Enceinte, elle se fait licencier par son patron

Conflit syndicalLe syndicat SSP dénonce les multiples infractions d’un traiteur aux conditions de travail en vigueur.

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«À peine deux mois après la grève des femmes, on ne peut que constater que nos revendications étaient légitimes.» C’est par ces mots qu’Anne Michel, vice-présidente de la section genevoise du Syndicat des services publics (SSP) et présidente de sa commission Femmes, a dénoncé ce mercredi un cas jugé emblématique: celui d’une jeune femme d’origine étrangère, sous-payée et licenciée alors qu’elle est enceinte, ce qui est proscrit par le Code des obligations. Leïla*, vendeuse au service d’un traiteur qui gérait des stands de cuisine marocaine dans plusieurs succursales d’une chaîne de grands magasins, à Genève et dans le canton de Vaud, a été congédiée en même temps que 25 autres personnes. «Il s’agissait essentiellement de femmes, originaires du Maghreb», précise Anne Michel.

La lettre de licenciement évoque des raisons économiques. Datée du 30 mai, elle n’aurait été reçue par les employés qu’un mois plus tard, en mains propres, tout en fixant la fin des rapports de travail au 31 juillet, en violation du délai légal de congé. «Comme on n’avait pas le droit de me licencier, le chômage refuse de me verser des indemnités», confie Leïla.

Ce n’est pas le seul grief qu’a le SSP contre cet employeur, qui sous-payait son personnel de vente (3 600 fr. mensuels au lieu des 4 007 fr. prévus par le contrat type de travail en vigueur dans le commerce de détail). De plus, cette entreprise n’aurait pas versé les cotisations de ses employés à l’AVS et au 2e pilier, bien qu’elles aient été prélevées sur les salaires. Enfin, aucun salaire n’aurait été versé en juin et juillet, et seulement un salaire partiel en mai. «L’employeur n’a même pas réceptionné le courrier recommandé que nous lui avons envoyé, déplore Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical au SSP. Nous n’avons d’autre choix que de déposer une plainte au tribunal des Prud’hommes et d’interpeller le conseiller d’État Mauro Poggia.» Le traiteur n’a pas retourné nos appels.

* Nom connu de la rédaction

Créé: 14.08.2019, 18h20

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