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Ecopop, or, forfaits, la Suisse retrouve ses équilibres

Le peuple ne s’est pas laissé abuser par les peurs et les slogans. Il a voté massivement et sans détour trois fois non.

Dimanche radieux pour la Suisse et la démocratie directe. Après le succès de l’initiative contre les minarets ou de celle «Contre l’immigration de masse» le 9 février dernier, la confiance dans les vertus régulatrices du peuple était mise en doute. On pouvait craindre que les forces populistes de ce pays finissent par l’entraîner sur une voie s’éloignant définitivement du pragmatisme et du bon sens qui ont fait la prospérité de la Suisse. Aujourd'hui, le peuple ne s’est pas laissé abuser par les peurs et les slogans. Il a voté massivement et sans détour trois fois non. Et, fait non moins remarquable, sans creuser ce Röstigraben ou/et le fossé ville-campagne qui s’ouvrent si souvent au soir de votations sur des enjeux majeurs. Une jolie et plutôt rare démonstration de cohésion. Biberonnés au consensus, les Suisses ont le sens des équilibres et n’aiment guère les propositions définitivement extrémistes. Ecopop en était une à l’évidence. Elle aurait fêlé notre système avec des conséquences bien plus dommageables encore que le résultat du 9 février, sur le plan économique en particulier.

Ces deux initiatives aux résultats opposés ont des destins liés. Ainsi, l’ampleur inattendue du non à Ecopop a aussi tenu à la volonté de corriger les erreurs de la campagne du 9 février. Non seulement, tous les milieux concernés, y compris universitaires, se sont cette fois mobilisés pour éviter une défaite encore plus cuisante en mettant en avant les risques de rupture avec l’Union européenne. Mais encore les citoyens qui en février ont déposé un vote de protestation dans l’urne ont voté dimanche «vrai» et non pas tactique.

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