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Un écrin de marbre translucide mettra en sécurité les collections du Muséum

Avec son «effet lanterne», l’extension du Muséum d’histoire naturelle diffusera un halo sur le parc.

Les lauréats Marcia et Mirko Akermann.

Le Muséum, c’est une destination familiale attirant des hordes de visiteurs (313 918 l’an dernier, ce qui en fait le plus populaire musée genevois). Mais en coulisses, ce sont aussi 15 millions de spécimens zoologiques. Ce qui constitue, de loin, la plus importante collection de Suisse est en partie conservé dans de l’alcool.

L’institution de Malagnou recèle ainsi 40 000 litres de ce liquide hautement inflammable. Et c’est un cauchemar pour tout responsable sécuritaire.

Un tandem familial

Le Muséum d’histoire naturelle a reçu l’injonction de sécuriser ses collections de façon pérenne d’ici à 2022. Le concours d’architecture organisé pour concevoir ce nouvel écrin a livré son verdict mercredi. Le vainqueur est un familial tandem d’architectes. Frère et sœur nyonnais qui ont tout récemment ouvert un bureau commun à Zurich, Marcia et Mirko Akermann ont séduit, parmi 58 concurrents, avec leur projet, intitulé «Ambre». Le jury, selon sa présidente, Sara Martin Camara, a notamment salué un travail «très subtil et élégant sur la matérialité» du bâtiment.

Le duo dit avoir été sensible à la beauté et à l’intense utilisation du parc. Bâtir en souterrain aurait nécessité de déboiser. D’où le choix de s’implanter en surface, mais avec une emprise réduite. Et cela afin de «conserver au maximum la promenade et le cordon boisé existant», explique Mirko Akermann.

Des parties de la façade auront ce que les auteurs nomment un «effet lanterne», laissant transparaître la lumière de l’intérieur en direction du parc en soirée, alors que le mouvement inverse aura lieu de jour. Et cela alors que l’édifice de sept niveaux sera revêtu de marbre, reprenant ainsi une caractéristique du bâtiment quinquagénaire du Muséum. Du minéral transparent? «C’est une couche très fine de marbre qui sera appliquée sur du verre», explique Marcia Akermann.

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Accueil du public amélioré

L’autre effet sera de donner une certaine visibilité à ces richissimes collections si précieuses pour les scientifiques mais forcément peu accessibles pour le grand public. «Il n’était pas évident d’organiser un concours d’architecture pour un dépôt, mais le résultat offre une image qui donne envie d’entrer dans le musée et de parcourir ses étages», estime Rémy Pagani, maire de Genève.

«Ce n’est pas seulement un projet pour les scientifiques», signale Philippe Meylan, directeur du patrimoine bâti de la Ville de Genève. «Il s’agit à la fois de sécuriser les collections mais aussi d’améliorer l’accueil du public», confirme le magistrat chargé de la Culture, Sami Kanaan.

Car des effets domino sont à prévoir. Le nouvel édifice doit libérer de l’espace dans l’actuel bâtiment scientifique qui jouxte le musée et permettre de reconvertir des bureaux qui occupent une partie de ce dernier bâtiment. Selon le magistrat chargé de la Culture, c’est une opportunité qui s’ouvre pour donner davantage d’oxygène au grand public. On évoque une possible cafétéria ouverte sur le parc, des surfaces spécialement dédiées aux expositions temporaires, un lieu pour accueillir les classes ou un centre de documentation.

Deux bonnes années de chantier sont à prévoir, avant 2022. Selon le crédit d’étude, le devis devrait s’élever à 36 millions de francs.

La maquette du projet

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