Les écueils à une union de la gauche

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Une liste commune à gauche dès le premier tour pour l’élection au Conseil d’Etat d’avril 2018. C’est l’appel aux Verts et à Ensemble à gauche lancé par un des candidats du PS, Thierry Apothéloz, dans son blog hébergé par la Tribune de Genève. Il le termine en rappelant les succès de cette stratégie: la victoire du Front populaire en 1936, celle de la gauche portugaise en 2016 et l’exemple des récentes élections vaudoises.

Pour son auteur, la proposition a certainement plusieurs mérites: elle tourne la page des polémiques ayant entouré la désignation des candidats PS au Conseil d’Etat en mai dernier, tente de mettre la gauche, minoritaire comme jamais à Genève, en ordre de bataille, ce qui lui permet au passage de se tailler un rôle de stratège. Thierry Apothéloz fait aussi plaisir aux Verts. Car en réalité, ils réclament l’union avec insistante depuis longtemps. A l’automne dernier, ce sont eux qui ont appelé les Socialistes et Ensemble à gauche à constituer avec eux d’une liste commune. Mais le PS a voulu attendre son assemblée de printemps. Il y a quinze jours, les Verts sont revenus à la charge. Si Thierry Apothéloz marche avec les Verts, c’est qu’il a aussi, dit-il, tiré les leçons de 2013. A l’époque, le PS avait refusé de bâtir une liste commune avec ses alliés de gauche dès le premier tour. L’union n’avait lieu qu’au second et «comme il n’y a que trois semaines entre les tours, nous n’avons pas eu le temps de construire une dynamique», constate le candidat. Faut-il rappeler qu’à l’époque Thierry Apothéloz avait raté la septième place au Conseil d’Etat pour 1500 voix?

Le PS suivra-t-il l’avis de son candidat? Une assemblée générale a été programmée en septembre pour trancher. Mais, pour se réaliser, la proposition va devoir résoudre deux problèmes. Le premier est bêtement numérique. A deux, Verts et PS ont déjà sélectionné six candidats au Conseil d’Etat. Il ne reste donc qu’une place pour un représentant d’Ensemble à gauche. Sachant que Solidarités, une de ses composantes, vient de désigner deux candidats au gouvernement et que d’autres encore pourraient s’ajouter à ce nombre, le compte n’y est plus. Car malgré ses éminentes qualités, la gauche genevoise ne peut prétendre placer plus de sept élus au Conseil d’Etat. Ne serait-ce que parce que le gouvernement n’a que sept sièges. Il faudra donc en rabattre.

L’autre obstacle est programmatique. Thierry Apothéloz, le président des Verts, Nicolas Walder, ainsi que Jocelyne Haller, la candidate de Solidarités interrogée récemment par Léman Bleu, s’accordent pour dire que l’union de la gauche ne peut pas se résumer à une manœuvre électorale. En d’autres termes, il faudrait aussi un accord programmatique. Ce sera compliqué… Car si les Verts et le PS sont compatibles et vivent séparés pour des raisons liées à leur histoire et au système électoral, les divergences avec Solidarités sont plus profondes. Bien sûr, tout l’intérêt d’une alliance est de réunir des forces contradictoires. Après tout, comme disait Lénine, là où il y a une volonté, il y a un chemin… qui aboutira peut-être à réussir le grand écart programmatique entre les désirs des uns et ceux des autres.

En posant la question de son union rapide, la gauche se donne les moyens de réaliser un meilleur résultat aux élections cantonales de 2018 que lors de son catastrophique exercice 2013. Mais les écueils sont nombreux.

(TDG)

Créé: 01.06.2017, 18h23

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