Encore ébranlé, le PS panse ses plaies

Elections cantonalesLa désignation des candidats PS au Conseil d’Etat, samedi, a laissé des traces et de la colère. La direction tente de rassurer.

Salle communale du Petit Lancy. Election des candidats du parti socialiste au Conseil d'Etat samedi 13 mai 2017: Thierry Apothéloz, Anne Emery Toracinta et Sandrine Salerno (de gauche à droite).

Salle communale du Petit Lancy. Election des candidats du parti socialiste au Conseil d'Etat samedi 13 mai 2017: Thierry Apothéloz, Anne Emery Toracinta et Sandrine Salerno (de gauche à droite). Image: Frank Mentha

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Le Parti socialiste genevois (PSG) a connu samedi dernier une de ces assemblées traumatisantes que vivent parfois les formations politiques. La désignation des candidats socialistes à l’élection du Conseil d’Etat et du Grand Conseil a été très mal vécue par certains.

Des suspicions d’adhésions au PS de dernière minute (lire ci-dessous) pour favoriser certains candidats et d’alliances passées entre sections (la Ville de Genève et Vernier) ont terni le choix porté sur Thierry Apothéloz et Sandrine Salerno pour accompagner la conseillère d’Etat sortante Anne Emery-Torracinta. Ont été recalés Carole-Anne Kast, Carlo Sommaruga et Romain de Sainte Marie.

Des doutes à lever

Toujours très en colère, le député Alberto Velasco indiquait hier qu’il allait transmettre au comité directeur sa demande d’une enquête interne, et qu’il ne serait sans doute pas le seul. «L’enquête doit montrer qu’il n’y a pas eu de manipulation, précise-t-il. Il faut lever ce doute car un parti divisé ne peut pas mener une bonne campagne. Je ne demande pas un procès, mais un débat.»

Gérard Deshusses, président ad interim du PSG jusqu’à cette semaine (en remplacement de Carole-Anne Kast), tente d’apaiser les esprits et promet que les bulletins d’adhésion vont être examinés. «Dans une dizaine de jours, quand nous aurons tout vérifié, nous livrerons les résultats, explique celui qui va être responsable de la campagne électorale. Nous n’avons rien à cacher. D’autant qu’à vue de nez, il n’y a rien à dire.»

Des réformes dans l’air

Au-delà de cet aspect particulier, Gérard Deshusses est favorable à une réflexion sur plusieurs points. Concernant la validation des adhésions, il juge anormal que les règles de validation – et donc les délais pour devenir membre – ne sont pas similaires dans les sections.

Pour le choix des candidats au Grand Conseil, il milite pour une désignation en un tour et, surtout, pour un autre système de vote. «Aujourd’hui, il faut cocher les noms sur la liste et non biffer ceux qui vous plaisent moins, détaille-t-il. Du coup, tout le monde n’utilise pas son potentiel de votes, et certaines personnes sont oubliées. Et pas forcément parce qu’on ne veut pas d’elles.»

Durant l’assemblée de samedi, qu’il a présidée, Gérard Deshusses n’a pas perçu de schisme: «C’est vrai qu’il y a eu des susceptibilités froissées et des ego blessés, ajoute-t-il. Mais ce n’est pas la conséquence de combines. De multiples facteurs ont joué dans le résultat. Parmi lesquels, la force des candidats et les campagnes qu’ils ont menées. De plus, il est clair que le choix initial de l’assemblée d’une liste à trois au lieu de quatre – comme le proposait le comité directeur – a limité la marge de manœuvre. Cela dit, on ne va tout de même pas regretter d’avoir eu six très bons candidats à cette désignation. Cela nous a contraints à faire des choix douloureux, mais c’était prévisible, et je l’avais prédit.»

Les explications du président ad interim ne convaincront pas peut-être pas entièrement la frange des socialistes qui a l’impression d’avoir été flouée, mais elles pourraient la rassurer un peu.

L’espoir de Manuel Tornare

Candidat malheureux, mais non revanchard, Romain de Sainte Marie a deux demandes: la transparence concernant les adhésions et une mise sur pied d’égalité des sections pour ce qui est de la validation des adhésions. «Ce congrès est passé, estime-t-il. Ce qui importe maintenant, c’est de construire l’avenir et de partir unis. Les trois candidats auront mon soutien.»

Le conseiller national Manuel Tornare – qui a lui-même essuyé quelques échecs devant des assemblées – insiste en plus sur la mise en place d’un délai entre l’adhésion et le droit de participer à une élection interne. «Les nouveaux membres n’ont sans doute pas pesé dans les choix faits, mais cela éviterait les suspicions, précise-t-il. Plus généralement, je dirais que si l’on veut éviter des conflits de personnes, il faut avoir des règles fortes et précises.»


Petite hausse des adhésions

Les bruits les plus divers circulent sur les adhésions au Parti socialiste avant l’assemblée de la semaine passée. La direction du parti a compilé les annonces provenant des différentes sections (voir infographie). Les chiffres, exploités par Le Temps la semaine passée et que La Tribune s’est procuré, donnent les éléments suivants: par rapport à la même période 2016, 32 personnes de plus avaient adhéré au Parti socialiste au début de mai 2017. Le total des membres atteint 1000 personnes. Cette année, les principales sections en hausse sont la Ville, qui a accueilli 50 nouveaux, Vernier, 23 nouveaux après une campagne de recrutement, et Meyrin, 11 nouveaux. Par rapport aux hausses enregistrées en 2016, c’est sept personnes de plus pour la Ville, 16 pour Vernier et neuf pour Meyrin. De quoi bouleverser les votes lors du Congrès du PS? C’est très improbable. D’une part, selon des décomptes de la section Ville, seule la moitié des nouveaux se sont déplacés au Congrès. Il n’y a pas eu, en Ville en tout cas, de «surmobilisation» des nouveaux. Par ailleurs, Thierry Apothéloz, candidat de Vernier, a été élu avec 257 voix, soit 42 de plus que la majorité des personnes présentes à l’assemblée. Même en lui enlevant le vote des 23 nouveaux socialistes enregistrés à Vernier, il aurait quand même été élu dès le premier tour. M.BE.

(TDG)

Créé: 19.05.2017, 20h10

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