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À la droite de la droite, trois partis rivalisent dans la déroute

Le bloc nationaliste sort laminé des urnes avec une UDC en recul, un MCG en chute libre et un GeM mort-né.

Le MCG a perdu dimanche 9 des 20 sièges qu'il avait obtenu il y a cinq ans.
Le MCG a perdu dimanche 9 des 20 sièges qu'il avait obtenu il y a cinq ans.
Frank Mentha

On est loin des arrivées fracassantes des précédentes élections. Lors de son entrée en cortège dimanche à Uni Mail, la parade du MCG avait des allures de convoi funèbre. Malgré l’excellent score de son conseiller d’État Mauro Poggia, le parti n’a fait que fredonner un pâle Cé qu’è l’ainô, sans commune mesure avec les vociférations du passé. Une retenue reflétant la déroute électorale subie au Grand Conseil où, après trois législatures de hausse continuelle, le parti a perdu la moitié de ses suffrages en comparaison avec 2013 et près de la moitié de ses sièges pour n’en garder que onze.

Pour ne rien arranger, les cousins et les frères ennemis ne sont pas à la fête. Les sympathisants de l’UDC faisaient grise mine. Flirtant avec le quorum, le parti voit sa députation réduite à huit sièges, un étiage inédit depuis son entrée au Grand Conseil genevois en 2001. Les deux partis, qu’on a pu nommer la Nouvelle Force, devront se contenter ensemble de 19 parlementaires (contre 31 décrochés en 2013). Sécession du MCG, Genève en marche n’a pas atteint le quorum (lire ci-contre).

Une coûteuse scission

Pour les observateurs, cette scission opérée par Éric Stauffer et ses acolytes est la première justification avancée pour expliquer la débâcle du MCG au Grand Conseil. «Nous avons vécu deux ans d’attaques internes de la part d’Éric Stauffer auxquelles se sont ajoutées celles, externes, venues de députés UDC incapables de mener une politique unitaire», complète François Bärtschi, secrétaire général du MCG. «Ces guéguerres nous ont décrédibilisés, déplore la présidente Ana Roch. Nous étions peut-être parvenus à notre point culminant. Mais on a reçu un coup de poing de GeM, composé essentiellement d’anciens MCG qui sont partis avec leurs voix. Et la faible participation laisse penser que nous n’avons pas su mobiliser notre électorat.»

«Le fait que trois partis se disputent un même électorat donne un message flou, mais c’est tout de même près d’un électeur sur quatre qui a choisi ce bloc», tempère Marc Fuhrmann, président de l’UDC. Ce parti souffre aussi sans doute de la qualité de son personnel politique, comme certains l’admettent à mi-voix, même à l’interne. «La députation n’est capable que de resucer les positions nationales du parti, ce qui n’est pas crédible», critique Jocelyne Haller, de Solidarités.

«La haine finit par lasser»

Les formations ayant participé de longue date à l’Exécutif sont les héros du jour. «Les partis traditionnels ont fait du bon boulot et bénéficient d’un regain de confiance», sourit Christian Lüscher, vice-président du PLR suisse. «Le ras-le-bol antifrontaliers marche moins bien alors qu’ils ne sont plus que 2000 à arriver par an au lieu de 8000, note le conseiller d’État Pierre Maudet. La priorité à l’embauche pour les chômeurs, le contrôle du marché du travail et la lutte contre le dumping portent leurs fruits.» «Les partis seront peut-être désormais moins terrorisés par le sujet du Grand Genève», espère le maire de Saint-Julien, Antoine Vielliard.

«Le discours de haine, quand il ne donne aucun résultat, finit par lasser», se félicite pour sa part Carole-Anne Kast, présidente du PS. Son homologue au PDC renchérit: «Les populistes montrent les problèmes, mais n’ont pas de solutions», fustige Bertrand Buchs. «Ils ont beaucoup de contradictions et ça commence à se voir, complète Nicolas Walder, président des Verts. Le fait de tout orienter sur la communication finit par exaspérer les citoyens, qui ont privilégié des gens sérieux. Luc Barthassat, qui a les mêmes méthodes, en fait les frais, alors que Mauro Poggia, lui, s’en sort.» Alain-Dominique Mauris, ancien président du PLR, le relève aussi: «Il y a une césure entre Mauro Poggia et son parti.»

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