«Le drug checking remplit ses objectifs, les gens sont preneurs de nos conseils»

PréventionPrès de 130 tests ont été effectués à l’antenne d’analyse gratuite de drogues, surtout pour des stimulants.

Les principaux produits analysés sont des stimulants.

Les principaux produits analysés sont des stimulants. Image: Magil Girardin

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Un lieu pour faire tester gratuitement et de manière anonyme des drogues avant consommation afin de réduire les risques. C’est le principe du drug-checking qui a ouvert aux Grottes l’an passé, coordonné par Nuit blanche?, de l’association Première ligne. Celle-ci œuvre à la réduction des risques liés à la consommation récréative de drogues. Une fois par semaine, un usager peut venir faire tester un produit, lors d’un entretien avec un membre de l’association. Les résultats lui sont délivrés quelques jours plus tard, assortis de conseils de prévention.

Un moyen de limiter les risques de substances surdosées ou dangereuses et de repérer les consommations problématiques. Nuit blanche? réfute l’incitation à la prise de drogue, rappelant qu’il s’adresse à un public qui consomme déjà. Ce programme, une première en Suisse romande, est financé à hauteur de 150000 francs par l’État. Après huit mois d’activité, bilan avec Roxane Mégevand, coordinatrice de Nuit blanche? et du drug-checking.

Quel est le profil du testeur?

Nous accueillons une majorité d’hommes, dans la trentaine, en général bien insérés dans la société, en emploi ou en formation, du médecin à l’étudiant. La plupart consomment de manière occasionnelle – une fois par mois ou moins – plutôt en lien avec une fête, une période précise. La majorité semble être dans une consommation récréative.

Quelles sont les substances les plus répandues?

Nous avons effectué environ 130 analyses, soit en moyenne cinq par semaine – nous aurions la capacité d’en faire dix. Les produits testés sont généralement des stimulants, comme la cocaïne, la MDMA (ecstasy), des amphétamines, mais aussi du LSD et de la kétamine (un anesthésiant à la base). Nous constatons aussi l’apparition de nouveaux produits de synthèse, dont certains ne sont pas encore considérés comme illégaux. Ils présentent des risques car on connaît peu leurs effets.

Les analyses ont-elles révélé des compositions problématiques?

Oui, surtout des produits hautement dosés en substance active, notamment pour l’ecstasy. Cela peut notamment s’expliquer par une question d’attrait du marché et de produit de base peu onéreux. Ce surdosage implique des risques pour la santé. Par ailleurs, nous avons été confrontés à des produits «coupés» avec des substances nocives, comme de la cocaïne avec des produits vermifuges et analgésiques. Dans ces cas-ci, nous encourageons à renoncer à consommer.

Ces tests permettent de limiter les risques. Mais ils visent aussi un objectif sanitaire plus large.

En effet. Le drug-checking nous permet de toucher des gens hors du milieu festif, où nous sommes habituellement présents. Et les analyses nous donnent un aperçu du marché des substances psychotropes, qui est très changeant. Les données récoltées alimentent un fichier national et nous permettent de lancer des alertes aux produits frauduleux si besoin sur différents canaux, dont notre site.

Comment envisagez-vous le développement du drug-checking?

Le dispositif est satisfaisant, il remplit les objectifs escomptés. Les gens reviennent, ils sont preneurs de nos conseils et nous disent tenir compte de nos préavis. Nous souhaitons surtout renforcer le dispositif mobile, pour être encore plus présents dans les lieux de fête. Pour l’instant, nous ne pouvons intervenir que lors de manifestations sur l’espace public. Nous aimerions pouvoir être présents dans les clubs également.

Créé: 31.01.2020, 18h14

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