genève. Son constat? La détermination de cette date est un montage religieux assez alambiqué, qui se base sur des données astronomiques limpides!

Voyons ça d’un peu plus près. Pour bien comprendre le sujet, il faut repartir de la formulation d’origine, établie lors du Concile de Nicée, en l’an 325: «Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune, qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après.»

D’après l’astronome, l’âge indiqué ici est le temps qui s’écoule depuis la dernière nouvelle Lune. Ce moment précis étant celui du meilleur alignement Soleil-Lune-Terre. La période de la nouvelle Lune est celle de la lunaison sans Lune dans le ciel nocturne. Elle se trouve dans le ciel diurne, mais est peu lumineuse, car elle nous montre sa face non éclairée.

Il y a donc eu une nouvelle Lune le 6 mars à 16 h 03 TU (Temps Universel). C’est l’âge zéro. Si l’on calcule la date correspondant à un âge lunaire de 14 jours, on obtient le 20 mars à 16 h 03, C’est donc bien trop tôt, la date de Pâques la plus précoce possible étant le 22 mars! Il faut alors passer à la nouvelle Lune suivante, qui aura lieu le 5 avril à 9 h 50?TU.

Vous suivez toujours? Si oui, vous comprendrez sans peine que la Lune aura un âge de 14 jours le 19 avril. Un vendredi. Le dimanche qui suit étant le 21 avril, ce sera donc la date toute trouvée pour fêter Pâques cette année.

Simple comme bonjour. Merci Gilbert!

Les terrasses fleurissent

2 avril 2019

C’est le printemps: les cerisiers nous font encore voir la vie en rose, les jonquilles, les crocus, les primevères tapissent de couleurs les espaces verts, et les terrasses fleurissent en ville. Sur des places de stationnement…

Vous me direz sans doute que c’est plus agréable de voir des gens prendre du bon temps dans les rues que des voitures alignées le long des trottoirs. L’usage du domaine public se fait ainsi plus humain, plus chaleureux et festif. Un peu trop d’ailleurs pour les riverains qui aimeraient pouvoir dormir de tout leur saoul, mais c’est encore une autre histoire.

Les terrasses des bistros reprennent donc leurs aises dans les quartiers d’habitation. Ces installations saisonnières occupent souvent l’espace de deux à trois places bleues. Voire plus, dans certaines rues. Ajouter à cela des travaux de rénovation de façades qui empiètent sur la voie publique. Plus des travaux qui éventrent les chaussées.

Résultat des courses? Les habitants qui paient leur macaron pour avoir la chance de trouver un stationnement pour leur véhicule voient ces possibilités se réduire comme peau de chagrin.

D’où une pluie d’amendes pour parcage sauvage. Fabienne ne conteste pas le fait de verbaliser, mais le manque de souplesse des verbalisateurs, vu les circonstances. Ça lui fait mal de s’être fait coller à 21 h30 pour avoir laissé sa voiture à un endroit qui ne dérangeait personne. Parce que, dit-elle, «tourner à cette heure-là dans un quartier pour trouver une place qui n’existe pas, ça fait du bruit pour le voisinage, et c’est mauvais pour les émissions de CO2. Et qui paie le pauvre agent obligé de travailler la nuit au tarif de nuit compensé à 50%? Mes impôts. Et mon amende de 120 francs, bien sûr.»

Ne faudrait-il pas baisser le prix du macaron, quand les places bleues se font si rares? Ça paierait au moins une partie des amendes!

Des meurtres à la pelle

1er avril 2019

Ce n’est pas la bonne blague du jour. Mais un coup de sang d’une lectrice de la Julie, qui aime aussi passer du temps devant sa télévision.

En consultant le programme TV du jeudi 28 mars, qui ne doit pas beaucoup changer de celui du vendredi ou d’un autre jour de la semaine, elle a dit stop. Trop, c’est trop!

Trop de quoi, au juste? Mais de tout ce sang qui coule à flots, de ces flingues, couteaux, poinçons et autres armes improbables qui donnent la mort. Trop de cadavres, trop de gens dévastés par le malheur, trop de situations glauques et de milieux malsains. Bref. Trop de meurtres à toutes les sauces, sur toutes les chaînes, et à toutes les heures.

Johanna relève ainsi sur TF1, 13 h 55: «Meurtre d’une cheerleader», suivi à 15 h 35 de «Meurtre sur le campus». Et ça continue dès 21 h avec les épisodes de «Section de recherches» dont le premier, «Mort sur mesure», donne le ton de la soirée. S’il n’y a pas encore eu surdose d’hémoglobine, on peut enchaîner dès 01 h 15 avec «New York, section Criminelle». Ambiance!

Et s’il lui venait l’idée de zapper, F3 propose à 21 h «Meurtres à Grasse», suivi des «Meurtres à Aix-en-Provence», tandis qu’Arte se la joue plus nordique avec une soirée palpitante sur les «Meurtres à Sandhamn».

Et ailleurs? L’après-midi sur C8 se passe avec des meurtres à l’anglaise en compagnie de l’inspecteur Barnaby. Plus tôt, à l’heure du repas de midi, certains téléspectateurs se sont mis en appétit sur NRJ12 avec les «Crimes et faits divers», puis ont pris le café sur TMC avec Hercule Poirot.

Johanna pointe encore, comme si cela ne suffisait pas, la série policière «Hawaii» sur RTS, en soirée. Ça fait beaucoup de morts pour un seul jour! Sans compter l’actualité. Et l’on voudrait, après tout ça, que téléspectateurs aient bon moral? Au secours!

Le grand dérèglement

30 mars 2019

Et hop, on change à nouveau d’heure!

Dans la nuit de samedi à dimanche, il sera 3 heures à 2 heures. Une de perdue. Et pas dix de retrouvées. Rien de nouveau sous la lune, quoi!

Pour les amateurs d’horloges digitales, numériques, électroniques ou autres engins en «iques», pas de hic en vue. Ils seront toujours branchés sur le troisième top chronométrique de qui l’on sait, sans avoir pour autant besoin de lever le petit doigt.

D’autres devront faire entendre raison à leur pendule neuchâteloise ou autre morbier des vallées. Avec doigté, la mécanique étant délicate. Susceptible, même, que l’on vienne ainsi troubler le déroulé inexorable du temps.

Certains se contenteront de faire tourner les roulettes de leur montre, en se moquant allégrement de lui faire pareillement violence. C’est si joli de voir danser les aiguilles sur le cadran…

Mais quelle que soit la façon de se mettre à l’heure d’été, celle-ci affectera durablement nos humeurs. En bien ou en mal, si l’on en croit les tenants ou les opposants à ce changement l’heure.

Et dire que ça fait trente-huit ans déjà que l’on se prend la tête avec cette histoire, sans trouver de solution…

Alors tant qu’à réfléchir en cette belle fin de semaine printanière, quelqu’un pourrait peut-être trouver réponse à la question que m’a posée Muriel? Parce que là, je dis pouce!

C’est aussi une histoire de temps, de calculs et de calendrier, et elle concerne la date de Pâques 2019. Voici le problème: sachant que la fête de Pâques est habituellement fixée au premier dimanche qui suit la première lune de printemps, pourquoi n’a-t-elle pas été célébrée le dimanche 24 mars, en lieu et place du dimanche 21 avril? Car l’équinoxe de printemps a eu lieu le 20 mars à 22 h 58, et la pleine lune le 21 mars à 02 h 43.

Pourquoi? Je ne le sais pas. Mais dites-le moi!

Les livres se partagent

29 mars 2019

Au printemps, on fait les à-fonds. Pour traquer les minons, les mites, les miettes et tout le reste.

Bon, j’exagère. Au printemps, on va un peu plus profond dans les affaires accumulées au fil des jours, pour tenter de voir si tout est vraiment nécessaire à notre bonheur. On tente alors de faire un peu de tri.

Ah, le tri! Un objet est pris en main, soupesé, tournicoté, et souvent remis à sa place, faute d’avis définitif sur la question. La décision à prendre est plus compliquée encore lorsqu’il s’agit d’un livre. Celui qui a été dévoré de la première à la dernière page puis rangé dans la bibliothèque.

En ressortira-t-il un jour, pour être relu? Ou restera-t-il sagement aligné à côté des autres bouquins aimés et qui restent là, comme un rappel des bons moments passés en leur compagnie? Oui mais voilà. Cette présence rassurante devient parfois envahissante.

Allégeons donc la bibliothèque et donnons une nouvelle vie à ces bons vieux compagnons qui seront découverts et appréciés par d’autres lecteurs.

L’opération Partager lire aura lieu du 12 au 23 avril. Ce qui laisse un certain temps pour bien la préparer. Les livres donnés, en bon état bien sûr, seront à déposer dans les librairies Payot, les magasins Nature & Découvertes ainsi que dans les supermarchés Coop de Suisse romande.

La récolte solidaire de livres vise à aller à la rencontre de ceux qui n’y ont pas facilement accès. Cette opération est destinée cette année aux bénéficiaires de l’Hospice général de Genève, aux bibliothèques publiques francophones du Sénégal, ainsi qu’à l’action Un temps pour lire. À savoir les bibliothèques installées en libre accès dans des centres médicaux de Suisse romande.

L’an dernier, plus de 180 000 livres ont pu être offerts. Grâce au tri effectué dans nos affaires. Il est à nouveau temps de refaire les à-fonds…

Ceux qui ont tout leur temps

28 mars 2019

Les personnes qui ont tout leur temps le dépensent comme bon leur semble.

Il leur arrive de s’installer à une terrasse pour regarder passer les gens, et c’est toujours une source d’émerveillement que de constater la variété du genre humain. Elles peuvent aussi s’accouder à un parapet pour suivre des yeux le va-et-vient des trains, ou même des voitures. Parfois, elles se rendent à l’aéroport pour y voir quelques avions s’envoler et atterrir.

Certaines personnes, parmi les plus âgées, font ce déplacement avec un petit pincement au cœur, se rappelant le temps où elles avaient la forme suffisante pour voyager, sauter dans un long-courrier, et vive le vent.

Eric et sa femme, presque nonagénaires tous deux, ont ainsi profité d’un dimanche pluvieux pour se rendre à Cointrin. Au programme, le spectacle assuré par le ballet des avions Easyjet et un repas au restaurant de l’aéroport.

Une drôle d’expérience, ce déjeuner! Le menu mentionne de la féra en plat principal. Le couple en commande et s’en pourlèche d’avance les babines. Arrive alors dans leur assiette un filet de poisson de belle couleur orangée.

Les clients refusent le plat, connaissant le poisson qu’ils veulent manger. Sa chair est blanche. Retour en cuisine.

Deuxième service. De nouveaux filets de poisson leur sont servis. Leur couleur cette fois-ci tire sur l’ocre.

Deuxième refus des clients. Et première explication du personnel: il n’y a plus de féra, il s’agit d’omble chevalier. Et quand bien même, cela n’en est pas aux yeux des aînés, à qui on ne la fait pas. Retour en cuisine.

C’est finalement du cabillaud qui arrive enfin dans leur assiette. Excellent au demeurant, et présenté comme tel. Pourquoi ne pas avoir mentionné tout de suite ce poisson au menu?

Eric en conclut que «le chef prend les Genevois pour des corniauds».

Surtout ceux qui ont tout leur temps.

Chapeau, les hirondelles

27 mars 2019

Les hirondelles rustiques commencent à arriver ces jours dans nos campagnes. Il serait bon de les accueillir à bras ouverts, et avec respect.

Car ces oiseaux graciles, qui pèsent 18 grammes tout mouillés, viennent de battre des ailes deux mois durant. Au prix d’énormes efforts, ils ont survolé terres et mer sur 10 000 km! Un trajet plein de dangers, effectué dans le seul but de se reproduire dans nos contrées.

Ces migrateurs au long vol sont ainsi partis d’Afrique, s’arrêtant parfois en route pour reprendre des forces avant d’affronter la barrière du Sahara puis celle de la Méditerranée. Ils arrivent chez nous complètement vannés, mais prêts à faire famille.

Les mâles, que l’on reconnaît à leur gorge rousse et leurs ailes bleutées, se mettent alors à rafistoler le nid quitté l’automne dernier. Las, il ne le retrouve pas toujours, et c’est une catastrophe. La disparition des lieux de nidification explique en partie la baisse progressive des effectifs des hirondelles rustiques. L’usage de certains pesticides aussi, et ce n’est pas nouveau.

Les propriétaires de granges, d’écuries et autres lieux champêtres où ces jolis oiseaux se plaisent à fonder famille sont invités à laisser les nids en place. D’ailleurs, cet habitat est protégé, comme se plaît à le signaler Patrick Jacot, du centre ornithologique de réadaptation de Genthod (COR).

Si les amendes ne sont pas aussi sévères qu’en France (jusqu’à 9000 euros la destruction d’un nid!), elles existent bel et bien. Mieux vaut laisser ces abris intacts, et rappeler que si les fientes d’oiseaux peuvent incommoder certains humains, des solutions peuvent être trouvées pour en limiter l’éparpillement.

Pour accueillir à bras ouverts les hirondelles rustiques, pourquoi de pas installer des nichoirs? Le COR se tient à disposition des personnes intéressées. (www.cor-ge.ch; 079 624 33 07)

Le prix de la propreté

26 mars 2019

La Suisse, pays du propre en ordre. Voilà une notion qui se perd. Suffit de voir l’état de certains quartiers genevois après des soirs de beuverie, ou celui des trottoirs où s’incrustent les fientes de pigeons et les crottes des meilleurs amis de l’homme. Tout n’est pas très reluisant.

Parfois, les tenants du propre en ordre ont un sursaut d’activité qui laisse pantois, tant il est disproportionné. Claire l’a appris à ses dépens. Elle qui a vécu une bonne partie de sa vie au bout du lac s’est installée à sa retraite à Paris. La Ville Lumière. Autre cliché…

Bref. Quatre fois l’an, cette dame revient à Genève revoir famille et amis. Alors qu’elle se trouve chez sa fille pour les fêtes de Noël, elle descend au petit matin un sac rempli de papiers cadeaux et de journaux. La benne étant archipleine, elle laisse le sac fermé au pied du container débordant de cartons pliés. Elle aurait peut-être dû le poser en équilibre dessus?

Toujours est-il que trois jours plus tard, coup de sonnette à la porte. La famille dormant encore, c’est Claire qui ouvre. Elle se trouve nez à nez avec deux agents du Grand-Saconnex qui tiennent à la main une enveloppe au nom de sa fille. Elle a été récupérée dans le sac. Un sac coupable d’avoir été abandonné sur la voie publique!

Les agents lui demandent si elle n’a pas lu les consignes posées sur les containers. Claire rigole, croit encore à une blague. Non, elle n’a rien vu, car il faisait nuit. Et elle n’est pas d’ici.

Les municipaux signalent qu’ils vont lui envoyer une lettre recommandée à son adresse parisienne. Mais c’est sa fille qui la recevra quinze jours plus tard. L’amende se monte à 200?francs!

Depuis Paris, la retraitée entreprend des démarches pour que ce courrier fâcheux lui parvienne. Peine perdue. Un nouveau recommandé arrive à Genève au nom de sa fille, payable dans les 30?jours.

«Triste pays où le pognon est roi!» Claire n’a plus de regret de l’avoir quitté.

Ciel, comme le temps passe...

25 mars 2019

À quoi voit-on que l’on prend de l’âge?

Il y a des signes physiques qui ne trompent pas: les articulations coincent ou grincent; la peau plisse; la fatigue s’installe plus vite; le souffle se fait plus court; le cœur s’emballe; la vue baisse; le squelette se tasse et j’en passe et des meilleures pour pas trop choper la déprime.

D’autres signes venus d’ailleurs indiquent que le temps agit visiblement sur vous, même si vous ne le sentez pas passer. Des passagers vous cèdent spontanément leur siège dans le bus. Les jeunes collègues hésitent à vous tutoyer d’office. À la caisse du cinéma ou du téléski, on vous demande si vous avez ou non la carte AVS.

Je continue?

Les quinquagénaires reçoivent déjà des publicités ciblées pour des problèmes d’impuissance, de surdité, ou des propositions de sorties encadrées pour jeunes seniors.

Les sexigénaires toujours coquets passent en mode retraite, lâchent prise et se déconnectent progressivement de la vie active, parfois des préoccupations de leur temps. Une étape se franchit.

Quand une septuagénaire se plaint auprès d’un grand magasin de ne plus pouvoir ouvrir des bocaux d’épices, elle se fait répondre que la fermeture est difficile, surtout pour les personnes âgées. Ah ah, nous y voilà.

Mais la dame à qui l’on donne cette réponse rétorque que des gens de 30?ans connaissaient ce même problème… Alors, à partir de quand est-on une personne âgée?

Peut-être quand on est un grand-père à la belle chevelure blanche et que notre petit-fils de 11?ans discute ainsi avec nous. L’histoire est authentique.

- Grand-papa, tu es en bonne santé? - Pourvu que ça dure… - T’as quel âge? - Bientôt 83?ans. - Alors, à quel âge on meurt quand on est en bonne santé?

Pour voir la vie en rose

23 mars 2019

Le spectacle est de toute beauté!

Ce cadeau de la nature s’offre à nos yeux pendant quelques jours seulement. Et c’est là, maintenant. Ce serait dommage de rater pareil éblouissement: les cerisiers du Japon sont aujourd’hui en fleurs et nous font voir la vie en rose!

S’il est un lieu à Genève où l’on peut baigner dans tant de douceur, c’est bien le petit parc situé derrière le monument Brunswick. Près du lac, sur la Rive droite, donc. Il y a là plusieurs types de ces arbres, dont le nom latin est Prunus serrulata. On les nomme aussi cerisier à fleurs japonais, cerisier des collines ou encore cerisier oriental…

Le jardin public offre ainsi au regard des passants une très belle variété de tons roses, du plus pâle au plus soutenu, et des formes de fleurs toutes plus délicates les unes que les autres.

Ce lieu est tout naturellement prisé des Japonais en cette période de l’année. S’il ne fait pas trop froid, on les verra déplier une couverture et se poser dans l’herbe pour admirer la floraison éphémère des cerisiers, ou pour pique-niquer sous ces arbres, comme ils le font chez eux. Là où le spectacle est encore plus majestueux.

Cette coutume a pour nom Hanami et se pratique avec une certaine ferveur. Il existe d’ailleurs une liste officielle qui répertorie les cent lieux les plus réputés dans l’Empire du Soleil levant pour la beauté de leurs cerisiers en fleurs.

Beaucoup de touristes choisissent de visiter le Japon à cette occasion. Mais on peut tout aussi bien se contenter d’aller au petit parc de la Rive droite pour se prendre en photo sous une avalanche de fleurs épanouies, ou boire du saké à leurs pieds.

On peut aussi en profiter pour tester le nouveau mobilier de jardin installé sur le haut de l’espace vert et rose. Il offre une vue imprenable sur les cerisiers, avec le Jet d’eau en toile de fond. Bonjour la carte postale!

Ici, c’est Genève…

Marre de se faire avoir

22 mars 2019

Elle est en pleurs. Et je n’ai pas de mouchoirs à lui proposer puisqu’elle est à l’autre bout du fil.

Marguerite pleure parce qu’elle en a marre. Marre de se faire avoir par les voleurs, pour la quatrième ou cinquième fois, elle ne fait plus le compte.

C’était mardi dernier, sur le parking du centre commercial de Meyrin. Une commune où la Zurichoise vit depuis le début des années soixante.

Après avoir fait ses courses, elle pose son sac à main au fond du coffre, ainsi que lui avait conseillé de le faire la police, la dernière fois où elle s’était fait piquer ses affaires, puis range ses achats par-dessus.

Cette dame de 80?ans peine un peu à verrouiller le coffre, s’y reprend à deux fois avant d’y parvenir. Le temps d’aller ranger le chariot du magasin un peu plus loin, elle revient à sa voiture pour constater que ses commissions ne sont plus là, son sac non plus.

Dedans, il y a tout ce qui lui est indispensable: argent, papiers officiels, portable, clés d’appartement.

Marguerite a été victime d’un bidouillage électronique qui a permis à des vilains rusés d’ouvrir le véhicule à distance, après avoir bien observé les faits et gestes de sa propriétaire.

La dame a porté plainte à la police. Elle a fait changer la serrure de son logis, ce qui lui a coûté bonbon. Elle a aussi commencé à entreprendre les démarches administratives pour refaire tous ses papiers. Mais elle n’en a plus le courage, ni la force.

Parce que c’est le vol de trop. «Vous comprenez, avec tout ça, je n’ai plus d’estime de moi! Que je puisse encore me faire avoir ainsi…» Et elle pleure.

Alors si par miracle les affreux jojos qui font des trucs pareils aux vieilles dames me lisent, qu’ils lui renvoient au moins ses papiers et son portable, qui n’ont de valeur que pour elle. Parce que là, Marguerite n’a plus le goût à rien.

Et pourtant, c’est le printemps!

Tout n'est pas perdu...

21 mars 2019

Lundi dernier, elle a dû se rendre à l’Hôpital cantonal pour un rendez-vous. Avait-elle un peu peur? La tête ailleurs? Toujours est-il qu’en arrivant aux HUG, Anne Sophie constate avec angoisse qu’elle a oublié portable et abonnement TPG à la maison. Elle a donc voyagé jusqu’ici sans titre de transport.

Et ça la met mal à l’aise. Car la dame ne fait pas partie de ces gens pour qui resquiller est un sport. Ou un acte de révolte contre le système.

Après son rendez-vous médical, elle décide de rentrer quand même à la maison comme elle est venue. Sans billet. Mais la boule au ventre.

Tout se passe bien jusqu’au Léman express, direction Coppet. C’est là que ça se gâte. Deux contrôleurs CFF montent à bord. Et contrôlent. Toute contrite, la fautive leur avoue son oubli en baissant les yeux. L’employé lui dit alors que, vu son «aspect typique de fraudeur», il va prévenir la police.

Je n’ai jamais vu Anne Sophie (ni un fraudeur typique, d’ailleurs), mais j’ai bien l’impression que le contrôleur la charrie. Oui, car à l’arrêt de la gare où elle s’apprête à descendre, l’homme en uniforme ouvre la porte du train, lui tend la main pour l’aider à sortir et lui souhaite une bonne journée.

Et à en croire la passagère ainsi bien traitée, le reste de sa journée a été plein de bonheur!

Autre motif de satisfaction, en ces beaux jours? Une lectrice réagit à l’Encre Bleue où il était question de ces quelques jeunes qui participaient vendredi à la marche pour le climat et qui avaient tout faux en jetant leur clope par terre, après usage.

Eh bien cette personne me signale qu’en étant, elle aussi, de la manifestation, elle a vu une jeune fille exemplaire qui a ramassé durant tout le défilé les mégots trouvés en route. La demoiselle les rassemblait dans une boîte qu’elle transportait avec elle.

Tout n’est donc pas perdu!

Dites-le avec des fleurs

20 mars 2019

Ça y est: le printemps est arrivé!

Pour saluer la venue des beaux jours et marquer en même temps ses 50 ans d’existence, la Fondation des Parkings nous prépare pour demain une sacrée surprise.

À la place des prunes, elle va distribuer des fleurs. Vous avouerez que c’est une excellente nouvelle!

Jeudi 21 mars, plus de mille primevères genevoises, plantées dans de petits pots de terre cuite et glissées dans des sacs en papier, seront ainsi offertes aux usagers à l’entrée de deux grands parkings du centre-ville.

Cette opération séduction aura lieu le matin dès 7 h 30 au parking de Plainpalais, et l’après-midi dès 15 h à celui de Cornavin.

Les automobilistes qui franchiront les barrières à l’entrée des souterrains se verront remettre ce cadeau avec un petit mot doux leur rappelant les missions de cette fondation de droit public. Les clients qui se rendront au siège du carrefour de l’Étoile recevront eux aussi cette délicate attention.

Parkings et fleurs… On fait difficilement milieux plus opposés. Justement! Cela n’en sera que plus apprécié. D’autant que les employés qui iront ce jour-là au contact des clients sont tous des volontaires. Faut dire que c’est sans doute plus agréable d’offrir des fleurs que d’écouter les récriminations de clients fâchés d’avoir reçu une amende, forcément injustifiée…

C’est pourquoi il n’est pas inutile, à l’occasion de cet anniversaire, de rappeler par un geste sympathique que la Fondation ne fait pas seulement dans la répression. Une tâche que lui a confiée l’État et qui trouble passablement la perception des gens.

Elle est aussi d’utilité publique, puisqu’elle gère plus de 170 parkings à Genève et quelque 29 000 places pour véhicules motorisés et vélos, ce qui rend bien service à la collectivité.

Tout ça vaut bien quelques fleurs…

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