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ChroniquesL'encre bleue

Partie 9 de la série

Knie règne sur Plainpalais

7-8 septembre 2019

Que serait la rentrée à Genève sans le Cirque Knie?

Plus tout à fait la même… même si cet événement a changé d’allure en peu de temps. Il n’y a pas si vieux encore, avant d’entrer en classe, les enfants allaient assister à l’arrivée des animaux sur la plaine de Plainpalais.

Éléphants, dromadaires, chevaux, zèbres et compagnie sortaient de leur wagon à la gare de triage et venaient en cortège par la route des Acacias pour venir prendre leurs quartiers au cœur de la ville, sur cet immense espace vide qui se remplissait à vue d’œil et où commençaient à se dresser le chapiteau et les nombreuses écuries.

Odeur de paille, de crottin, bruits de sabots sur le macadam, coups de sifflet, agitation. Les employés du cirque devaient faire vite, car la première à Genève avait lieu le jour de leur arrivée.

Tout se fait désormais plus discrètement, sans l’implication du public. Le chapiteau se monte bien avant la première, les animaux qui font encore partie de la tournée arrivent par la route, et la caravane se retranche derrière des barrières de sécurité. On ne traverse plus le campement. Mais quand on pénètre sous l’immense tente pour assister à la représentation, la magie opère à nouveau. Pour autant que l’on aime le monde du cirque, ce qui n’est pas donné à tout le monde…

Lors de cette tournée anniversaire (Knie fête ses 100?ans, faut-il le rappeler) il y a, en plus des frissons et de l’admiration, beaucoup d’émotion. Et pour cause: des images fixes ou animées de ceux qui ont marqué l’histoire de la dynastie sont projetées sur différents supports. Et puis Fredy annonce qu’il passe la main. C’est toute une époque qui disparaît…

Knie règne sur Plainpalais jusqu’au 12 septembre, et il ne faudrait pas le rater. Oui, c’est vrai, j’adore le cirque!

Le chevalier servant

6 septembre 2019

«Tu sais ce qui m’est arrivé aujourd’hui?» Au bout du fil, la voix est encore toute remuée.

«Euh, non!» répond prudemment la fille à sa mère, en craignant le pire. Car ce qui arrive aux personnes prenant de l’âge est souvent imprévisible, et pas forcément marrant.

«Eh bien je suis descendue du train à Cornavin, avec ma valise, puis je suis restée un moment sur le quai. La fatigue du voyage, tu sais… Et là, un jeune homme vraiment très charmant m’a abordée! Il m’a proposé de se charger de mon bagage et de m’accompagner pour aller prendre le bus.»

À ces mots, l’esprit de la fille se met illico en mode alerte. Attention, danger! Un inconnu qui s’approche de sa mère et lui fait des avances, c’est sans doute pour l’arnaquer. Au secours, que lui est-il donc arrivé?

«Que du bonheur!» répond l’aînée, qui n’en revient toujours pas. Car après un moment d’hésitation, elle a vu sur le gilet orange du jeune homme le logo «SOS Aide en gare». Un service dont elle n’avait jamais entendu parler, mais qui lui a semblé tout à fait fiable.

Elle a donc confié sa valise à celui qui le lui proposait si gentiment, et ils ont cheminé tous deux à travers la gare, et plus loin encore, pour se rendre jusqu’à l’arrêt de la ligne 9, à quelques minutes de là.

Après avoir attendu le convoi en babillant de concert, le chevalier servant a ensuite porté la valise dans le bus et veillé à ce que la passagère soit bien installée et en sécurité. Et tout ça pour ses beaux yeux!

«Tu te rends compte, il n’a rien voulu recevoir en retour! Le service est gratuit, offert aux personnes à mobilité réduite. Paraît même que l’on peut contacter le service à l’avance, quand on sait que l’on va prendre un train. Ce serait bien que tu signales ce qui fonctionne et fait plaisir, tu crois pas?»

Oui maman, c’est fait!

www.aide-en-gare.ch; 022 732 00 90; 079 505 09 11.

La grande récupération

4-5 septembre 2019

C’est un lieu incontournable dans la République. Un espace où il faut se rendre, un jour ou l’autre, pour se débarrasser du superflu et faire place nette chez soi.

Vous me direz que certains citoyens ne se compliquent pas la vie et abandonnent leurs déchets encombrants sur le trottoir, à deux pas de chez eux. Et cela même s’ils peuvent appeler la Voirie, qui viendrait enlever ces affaires gratuitement. Tel est d’ailleurs le sens de la nouvelle campagne de prévention intitulée «Bande de sauvages»…

Mais le fait est que de très nombreux habitants préfèrent ne pas attendre un rendez-vous avec la Voirie quand ils ont enfin décidé de vider tout ce qui les encombre. Ça urge!

Ils se rendent alors à la déchetterie de leur commune ou, plus extra à tous points de vue, dans un espace de récupération cantonal. Un lieu incontournable, disais-je, instructif, et qui donne matière à réflexion. À discussions aussi, car les usagers des installations taillent volontiers le bout de gras près des bennes.

Ne serait-ce que pour se renseigner sur ce qui va où. Et deviser sur la relativité des choses, en regardant ce que jettent les gens, et comment ils s’y prennent. J’ai ainsi observé un jeune homme balancer deux fauteuils voltaires avec une belle énergie dans le vieux bois, bon débarras. Pourtant ils semblaient neufs, de loin. À quelques mètres de là, une dame pose sa télévision sur d’autres carcasses, comme à regret. Souvenirs, souvenirs… De partout, des gens arrivent avec des détritus de maison, de jardin, de la ferraille et des sacs à gogo, à se demander ce qu’ils bricolent!

Et s’il y a toujours du monde qui passe en semaine vider le contenu de son coffre de voiture, c’est la foule assurée les fins de semaine et les jours fériés. Sûr qu’avec le temps mitigé de jeudi, les trois centres de récupération vont faire un carton au Jeûne genevois! Que dis-je, un carton. Une benne, plutôt!

Clin d'oeil sur carte postale

3 septembre 2019

Certains lecteurs ont l’œil à tout et n’en ratent pas une…

Ils traquent systématiquement la moindre coquille dans nos pages, la faute d’orthographe ou de frappe, la ligne qui a sauté et autre bévue ayant échappé à la vigilance des journalistes et de la correction.

C’est un passe-temps comme un autre, plus varié sans doute que des mots croisés!

Ces gardiens de la langue française en profitent pour nous rappeler à l’ordre. Ils pointent nos inattentions, nos tics d’écriture et dénoncent au passage l’usage de certains anglicismes. Depuis qu’une dame m’a signalé qu’un «papillon» est plus joli qu’un «flyer», j’ai rayé ce dernier de mon vocabulaire.

Des lecteurs veillent donc au grain, et ils ont bien raison. Après, il y a la manière…

Nous parviennent parfois des enveloppes remplies de coupures de presse patiemment collectées, avec des mots soulignés en rouge et des commentaires plus acerbes que nécessaire.

Mais le petit mot reçu à la Julie lundi matin, sur une carte postale ancienne, nous a ravis par son décalage entre les côtés recto et verso du message et son clin d’œil coquin.

D’un côté, l’image d’un autre siècle montre l’église de L’Assomption de Lwow, du temps où la ville de Lviv, aujourd’hui ukrainienne, était polonaise. Elle est aussi nommée Lemberg sur la carte, en souvenir de son passé autrichien. Vous me suivez toujours?

De l’autre, le lecteur a collé une accroche en une de la Julie: «En 2008, quinze grandes compagnies américaines employaient encore plus de 7400 collaborateurs dans le canton, mais la tendance est à la baise (sic).»

«Préparez vos capotes!» nous lance le lecteur taquin. Certes. Et comment! Mais quel est le rapport avec cette ville lointaine? J’en perds parfois mon latin…

Les visiteuses du quotidien

2 septembre 2019

En semaine, leur présence passe totalement inaperçue, noyée dans la foule des gens qui se déplacent, indifférents les uns aux autres, chacun dans sa bulle.

Mais un dimanche matin, c’est toute autre chose. Ces femmes, puisqu’elles sont majoritaires dans ce type d’activité, se repèrent alors assez vite dans les quartiers d’habitation.

Elles circulent souvent à vélo, lequel porte le logo de l’institution qui les emploie. Elles portent presque toutes le même sac à dos noir passe partout.

Et que font-elles donc dans la rue, un dimanche matin, à l’heure où les bien portants s’en vont chercher leurs croissants à la boulangerie du coin, partent faire une marche en montagne ou une virée sur le lac?

Elles se rendent chez celles et ceux qui ont besoin de leur aide pour rester vivre dans leur foyer. Et cela tous les jours de l’an, les fériés aussi.

Ces bonnes fées et leurs collègues masculins de l’Imad (Centre de maintien à domicile) veillent ainsi sur nos parents âgés, sur les malades, les gens trop isolés ou ceux qui ont besoin d’un coup de pouce momentané. Elles apportent, à ceux que l’on oublie parfois, une présence réconfortante, des soins et plus, si besoin. Un repas chaud, par exemple.

Elles font aussi la toilette de ceux qui ne peuvent plus la faire seul, assurent les soins infirmiers et le confort des êtres visités. Mais surtout, elles échangent quelques mots avec eux, ce qui n’est pas rien, sachant que dans certains cas ils ne reçoivent pas d’autres visites que celle des employés de l’Imad…

Remercions donc chaleureusement ces personnes qui permettent aux plus fragiles d’entre nous de retarder, voire d’éviter, leur placement dans un établissement hospitalier et rester chez soi.

Et quand viendra peut-être pour elles le temps de bénéficier de ces aides, espérons que ce type de service n’aura pas disparu!

La procession de l'aube

31 août 2019

Il n’est pas encore six heures. Six heures du matin, donc.

Les boulangers ont fini leur cuisson, les livreurs de journaux ont posé la Julie dans les boîtes aux lettres, les noceurs sont partis se coucher tandis que des tas de gens, venus d’on ne sait où, se dirigent d’un bon pas dans la nuit vers la jetée des Bains des Pâquis.

Étrange procession que celle des amateurs d’aubes estivales!

Elle a lieu chaque petit matin depuis le 22 juillet selon le même rituel: les participants encore un poil endormis avancent en file indienne après le portillon, passent le pont du Goléron, s’installent sur un banc ou une chaise face au grand large et se laissent emporter par la proposition du jour.

Grâce à cette offre originale lancée il y a treize ans déjà par de joyeux allumés, des milliers de Genevois ont pris l’habitude de se lever très, très tôt, pour jouir du spectacle des levers de soleil en musique. Et prendre, par là même, le temps d’apprécier la vie comme elle vient dans ce décor enchanteur. De quoi commencer la journée d’un bon pied.

Ce vendredi à six heures, des centaines de personnes sont assemblées autour de Sarcloret. Le poète et trublion de la chanson, à qui l’on doit des pépites du cru, «moi j’prends la Mouette, c’est chouette…», a choisi de chanter Dylan en traduction libre et française pour ses retrouvailles avec la jetée balnéaire.

La voix racle un peu, la guitare et la gouaille du Genevois assurent le spectacle musical pendant que des nageurs avancent dans l’eau sombre encore, non loin des cygnes et des canards. Des mouvements de crawl épousent parfois le tempo des chansons. Et juste avant que le soleil fasse son apparition derrière les Voirons, un vol imposant de cormorans troue le ciel. Magique.

Ça sent la fin de l’été. Et des aubes pâquisardes, qui se terminent dimanche. Vivement l’année prochaine!

Ils domptent la circulation

30 août 2019

Quand plus rien ne va dans le trafic, on fait appel à eux, et c’est tant mieux!

Eux, ce sont les agents privés qui font la circulation aux points les plus chauds du canton, en lieu et place des policiers qui vaquent à des activités plus utiles pour notre sécurité, dit-on.

Or, ces agents privés interviennent quand tous ces travaux qui éventrent les sols genevois font perdre la raison aux usagers de la route, toutes catégories confondues, et les poussent à la faute. D’où l’utilité de leur présence dans le paysage.

Vous les avez sans doute aperçus cet été à différents carrefours critiques. Des femmes et des hommes en tenue sobre, avec des gilets ou des inscriptions portant le nom de la société de sécurité qui les emploie.

Je me suis souvent arrêtée, à l’ombre, pour les regarder à l’œuvre, en plein soleil. Certains d’entre eux ont la gestuelle expressive, théâtrale, et c’est un régal: le spectacle de rue est assuré! D’autres régulateurs ont l’invite plus mesurée, presque timide, ou donnent la direction et le tempo avec un grand sourire qui vous fait fondre.

Contrairement à ce que je croyais, ce n’est pas l’État de Genève qui a recours à leurs services, mais les entreprises responsables des chantiers qui perturbent les axes routiers. Et il y en a…

Ces êtres amenés à dompter des hordes d’usagers pressés, parfois hargneux, ne sont pas lâchés dans la jungle urbaine sans préparation. Ils suivent des cours dispensés par la police genevoise et obtiennent une attestation prouvant qu’ils sont aptes à gérer la situation. Et trouver du boulot.J’ai demandé à un patron d’une entreprise de sécurité œuvrant dans ce secteur les qualités requises pour assurer un tel travail. Il faut avoir des nerfs solides, une nature calme, l’esprit d’analyse et d’anticipation, un bon sens de l’observation. Tout moi, quoi!

Si je perds un jour mon job, je pourrais toujours tenter de me recycler chez Python, à la circulation!

Le merle et la grand-maman

29 août 2019

C’est donc l’histoire d’un petit oiseau et d’une grand-maman. Et qui les a fait se rencontrer, par un beau matin d’été? Un matou assez entreprenant.

À la mi-août (miaou!), Liliane est alertée par un drôle de bruit. C’est un chat qui s’amuse avec un jeune merle. Et vous savez comment sont ces taquins de félins lorsqu’une proie tombe entre leurs pattes: ils ne tiennent vite plus en place.

L’Onésienne se dépatouille pour sortir de ces griffes le passereau, blessé à une aile, le dépose délicatement dans un carton et se demande ce qu’elle va bien pourvoir en faire, à part demander l’aide du Cor, la station officielle de soins aux oiseaux, basée à Genthod.

Oui mais voilà. Le centre est totalement débordé: trop de volatiles à soigner et pas assez de mains pour s’en occuper. Impossible de venir à Onex chercher le petit accidenté. À Liliane de faire le déplacement. Or l’octogénaire n’a pas de véhicule et personne pour les transporter à l’autre bout du canton, elle et son protégé.

On lui propose de conduire l’oiseau plutôt chez le vétérinaire le plus proche de chez elle. Mais ce toubib pour animaux ne veut pas s’en charger. Et voilà notre grand-maman toute désemparée, avec son merle sur les bras.

Alors elle prend son courage à deux mains et se risque à téléphoner au centre de réadaptation des rapaces, à Bardonnex, même si son siffleur ne vole pas vraiment dans la même catégorie.

Et là, ô joie, quelqu’un accepte de venir chercher son merle et de bien s’en occuper. Liliane l’aurait embrassé. Car pendant quelques heures, elle s’est demandé si elle était devenue trop vieille pour sauver la vie d’un oiseau sans que cela ennuie ses frères humains.

C’est pas toujours simple de vouloir aider…

Où est passé Charlie?

28 août 2019

Charlie est un jeune homme aux cheveux bruns et au physique relativement passe-partout. Mais dans la foule, on le reconnaît à coup sûr grâce à son accoutrement immuable, quel que soit le lieu ou la saison: chandail à rayures blanches et rouges, pantalon bleu, lunettes de bigleux, bonnet à pompon.

Ce personnage, imaginé par Martin Handford, est le héros d’une série de livres-jeux britanniques qui a cartonné. Son principe? Le lecteur doit réussir à retrouver le bonhomme dans des images fourmillant de centaines de gens et d’objets colorés. De quoi aiguiser son sens de l’observation.

Pourquoi je vous parle aujourd’hui de ce fameux Charlie? Pour vous inviter à participer à une version décalée et grandeur nature de ce jeu qui aura lieu vendredi sur la place des Grottes.

Cette performance collective est organisée par Carrefour-Rue, l’association d’action sociale qui épaule les personnes sans-abri ou démunies et qui lutte contre toute forme d’exclusion.

À travers la photographie qui sera prise de la foule bigarrée rassemblée sur la place, elle souhaite parler de la pauvreté à Genève. Car parmi toutes celles et tous ceux qui se donneront rendez-vous près de la fontaine, il y aura des personnes en situation de grande précarité. Elles seront présentes, au milieu des autres, sans être identifiées ni désignées comme telles.

Le contraire de Charlie, en somme…

La performance vise aussi à montrer que contrairement aux idées reçues, les gens démunis ont des liens sociaux.

Rendez-vous donc vendredi 6 septembre à la place des Grottes dès 17 h 15 pour un apéro, les prises de vues étant prévues dès 18 h. Et c’est le photographe Max Jacquot qui grimpera dans la nacelle pour faire les clichés de la foule.

Où est donc Charlie? Pas forcément là où l’on croit.

Quand le bus bavarde

27 août 2019

Et si l’on jouait les prolongations?

Quelques courriers me sont parvenus pendant que l’Encre Bleue était aux abonnés absents une partie de l’été. Il serait dommage de s’en priver sous prétexte que nous sommes à la rentrée, pas vrai?

Une lectrice me signale ainsi un petit moment de joie vécu fin juillet dans le bus 12, un dimanche après-midi. La chose mérite d’être rapportée car ce n’est pas la franche rigolade tous les jours dans nos transports publics…

Cet après-midi-là, le conducteur est d’humeur jouasse. Tout en restant attentif à la circulation, il se met à causer au micro. Pas pour annoncer des travaux, non. Plutôt des trucs farfelus, décousus. Du genre: «On a mangé des haricots», «Le petit a encore sali ses couches» et autres fadaises données sur un ton humoristique.

Quelle mouche l’a donc piqué?

Eh bien c’est simple: l’employé des TPG ne fait que rapporter ici des bribes de conversations dont il est abreuvé, à longueur de journée, par des passagers qui racontent leur vie à voix haute et forte dans leur téléphone sans se soucier du monde alentour.

Or leurs propos n’intéressent personne, excepté celle ou celui à qui ils sont destinés. Et encore… Pire, ils déconcentrent et fatiguent à la longue les conducteurs déjà soumis à de nombreuses sources de stress.

L’homme qui raconte tout ça sur un mode taquin propose alors à ses auditeurs de chanter «Frère Jacques», en écho à de semblables élucubrations. Avant de leur informer qu’il existe une maladie contagieuse: le sourire! Et qu’il est bon se laisser contaminer par elle.

Tous les passagers ont alors applaudi et remercié le conducteur pour ce petit moment de fantaisie et de bonne humeur, qui a rendu agréable le voyage en zigzags imposé par les travaux de la route de Chêne.

Coquillages et crustacés

26 août 2019

«Sur la plage abandonnée/Coquillages et crustacés/Qui l’eût cru déplore la perte de l’été/Qui depuis s’en est allé/On a rangé les vacances/Dans des valises en carton/Et c’est triste quand on pense à la saison/Du soleil et des chansons…»

Ben oui, c’est fini tout ça!

Ça, ou autre chose, sachant qu’à la place des crustacés de la chanson, on trouve plutôt des moules zébrées, des algues ou des déchets peu ragoûtants abandonnés sur nos plages lémaniques.

Plages où il serait d’ailleurs bon de se trouver, en ce dimanche de fin août, quand la température affiche encore 27?degrés et que l’eau du bleu Léman est toujours aussi délicieuse.

Or, au lieu de profiter de ces joies simples et de s’abandonner à la douceur de l’instant présent, la plupart des Genevois se retrouvent chez soi à préparer fébrilement la rentrée.

Ah, la rentrée!

Il n’y en a que pour elle.

C’est fou ce qu’il faut faire avant ce moment fatidique, pour se sentir fin prêt à l’affronter. Mais comment l’être vraiment, quand on sait ce qui nous attend?

Comment passer, sans rechigner, de l’insouciance à la contrainte, des rêveries aux cours, de la vie à l’extérieur à celle de l’intérieur, des grands espaces aux bouchons, des surprises à la routine.

Vous allez dire que je suis dans la caricature. Oui, mais si peu.

On en reparle dès demain. Une fois que le choc de la rentrée sera encaissé et que l’on saura à quoi s’en tenir, quand les milliers de vacanciers seront à nouveau en mouvement sur les routes genevoises, avec les réjouissances qui vont avec.

Cela étant dit, je crois que je vais vite aller profiter d’une plage lémanique avant qu’il ne soit trop tard…

Et surtout, bonne rentrée à tous!

Colette a cent ans

19 juillet 2019

«Allô Colette»? Joyeux anniversaire, très chère!

Vous aurez peut-être de la peine à le croire, mais c’est ainsi: Colette Jean, l’animatrice-vedette de la Radio suisse romande, fête ce jour ses 100 ans dans une maison de retraite genevoise.

Elle qui avoue aujourd’hui être un peu fatiguée a longtemps joué les réveille-matin sur nos ondes pour faire se lever d’un bon pied les auditeurs.

Tous les jours, à 7 h 20, elle lançait ainsi à la cantonade son fameux «Bonjour!» et son enthousiasme communicatif donnait la pêche à ceux qui l’entendaient. Il faut dire qu’elle avait le don de mettre tout de monde de bonne humeur!

Voix claire, enjouée, dynamique, avec cette diction impeccable qui rappelait son origine française, Colette était une vraie pionnière de la radio, comme me l’ont rappelé Edith et Geneviève, membres de Canal 65, l’amicale des retraités de la RTS.

Cette femme à fière allure et aux yeux pétillants a commencé sa carrière d’animatrice vers 1948. Elle savait tout faire dans les genres les plus divers: variétés, jeux radiophoniques, voyages en coup de cœur, conseils de beauté ou présentation de défilés de mode.

Colette chantait aussi avec le Groupe instrumental romand (GIR), dirigé par Louis Rey, et se produisait avec Jean Pellet, son pianiste attitré. On lui doit même un livre de poèmes.

Ceux qui l’ont bien connue se rappellent du «Club de la bonne humeur», de «Livré à domicile» et de son émission «Allô Colette», qui a ravi des milliers d’auditeurs. Autant de souvenirs d’une belle vie bien remplie.

Joyeux anniversaire, Colette!

Déçue en bien

18 juillet 2019

Alors Julie, c’était comment, cette répétition générale de la Fête des Vignerons?

C’était géant!

J’y suis allée par curiosité. Pour me faire une idée de ce grand raout vaudois dont on nous parle tant. Et aussi pour voir à quoi ressemble leur Julie à eux.

Parce que oui, la fillette qui assure la narration du spectacle avec son grand-père se nomme Julie! Vous pensez si je me sens concernée…

Alors je dois avouer que plus d’une fois, au cours de cette soirée mémorable, j’ai envié la mignonne qui découvre ainsi le monde, petite puce sautillant parmi 5500 figurants (tout de même!) et devant 20 000 spectateurs.

Une puce, portée par des musiques métissées, des images mouvantes sur un tapis de LED, de beaux costumes froufroutants, des scènes qui grouillent de gens de tous les âges, les formes et les couleurs, pour exprimer la vie et sa diversité. Sans oublier les animaux, bien sûr. Un truc à ne plus savoir où poser ses yeux, tant ça déménage pendant presque trois heures.

Et si mon voisin fribourgeois n’a pas pleuré au fameux Ranz des vaches, «parce que tous ces armaillis réunis n’arrivent pas à la cheville de Romanens», j’ai eu la larme à l’œil quand leur Julie reprend seule, avec sa voix d’enfant, le couplet dans l’arène bondée qui retient son souffle.

Certes, le spectacle a des longueurs et des excès, mais pourquoi pas, au fond? On ne célèbre pas tous les jours la vigne et ses artisans.

Et puis il est exceptionnel d’avoir à disposition des milliers de personnes prêtes à s’impliquer des mois durant dans cette aventure, pour le simple plaisir d’en être. Autant leur permettre de s’exprimer et d’en tirer si grande fierté!

Ce n’est pas au bout du lac, à Genève, donc, que l’on trouverait pareille ferveur populaire autour d’un événement qui pourrait nous rassembler.

Alors chapeau, les Vaudois. Et vive la petite Julie!

Les orties, c'est chic

17 juillet 2019

Ces plantes sont les mal-aimées du grand public. Et pour cause: elles piquent et brûlent ceux qui se frottent impunément à elles.

Or, l’ortie est la reine des plantes sauvages! Elle soigne, elle nourrit généreusement les personnes qui savent la caresser à rebrousse-poil. À celles-là, la belle dentelée livre le meilleur d’elle-même: des tas de vitamines, du calcium, du fer et du magnésium. Que du bon, en somme. Encore faut-il le savoir…

L’autre jour, à l’entrée du parc des Bastions, côté rue de Candolle, un bon père de famille avise le jardinier, occupé à couper l’herbe alentour.

Il lui demande pourquoi diable il n’a pas arraché le massif d’orties qui s’épanouit à gauche de l’entrée. Là où passent en courant les gosses pressés d’aller jouer au parc. «Vous ne pourriez pas enlever ces mauvaises herbes qui font pleurer les enfants?»

«Non!» répond l’homme des espaces verts, en levant les bras au ciel. Les consignes actuelles sont à la préservation de la nature en ville. Pas touche aux orties, donc.

Des plantes qui piquent dans un jardin public, c’est chic, ça rime, mais à l’usage, ce n’est pas la meilleure idée qui soit, si l'on en croit le père de famille. À moins qu’on les cultive dans un autre but: celui de veiller à la propreté du parc et de ses hôtes.

Les jardiniers pourraient ainsi leur faire prendre d’assaut un bout du mur d’enceinte du parc, côté rue de la Croix-Rouge.

Ces végétaux formeraient alors une auréole de verdure au-dessus des Réformateurs. Un buisson ornemental et sacrément piquant, aussi dissuasif que le houx, autrefois planté là pour éviter tout acte de vandalisme.

Les orties ont parfois du bon!

Marre du plastique

16 juillet 2019

Elles sont mimi, ces petites Anglaises!

Les frangines Ella et Caitlin ont décidé, comme des grandes, de lancer une pétition en ligne pour tenter de faire plier deux chaînes de restauration rapide américaines.

Du haut de leurs 7 et 9?ans, et avec leurs mots d’enfants, elles invitent McDonald’s et Burger King à penser un peu plus à l’environnement et un peu moins au plaisir des minots, en arrêtant de leur filer les petits jouets en plastique habituels.

D’abord parce que ces babioles ne les amusent plus, ensuite parce que leur matière fait problème: elle pollue tout partout. Pourquoi continuer?

Bien vu, les filles!

Comme ces petites Anglaises sont adorables et que leur histoire cartonne sur les réseaux sociaux, elles seront entendues par les géants américains. Leur pétition, pleine de candeur et signée par des centaines de milliers de personnes, sera sans doute plus efficace que certaines actions menées par des adultes depuis des années dans l’indifférence générale.

Donc bravo les filles! Mais on pourrait aller plus loin encore, n’est-ce pas?

En regardant le plateau-repas type de ces grandes enseignes de restauration, il serait possible de renoncer aussi aux couvercles de boissons, aux pailles. Plus tous ces emballages…

Tant qu’on y est, pourquoi ne pas remettre en cause le principe même du tout-jetable, qui génère tant de déchets?

Revenons à une restauration plus lente. Avec ces plats qui font des restes et que l’on recycle en variant les plaisirs. Les petites Anglaises adoreraient…

Aubes au plongeoir

15 juillet 2019

En haut d’un plongeoir des dix mètres, les humains ne font pas souvent les malins. Sauf les pros du saut qui assurent le spectacle et font comme si c’était la chose la plus naturelle au monde que de se jeter dans le vide.

Car les autres nageurs hésitent plutôt. Ils crient de peur ou d’excitation, font de grands gestes, s’y reprennent à plusieurs fois avant d’oser faire le pas. Et renoncent, parfois.

Le plongeoir des dix mètres est un théâtre à ciel ouvert où se jouent des comédies admirables!

Celui des Bains des Pâquis en sait quelque chose, lui qui a déjà tout vu et tout entendu, depuis les décennies qu’il trône sur ces installations balnéaires.

Il lui arrive parfois de prendre la parole à son tour. Oh, ce n’est pas un bavard, le plongeoir! Il pèse ses mots et en lâche juste un. Qui dit tout.

En lettres rouges et capitales, il annonce alors, loin à la ronde, une activité qui se déroule à ses pieds. Le mot «poésie» a ainsi ricoché dans la rade pendant plusieurs saisons. Les Genevois qui ont l’œil ont découvert que le tremplin pâquisard dit aujourd’hui «aubes».

Il n’en faut pas moins pour être averti. Ce festival gratuit qui fait se réveiller la ville en beauté, c’est maintenant! Enfin presque: les Aubes ont lieu tous les jours, dès le lundi 22 juillet et jusqu’au dimanche 1er septembre.

Le plongeoir ne communique donc pas le programme. Pour en savoir plus, se référer au site (www.bains-des-paquis.ch) ou se laisser surprendre. Suffit de se pointer un peu avant 6?h sur la jetée de la rive droite, s’installer confortablement et assister au lever du soleil en musique. Magique!

Un numéro à poisse

13 juillet 2019

Je reviens sur cette arnaque à La Poste, évoquée le 4 juillet, et qui m’a valu un abondant courrier.

En résumé: on vous appelle prétendument de La Poste pour vous annoncer qu’une lettre importante vous attend, mais qu’il manque une donnée dans l’adresse. Il faut rappeler un numéro pour livrer cette info. Un numéro surtaxé, bien sûr.

Certains lecteurs m’ont dit ne pas être tombés dans le piège, d’autres ne pas y avoir cru mais avoir tout de même appelé, sait-on jamais. Certains, enfin, ont gentiment patienté au bout du fil, et ont reçu une facture de plus de 50 francs, pour du vent.

Pour éviter ce type de tromperie, il faudrait lister ces numéros d’appelants problématiques et les communiquer, m’a-t-on dit. La Poste propose-t-elle un tel document? Non.

Le géant jaune nous signale que les méthodes des filous changent si rapidement qu’il n’est pas possible de fournir une liste à jour. En revanche, le numéro commençant par 0901, vers lequel les correspondants sont généralement tous dirigés, ne lui appartient pas. Méfiance, donc!

La Poste Suisse précise que, par principe, elle ne demande jamais à sa clientèle de lui fournir par téléphone, ou par mail, des éléments de sécurité personnels. Et elle ne l’appelle pas spontanément.

Par contre, l’entreprise indique sur son site quelles sont les tentatives d’escroquerie actuelles, les bons trucs à savoir pour détecter des SMS et des e-mails falsifiés, et comment s’en protéger. (www.post.ch/fr/pages/footer/protection-des-donnees-et-informations-legales/hameconnage-et-autres-tentatives-d-escroquerie-sur-internet)

Oui je sais, le lien est interminable. Mais les arnaques le sont aussi!

Fermeture nocturne

12 juillet 2019

Encore un haut lieu genevois qui se barricade la nuit…

Bon, vous me direz que le Monument Brunswick n’est pas forcément l’endroit où tout le monde va, après le souper, pour s’asseoir sur un banc et admirer la ville dans toute sa splendeur. Mais tout de même.

Depuis début juin, un petit panneau officiel est fixé sur le portail principal, entre les deux lions qui montent la garde de l’enceinte du monument. Un autre se trouve sur la porte arrière de l’esplanade donnant sur le Jardin des Alpes. Tous deux donnent cette information.

Dorénavant, toutes les fins de semaine, à savoir les jeudis, vendredis et samedis soir, les lieux seront fermés au public de 22 h à 6 h du matin. Cela jusqu’à la fin septembre.

Et c’est rageant, par principe. Car une fois de plus, les nuisibles ont gagné! À cause de leur incivilité crasse, ils privent les autres citoyens de pouvoir disposer d’une terrasse discrète et agréable à toute heure de la nuit. Les jeunes amoureux en savent quelque chose…

La fermeture temporaire de ce site patrimonial a été décidée par la Ville pour empêcher que ne reviennent certains groupes de fêtards qui avaient pris l’habitude de se rassembler là. Avec toutes les nuisances que cela suppose: tapage nocturne, odeurs rances et déchets…

Au petit matin, les jardiniers retrouvaient souvent le site dans un état déplorable, et les clients des palaces voisins n’avaient pas tous pu fermer l’œil. Quand on sait le prix des chambres…

Le duc de Brunswick, lui, reste sourd à toute cette agitation et admire la vue dont il jouit. Car c’est beau, une ville, la nuit!

Les foins lacustres

11 juillet 2019

Dans le lac, les puces de canard s’en donnent toujours à cœur joie. Mais elles ne sont pas les seules à venir enquiquiner des baigneurs. Il y a aussi les algues! Ou plutôt celles que l’on appelle ainsi, mais qui sont en fait des herbes. Des plantes supérieures à fleurs.

Une grande prairie s’épanouit ces jours dans notre bleu Léman. Ces herbes folles ont profité des dernières grandes chaleurs pour grandir et se multiplier, au point de venir affleurer à la surface de l’eau et former comme des nuages verdâtres dans les vagues.

Ce qui, vu de loin, peut séduire l’œil est en revanche plus troublant quand le corps se trouve plongé dans l’élément liquide. Ces chevelures végétales viennent alors chatouiller les ventres, se prendre dans les pieds ou s’enrouler autour des bras. On aime, ou pas…

Pour le confort des nageurs, il est d’usage de faire appel à la faucardeuse de l’État de Genève pour faucher les herbes du lac.

Aux Bains des Pâquis, comme en d’autres lieux où l’on fait volontiers trempette, elle est attendue de pied ferme.

Or, cette seule et unique vieille machine à faire les foins dans nos eaux ne peut pas œuvrer partout à la fois. Surtout lorsque la bise se lève et vient jouer les trouble-fêtes.

Mais, promis juré, la faucardeuse prendra le temps de venir couper l’herbe pâquisarde avant le départ du triathlon qui a lieu ce samedi et dimanche, faut-il le rappeler. Les centaines de grands sportifs qui se lanceront au jus depuis la jetée des Bains apprécieront sans doute cette louable attention.

Les simples nageurs aussi…

Un petit privilège

10 juillet 2019

Les fonctionnaires genevois n’ont pas de privilèges, c’est bien connu.

Ils sont logés à la même enseigne que tout un chacun et doivent se dépatouiller au mieux lorsque les travaux, qui pullulent, chamboulent leurs habitudes. Normal, me direz-vous, ces messieurs et dames n’étant pas plus dommage que d’autres citoyens.

Sauf que. Les membres de la direction des ressources humaines de la Ville de Genève travaillant cour Saint-Pierre, face à la cathédrale, ont étrangement droit à des égards qui font tiquer le simple pékin. Et jaser dans la Vieille-Ville.

Car pour leurs beaux yeux, et leurs jolis mollets, le banc qui se trouvait à gauche de la demeure patricienne leur servant de lieu de travail vient d’être provisoirement enlevé.

Exit donc le lieu de repos des badauds et des touristes. Place à un dispositif métallique pour garer son vélo en toute sécurité. Ce qui pourrait encore passer, ce genre d’installation manquant un peu partout.

Là où la pilule passe mal, c’est que le tout est surmonté d’un panneau qui affiche la couleur: parking privé! Il est réservé au seul usage des employés de la Ville de Genève. Sous prétexte que leur garage à vélos est en travaux.

Et alors?

Alors si des fonctionnaires parviennent à obtenir un tel avantage sur la voie publique, qu’est-ce que la population attend pour réclamer, à son tour, des lieux de remplacement pour les stationnements des deux et des quatre-roues supprimés par les innombrables chantiers genevois?

Le vol des hannetons

9 juillet 2019

Avant de les voir, on les entend. Leur vol est bruyant, un zeste inquiétant, et vient troubler l’heure paisible du crépuscule.

Et puis soudain, ils déboulent en grosse formation et heurtent maladroitement les premiers obstacles rencontrés. En l’occurrence de jeunes veinards qui passent une semaine de vacances en plein air dans la campagne genevoise.

«On a eu une attaque de hannetons!» raconteront-ils fièrement à leur retour au foyer.

Attaque, c’est beaucoup dire… Les petits d’humains ne sont pas des feuilles vertes dont se repaissent ces coléoptères. Mais disons qu’une rencontre inopinée avec ces insectes roux et patauds a de quoi surprendre.

D’autant qu’ils sont particulièrement nombreux ces jours dans nos parcs et à la campagne. Nous ne sommes pourtant pas en année électorale genevoise…

Les espèces observées sont principalement les hannetons de la Saint-Jean, nous dit-on, et ils peuvent mesurer jusqu’à deux centimètres de long. Pour l’observateur de la nature locale, leur vol est un marqueur des saisons: il annonce l’apogée de l’été et l’automne qui se rapproche… Ciel, serait-ce déjà la fin des beaux jours?

Dans un blog sorti en 2007 à propos de ces petites bêtes, Gilbert Salem relevait que des savants français s’ingéniaient, au XIXe siècle, à tirer quelque utilité du corps des hannetons, dont ils ne savaient que faire. Leur dernière étude étant de savoir si la larve blanche de l’insecte était comestible, donc nutritive et profitable au peuple. «La grande histoire n’a jamais enregistré le résultat de leur expérience. Ni leurs noms.» Sacrés hannetons!

L'heure de manger

7 juillet 2019

Le travail des soignants dans un hôpital n’est jamais de tout repos. Ils bossent dur des heures d’affilée, et des jours aussi, pour tenter de guérir les patients, assurer leur confort, faire de la paperasse. Plus tout le reste.

Il faut donc être solide pour tenir ce rythme et ce régime. Or, il n’est pas toujours facile pour eux de se nourrir correctement, selon l’heure où ils parviennent à prendre enfin leur pause.

D’après le témoignage d’une ancienne infirmière, une toubib de sa connaissance et d’autres collègues ayant œuvré dimanche aux soins intensifs de pédiatrie se sont rendues à la cafétéria à 13 h 35. Soit cinq minutes trop tard!

Les habitués des lieux savent qu’il faut arriver avant 13 h 30 pour bénéficier de plats chauds. Alors ils se contentent de manger froid.

Mais ce jour-là, il n’y avait juste plus rien de rien à croquer. Ni cuit, ni cru. À peine trois salades qui se courent après. Ça fait pas lourd, quand on s’active depuis le tôt le matin.

Des bacs remplis de nourriture reposent toutefois à côté du cuisinier. Ils sont déjà refermés. Les affamés demandent à pouvoir en profiter.

«Non. L’heure, c’est l’heure!» répond le cuistot.«Mais là, il y a urgence!»

Après un échange de propos que j’imagine assez bien, le cordon-bleu finit de mauvaise grâce par ouvrir ses réserves et faire des assiettes.

Où seraient allés ces repas non servis? Et ne pourrait-on pas tenir à disposition du corps médical de quoi se sustenter jusqu’au milieu de l’après-midi? Un peu de souplesse dans les horaires!

Bon, si jamais, les soignants peuvent encore se nourrir par intraveineuse…

Le kit de nettoyage

5 juillet 2019

Le Léman, source de vie!

Tel est le slogan de l’Association pour la sauvegarde du Léman (ASL), qui se bat depuis des lustres pour améliorer l’état de santé de notre principal réservoir d’eau potable.

Bien avant l’ouverture de la plage des Eaux-Vives et la polémique liée aux déchets abandonnés sur place par des indélicats, l’ASL a développé un kit de nettoyage afin de faciliter le passage à l’action de celles et ceux qui n’en peuvent plus de voir les détritus souiller l’eau, ses berges, voire partout ailleurs.

Ce kit comprend un sac en voile recyclée contenant une paire de gants biodégradables, un cendrier de poche et deux sacs-poubelles. Bien vu.

Vous me direz qu’on a pas forcément besoin d’un tel attirail pour aller poutzer l’espace public, si le cœur nous en dit. Oui, mais ça facilite la tâche…

D’autant qu’en parallèle à ce kit de nettoyage, l’ASL vient de lancer une application intitulée Net’Léman, présentée comme un outil de science participative pour lutter contre la pollution liée aux déchets sauvages.

J’ai téléchargé l’application et découvert que je rejoignais ainsi une communauté de gens prêts à s’investir pour éviter que 10 000 kilos de plastique provenant de détritus, jetés un peu partout, finissent chaque année dans les eaux du Léman.

Je peux savoir si des nettoyages collectifs sont prévus, ce qui a été ramassé, où, et que faire des objets collectés. Bref, cet outil pratique, bien fait et instructif, fera sans doute se sentir moins seules les personnes qui ramassent les déchets des autres…

www. asleman.org

Arnaque à La Poste

4 juillet 2019

Pourquoi faut-il que certains esprits soient à ce point créatifs lorsqu’il s’agit de gruger des êtres comme vous et moi?

Les filous de partout, actifs dans les domaines les plus divers et variés, ont en commun une imagination débordante!

Ils attaquent souvent à visage masqué, sous couvert d’une institution reconnue ou d’une entreprise bien installée dans le paysage quotidien.

La Poste, par exemple.

Une chère amie, qui n’est plus toute jeune, a ainsi été à deux doigts d’être victime d’une nouvelle arnaque. Pourtant, elle n’est pas du genre à s’en laisser conter!

À la mi-juin, on lui téléphone depuis un numéro genevois. Une jeune femme se présente et lui dit qu’elle appelle de La Poste et qu’il y a une lettre recommandée à son attention. Or, l’adresse est incomplète.

Pour que ce courrier puisse lui être correctement acheminé, il faut absolument qu’elle rappelle un numéro à rallonge, commençant par 090. Le code de sa lettre est le WI 014. Ça semble sérieux et officiel.

Sauf que tout de même, notre Lancéenne a la puce à l’oreille. Ne serait-il pas plus simple de donner les informations à son interlocutrice plutôt que de composer ce numéro?

Elle le fait tout de même, pour en avoir le cœur net. Elle découvre alors que l’appel est taxé 2 fr. 90 la minute!

Cette chère amie a raccroché à la seconde. Pas la peine de poireauter pour une lettre imaginaire et se retrouver avec une facture salée, et bien réelle...

Un train sans pilote

3 juillet 2019

La vie d’un critique musical n’est pas de tout repos. Celle d’un conducteur de loco non plus. Le point commun entre ces deux êtres? Un train à l’abandon sur un quai, un dimanche soir…

Après le concert un peu décevant de Janet Jackson au Montreux Jazz Festival (lire l’article paru mardi), notre envoyé spécial à l’autre bout du lac s’apprête à rentrer chez lui par le rail. Facile, me direz-vous. Eh bien, pas forcément.

Le train direct Montreux-Genève, il faut oublier: trop simple. Un changement s’impose dans la capitale vaudoise. Arrivé là, notre collègue a le choix entre l’omnibus, qui fera s’éterniser le trajet de retour mais qui part plus tôt, ou l’InterCity, démarrant plus tard. C’est l’option qu’il retient.

Bien installé dans le convoi à air conditionné, il attend donc le départ. Cinq minutes passent. Puis dix. Enfin, une voix venue d’ailleurs fait une annonce pour signaler aux passagers que le train reste, pour l’heure, en gare de Lausanne. Faute de conducteur. C’est la meilleure!

Les usagers des CFF ont pris l’habitude des retards dus à des pannes techniques ou aux tristement nommés «accidents de personne». Qu’un conducteur fasse défaut, c’est nouveau!

Mince, se dit le collègue, qui se pose alors toutes sortes de questions sur la difficulté de l’entreprise à trouver de nouveaux conducteurs. L’annonce qui suit ne le rassure pas: «Le train est annulé, car il n’y a personne pour le conduire.»

Il prendra donc l’omnibus suivant, qui arrive avec un quart d’heure de retard, puis encore le dernier tram, pour parvenir chez lui à plus d’heure. La vie d’un critique musical n’est décidément pas de tout repos!

A l'ombre des arbres

2 juillet 2019

Fait drôlement chaud, pour dire que nous sommes fin novembre!

Je devais avoir une furieuse envie de repos ou la tête déjà ailleurs pour annoncer, sur ma messagerie, une absence du 14 juin au 30 novembre. Sacrées vacances en perspective…

Bon, je rectifie à tête reposée: retour prévu le 30 juin. Et me voilà à lire vos commentaires taquins sur ce congé à rallonge. Évidemment, vous ne m’avez pas ratée!

De mon côté j’ai raté, en deux toutes petites semaines passées au loin, le mémorable défilé rose et violet qui a déferlé sur la ville ainsi que cet orage de triste mémoire qui laisse un vide immense au cimetière des Rois. Comme un trou dans le paysage.

Le regretté absent étant cet arbre majestueux qui trônait depuis des lustres sur la gauche de l’entrée principale du parc, à quelques mètres d’un autre monarque feuillu, lui aussi renversé il y a quelques années par la violence des éléments et dont il ne reste plus qu’un tronc.

Lui qui tutoyait le ciel, le voici désormais scié à ras les pâquerettes. Fini l’arbre vénérable.

Place aux jeunes, m’a-t-on dit pour me consoler. On va sans doute en replanter de nouveaux. Certes. Mais ils ne vont pas faire de sitôt cette ombre qui apporte un soupçon de fraîcheur quand le mercure s’affole.

Notez qu’on peut fuir la fournaise d’une autre manière. Un collègue est ainsi allé faire un tour chez Payot, où des livres sur un présentoir traitaient des effets de la chaleur. L’incorrigible farceur a demandé où se trouvait un titre d’Eugène Sue…

Entre le bleu et le rouge

14 juin 2019

Et me voici en ce grand jour à troquer mon encre bleue contre une encre violette! La couleur des féministes de partout remplace, chez nous, le fuchsia rassembleur de 1991 qui nous allait si bien au teint. Je veux bien.

J’applaudis même des deux mains à ce changement car le violet, c’est la 7e couleur de l’arc-en-ciel.

Oui mais, comment dire… Ça me fait tout bizarre. Car je ne connais qu’une seule personne au monde qui écrivait ses textes à la plume, à l’encre violette, et c’est mon père!

Alors bonjour les complexes…

Des pages, des cahiers recouverts d’une écriture, certes illisible, mais qui affichait toujours cette couleur qui mélange si profondément le bleu et le rouge. C’était sa marque de fabrique. Sa coquetterie.

Peut-être aurait-il changé le contenu de sa plume à réservoir s’il avait su que le violet était la couleur des féministes. Quoique. Il était descendu dans la rue, en son temps, pour la grève des femmes. De là-haut, il ne verra sans doute pas d’un mauvais œil que je lui pique son encre chérie pour l’occasion.

Et puis, ma grande (je me cause…), c’est le moment ou jamais de t’affranchir, n’est-ce pas? De revendiquer ta place et l’égalité de traitement. Comme la liberté de choisir la couleur de ton encre, malgré tout.

Et de l’utiliser pour dire qu’en cette journée violette, s’il est nécessaire pour nous de manifester des convictions pour faire avancer la cause féminine, ce serait ballot de se dresser contre les hommes de notre vie, père, conjoint ou enfants. Sans eux, ce serait moins drôle.

Facile à dire, puisque je ne serai même plus là pour descendre dans la rue, ce 14 juin étant mon premier jour de vacances. C’est dire si je me débine. D’ici à ce que certains pensent que je suis un homme…

Allez, bonne grève à celles qui la font et on se retrouve tous début juillet.

Ordre plus contrordre...

13 juin 2019

«Ordre plus contrordre égale désordre», disait volontiers une aînée de ma connaissance, s’agissant de l’éducation des enfants.

Il en va de même pour les chiens. Enfin, pour ceux qui en ont la responsabilité et qui passent souvent à la caisse pour régler divers problèmes, administratifs ou vétérinaires.

Une propriétaire de gentil toutou s’inquiète du flou régnant dans la perception de l’impôt sur les chiens. Le Grand Conseil genevois ayant décidé en mars dernier de supprimer cette taxe, jugée antisociale par la majorité des députés, elle pensait tout naturellement en être dispensée cette année.

Mais en allant sur le site de l’État, sous la rubrique «Impôt sur les chiens», elle voit que rien n’a changé depuis 2017 et que le montant à régler pour le premier animal s’élève toujours à 105?francs. Que faire?

Attendre, par exemple.

Car le référendum qui a été lancé contre cette décision a abouti. La votation devrait avoir lieu en novembre 2019, avancent les services concernés de l’État.

D’ici là, toutes les taxations 2019 ont été suspendues par l’Administration fiscale cantonale. Si l’impôt est maintenu, la taxation (pour l’impôt 2019, donc) interviendra dans les semaines qui suivront la votation. Ça remplacera la dinde de Noël…

Ne sachant plus trop à quoi s’en tenir, la propriétaire se demande si elle est encore tenue d’acheter, chaque année, la médaille pour Médor, au prix de 10?francs.

Eh bien, oui! m’a-t-on dit en haut lieu. Car l’octroi de cette médaille concerne uniquement les communes, et non l’État. Il n’est pas influencé par l’éventuelle abolition de l’impôt sur les chiens. Wouaf wouaf wouaf, acquiesce le meilleur ami de l’homme…

Ordre plus contrordre égale désordre, effectivement.

La journée des secours

12 juin 2019

Évidemment, en anglais, ça sonne mieux, plus direct, droit dans la cible: «Rescue Day»!

Cet événement, car c’en est un, aura lieu samedi 15 juin, au lendemain de la grève des femmes. Il mettra en avant les métiers de secours, de sauvetage et d’assistance aux personnes en danger. De sécurité aussi.

Très bien, me direz-vous, mais à qui s’adresse ce rassemblement salvateur? À tout le monde, aux familles, à celles et ceux qui veulent en savoir plus sur les professionnels et les bénévoles qui œuvrent au quotidien pour aider ou sauver la vie des autres.

Qui sont-ils? Comment agissent-ils, et avec quel matériel?

C’est dans la Halle 7 de Palexpo que les intéressés, petits et grands, pourront rencontrer ces personnes en uniforme, découvrir les véhicules du Service de sauvetage et lutte contre les incendies aéroportuaires (SSLIA) et du Service d’incendie et de secours (SIS).

Les plus curieux admireront le travail des chiens avec leur maître ou participeront à des animations diverses proposées pour tout âge. Plus de 25 associations tiendront des stands pour présenter leur travail, nous glisse Sébastien Mugnier, organisateur du «Rescue Day». Et pourquoi, justement, monter une telle manifestation?

Pour faire connaître des gens et des métiers qui comptent dans la région, mais aussi pour récolter de l’argent en faveur de l’association «Ses yeux couleur planète», dont il est président. Cette association, reconnue d’utilité publique, vient en aide aux enfants et adultes touchés par la maladie génétique RVRH-XLH. Une maladie rare qu’a son petit garçon.

Tous les fonds récoltés durant cette journée serviront à aider les familles concernées. Alors on file s’empiffrer à Palexpo de crêpes, de glaces, de petite restauration et de boissons… (Halle 7, samedi 15 juin de 10 à 19 h, entrée libre)

Les patates sont cuites

11 juin 2019

Oui, je sais, le temps est plutôt aux radis et aux salades de tomates qu’aux plats de patates. Quoique!

Plusieurs lectrices m’ont fait part de leur désarroi, de leur colère aussi, de voir dans les étals des grands magasins des pommes de terre venues d’Égypte. Et pourquoi pas de plus loin encore, alors qu’il y en a plein les champs dans nos régions? s’énerve Alice.

«Les cultivateurs d’ici apprécieront, peste Élisabeth. Pendant qu’on y est, à quand l’eau du Nil en bouteille? Car c’est bien connu, on n’a pas d’eau en Suisse!»

Pas de pommes de terre non plus…

«Je suis totalement révoltée de voir que les supermarchés continuent de nous vendre des patates d’Égypte, des haricots du Kenya ou des asperges du Mexique quand on sait la difficulté de nos paysans à écouler leurs produits», se fâche également Raymonde.

C’est vite vu: vendredi matin, sous le regard soucieux des autres clients, elle a remis dans le cageot les pommes de terre qu’elle venait de peser lorsqu’elle a découvert leur provenance.

Le gérant du magasin n’a pas pu lui expliquer les raisons de cette politique favorisant les produits importés. Si ce n’est que les patates venues d’ailleurs coûtent moins cher que les locales. Et que les locales, on les vend sous plastique mais en trop grande quantité pour des personnes seules.

«Quand je pense à tous ces paysans qui se suicident dans nos campagnes parce qu’ils ne peuvent plus vivre de leur travail, ça me fend le cœur!»

C’est décidé, Raymonde ira faire ses achats dans les marchés ou auprès de la centrale des maraîchers genevois, afin d’être sûre de consommer des légumes qui n’ont pas fait des milliers de kilomètres avant d’être mangés et de soutenir les producteurs locaux.

Et pour les clients qui pensent comme elle mais qui n’ont pas le temps d’aller faire leurs courses ailleurs que dans les supermarchés, les patates sont-elles donc cuites?

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