L’École de parents du Cycle d’orientation est dans l’impasse

Instruction publiqueLe maintien des cours de français destinés aux parents non francophones n’est pas assuré.

Des discussions sont entamées avec le Bureau d’intégration des étrangers afin de trouver une solution pour les 642 parents inscrits.

Des discussions sont entamées avec le Bureau d’intégration des étrangers afin de trouver une solution pour les 642 parents inscrits. Image: Steeve Iuncker Gomez

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Le mois de mai pourrait bien sonner le glas des cours de l’École de parents du Cycle d’orientation. Ses 22 enseignantes ont appris mardi 5 mars que leur contrat ne serait pas renouvelé, et elles ne savent pas encore si elles auront droit au chômage. L’institution (à ne pas confondre avec l’École des parents, une association privée) avait déjà dû renoncer aux classes d’allemand, d’anglais, de maths et d’informatique ces dernières années. Depuis, la seule prestation maintenue était les cours de français pour parents non francophones dont l’enfant est inscrit à l’école publique à Genève. Ils sont 642 inscrits cette année. Ces cours sont gratuits, excepté une taxe d’inscription de 40 francs à partir du niveau intermédiaire. Ils se tiennent notamment aux Cycles de l’Aubépine, de Sécheron ou des Coudriers.

«Les migrants, essentiellement des femmes, n’auront plus accès à des cours de qualité, avec un maximum de 25 personnes par classe, regrette une enseignante qui préfère rester anonyme. On nous a dit qu’il n’y avait pas de possibilité de nous engager pour d’autres mandats.»

Baisse de fréquentation

Certaines s’interrogent: est-ce parce qu’elles ont émis des revendications sur leur contrat et leur statut de remplaçantes (déclassement de la classe 18 à 16, absence de congé maternité) qu’on les remercie? La direction leur aurait assuré que la raison tient plutôt à la baisse de fréquentation des cours, sans fournir de chiffres. «Mais le DIP n’a rien fait pour les promouvoir, s’étrangle l’enseignante. Il n’y a pas de site internet de l’École de parents, au XXIe siècle… et les brochures papier ne sont pas distribuées correctement.»

Interrogé, le secrétaire général adjoint du DIP n’a pas souhaité répondre à toutes nos questions. «Effectivement, le maintien de l’École de parents est aujourd’hui en discussion, confirme seulement Pierre-Antoine Preti par écrit. Mais la prestation, un peu hors-sol au niveau du DIP (formation pour adulte), existe abondamment ailleurs. Nos services ont dénombré plus d’une quinzaine de possibilités à Genève.»

Une offre alternative qui ne semble pas convaincre toutes les enseignantes. Les cours en écoles privées sont payants. L’une rétorque qu’un parent n’avait pas trouvé de place ailleurs, c’est donc l’École de parents qui a pu l’accueillir. Une autre insiste sur le fait que les cours qu’elle donne «durent une heure et demie, et quand les parents ne viennent pas, on les appelle. Ailleurs, les conditions ne sont pas les mêmes, il y a beaucoup plus d’élèves et les professeurs ne sont pas forcément bien formés.»

Pierre-Antoine Preti ajoute qu’au niveau de l’État, «des discussions avec différents partenaires, dont le Bureau d’intégration des étrangers, ont déjà été entamées pour accentuer cette autre offre si le besoin s’en faisait ressentir». Enfin, il justifie son silence ainsi: «Il reste un certain nombre de questions à résoudre. Ce dernier travail étant en cours d’analyse, nous ne souhaitons pas nous exprimer avant la fin de ces travaux.»

Une gratuité appréciée

R., 51 ans, suit les cours de l’École de parents depuis presque quatre ans. «C’est fabuleux, c’est très dommage d’arrêter ça, c’est très important. Je suis venu pour apprendre à écrire le français, car c’est un handicap total de ne pas savoir. Avant, j’allais à l’École-Club Migros mais c’était tellement cher qu’une grande partie de mon salaire y passait, je n’avais pas les moyens.» Pour le moment, il affirme que personne ne l’a redirigé ou conseillé pour des cours équivalents gratuits pour l’an prochain.

La Fédération des associations de parents d’élèves de l’enseignement obligatoire (FAPEO) n’a pas encore pris de position officielle à ce sujet. Mais sa secrétaire générale, Anne Thorel Ruegsegger, indique à titre personnel qu’il y a eu peu d’échanges entre l’École de parents et la FAPEO. «Ce qu’elle fait est très utile, mais en baisse de vitesse. L’impact sur nos membres ne devrait pas être très fort. L’investissement était relativement important par rapport au nombre de personnes qui venaient. D’autant que l’offre en cours de français à Genève est vaste.»

Sollicité par des enseignantes, le député socialiste Christian Dandrès attend d’avoir plus d’informations pour déposer un projet de motion. «Dans un contexte lié à l’intégration des enfants et à leur parcours scolaire, il faut une approche la plus démocratique possible. Évidemment, là, ça ne va pas dans le bon sens.» Le dossier relève pourtant de sa magistrate du même parti, Anne Emery-Torracinta.

Créé: 19.03.2019, 07h15

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