L’École de parents n’est pas morte et veut le fait savoir

Instruction publiqueLes cours de français pour allophones, maintenus, jouent leur survie. Le statut précaire des enseignantes devrait être régularisé.

Le cycle d'orientation de l'Aubépine.

Le cycle d'orientation de l'Aubépine. Image: PASCAL FRAUTSCHI/ARCHIVES

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Les inscriptions s’ouvrent lundi, et l’Association des enseignants de l’École de parents entend bien faire passer le message. «Le drame, ce serait qu’on doive fermer faute d’inscriptions, à cause du flou créé par les annonces de ce printemps, résume Simona, enseignante de l’institution, qui offre des cours de français quasiment gratuits aux parents d’élèves non francophones. Il faut absolument que tout le monde soit informé qu’on existe toujours! D’autant plus qu’on nous confond souvent avec l’association privée «L’École des parents», qui traite, elle, de questions de parentalité.»

Alors que l’École de parents relève du Cycle d’orientation. Pour rappel, la structure affirme avoir reçu le soutien de 2600 signataires par le biais d’une pétition, après que le Département de l’instruction publique (DIP) a annoncé que les contrats des enseignantes ne seraient pas renouvelés. L’État avait alors fait marche arrière et maintenu les cours pour cette année au moins. «La demande est là, poursuit Simona, il y avait près de 650 inscrits l’an dernier.»

«Le DIP a entamé des discussions pour régulariser le statut des enseignantes, il a donc pris au sérieux leurs revendications, salue Christian Dandrès, député socialiste et candidat au Conseil national. En effet, les enseignantes étaient engagées au statut de remplaçantes, et n’avaient ainsi pas accès à des protections sociales comme le congé maternité.» Un statut sur mesure est en cours d’élaboration. «Mais le DIP ne souhaite stabiliser que la moitié des effectifs, en tout cas à ce stade des discussions», regrette-t-il.

Une enseignante, qui préfère rester anonyme, relève que pour bien former les élèves, il faut d’abord aider les parents. «Nous ne partageons pas les arguments du Conseil d’État selon lesquels il faut recentrer l’action du DIP sur les élèves uniquement. Il est très difficile de trouver à Genève des cours de langue gratuits, sur la durée de l’année, et à des heures compatibles avec la vie de famille.»

Elle avance aussi le risque d’un phénomène appelé la «parentification des enfants»: «On oublie qu’en privant les parents d’une telle offre de cours de français, on ne ferait que charger davantage les enfants, car ils apprennent et comprennent plus vite la langue et les codes sociaux, et se retrouvent à devoir épauler leurs parents.» D’où une inversion des rôles. «Les enfants ressentent alors un stress en raison des responsabilités d’adultes qu’ils endossent très tôt, notamment quand ils aident leurs parents dans le cadre des procédures d’asile».

Selon elle, «renoncer à ces acquis historiques depuis la création de l’École de parents par André Chavanne dans les années 60 serait contradictoire et dangereux». Sa collègue Raphaëlle ajoute que «c’est un exemple pour les enfants de voir leurs parents aller à l’école».

Une adolescente d’origine brésilienne témoigne de l’expérience bénéfique vécue par son père à l’École de parents. «Quand on est arrivés à Genève, j’avais 6 ans et il ne parlait pas très bien français. Mon papa a pris des cours pendant environ un an en espérant que ça l’aiderait à trouver du travail. Ça a fonctionné.» La jeune fille avoue son soulagement. «Après, quand j’ai eu besoin d’aide pour les devoirs, il a pu me soutenir.»

«Le dossier «École de parents» est en chantier», réagit Pierre-Antoine Preti, chargé de communication du DIP. L’année scolaire à venir est effectivement une année transitoire. Elle aura pour objectif de régulariser la situation de l’École des parents. Un travail en collaboration est prévu avec l’association concernée dès cet automne. Au niveau des étudiants/parents - qui démarrent les cours un mois après la rentrée - une évaluation doit avoir lieu pour connaître exactement les besoins 2019-2020.»

Plus d'informations sur: www.ge.ch/cours-francais-parents-non-francophones

Créé: 23.08.2019, 16h02

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