La droite ne cède pas malgré la grève totale aux TPG

Transports Publics GenevoisPromis et exigé, le service minimum n’a pas été assuré, faute de base légale, selon les TPG. La régie offre un bonus aux abonnés.

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«La démonstration de force est réussie: pas un seul véhicule des TPG ne roule dans cette ville!» C’est en ces termes que Valérie Solano, secrétaire syndicale du SEV, tirait le bilan, déjà mercredi à la mi-journée, des vingt-quatre heures de grève qui ont paralysé le réseau de façon totale, lignes sous-traitées mises à part. Une grève qui ne se poursuit pas ce jeudi. Mais d’autres actions, «plus importantes», pourraient survenir au début de décembre, menace le SEV.

Les deux syndicats minoritaires (ASIP et Transfair) qui désapprouvaient l’arrêt de travail ont, de facto, rallié le front durant la matinée, fustigeant des pressions de la direction. Autre argument: les volontaires qui seraient partis sur le réseau auraient pris des risques face à la possible colère des usagers. «Trois syndicats se battent ensemble sur cette grève, ils ne sont plus désunis», se réjouit Valérie Solano.

Excuses et abonnements prolongés

Sur son site internet, la régie publique répète qu'elle a été «contraints de renoncer à mettre en place le service minimum planifié et présentent ses excuses à la population pour les perturbations occasionnées par ce mouvement social». En compensation, les TPG prolongeront d'un jour supplémentaire la validité de l'ensemble des abonnements annuels, mensuels et hebdomadaires des abonnés unireso.

Ultimatum au Conseil d'Etat

Sous l’égide du SEV, les employés ont voté mercredi soir l’envoi d’une résolution au Conseil d’Etat. Elle exige que des négociations démarrent d’ici au 28 novembre sur un nouveau contrat de prestations, incluant notamment un développement du réseau et des conditions de travail de qualité. L’actuelle version du contrat de prestations 2015-2018 implique une réduction de l’offre et forcerait, selon les TPG, à couper dans les effectifs, avec une soixantaine de licenciements à la clé. Le sort du document est entre les mains du Grand Conseil, qui en débattra le 4 décembre. Mais il a déjà été approuvé, au sein de la commission spécialisée, par la majorité de droite.

La gauche, qui réclame de rallonger la manne versée aux TPG, a apporté son soutien à la grève, de même que la communauté syndicale genevoise. «L’initiative sur la baisse des tarifs n’a jamais demandé de réduire l’offre, plaide le socialiste Romain de Sainte Marie. Il n’y a plus de gras aux TPG et aujourd’hui le Conseil d’Etat s’attaque à l’os!» Ladite initiative, votée en mai par le peuple, est un «prétexte» aux yeux de Thibault Schneeberger, de solidaritéS: «La baisse des revenus des TPG n’est pas encore avérée, mais les baisses de prestations se font partout au sein de l’Etat.»

Des sanctions demandées

A droite, la grève n’a pas infléchi les opinions. Au contraire. «Le bras de fer n’est pas la meilleure solution avec les députés, avertit le MCG Pascal Spuhler. Survenant avant même la décision finale, la grève ne facilitera pas une éventuelle hausse de la subvention. Le droit de grève existe, certes, mais le service minimum n’a même pas été assuré.»

Le PLR Daniel Zaugg est au diapason: «Il s’agit d’une grève préventive contre des licenciements qui restent hypothétiques. Certains employés ne voulaient pas faire grève. Ceux qui les ont empêchés de travailler doivent être sanctionnés. C’est du terrorisme!» Bien que des véhicules privés aient été stationnés devant les portes du dépôt de la Jonction, les TPG estiment que les portes n’ont jamais été closes et que la seule sanction possible est le non-paiement de la journée chômée par leurs collaborateurs. Hier matin, le conseiller d’Etat chargé des Transports, Luc Barthassat, avait menacé de sanctions «ceux qui faisaient obstruction». Des propos jugés «inadmissibles» et «vaseux» par les syndicats.

Pas de chaos en ville

En l’absence de transports publics, la ville n’a pas sombré dans le chaos total, en tout cas en matinée. Comment l’expliquer? «On aurait pu s’attendre à pire, commente le directeur général des transports à l’Etat, Blaise Hochstrasser. Les pénétrantes et l’autoroute étaient plus chargées que d’habitude. Mais on a aussi vu beaucoup de piétons et de vélos. Manifestement, les gens se sont organisés, en prenant congé, en décalant leurs horaires ou en changeant de mode de transport. Le beau temps a aidé, tout comme le fait que le mercredi est habituellement moins chargé que d’autres jours ouvrables.»

Présentant leurs excuses à la population après cette journée sans service, les TPG ont annoncé hier soir qu’ils prolongeraient d’un jour la validité de l’ensemble des abonnements Unireso. Hier soir également, Luc Barthassat a rendu hommage aux facultés d’adaptation. Le démocrate-chrétien a ajouté: «Je me suis battu et continuerai à me battre pour qu’il n’y ait aucun licenciement au sein des TPG.» (TDG)

Créé: 20.11.2014, 07h33

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«Une grève illicite»

Jean-Luc Favre est le patron d'ABB-Sécheron, une des grosses industries du canton, celle aussi qui a mis au point et teste avec les TPG le nouveau autobus à recharge électrique par induction TOSA. Il est aussi président de l'Union des associations patronales genevoises.

Dans un communiqué diffusé mercredi, l'association déclare que la grève aux TPG est «illicite». Selon l'UAPG, la grève n'a qu'un seul but, celui «de faire pression sur le Grand Conseil afin d’obtenir le retrait du contrat de prestations conclu entre l’Etat et les TPG».

L'UAPG rappelle à ce propos la jurisprudence du Tribunal fédéral. «La grève doit concerner les relations de travail, ne doit pas être destinée à faire pression sur les autorités (grèves dites politiques) et doit respecter le principe de proportionnalité. La grève ne peut être utilisée qu’en dernier recours pour rétablir la paix du travail, lorsque la négociation et la conciliation ont échoué.»

L'UAPG conteste également l'interprétation de la Communauté d’action syndicale genevoise (CGAS), selon laquelle les employeurs auraient à prendre en charge les conséquences de cette grève(arrivée tardive, absence, etc.) et les éventuels frais supplémentaires occasionnés. C’est à bien plaire que les employeurs peuvent faire preuve de compréhension face à cette situation exceptionnelle, affirme l'UAPG. (JFM) (Image: Iuncker)

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Les TPG en chiffres

Les TPG, c'est 538'740 passagers transportés par jour en moyenne en 2013, révèle un dépliant que l'on peut télécharger sur le site de la régie publique des transports genevois.
C'est 5 lignes de trams, 6 de trolleybus et 50 d'autobus. L'âge moyen des tramways de 12 ans, celui des trolleybus de 17 et celui des bus de 4.
1867 personnes travaillaient aux TPG en 2013.
La régie dépensent 408 millions par année, soit 1,1 million par jour ou encore 2 fr 07 par passager. Les charges sont couvertes par une subvention de 244 millions de francs. la vente des tickets rapportent 43,7 millions, celle des abonnements 84,7 millions. (JFM)

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