La droite revient à la charge sur les notes de comportement

Ecole Le PLR remet en cause les méthodes d’évaluation du comportement en milieu scolaire. Le parlement en débattra.

Le PLR veut une note calquée sur le mode d'évaluation des autres disciplines.

Le PLR veut une note calquée sur le mode d'évaluation des autres disciplines. Image: DR

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Faut-il restaurer les notes de conduite à l’école obligatoire? Fin juin, le Parti libéral-radical déposait un projet de loi au Grand Conseil dans ce sens. Cette évaluation chiffrée concernerait les élèves dès la cinquième année primaire et ce jusqu’à la fin du secondaire I. Même si elle est inscrite dans le bulletin scolaire, elle n’entrerait pas dans le calcul de la moyenne générale, promet le projet de loi. Néanmoins, elle resterait déterminante lorsque les conditions de promotions ne sont pas remplies. «A Genève, dans certains cas de passage délicat ou de redoublement, cette note pourra donner une indication supplémentaire aux enseignants», soutient Jean Romain, député PLR et vice-président d’ARLE, Association refaire l’école, dont l’initiative (2011), similaire, avait échoué, faute de signatures suffisantes.

Clarté et lisibilité

Pour le Parti libéral-radical, les appréciations écrites, les félicitations orales ou encore les gommettes, cartons rouges, jaunes ou verts, smileys enjoués ou tristes ne suffisent donc plus. Il faut une note calquée sur le mode d’évaluation des autres disciplines.

«Le projet ne vise pas à remplacer ce qui existe déjà, mais simplement à le compléter en lui donnant plus de clarté, soutient Nathalie Fontanet, cheffe du groupe PLR au Grand Conseil et candidate au Conseil d’Etat. Les commentaires sont indispensables mais n’aident pas l’élève à se situer. En ajoutant cette note, on permettra aux enfants et aux parents d’identifier clairement si le comportement est au-dessus ou en dessous de la moyenne. Nous ne percevons pas ça comme une sanction mais comme une évaluation plus lisible.»

«Oui, une note n’est pas la panacée, reconnaît Jean Romain. Mais son mérite est d’indiquer à quelle distance réelle on se trouve de l’objectif à atteindre. Est-ce si stigmatisant que cela de savoir qu’il faut améliorer sa conduite?»

Une gauche pas convaincue

Les arguments des députés PLR ne convainquent pas leurs homologues de gauche, Salima Moyard (PS) et Olivier Baud (Ensemble à Gauche), membres de la Commission parlementaire de l’enseignement, de l’éducation, de la culture et du sport.

«Ça me choque que l’on prenne les élèves et les parents pour des imbéciles, réagit Salima Moyard. Un commentaire écrit est bien plus porteur de sens.» La députée socialiste conteste surtout l’utilité de cette proposition. «Elle laisse sous-entendre qu’on évalue mal, peu, voire pas du tout. Je rappelle que nous avons déjà un système de commentaires en place et il est très parlant. L’évaluation se fait sur le carnet d’élève, qui est un véritable outil de communication entre les maîtres, l’élève et les parents. Il est signé au plus tard tous les quinze jours.»

Et d’ajouter: «La clarté de la note est un mythe. Franchement, quel est le message derrière un 3 ou un 4 de comportement? Que l’élève doit arrêter ses arrivées tardives? Etre moins insolent? Les deux? Il n’y a aucune clarté dans cette solution simpliste, populiste, qui de surplus ne règle rien. Pour les cas lourds, il faut faire un travail en profondeur, et pour ça, nous manquons de moyens.» Pour Olivier Baud, il s’agit surtout d’une double sanction infligée à l’élève en échec scolaire ainsi qu’une charge de travail supplémentaire imposée aux enseignants.

Même son de cloche du côté de la Société pédagogique genevoise, syndicat des enseignants primaires et spécialisés du canton de Genève. «Le PLR n’a franchement pas autre chose à faire que de s’occuper de ce retour des notes de conduite? s’exaspère Laurent Vité, président de l’association. D’autres enjeux sont importants pour la vie scolaire, comme débloquer des sous pour l’enseignement inclusif ou faire en sorte que les élèves trouvent une place dans les écoles de leur quartier. Non, au lieu de cela, le parti consacre une nouvelle méritocratie. Le système est déjà trop étouffé par l’évaluation.» La question sera discutée prochainement au sein de la Commission de l’enseignement, de l’éducation, de la culture et du sport, puis débattue au parlement.

Culture de l’échec

Pour Lucie Mottier Lopez, professeure ordinaire à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Genève, c’est une question d’idéologie. «Voulons-nous persister dans une culture de l’évaluation qui ne donne de l’importance qu’aux résultats et en contrepartie à l’échec, comme on tend à le voir en Europe en survalorisant les notes chiffrées? Pourtant les études nous montrent que l’évaluation-sanction est une pression créant de l’anxiété, ce qui nuit au climat scolaire et à la prévention des difficultés de comportement des élèves.»

(TDG)

Créé: 27.08.2017, 19h28

Historique

Ecole primaire

19 octobre 1872 Première loi genevoise sur l’instruction publique.

3 juillet 1888 Premier règlement cantonal de l’enseignement primaire. Il prévoit l’attribution d’une note de conduite.

16 juin 1980 La note est remplacée par une appréciation écrite. Le système est jugé comme imparfait.

Cycle d’orientation

1964 La note de conduite est attribuée dès la création de l’ordre d’enseignement.

Dès 1989 suppression de l’évaluation chiffrée au profit d’un carnet individuel permettant un suivi quotidien, complété par un bulletin annuel de comportement. Cette méthode
a définitivement été généralisée en 2002. S.K.

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