Un duo se propose pour prendre les rênes d’un PS déboussolé

PrésidenceLydia Schneider Hausser et Romain de Sainte Marie annoncent leurs candidatures et souhaitent une coprésidence.

Romain de Sainte Marie et Lydia Schneider Hausser souhaitent coprésider le Parti socialiste genevois.

Romain de Sainte Marie et Lydia Schneider Hausser souhaitent coprésider le Parti socialiste genevois. Image: ENRICO GASTALDELLO

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L’assemblée générale du Parti socialiste genevois (PSG) qui élira la nouvelle présidence ne se tiendra pas avant mi-mai. Mais Lydia Schneider Hausser et Romain de Sainte Marie ont décidé d’afficher leur désir de succéder à Gérard Deshusses, l’actuel président, avant même l’ouverture du dépôt des candidatures. Ceci pour une raison bien simple: la coprésidence qu’ils souhaitent n’existe pas au PSG. Il faudra par conséquent modifier les statuts du parti.

«Il semble même impossible de faire entrer en vigueur une modification statutaire à temps pour l’élection, précise d’emblée Lydia Schneider Hausser. Même si nous avons transmis vendredi dernier cette proposition de révision. Aussi nous envisageons de débuter formellement par une présidence et une vice-présidence, mais en pratiquant déjà, dans l’esprit, une coprésidence.»

Modèle dans l’air du temps

L’ancienne députée (de 2006 à 2018) et le député actuel (depuis 2013) – et également ancien président du parti – pensent que partager cette charge est un avantage: «Il y a une certaine complémentarité dans notre duo et nous avons tous les deux de l’expérience à faire valoir, notamment en tant que chefs de groupe de la députation socialiste», poursuit Romain de Sainte Marie. Il est vrai que les tandems à la tête de partis sont de plus en plus fréquents. Chez les Verts, c’est presque une marque de fabrique, alors que le Parti socialiste suisse devrait choisir une coprésidence en avril.

De fait, ce n’est pas le travail qui manquerait à un duo pour stabiliser un parti dans lequel les tensions se sont succédé ces dernières années. «Nous ne prétendons pas être les sauveurs du Parti socialiste, tempère Romain de Sainte Marie. Ce que nous voulons, c’est enclencher une dynamique rassembleuse et repositionner le parti en nous appuyant sur un comité.»

Il n’est ainsi pas question de laisser toute la place aux Verts sur les dossiers de l’urgence climatique: «C’est une spécificité socialiste que de vouloir allier État fort et protection de l’environnement», argumente l’ancienne députée. «Le PS doit avoir des réponses à donner tant sur l’urgence climatique que sur l’urgence sociale», enchaîne son collègue de parti.

Guerre des clans

Rassembler ne sera pas chose aisée. En début d’année dernière, l’actuelle présidence a dû solliciter l’ancien conseiller d’État Laurent Moutinot pour mener une médiation afin de calmer les querelles qui ne cessent de diviser les députés socialistes. Des différends suffisamment persistants pour pousser Jean-Charles Rielle à démissionner du parti cantonal, début décembre 2019, après trente ans de fidélité.

Et le problème n’est pas nouveau. Sans revenir trop loin dans le temps, rappelons le psychodrame suscité en mai 2017 par le choix des candidats aux élections cantonales. Tout était déjà là: les suspicions de magouille, la division en clans, l’opposition entre les «fundi» et ceux qui ont une approche plus pragmatique. Il y a ensuite eu, en juin 2018, le refus d’accorder à Sandrine Salerno et à Carole-Anne Kast une dérogation pour siéger au Grand Conseil le temps de finir leurs mandats de conseillères administratives. Puis, début 2019, la mère des batailles: le positionnement changeant sur la réforme de l’imposition des entreprises (RFFA), dont le volet genevois allait être soumis en votation.

«Un ADN commun»

Au sein des partis, il est normal, et même sain, qu’existent des divergences, et qu’elles soient débattues, y compris vivement. Les vrais problèmes arrivent lorsque ce qui sépare devient manifestement plus important que ce qui rassemble.

«Je pense que les socialistes ont suffisamment de combats à mener pour ne pas perdre leur temps en disputes internes, commente Lydia Schneider Hausser. Il faut mettre l’énergie sur ce qui est important.» Avis évidemment partagé par son colistier: «Nous avons un ADN commun au sein du parti. J’ai l’impression que nous assistons avant tout à des querelles d’ego.»

Pour qu’ils en aient l’occasion, il faudra convaincre la future assemblée générale car d’autres candidatures sont probables. Ce ne sera en tous les cas pas celle de Charles Beer, comme le prétendait une rumeur. L’ancien conseiller d’État nous l’a formellement démentie.

Créé: 03.02.2020, 19h30

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