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ChroniquesL'encre bleue

Partie 13 de la série

Les deux anges gardiens

24 février 2020

C’était il y a un peu plus d’un mois déjà. Un 21 janvier, pour tout dire. Je ne pourrais pas me souvenir précisément de ce que j’ai fait pendant cette journée. Mais Marlise, elle, sait parfaitement ce qui s’est passé ce mardi-là.

En se promenant, elle fait soudain une lourde chute sous l’immense platane de la place d’Armes, à Carouge.

Après ce grand moment de solitude et d’hébétude qui nous étreint tous, quand on s’étale en public, la promeneuse tente bien de se relever seule. Mais elle n’y parvient pas: sa main gauche fait un angle droit avec son bras. C’est moche, et ça fait très mal!

Heureusement, deux dames passant par là volent aussitôt à son secours. Elles l’aident à se remettre sur ses jambes, la soutiennent, la rassurent et vont jusqu’à appeler une ambulance.

Elles auraient pu en rester là et retourner à leurs occupations, l’âme sereine, ayant fait le nécessaire pour que les secours interviennent et conduisent Marlise aux Urgences.

Mais non. Ces personnes bienveillances restent près d’elle. Comme l’ambulance tarde à venir, elles lui trouvent un siège. Puis l’emmènent dans une boutique de vêtements proche, pour que l’attente soit plus confortable. Là aussi, l’accueil est plein de gentillesse et d’attention. Après une demie-heure, l’ambulance prend en charge la blessée.

Sur le moment, toute à sa douleur, Marlise n’a pas la présence d’esprit de demander les noms de ses deux anges gardiens.

Et elle le regrette aujourd’hui: elle aimerait tant leur dire que leur dévouement lui a fait un bien fou. Et que c’est si bon de se sentir entourée dans ces moments-là.

Si ces deux dames lisent ce billet, ce dont Marlise ne doute pas, qu’elles soient chaleureusement remerciées!

Et moi je tire ma révérence jusqu’à mardi prochain...

Tout est dans la silhouette

22 février 2020

«Le débat sur les panneaux Salerno n’est pas épuisé!» Celui qui me parle ainsi affiche un sourire gourmand. Faut dire que ce citoyen aux cheveux blancs se régale des affaires de la République.

À chacune de nos rencontres, au coin de la rue, il se rit de nos Genevoiseries. Sa préférée, on l’a deviné, est cette initiative qui fait de la maire de Genève une pionnière. Paraît que ses panneaux féminisés ont été évoqués dans des centaines d’articles parus dans 35 pays. Ah, la belle affaire!

«La magistrate veut afficher des silhouettes féminines? Eh bien, parlons-en!» me dit ce fin connaisseur.

«La jupe, la robe étaient autrefois des signes distinctifs. Comment la magistrate peut-elle ignorer que depuis des décennies, les femmes portent majoritairement des pantalons?» Quand ce n’est pas la culotte, à la maison...

«La chevelure comme indice de féminité?» ai-je alors tenté. «On n’a jamais vu notre maire arborer autre chose qu’une coupe garçon», réplique aussi sec mon interlocuteur.

Qui lâche ensuite dans un soupir: «Ma chère Julie, bien que n’ayant pas le regard spécialement concupiscent, j’en suis souvent réduit à apprécier les poitrines dans la rue pour savoir si j’ai affaire à un homme ou une femme. Souvent le doute subsiste. Alors les silhouettes...»

Après avoir passé en revue l’extravagance vestimentaire qui brouille les pistes et le temps passé à faire sa toilette pour soigner sa silhouette, notre débatteur a trouvé une solution. Le seul moyen de ramener la sérénité est de tracer des passages piétons différenciés. Un pour chaque sexe. «Il y a urgence!»

À moins de faire le contraire et opter pour l’unisexe. Car avant d’être une femme ou un homme, on est avant tout un être de chair et de sang, qui risque sa vie en traversant la chaussée.

Le reste n’est que plaisanterie...

Le post-it à usage public

21 février 2020

Nul n’est censé ignorer la loi. Tout comme nul n’est censé ignorer les changements opérés dans le réseau TPG le 15décembre dernier. On sait, voilà tout!

Et tant pis pour les usagers qui n’ont pas fait les mises à jour nécessaires et qui se rendent à l’endroit où ils prenaient parfois leur bus.

Ils peuvent poireauter longtemps avant de s’apercevoir que l’arrêt est définitivement à l’arrêt!

Ainsi la halte place des Ormeaux, au Petit-Lancy. Le bus habituel n’y passe plus, mais l’abribus, avec son banc confortable, trône toujours là, invitant les gens à s’y presser.

Mercredi à midi, Pierre trouve refuge en ce lieu et attend le 21. Qui ne vient pas. Et que voit-il au bout d’un moment sur la vitre? Un post-it, jaune et carré. Avec un message dessus.

À sa lecture, le passager n’en revient pas. Sur ce bout de papier, fait pour noter les trucs à ne pas oublier, une main aimable a écrit: «Arrêt TPG déplacé vers la Vendée (restaurant)!!» Avec, pour renforcer la nouvelle, une flèche indiquant où se trouve ledit restaurant, pour qui ne le saurait pas.

L’homme qui me relate l’histoire est revenu en fin de journée avec du scotch pour assurer longue vie à ce post-it, afin qu’il donne ce renseignement utile le plus longtemps possible.

Mais un renseignement pour les retardataires! Car j’ai appris, depuis, que les TPG avaient fait leur boulot d’information au moment du changement, en collant une affiche sur place, plusieurs semaines durant, disant où trouver le nouvel arrêt, rampe de Pont-Rouge.

Alors pourquoi laisser cet abribus à la place des Ormeaux s’il est désaffecté? C’est à la Commune de Lancy d’y répondre, puisque l’installation lui appartient.

Elle pourrait peut-être le dire sur un post-it...

Histoire de pinailler

20 février 2020

Mince alors! Paraît que je me suis plantée dans mon billet printanier d’hier.

«Je ne suis pas sautière de la République, plutôt primesautière», disais-je, pour faire de l’esprit. Raté! On m’a glissé à l’oreille que depuis 2017, le poste de secrétaire général(e) du Grand Conseil genevois était à nouveau occupé par un homme. Oups...

Mes excuses, Monsieur le sautier! Mais n’oubliez pas de me faire signe quand sortira la première feuille du marronnier officiel...

Et puisqu’on en est à se faire des politesses entre dames et messieurs, je vous livre la réaction d’un lecteur à ma prose de la Saint-Valentin, au sujet de cette ancienne recette où l’on expliquait comment faire l’amour dans 16 départements à la fois. Une performance que seuls les Français peuvent envisager avec sérénité. «Cela joue joliment sur les mots, mais c’est un peu macho», lâche Eric tout de go.

Il me propose donc ce petit ajout: «Aujourd’hui l’homme doit Savoie-r s’Allier aux femmes et se faire le Hérault d’une belle Réunion, dans laquelle icelles seraient considérées avec bien plus d’éGard!» Bien vu!

Dans un autre registre, Christine me rapporte une scène observée dans un grand magasin. Un père fait des courses avec son fiston de 5-6ans et lui demande d’aller chercher un grand rouleau de papier ménage.

Le chérubin revient avec l’objet demandé. Sauf qu’au lieu du papier recyclé attendu, il a pris le blanc avec plein de dessins colorés dessus. C’est si joli! Gros yeux du père de famille, qui lui demande d’aller reposer ça tout de suite.

«Tu sais que ce ne sont pas les dessins qui essuient la vaisselle, c’est moi!» Bravo au papa économe et écolo, s’extasie alors notre observatrice! Le mieux serait encore qu’il essuie la vaisselle avec un linge de cuisine.

Mais bon, je pinaille...

Quand la sève monte...

19 février 2020

Je ne suis pas sautière de la République. Plutôt primesautière, à mes heures…

Ce n'est donc pas moi qui couve des yeux le marronnier de la Treille pour guetter la sortie du premier bourgeon, de la première pousse vert tendre qui annoncera officiellement l’arrivée des beaux jours dans la République.

Mais je serais elle que j’irais tout le temps vérifier! Qui sait si la feuille naissante n’émet pas son chuintement unique dès qu’elle a le dos tourné…

Cela s’est déjà vu, à cette période de l’année. Or, tout dans la nature qui nous entoure indique ces jours que la sève monte, qu’elle met les bouchées doubles, faisant s’épanouir les fleurs dans les jardins, primevères, pâquerettes, crocus et perce-neige, qui n’ont pas eu besoin de faire grand effort pour sortir de terre.

Toutes ces manifestations de la belle saison à venir nous font piaffer d’impatience. Et ce n’est pas nouveau…

«Qu’attendrais-je, sinon le printemps?» disait ainsi Colette, en son temps. Cette grande dame savait décrire ces moments où l’on tarde à sentir sur sa peau les premières caresses du soleil, l’apparition des couleurs dans le paysage, et une certaine douceur de vivre.

«Le sentiment d’attente ne s’ajuste qu’au seul printemps. Avant lui, après lui nous escomptons la moisson, nous supputons la vendange, nous espérons le dégel», écrivait-elle au sortir de la guerre, dans «L’Étoile Vesper». «On n’attend pas l’été, il s’impose; on redoute l’hiver… Pour le seul printemps nous devenons pareils à l’oiseau sous l’auvent de la tuile, pareils au cerf lorsqu’une certaine nuit il respire, dans la forêt d’hiver, l’inopiné brouillard que tiédit l’approche du temps nouveau.»

Oh que c’est bien écrit! Mais pareils au cerf, je ne sais pas… Pareils à ces oiseaux qui piaillent et ne tiennent plus en place, ça me va déjà mieux!

Parlez-moi d'amour, bis

18 février 2020

C’est un plaisir de savoir que je n’écris pas dans le vide!

Souvent, très souvent même, je reçois des petits mots en réaction à mes billets. Des encouragements, des remerciements, voire des gronderies. Et puis aussi des photographies pour me tenir au courant de ce qui se passe à l’extérieur du journal, au cas où je n’aurais pas le loisir d’aller humer l’air du temps: une photo de ciel flamboyant, des fleurs qui poussent déjà dans les jardins…

Et puis hier matin, j’ai reçu une lettre charmante de Zurich. Elle ne venait pas de la direction de ce journal, bien sûr, mais d’un lecteur qui suit la vie genevoise depuis là-bas.

J’ignore l’âge de Bernard. Mais il me dit qu’en lisant l’Encre Bleue parue le jour de la Saint-Valentin, évoquant la chanson «Parlez-moi d’amour», il s’est revu il y a bien des dizaines d’années.

«Dans la maison voisine de la nôtre et séparée d’elle par une cour qui servait d’étendage pour la lessive habitait au rez-de-chaussée une camarade de classe de ma sœur: Mite.

»Ses parents avaient ce que nous appelions un gramophone. Un appareil surmonté d’un grand entonnoir servant à amplifier les sons tirés de la platine. Ils avaient en outre réuni une grande quantité d’enregistrements. Et ladite jeune fille mettait souvent cet appareil sur le rebord de la fenêtre et nous faisait entendre les musiques qui nous plaisaient. Nous, un groupe de jeunes des maisons voisines assemblés dans la cour, écoutions ces disques.

»Pour ma part, se remémore Bernard, je demandais souvent que l’on repasse «Parlez-moi d’amour». Ce n’était cependant pas pour les paroles, mais pour la voix très mélodieuse de la chanteuse, Lucienne Boyer.»

Et voilà! C’est bien quand de petites encres font remonter à la surface de si bons souvenirs…

A nous les actions!

17 février 2020

Elle a 82 ans et son mari deux de plus. A priori, ils ne sont plus en âge d’avoir des enfants. Ou plutôt, de les faire.

Or, Madame vient de recevoir dans sa boîte aux lettres de la publicité et des bons de réduction de la Coop pour des Pampers! C’est ce que l’on appelle une action bien ciblée...

En réalité, le couple compte déjà six petits-enfants et deux arrière-petits-enfants. Avec un peu de chance, les bons serviront aux générations suivantes. Mais ça, la Coop ne peut pas le savoir.

La Migros, quant à elle, fête ses 75 ans. Joyeux anniversaire au géant orange! Depuis début février, l’enseigne dont nous sommes tous propriétaires, comme le dit la publicité, affiche une offre alléchante à l’entrée de tous ses magasins genevois.

À partir de 75 francs d’achat, le client reçoit en retour le même montant en bons d’achats, composés de cinq bons de réduction d’une valeur de 15 francs.

Chouette, se dit Valérie.

Mais en y regardant de plus près, en allant traquer les fameux petits caractères situés en bas de page, elle réalise que chaque bon est valable dès 100francs d’achat, et ce d’ici à fin février.

Donc si l’on suit le raisonnement, pour bénéficier de l’entier du cadeau, il faut dépenser 500 francs au magasin dans le mois.

Euh, comment dire? À ce prix, est-ce vraiment un cadeau? Il est plutôt perçu comme une façon peu festive de pousser à l’achat.

Interpellé à ce sujet par une autre cliente dépitée, Migros Genève regrette que son message commercial ait pu être mal perçu par certains. Son action anniversaire, pour tout dire, est plutôt destinée aux familles, leur permettant de moduler le montant des courses pour bénéficier des réductions.

Alors si l’on vit seul, ou que l’on ne dépense pas assez, c’est raté pour profiter du gâteau d’anniversaire! Tant pis.

Le ballet des trottinettes

15 février 2020

On peut les aimer, ou pas. Force est de constater que les trottinettes électriques gagnent toujours plus du terrain et qu’il faut désormais composer avec ce nouveau mode de transport urbain.

Celles qui étaient autrefois de simples jouets d’enfants ont grandi et bien changé. Une sacrée mue!

Plus besoin de pousser du pied pour avancer, elles le font toutes seules. Le trottineur peut ainsi se la couler douce. Mieux: elles ont mis le turbo, sans pour autant faire de bruit. Ce qui surprend, puisqu’on ne les entend jamais arriver dans la circulation...

À vue de nez, ce sont en majorité des hommes qui les conduisent. Des plutôt jeunes. Le nez au vent, grisés par la vitesse et cette facilité à se mouvoir si aisément, ils se faufilent avec une sorte d’insolence dans le trafic.

Ils empruntent sans distinction aucune les pistes cyclables, les trottoirs, quand ils n’évoluent pas au milieu des voitures. De vrais opportunistes qui vont là où ça les arrange. Aux autres de faire attention.

Mais il y a dans cette façon de se mouvoir en ville quelque chose d’étonnamment gracieux et d’agréable à regarder. Leur façon de poser leurs pieds comme des danseurs sur la planchette. De balancer leur corps pour épouser au plus près le virage amorcé. De se tenir bien droit, les épaules dégagées.

De nuit, c’est une autre histoire! On ne les voit pas. Ou mal. Si les trottinettes sont dotées de lumières à l’arrière, ce qui est assez rare, elles sont si proches du sol que les autres usagers de la route ne pigent pas tout de suite ce que c’est. Pareil quand certains trottineurs se bardent de bandes réfléchissantes. L’effet est assez surréaliste.

Le plus souvent pourtant, ils évoluent dans le noir. Seuls, ou avec un passager à l’arrière. Leur inconscience du danger fait peur. Mais ils doivent alors éprouver un tel sentiment de liberté...

Parlez-moi d'amour...

14 février 2020

En ce jour de Saint-Valentin, parlez-moi d’amour, mais autrement qu’avec des chocolats, des fleurs ou un repas aux chandelles.

«Parlez-moi d’amour, redites-moi des choses tendres», chantait Lucienne Boyer, à la mode de 1930. «Votre beau discours, mon cœur n’est pas las de l’entendre, pourvu que toujours, vous répétiez ces mots suprêmes: je vous aime…»

Ils savaient y faire, à l’époque!

Cette chanson de circonstance m’a rappelé ce bout de feuille usée que je trimballe depuis un bout de temps, déniché dans les papiers de Marguerite, en vidant son appartement.

La Genevoise, qui aurait largement plus de 100 ans si elle était toujours de ce monde, avait manifestement trouvé cette «recette» amoureuse à son goût, puisqu’elle l’avait tapée à la machine à écrire sur un petit billet, pour s’en souvenir, avant de cacher celui-ci pudiquement dans une enveloppe…

La prose date, bien sûr! Elle a été écrite dans un autre siècle, bien avant le mouvement «#balance ton porc». Et traduit une performance que seuls les Français peuvent envisager.

Alors je vous la livre, telle quelle. Inutile de chercher à l’adapter au terroir romand, ça ne marche pas!

«Question: peut-on faire l’amour dans 16 départements en même temps? Réponse: oui! Il suffit d’avoir une femme bien dans la Manche, Gironde, et bien en Cher.

»On commence par lui caresser le Haut-Rhin, puis on descend jusqu’au Bas-Rhin, on contourne l’Aise et on trouve quelque chose dans le Doubs. Sans perdre le Nord, on s’enfonce dans la Creuse pour y rester jusqu’à l’Aube.

»En attendant que ça Vienne, il ne suffit Pas-de-Calais, et puis sur l’Eure on fait un petit Somme en attendant que la Seine recommence, et quand c’est Fini… stère.»

Parlez-moi d’amour!

Une sécurité défaillante

13 février 2020

L’agression a eu lieu en octobre dernier, et elle en porte encore les séquelles.

Physiques, tout d’abord. Le malfrat qui l’a suivie à la nuit tombée et attaquée, chemin de Malatex, l’a envoyée au sol. Une méchante chute qui a nécessité une hospitalisation, des béquilles pendant des semaines avec, à l’arrivée, une plus grande difficulté à se mouvoir qu’auparavant. Ce qui est regrettable, quand on est une personne âgée.

Psychologiques ensuite. Cette femme s’est engagée pendant plus de vingt ans pour venir en aide à des populations venues d’ailleurs. Elle ne peut pas être taxée de xénophobe. Or, son agresseur est étranger, d’où son malaise.

Malaise qui se transforme en colère quand elle réalise, après avoir parlé de son agression autour d’elle, que dans son immeuble de douze appartements, elles sont trois personnes à avoir subi un tel sort!

Que fait la police? Quand la Genevoise s’est retrouvée à terre, sans plus pouvoir bouger, elle a été secourue par des riverains qui ont aussitôt appelé les forces de l’ordre. Mais celles-ci ont brillé par leur lenteur à réagir. La victime a eu le temps de faire appeler sa voisine, qui est venue sur place et qui a ensuite appelé l’ambulance. Les secours médicaux sont arrivés bien avant la police…

D’où ce sentiment d’insécurité et de vulnérabilité irritant. Comment réagir? L’aînée a pris sa plume: «Est-ce qu’à partir de 65 ans, nous devons rester chez nous?» a-t-elle écrit à la cheffe de la police genevoise. «Les taxis genevois refusent de nous prendre pour de petits trajets, vu que nous sommes en ville.»

Mais en ville, elle ne voit pas de patrouilles de police à pied. Elles sont en voiture, à distance. Pour assurer la sécurité des plus fragiles, il serait peut-être bon d’être au plus près d’eux. Car le type d’agression qu’elle a subi n’est pas sans conséquences, à tous les niveaux.

Ils font de la résistance

12 février 2020

On n’arrête pas le progrès, dit-on.

Peut-être. Et encore…

Alors que la course à la nouveauté contamine la majorité de nos concitoyens, il est des gens qui sont juste fatigués de cette fuite en avant. De cette obligation d’être équipés d’appareils et de technologies dernier cri pour avoir l’impression d’exister et de ne pas tomber dans les oubliettes de la société.

Ils sont las de tout ce cirque.

Et ce ne sont pas forcément les plus âgés d’entre nous qui mettent le plus les pieds au mur. Mais ils ont des arguments massues et marqués au sceau du bon sens.

Jérôme, par exemple. Lui et des membres de sa famille possèdent depuis bientôt vingt ans des portables qui leur donnent entière satisfaction.

Ils ont été achetés à l’époque selon des critères bien précis. Pouvoir téléphoner et être appelé, ce qui est la base de la communication. Pouvoir envoyer des SMS et en recevoir, ce qui est bien pratique. Puis écouter la radio, ne pas dépendre d’un abonnement qui vous lie pieds et poings à un opérateur de téléphonie, et enfin avoir un appareil de marque européenne.

Les appareils trouvés ne les ont jamais déçus et fonctionnent toujours avec ces petits plus qui les rendent sympathiques, comme ces fonctions pratiques pour protéger les yeux.

Eh bien, c’est bientôt fini, tout ça!

L’État et Swisscom ont décidé de supprimer le réseau 2G afin d’installer la contreversée 5G. Adieu, les vieux portables. Poubelle, même s’ils remplissent encore les fonctions souhaitées.

Et la situation va se répéter avec les changements prévus pour la radio DAB.

Jérôme et les siens sont à ce point remontés qu’ils envisagent sérieusement de renoncer à acquérir de nouveaux portables. Mais peut-on se passer de ces engins, une fois qu’on y a pris goût?

On n’arrête pas le progrès, dit-on…

Du côté des amis à plumes

11 février 2020

«Pietro aime les oiseaux», disais-je l’autre jour, en narrant l’histoire de cet Onésien qui installait des maisonnettes à graines pour ses protégés, dans le bois des Evaux, et qui les retrouvait trop souvent à terre et en triste état.

La faute à un humain qui n’aime pas les oiseaux, avait conclu notre homme. Il a donc pris l’habitude de laisser des petits mots fleuris à l’attention du saccageur compulsif, histoire de lui dire tout le mal qu’il pense de ses actes. Il a aussi surveillé les environs. Menacé le fautif de représailles. Ça n’a servi à rien!

Suite à ce témoignage, de nombreux lecteurs m’ont contactée et m’ont tenu le même discours: Pietro se trompe peut-être de cible.

Ces déprédations en série ne sont pas forcément dues à un triste sire qui n’aime pas ses petits amis à plumes. Mais à des êtres qui ne savent pas lire ses mises en garde.

Des oiseaux, tout simplement! Du genre balèze…

Pas des mésanges, des moineaux et autres passereaux à qui sont destinées les mangeoires. Plutôt des pies, des corneilles et autres freux, trop lourds pour ce genre d’installations, qui cèdent sous leur poids quand ils viennent chercher les graines qui leur font de l’œil. Car quand ils ont faim, ils ne font pas dans la dentelle, remuant tant et plus pour atteindre l’objet de leur désir, quitte à tout faire déguiller.

Jean-Pierre a observé ce manège en montagne, comprenant ainsi pourquoi ses maisonnettes à grains étaient souvent saccagées. Et puis les traces laissées au sol indiquaient que fouines et renards n’étaient pas étrangers à la disparition des mangeoires. Donc pas d’intervention humaine là derrière…

Depuis, il prend ses précautions, renforçant entre autres le système d’accrochage de ses installations pour qu’elles résistent mieux au poids d’oiseaux plus volumineux. Affaire à suivre!

Alors, bonnes vacances!

10 février 2020

Il y a, ces jours, dans la bouche de quelques-uns de nos concitoyens bienveillants, des phrases qui me font un peu monter dans les tours. Gentiment, mais sûrement.

Ainsi quand ils vous interpellent en vous croisant dans l’escalier de l’immeuble ou dans les allées des magasins, entre poire et fromage: «Alors, bonnes vacances! Vous partez aussi?»

Des vacances, moi? Ben non, j’en ai pas. Je ne suis pas conseillère d’État!

Il y a dans ces interpellations au demeurant pleines d’attentions la croyance naïve que nous vivons tous sous le même régime, celui des relâches scolaires.

Ce serait bien, n’est-ce pas? À nous les grands espaces, les plages de temps libre à perte de vue. Ça ne serait pas de trop pour refaire le monde à notre façon, ou recharger simplement nos batteries à plat. Mais nos patrons ne l’entendent pas de cette oreille.

Qui ferait tourner la baraque, autrement?

Car bien que la moitié ou presque de la République soit ces temps-ci en vacances, ça tourne, encore et toujours. Au ralenti, certes. Ce qui n’est pas plus mal, pour les gens de piquet à Genève.

La circulation automobile se fait moins dense, les particules fines aussi, qui se tirent à toute allure sur les ailes du vent tempétueux.

Et du fait de la tempête, ou des relâches, il n’y a pas foule ce matin dans les rues, les transports publics, les magasins, les bureaux de poste, ou chez les toubibs, s’ils ne sont pas à Montana ou à Verbier.

Moins de gens qui se marchent dessus, donc moins de tensions et d’agacements pour des broutilles. C’est pas mal du tout, et on y prendrait vite goût.

Alors bonnes vacances, vous qui êtes à la neige, ou bien plus loin encore. Nous assurons, au bout du lac. Nous tenons bon. Car c’est bien agréable de le faire quand Genève, enfin, se relâche...

Le droit au logement

8 février 2020

Se loger à Genève est un véritable casse-tête. Rien de nouveau sous le soleil, et la votation de cette fin de semaine ne va sans doute pas changer la donne.

Quand il faut se mettre en quête d’un toit, c’est vite la galère. La vraie. Celle qui vous laisse à la merci des humeurs des régies et des proprios. Celle qui vous pousse dans les combines d’agences qui vous plument au passage pour vous aider à décrocher la lune.

Pour mettre le plus de chances de son côté, quand on n’a pas de piston, il est recommandé de passer par des chasseurs d’appartements. Les modalités changent d’une boîte à l’autre, mais en gros, on laisse quelques biffetons à l’inscription, et l’on paie l’équivalent d’un loyer à la signature du bail.

Pressée de trouver un nouvel appartement, Annie contacte donc une telle agence. Au téléphone, on lui demande ce qu’elle fait. Employée d’État. Mais encore? Chargée de cours dans une haute école. Ah, vous êtes donc prof!

Mauvais carnet… Et pour cause. L’employée explique à Annie que les profs sont mal aimés dans les régies, car ils contestent souvent le loyer (tout comme les journalistes, les avocats et tant d’autres, ça n’a pas été précisé, mais tout le monde le sait).

Bref, Annie ne dit pas alors ce que l’autre voudrait entendre. À savoir qu’elle ne contestera jamais le loyer. Au contraire. Elle discute et signale que le logement est un droit pour tout citoyen et qu’on ne peut pas le lui enlever à la première contrariété.

La dame de l’agence lui dit alors ciao et lui boucle le téléphone au nez. Raté, encore raté!

Annie devrait s’adresser à la CPEG, qui possède l’un des plus importants parcs immobiliers du canton. À défaut de trouver rapidement son bonheur, on ne lui reprochera pas au moins d’être prof. C’est toujours rassurant à entendre quand on cherche un toit!

L'obsolescence programmée

7 février 2020

Obsolescence: le fait de devenir périmé, indique mon «Petit Robert», qui ne me quitte jamais. Nous serons donc tous victimes un jour ou l’autre d’obsolescence, nous autres humains…

Mon dictionnaire se fait ensuite plus précis: vieillissement technologique de l’équipement industriel, dû à l’apparition d’un matériel nouveau de meilleure qualité ou d’un plus grand rendement.

Dans l’industrie de la téléphonie, justement, la programmation de l’obsolescence est un jeu d’enfant. Pousser à la consommation aussi…

C’est pourquoi Anne est une cliente atypique! Elle fait partie des quelques personnes qui utilisent leurs appareils jusqu’à ce qu’ils rendent l’âme, ou presque. Elle possède toujours un iPhone 4, alors que la plupart des autres consommateurs d’écrans en sont à la version 8 du téléphone de la marque à la pomme.

Ce portable préhistorique correspond très bien à ses besoins. Et comme il vient d’être doté d’une batterie neuve, après neuf ans de bons et loyaux services, il est parti pour durer encore quelques années.

Erreur! On l’aura à l’usure, en supprimant petit à petit ses fonctionnalités. Anne s’est ainsi rendu compte, samedi 1er février, qu’elle ne pouvait plus utiliser l’application WhatsApp.

Un message lui signale qu’à partir de cette date, son portable ne sera plus compatible avec l’application multiplateforme et gratuite qu’elle utilise au quotidien, dans ses communications tant privées que professionnelles.

Elle se renseigne. Effectivement, c’est cuit! Si elle désire continuer à communiquer de la sorte, Anne devra acheter un nouveau modèle.

Alors non! Tant pis. Elle ne cédera pas au chantage.

Elle se privera de communiquer par ce biais. Pour limiter les dégâts et la pollution. Anne est entrée en résistance.

À qui le tour?

Un bénévole mis à l'amende

6 février 2020

Ils voudraient décourager les bonnes volontés qu’ils ne s’y prendraient pas autrement!

Manfred, 80 ans, toujours prêt à rendre service, organise tous les samedis avec d’autres bénévoles la soupe populaire aux Pâquis, dans le cadre de l’association «Église ouverte».

Et donner à manger à plus de cent personnes, c’est du boulot!

Tous les vendredis matin, de septembre à juin, il cherche des marchandises à la banque alimentaire Partage. Une vingtaine de caisses pleines de vivres qu’il entasse dans sa voiture.

Il la gare ensuite devant le temple des Pâquis. Et là, il décharge seul plus de 300 kg de nourriture. Le temps de poser tout ça dans les frigos et il reprend vite sa voiture, ni vu ni connu. Il reviendra plus tard se mettre aux fourneaux pour préparer la soupe et tout ce qui va avec. Cet infatigable bénévole fait ça depuis seize ans déjà. Bravo!

Bien sûr, l’endroit où il stationne son véhicule n’est pas prévu pour. C’est une zone piétonne. Jusqu’en fin d’année dernière, une certaine tolérance était de mise. Mais il a reçu la bûche juste avant Noël. Alors Manfred a vu rouge.

Il a donc sorti sa plus belle plume pour contester la contravention. Peine perdue, elle est maintenue. S’il refuse de payer ces 40 francs, une ordonnance pénale lui sera notifiée. Il a écrit à la Ville pour demander un stationnement ponctuel, on refile la patate chaude à la Direction générale des transports…

Que faut-il faire pour que Manfred continue à se dévouer pour les autres et ne baisse pas les bras devant ces tracas? Une manif devant le temple?

Au lieu de coller un bénévole qui bosse pour les autres, les agents devraient plutôt l’aider à porter les caisses, ou sécuriser la zone, si son activité est à ce point dangereuse pour les enfants.

Et lui dire merci pour ce qu’il fait, ce serait bien aussi!

Il en jappe d'indignation

5 février 2020

La missive est signée Wouaff.

Wouaff?

C’est un chien qui écrit aujourd’hui au courrier des lecteurs. On aura décidément tout vu! Et comme la rédaction refuse de publier une lettre dont l’auteur n’est pas facilement identifiable, elle a atterri sur mon bureau…

Voyons voir… À l’évidence, le toutou n’en peut plus d’être critiqué par certains citoyens en cette veille de votations sur l’abolition de l’impôt sur les chiens.

Je vous livre ici quelques extraits de ce jappement remonté qui vaut son pesant de croquettes.

Ainsi donc, nous autres chiens, nous serions dénaturés, grogne-t-il d’entrée de jeu. «Et toi, humain courant, tu bouscules tes congénères, trop lents ou trop vieux, pour éviter de ralentir, es-tu dénaturé?»

«Et toi encore, pédaleur fou, qui de trottoir en feu rouge grillé met ta santé et celle des autres en danger, dénaturé?»

«Et vos enfants, abandonnés devant des écrans, futurs zombies connectés qui se cognent contre mon candélabre préféré, perdus dans leur vie virtuelle, dénaturés, eux aussi?»

Puis notre cabot passe la vitesse supérieure: «On trouve dans les «bois à chiens» moult déjections et ordures humaines (vos étrons, capotes, langes usagés, mégots, canettes, restes d’aliments, vomi). Vous êtes donc bien mal placés, humains dénaturés, pour nous accabler de la sorte.»

«Enfin, cerise sur la gamelle, quel est le rapport entre vos loyers et primes d’assurance surfaits, vos ados et vos vieux abandonnés à leur sort, vos malades, vos toxicos… Vos bagnoles et votre pollution, vos guerres et tout le reste. Et nous, les quatre pattes canins, serions les seuls à être taxés?»

«Humains dénaturés, ou plutôt dégénérés, vous me faites aboyer… mais d’indignation!» Wouaff.

Pietro aime les oiseaux

4 février 2020

Pietro aime les oiseaux.

Ce jeune retraité a la chance d’habiter tout près du bois des Evaux. Et c’est un bonheur pour lui de s’y promener et d’admirer ces petites bêtes s’épanouir dans leur élément naturel.

Il y a cinq ans de cela, cet Onésien a décidé de nourrir ses protégés en hiver, en installant des maisonnettes à graines dans le bois voisin. Des petits nids d’amour achetés dans un magasin de la place et qu’il a suspendu à des branches, à portée de regard, dans un lieu qui ne gêne personne.

De mi-novembre au début du printemps, il n’est pas un jour sans que Pietro ne vienne recharger les mangeoires où se donnent rendez-vous mésanges, moineaux, merles et rouges-gorges. Des écureuils viennent même tenter l’aventure. Un spectacle apprécié par tous les promeneurs.

Tous, sauf un!

Car depuis cinq ans, à chaque fois que notre amoureux des oiseaux installe un tel dispositif, une main rageuse le vide tôt ou tard de ses réserves, le fait tomber par terre, voire le casse tout simplement.

C’est quand même un monde!

Notre homme a fait le compte. En cinq ans, une quinzaine de petites constructions ont ainsi été détruites! Il en a réparé certaines, même plusieurs fois, et deux ont totalement disparu de la circulation.

Alors il a feinté, Pietro. Il a grimpé dans les arbres pour les installer plus haut, à 3mètres. L’autre a fait de même pour aller les déguiller.

Il a laissé des mots à cet irascible personnage pour lui dire de cesser le saccage. Il a sollicité un rendez-vous. Il a surveillé les lieux. Puis il a menacé de représailles. Mais rien n’y fait.

Depuis mi-novembre, cinq maisonnettes à oiseaux ont été cassées, les graines renversées.

Mais pourquoi tant de haine?

Retour à l'expéditeur

3 février 2020

Tiens, encore des sapins sur la voie publique!

Mais que font-ils là, sous la pluie battante, en ce premier dimanche de février, à deux pas de la plaine de Plainpalais?

Eh bien ces rois de la forêt aux charmes surannés ont été reconvertis en supports à manifestation!

Une fois n’est pas coutume, ces petits sapins portent, en lieu et place de guirlandes, des banderoles de protestation. Les boules de Noël ont été remplacées par des encarts publicitaires joliment attachés aux branches et par des slogans qui ont le mérite de la clarté.

«Votre pub, reprenez-la!» clament ces décorations urbaines. «On ne veut plus de pub dans nos boîtes à lettres». «Retour à l’expéditeur». Et qui est l’expéditeur, en l’occurrence?

Le journal GHI et son siège de l’avenue du Mail, devant lequel des citoyens résolument antipub ont fait leur action dimanche matin.

Leur installation s’est finalement déplacée au pied du bâtiment voisin, qui ne doit pas vraiment comprendre ce qui lui arrive, avec tous ces journaux, brochures et autres supports promotionnels posés aux pieds des sapins.

Quoique. Devant cette avalanche de papiers non désirés qui finissent ce dimanche sous des trombes d’eau, et le reste du temps à la poubelle, il y a de quoi se poser quelques questions.

Celles que soulèvent les activistes antipub sont assez simples. Pourquoi recevoir dans sa boîte aux lettres un journal gratuit non désiré, avec toutes les pubs qui l’accompagnent? Et ce malgré l’étiquette posée à titre préventif?

D’ailleurs, qui fournit aux livreurs de cet hebdomadaire les codes d’entrée de tous les immeubles, leur permettant ainsi d’offrir la tournée générale? Même à ceux qui ne le souhaitent pas?

Qui ne dit mot consent, dit l’adage, Là, des citoyens disent clairement stop. Seront-ils entendus?

Un appel à témoins

01 -2 février 2020

Rassurez-vous, je n’ai pas viré de bord!

Je suis toujours Julie, et non une bleue de la police genevoise. Police dont les voitures, soit dit en passant, sont bel et bien exemptes de vignette Stick’air, comme me l’a fait remarquer Thomas, suite à ma pique de l’autre jour.

Mea culpa…

Je lance néanmoins un appel à témoins à titre amical, pour que Patrick ne soit pas dans la mouise plus que nécessaire, la faute à un chauffard.

Ce Genevois vient de s’offrir un SUV flambant neuf, modèle hybride, bien sûr. «Mais pourquoi prendre une si grosse bagnole en ville?» me direz-vous. Parce son propriétaire est handicapé et que son miniscooter électrique à quatre roues doit y trouver place pour ses déplacements. Voilà pourquoi.

Patrick est également fan de hockey. Jeudi, il a donc assisté au derby romand qui s’est disputé aux Vernets à guichets fermés. Les Lions ont fait mieux que les Aigles, hélas. Vers 10 heures du soir, le supporter récupère son SUV et part en direction de la plaine de Plainpalais.

Il y a là beaucoup de trafic, ça roule au pas pour quitter les abords de la patinoire. Quand Patrick passe enfin le pont Wilsdorf, un grand véhicule blanc arrivant en sens inverse se déporte soudain et l’emboutit. Ou plutôt il éventre tout le côté gauche de sa voiture neuve. Et se fait la malle.

Le temps de reprendre ses esprits après le choc, notre conducteur roule quelques mètres, fait demi-tour et tente de retrouver le chauffard. Peine perdue!

Quand il dépose plainte à la police, on lui signale qu’il n’y a pas de caméra de surveillance sur place. Donc pas moyen de retrouver le fautif. Mais il y avait foule lors de cet accrochage. Quelqu’un aurait-il vu quelque chose d’utile à Patrick? Telle est la question.

Si vous avez des informations, n’hésitez pas à me les communiquer. J’assurerai ensuite le passage de témoin…

Un mineur sur le palier

31 janvier 2020

Il fait nuit. Il fait froid. Normal, nous sommes fin janvier.

Ce qui l’est moins, c’est ce bruit entendu sur le palier qui donne sur l’extérieur. Et puis cette silhouette derrière la vitre. Or, elle est seule ce soir au logis et n’attend personne.

La femme quitte le fauteuil où elle était pelotonnée et se dirige vers l’entrée. Prudente, elle préfère entrouvrir la fenêtre pour voir ce qui se passe.

Un tout jeune homme se tient là, un brin désemparé. Il a repéré les escaliers menant à cet appartement et s’est dit qu’il trouverait peut-être là un abri pour la nuit. Ce serait mieux que la rue.

Ce garçon se présente comme étant un mineur non accompagné. Un MNA, comme elle a pu lire dans la presse. Sauf que là, il est en chair et en os. Avec une demande pressante. Est-ce que vous pouvez me loger cette nuit? Je n’ai pas trouvé de place dans un lieu d’hébergement d’urgence.

Qu’aurions-nous fait à la place de cette habitante des Grottes, un mercredi soir, devant un parfait inconnu? Sachant qu’il n’y a pas de hot-line à appeler pour venir en aide à un jeune sans-abri, et personne pour l’épauler.

Désolée, je n’ose pas, finit-elle par lâcher. Mais comment vous aider autrement… Des couvertures? Oui! Elle va vite les chercher dans son armoire et les lui passe par la fenêtre. Avec un verre d’eau. Autre chose? Non, il a tout ce qu’il faut. Alors, bonne nuit.

Et elle de se retourner dans son lit en se disant qu’elle aurait pu faire plus. Oui, mais si… Alors non, c’était plus raisonnable, mais quand même… Quand on a des enfants, c’est dur de laisser un jeune dormir au froid sur son palier.

Au petit matin, elle ne trouve que des couvertures roulées dans un coin du palier, et plus de traces du garçon.

Où dormira-t-il cette nuit? Dans les «sleep-in» où il s’était rendu, on lui a dit «revenez dans deux semaines»…

En rupture de stock

30 janvier 2020

Nous vivons une époque formidable.

Ainsi donc, il y a rupture de stock dans nos réserves cantonales. Et je ne parle pas des fameuses vignettes Stick’air, qui, à peine imposées, se sont vendues comme des petits pains.

J’ai d’ailleurs constaté, soit dit en passant, que deux voitures de la police genevoise croisées à Plainpalais n’avaient pas le macaron collé sur le pare-brise. Sont-elles si exemplaires pour en être dispensées?

Non. La rupture de stock qui m’intéresse concerne plutôt les masques de protection. Ces bandeaux clairs qui barrent si fréquemment les visages des touristes asiatiques croisés dans nos rues. Et ceci bien avant l’apparition de ces virus venus d’ailleurs qui filent une frousse bleue à nos concitoyens.

Les pharmacies de la place ne sont ainsi plus en mesure de vendre un seul masque de protection. Les réserves sont à sec. Il y a eu la semaine dernière une ruée de clients sur ces dispositifs respiratoires. C’est ce qu’ont dit des employées de deux officines à un Genevois en partance pour de longues vacances asiatiques et qui venait faire des réserves pour sortir couvert.

Même réponse un peu partout dans les magasins à croix verte. On refuse même de prendre les commandes. C’est beau notre cher système de santé si vanté, se dit notre voyageur.

Que des personnes amenées à se rendre dans de lointaines contrées fassent de tels achats à titre préventif, pourquoi pas. Mais pour les Genevois qui ne bougent pas d’ici, à quoi bon? Peut-être qu’ils les mettent pour regarder les infos à la télé…

Dans ce cas, les HUG ont du souci à se faire avec les masques qu’ils mettent gracieusement à disposition des visiteurs. Ce serait ballot tout de même que des gens viennent les piquer. Les malades ne seraient alors plus protégés des maladies qui traînent au dehors…

Nos nuits sont si belles!

29 janvier 2020

Les nuits sur Genève se suivent et ne se ressemblent pas.

Vous souvenez-vous? Nous avons eu droit le 26 septembre dernier à «La nuit est belle!», autrement dit la première extinction transfrontalière de l’éclairage public.

L’action visait à sensibiliser la population à l’effet de la pollution lumineuse sur tous les organismes vivants, ainsi qu’à redécouvrir la beauté du ciel étoilé. Pour qui ne s’est pas ramassé un gadin ce soir-là dans le noir, l’expérience fut assez magique.

La Ville de Genève remettra d’ailleurs le couvert en septembre prochain, tellement c’était bien.

En attendant, elle nous offre cet hiver le «Festival des lumières», sixième du genre. Lors de cet événement artistique qui court jusqu’au 2 février, la cité brille de mille feux.

Alors je ne vais pas me plaindre. Tout comme les centaines de badauds émerveillés qui se promènent nuitamment en centre ville pour faire des safaris photos ou s’en mettre simplement plein les mirettes.

Mais il est tout de même assez marrant de relire aujourd’hui les arguments avancés alors par la Ville pour expliquer la nécessité d’éteindre l’éclairage public, au moins une nuit. Elle soulignait que la pollution lumineuse «provoque des risques pour la santé humaine et génère des consommations d’énergie superflues»…

Là, on y va gaillardement, on ne lésine pas sur les watts, les projos, les lumières au fil de l’eau entre lesquelles se faufilent des cygnes et des canards. Bref, qu’importe si cet éclairage artificiel et soutenu provoque une pollution lumineuse, puisqu’elle est jouissive. C’est de l’art. Point barre.

Alors vive nos nuits si belles et colorées au cœur de l’hiver. On éteindra tout en septembre pour se faire pardonner pareille consommation d’énergie.

Le paquet dans la boîte à lait

28 janvier 2020

La vie est un éternel recommencement. Les arnaques aussi.

Alors qu’on les croyait disparues à tout jamais de la circulation, certaines refont sournoisement surface dans notre quotidien, comme si de rien n’était. Méfiance, donc!

Le fameux paquet dans la boîte à lait, vous connaissez?

Eh bien, il refait des siennes. À Plainpalais notamment. Dans un ancien immeuble pourtant protégé des venues non désirées par un digicode. Or, rien n’arrête les personnages indélicats, c’est bien connu.

Bref. Il y a quelques jours de cela, une locataire relève son courrier dans sa boîte aux lettres et découvre, dans l’espace attenant, un colis. Bizarre, elle n’attend rien. Mais elle s’en empare et rentre dans son logis pour regarder de quoi il en retourne.

C’est un paquet d’un marchand de matériel audio, qui contient des oreillettes assez sophistiquées, d’une valeur de 500 francs, à peu de chose près. Or, elle n’a rien commandé de tel. D’ailleurs, elle n’achète jamais en ligne, par principe.

La galère commence! Il faut prouver au commerçant qu’elle n’a pas passé commande de ces produits, porter plainte auprès de la police pour se protéger d’éventuelles poursuites puis restituer le paquet et son contenu à l’expéditeur. Comme si elle n’avait que ça à faire!

Mais encore heureux qu’elle ait pris ce colis à temps! Autrement, le petit malin qui s’était fait livrer le produit en son nom se serait servi, ni vu ni connu. Et elle n’aurait rien compris à ce qui lui serait arrivé, la facture du commerçant, les rappels, les commandements de payer et tout le tintouin.

D’où son conseil avisé: il faut toujours jeter un œil dans sa boîte à lait pour traquer le colis indésirable.

Ça limite la casse…

Embellir la ville, qu'ils disaient...

27 janvier 2020

Vous l’aurez sans doute remarqué. La nouvelle tendance, en matière de construction, semble être aux grands bâtiments austères, aux lignes épurées et de couleur nuit. Nuit sans étoiles...

Cette mode n’est déjà pas follement joyeuse par temps clair. Mais elle devient carrément lugubre quand le ciel est bas et gris, comme ces jours-ci.

Le pire, c’est de se dire que ces boîtes à chagrin vont rester là pendant des plombes. Bonjour tristesse!

Nous avons eu droit au remballage d’un bâtiment proche de la rédaction dans un fourreau noir brillant. Les voisins dégustent. Il y a eu ce grand cube sinistre et funèbre posé près de la route de Chancy, ces nombreuses tours à Pont-Rouge, au gris sombre et d’une sécheresse absolue.

Et puis il y a cet immeuble dominant le carrefour des Charmilles, en pleine zone d’habitation. Une tour d’une quinzaine d’étages. Au noir intense, comme le chocolat. Sauf que là, il est indigeste. Mais qu’a-t-on fait pour mériter ça?

Lorsque l’immeuble qui le précédait en ce lieu a été démoli et que le chantier a débuté, un immense panneau publicitaire de la régie affirmait que la réalisation à venir allait embellir la ville.

Tu parles!

Sur la maquette des bâtisseurs, cette noirceur radicale flattait sans doute l’œil. Mais une fois leur projet sorti de terre, ils auraient dû se rendre compte de ce qu’ils avaient fait? Hélas point!

Non contents d’avoir infligé loin à la ronde ce monument cafardeux, ils persistent dans leur sombre logique.

Au lieu d’installer des stores qui mettraient un peu de vie à l’ensemble, avec quelques taches de couleur çà et là pour pimenter la chose, ils ont mis des stores noirs. Histoire d’enfoncer le clou.

Pourquoi autoriser de tels bâtiments qui nous filent le bourdon? La ville demande à être plus chatoyante. C’est mieux pour la tête, et le reste aussi.

Un chien nommé Bob

25 janvier 2020

Bob? Bien sûr que je le connais! Et vous aussi, d’ailleurs: le personnage est unique en son genre!

Bob, c’est le type du dessus, lunettes noires, sourire goguenard, qui allume sans cesse la République à grands coups de piques et de vannes. C’est un taquin. Un marrant!

C’est pourquoi j’ai sauté au plafond quand j’ai vu sur les panneaux officiels qu’un bouledogue, ou un carlin au physique similaire (je ne connais pas grand-chose en la matière), se prénommait Bob et faisait campagne pour les prochaines votations.

Alors là, je dis non. C’est de la récupération! Ou plutôt, du détournement.

Parce que Bob, le nôtre donc, n’a absolument rien d’un chien de garde. Il grogne, certes, retrousse les babines, mord parfois, mais c’est tout.

Il n’a rien non plus du gentil toutou qui obéit à la voix de son maître. Il serait plutôt du genre à l’envoyer paître. Si possible assez loin de lui.

Alors pourquoi appeler de ce nom le petit cabot à la queue en tire-bouchon qui vous tire la langue quand vous le regardez dans les yeux? C’est à n’y rien comprendre.

D’autant que ce demi-molosse nous en raconte de bien bonnes: «Bob est un bon chien. Bob fait aussi partie de la société. Bob paie ses impôts. Faites comme Bob.»

Wouaf! Wouaf! Wouaf! si je ne m’abuse.

Vous voyez notre Bob japper de la sorte? Il doit y avoir une erreur de casting.

Cela dit, après avoir sauté au plafond, je suis restée scotchée de voir le nombre d’affiches consacrées aux chiens en vue des votations du 9 février. J’en ai compté cinq pour cet objet. Cinq! Est-ce bien raisonnable?

M’est d’avis que Bob, le seul, l’unique, devrait nous donner son avis sur la question. J’en ris déjà!

La gabegie générale

24 janvier 2020

C’est l’histoire d’un garagiste qui se rend jeudi matin à son travail et qui est arrêté à l’entrée du centre-ville par un gendarme.

On ne passe pas! La faute aux particules fines et à l’absence de macaron sur son véhicule. Pas de macaron? Ben oui, le fameux Stick’air, qui clame, loin à la ronde, si ton engin pollue un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout. Ou presque pas…

Le garagiste ne l’avait pas encore collé! Mais comment aurait-il pu savoir qu’il le fallait ce jour-là, précisément? Il ne regarde pas la télévision et n’a pas l’alerte de la Julie sur son portable pour lui annoncer l’application du dispositif antismog jeudi. Et vendredi aussi.

M’est d’avis que nos fameuses sirènes d’alarme devraient être actionnées, afin que les citoyens soient tous égaux devant l’information!

Suffirait de deux ou trois hurlements bien sentis au-dessus de la République et tout le monde serait mis au parfum, et agirait en conséquence.

En attendant, l’épicentre de l’agitation se situait au Bureau des autos, jeudi matin, où les discussions et les rumeurs les plus folles allaient bon train.

Parce que, déjà, le fameux Stick’air1 est en rupture de stock. Ce qui génère de l’agitation dans les rangs. Vous en aurez quand? Je ne sais pas, revenez dans une dizaine de jours. Je suis amendable si j’en ai pas? Pas avant fin mars.

Et pour les deux-roues motorisés, il en faut aussi? Oui! Mais où les coller… Pour les uns, il faut les mettre sous la selle, à l’abri des intempéries, mais il faut se lever si l’on est arrêté, et c'est embêtant. Les autres optent pour le coffre. Ou autre.

Chacun y va de son conseil. Et partage la nouvelle non vérifiée qui veut que ces vignettes n’arriveront pas de sitôt, Berne ayant mis son veto. Non c’est vrai? Une nouvelle Genferei en vue?

Une vraie gabegie en tout cas, comme on les aime au bout du lac!

Êtes-vous si moche?

23 janvier 2020

«Permettez-moi de vous demander pourquoi vous désirez rester anonyme», m’écrit une «très vieille lectrice depuis toujours», comme elle signe au dos d’une carte postale de Genève, avec une belle vue de la rade et du Jet d’eau.

«Je vous ai immédiatement cherchée sur la photo avec Jules (lors de la remise de la Thune du Cœur) eh bien non, pas de Julie! Êtes-vous si moche?»

Euh, comment dire? C’est franchement gênant, cette question! Alors oui, je ne suis plus de prime jeunesse, mais cela ne signifie pas pour autant que je suis un laideron.

Et puis l’anonymat, ça fait partie du jeu depuis le départ, n’est-ce pas? C’est ma petite cape d’invisibilité, bien pratique parfois pour aller fureter un peu partout sans être repérée.

Ce qui est plutôt moche, pour tout dire, c’est que je suis dans l’impossibilité ces jours de remercier personnellement les personnes qui ont fait un don à la Thune par virement postal. Dans le relevé bancaire, leur identité est masquée sous une alignée de chiffres énigmatiques. Et parler avec une banque zurichoise pour obtenir le décodeur, c’est au-dessus de mes forces…

Autre aspect assez moche aussi, dans le même registre, c’est de ne pas connaître l’adresse des donateurs qui ne figurent plus dans l’annuaire téléphonique. Comment trouver les coordonnées d’une personne qui ne donne que son nom de famille, pas forcément son prénom, un numéro postal parfois, et rien de plus comme information?

Sollicité par mes soins, le site local.ch répond invariablement: désolé, nous n’avons trouvé aucun résultat…

C’est à s’arracher les cheveux parfois. Alors comme je ne vais pas aggraver mon cas, déjà qu’on me soupçonne d’être moche, je bâche.

Mais je remercie très chaleureusement toutes celles et ceux qui ont participé à cette édition de la Thune!

Le nouveau sens des mots

22 janvier 2020

Quand les gens ont le temps de cogiter sur les choses de la vie et me font parvenir le fruit de leurs réflexions, ça me met souvent en joie.

Une fidèle lectrice, à l’esprit alerte et de nature volontiers partageuse, s’interroge ainsi sur le nouveau sens des mots. Une telle démarche sous-entend qu’elle connaît leur sens ancien et qu’elle n’est donc plus toute jeune. Et alors?

Alors si Rosemary trouve tout à fait logique que les technologies actuelles apportent leur lot de nouveaux termes, elle reste déconcertée devant leur tendance à utiliser des mots existants pour les détourner ensuite de leur sens.

Des exemples? Voici son trio gagnant: «troll», «spam» et «cookies».

Un troll, il n’y a pas l’ombre d’un doute pour elle, est un lutin assez vilain de la mythologie scandinave. Mais pour les usagers de la Toile, il représente surtout un message malveillant.

Le spam, se souvient notre gourmande, est avant tout une sorte de charcuterie très prisée dans les pays anglophones (elle en a d’ailleurs mangé des tonnes dans ses jeunes années) alors qu’il est perçu ces temps comme un courriel non sollicité à des fins publicitaires. Quel manque de goût…

Mais le pire, c’est les cookies! Pour les gens d’aujourd’hui, ce ne sont plus forcément ces petits biscuits préparés avec amour par une grand-mère américaine, entre les pancakes et apple pies, mais des petits blocs de données transmis par un site web à l’insu de l’internaute. Qui ne croquent même pas sous la dent!

Si Rosemary quitte le domaine de l’informatique pour celui de la finance, ce n’est guère mieux. Elle a toujours bien aimé les licornes, ces animaux fabuleux appartenant aux contes et légendes. Or, elle vient d’apprendre que des licornes venaient brouter à présent autour de la Bourse.

Vous suivez? Non? Eh bien, elle non plus…

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