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Les embellisseurs des portes d’immeuble jouent du pinceau sur la Rive droite

Des petites mains anonymes s’amusent à rajouter de la couleur sur nos seuils d’entrée. En filant l’art du forgeron.

Genève le 18.10.2017, Rue des Délices, peinture sur le grillage de la porte d'entrée d'un immeuble.
Genève le 18.10.2017, Rue des Délices, peinture sur le grillage de la porte d'entrée d'un immeuble.
Georges Cabrera
Genève le 18.10.2017, Rue des Délices, peinture sur le grillage de la porte d'entrée d'un immeuble.
Genève le 18.10.2017, Rue des Délices, peinture sur le grillage de la porte d'entrée d'un immeuble.
Georges Cabrera
Genève le 18.10.2017, Rue Henri-Frédéric-Amiel, peinture sur le grillage de la porte d'entrée d'un immeuble.
Genève le 18.10.2017, Rue Henri-Frédéric-Amiel, peinture sur le grillage de la porte d'entrée d'un immeuble.
Georges Cabrera
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Le professeur Amiel aurait sans doute glissé l’anecdote dans son monumental journal intime. L’écrivain genevois affectionnait en effet le geste artistique mêlant douceur et fantaisie. Dans la rue qui porte son nom, non loin du Musée Voltaire, sur la Rive droite, une petite main anonyme a repeint au pinceau le motif géométrique figurant sur la porte d’entrée d’un immeuble. Au jugé, la porte date des années 50. Ni belle ni laide, elle disparaît un peu derrière son usage quand on en franchit le seuil. Sauf que là, depuis quelques jours, elle se distingue de ses voisines. Le rajout décoratif se voit du trottoir d’en face. On croise le concierge. Il a bien dormi et ses cheveux ne sont pas gris. Pas question pour l’heure de gratter la couche de peinture soigneusement appliquée sur les éléments de ferronnerie.

L’intervention ne dénature en rien la décoration d’origine. Ce respect est salué par les gens du quartier, qui orientent le visiteur sur deux autres adresses. Aux Nos 17 et 19 de la rue des Délices, le même pinceau a sévi, en changeant simplement de couleur. Les portes ici sont plus lourdes, avec leur fer forgé dans les règles de l’art datant du début du XXe siècle. Il était noir, le voici, par petites touches discrètes, blanc crème. A la place du concierge, un électricien sur son échelle, en train de remettre au goût du jour le mécanisme d’ouverture automatique de la porte réalisée jadis par un forgeron qui avait pris soin de souder les pièces à chaud, notamment les volutes. «Vous avez vu ces petits escargots coloriés?» Le technicien n’a rien vu. L’aînée de l’immeuble, si.

Sa mémoire récente se souvient des bouches en fonte de la proche rue Cavour. «Rappelez-vous, il y a tout juste une année, elles avaient été repeintes en plusieurs couleurs à la manière d’une mosaïque miniature», raconte-t-elle. On file vérifier. Les carrés rouges, bleus et roses apparaissent toujours sur ces plaques en dur posées comme des milliers d’autres dans la ville par les Services industriels. Du résistant à la pluie et au gel, fondu jadis chez VonRoll à Choindez (Jura).

L’initiative avait plu à ceux qui luttent contre le gris du béton et la tendance au tout minéral. Les brigades antitags, de leur côté, ont renoncé à poursuivre les auteurs, pourtant clairement identifiés. Leur innocence enfantine les disculpait. Le rendu, au ras du trottoir, évoquait les «mosaïques participatives» de La ville est à vous.

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