Des élèves jouent aux «Exp'air» pour démasquer la pollution

EnvironnementDepuis deux ans, une exposition sensibilise les adolescents à la qualité de l'air par le biais d'une enquête interactive. La millième animation a eu lieu jeudi à l'Ecole de culture générale.

Anne Emery-Torracinta et Luc Barthassat en visite à l'expo EXP'AIR en compagnie d'une classe de deuxième année de l'ECG Henry-Dunant.
Vidéo: Olivier Vogelsang

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Diego I. a failli mourir en faisant son jogging en pleine campagne. Quel lien y a-t-il entre ce drame et la pollution? Jeudi matin, une dizaine d’élèves de l’Ecole de culture générale (ECG) Henry-Dunant tentaient de répondre à cette question grâce à l’exposition «Exp’air», une animation ludique et pédagogique qui aborde le thème de la pollution sous forme d’une enquête interactive.

Cette exposition, développée par le Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA), emmène des ados de 13 à 18 ans sur la piste des polluants de l’air, à travers un concept inspiré de la série TV «Les experts». Quelque 12 000 élèves ont déjà participé à cette animation. Jeudi se tenait la millième exposition, en présence d’Anne Emery-Torracinta, en charge Département de l’instruction publique (DIP), et de Luc Barthassat, à la tête du DETA.

De l'ozone ou des particules fines, qui est le coupable?

Pour l’occasion, le foyer de l’aula de l’ECG a été transformé en véritable scène de crime. Au sol, des «indices», et le profil des suspects: «Dioxyde d’azote: a un très lourd passé d’attaques à l’acide»; «Ozone: son agressivité est à couper le souffle». Armé de tablettes numériques, chaque groupe se retrouve confronté à une «affaire» différente. Les élèves déambulent dans le périmètre, d’un indice à l’autre, visionnent des minifilms, entrent des codes, sélectionnent des «suspects». Gabriela, Rafael et José enquêtent sur le cas d’adolescents blessés par des pierres en pleine rue. Première hypothèse: «ils faisaient trop de bruit et les habitants se sont énervés…» Plausible mais sans lien avec la pollution… Un indice? Une carte postale avec des volcans. «Ça a peut-être un lien avec le soufre?» Le trio recueille d’autres informations: le pic de pollution était élevé ce jour-là, l’immeuble date du XIXe, une émission radio raconte que pour diminuer le phénomène des pluies acides, des catalyseurs ont été posés sur les pots d’échappements en 1980. L’étau se resserre, les experts d’un jour rendent leur verdict: le dioxyde de soufre est coupable! Il a contribué à créer des pluies acides qui ont rongé les corniches de l’immeuble.

Des élèves «acteurs»

A côté, Mélanie et Maeva enquêtent sur le malaise de Diego I. Et découvrent que même en pleine campagne, il peut y avoir de la pollution! Et surtout, plein d’ozone… Les différentes thématiques abordées dans l’exposition pourront ensuite être reprises en classe. «Cette animation est une pierre à l’édifice, nous développons ensuite les sujets dans les cours de sciences expérimentales, explique Yves Steinmann, doyen et responsable des sciences à Henry-Dunant. Ceci dans le but de changer petit à petit les comportements.» La cheffe du DIP ajoute: «Cela permet aux élèves d’être acteurs, de les rendre conscients du monde auquel ils appartiennent, et de les sensibiliser au développement durable.» Et les «acteurs» sont contents. «On apprend plein de choses, je ne savais pas que la Suisse avait des problèmes de pollution, rapporte Gabriela. José renchérit: «C’est instructif et ça nous change des cours, on réfléchit à plusieurs, c’est une bonne expérience.»

Une fois le coupable confondu et l’affaire élucidée, les experts d’un jour doivent sélectionner une mesure qui permettrait de réduire la pollution à laquelle ils ont été confrontés dans leur enquête. Les élèves votent ensuite pour accepter ou refuser la mesure présentée. Seule la proposition «Limiter l’utiliser des engins motorisés pour faire baisser la pollution» n’a pas recueilli 100% des voix. Y-a-t’il un pro-voiture ou un motard dans la salle? Il faudrait enquêter…

La pollution fait 3000 morts par an

Selon les estimations de la Confédération, plus de 3000 personnes meurent chaque année de troubles liés aux polluants. Depuis 1990, la pollution atmosphérique diminue, le dioxyde d'azote a notamment enregistré une baisse de 40%, mais ces dernières années les chiffres stagnent. Les sources ponctuelles d'émissions polluantes sont largement assainies et respectent les exigences légales. Toutefois, les émissions dispersées, liées à des choix individuels comme l'emploi de véhicules à moteur, le chauffage, etc., revêtent désormais un rôle prépondérant dans la baisse de la pollution de l'air. D'où la nécessité de sensibiliser et de mobiliser les citoyens. (TDG)

Créé: 19.02.2015, 12h49

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