Un élu demande l'interdiction d'une manifestation juive

Ville de GenèveLe conseiller municipal Pierre Gauthier conteste la tenue de la fête de Hanouka sur la place du Molard. L'élu d'Ensemble à Gauche invoque une violation de la loi sur le culte extérieur.

Genève, le 11 décembre 2012 sur la place du Molard où plus de 1000 personnes avaient célébré Hanouka, la fête juive des lumières,avec l'allumage de la Ménorah géante.

Genève, le 11 décembre 2012 sur la place du Molard où plus de 1000 personnes avaient célébré Hanouka, la fête juive des lumières,avec l'allumage de la Ménorah géante. Image: Laurent Guiraud

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Alors que la communauté juive s'apprête à célébrer Hanouka, l'élu d'Ensemble à Gauche Pierre Gauthier demande aux autorités municipales d'annuler l'autorisation délivrée pour la tenue de cette fête des Lumières, qui consistera à allumer une Ménorah géante sur la place du Molard le 3 décembre. Selon celui qui est également secrétaire de la Coordination laïque genevoise, la manifestation violerait la loi sur le culte extérieur, qui stipule que «toute célébration de culte, procession ou cérémonie religieuse quelconque est interdite sur la voie publique».

«Je n'ai pas peur de me faire taxer abusivement d'antisémite parce que mon propos n'est pas dirigé contre une communauté religieuse! tranche d'emblée Pierre Gauthier se défendant d'une démarche agressive. Mais il existe une loi. Je m'étonne donc que les autorités ne la respectent pas en délivrant une autorisation à cette manifestation. Comment voulez-vous qu'on exige des citoyens qu'ils respectent les lois eux aussi.»

Pour l'élu, il n'y a pas à délivrer de «passe-droits» à la vue du caractère «éminemment cultuel» de la fête des Lumières. «Cette autorisation est illégale, elle pourrait donc être ressentie comme discriminante pour d'autres religions qui se seraient vues interdire des pratiques similaires dans l'espace public», argumente ce dernier.

Contacté, le rabbin Mendel Pevzner se dit étonné de la démarche. «Si cet élu avait pris le temps de me contacter, je lui aurai expliqué qu'il ne s'agit pas d'une manifestation cultuelle mais d'un moment de partage, ouvert à toutes les confessions. Depuis 1991, nous n'avons jamais rencontré de problème. A l'époque, le Conseil d'Etat avait même salué cet événement.» Et à l'organisateur de rappeler qu'«un sapin illuminé pendant tout l'hiver ne dérange personne. Je ne vois pas en quoi un candélabre allumé pendant 45 minutes devrait être plus dérangeant.»

Développements à retrouver dans nos éditions du mardi 25 novembre (journal, e-paper, Ipad).

Créé: 25.11.2013, 14h08