À droite, les alliances pour les municipales vacillent

Ville de GenèveLe PLR hésite à partir avec le PDC dans la course à l’Exécutif. L’UDC pourrait lâcher le MCG et prône l'union de la droite élargie.

Qui, à droite, récupérera le siège tenu actuellement par Guillaume Barazzone au Conseil administratif de la Ville de Genève au terme des élections municipales du printemps 2020?

Qui, à droite, récupérera le siège tenu actuellement par Guillaume Barazzone au Conseil administratif de la Ville de Genève au terme des élections municipales du printemps 2020? Image: Magali Girardin

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En dépit de quelques péripéties ce printemps, l’Entente entre le PDC et le PLR a bien été reconduite pour les élections fédérales du 20 octobre. Il en résulte de belles affiches placardées un peu partout dans les rues, avec Béatrice Hirsch tout sourire au côté du libéral-radical Hugues Hiltpold, lui aussi radieux à l’idée de briguer en compagnie de la démocrate-chrétienne un siège à Berne. Mais la situation pourrait s’avérer différente dans quelques mois pour les municipales en Ville de Genève.

Cette fois, c’est le PLR qui hésite. Si l’apparentement pour l’élection au Conseil municipal n’est pas remis en cause, plusieurs voix émettent des doutes quant à l’avantage que tirerait le parti d’une alliance avec les cousins du PDC dans la course à l’Exécutif. Surtout dès le premier tour, étant donné que, depuis 2015, l’élection prend la forme d’un scrutin majoritaire à deux tours. «Si vous faites alliance dès le premier tour, vous n’avez plus de réserve de voix pour le second», explique Simon Brandt. Le candidat du PLR au Conseil administratif relève aussi que «la mécanique de l’alliance a perdu en importance depuis l’apparition du nouveau bulletin».

Impact du bulletin

Désormais, tous les candidats figurent sur une seule liste, alors qu’auparavant, chaque alliance était sur une feuille différente. Certains élus PLR sont également sceptiques à l’idée de voir leur unique candidat aux côtés de deux PDC. Simon Brandt, lui, dit ne pas avoir pris de position définitive sur le sujet et qu’il reviendra à la section de trancher lors d’une prochaine assemblée générale.

Du côté du PDC, tant Marie Barbey-Chappuis qu’Alia Chaker Mangeat se disent partisanes d’une alliance dès le premier tour. Il faut remonter à 2003 pour retrouver la trace d’une Entente désunie à l’heure de marcher sur le Palais Eynard. Le PDC Guy Mettan avait alors décidé de faire cavalier seul et il n’avait pas été élu. Il n’y avait habituellement qu’un seul tour. «Je suis attachée à l’Entente, mais c’est vrai qu’on n’a pas senti un enthousiasme débordant chez le PLR», reconnaît Marie Barbey-Chappuis, qui ajoute: «Mais avec Alia, nous présentons un joli ticket, féminin, centriste et complémentaire, qui peut aussi être une force.» Alia Chaker Mangeat abonde et respectera le choix du PLR: «Rien de positif ne peut sortir d’une alliance à moitié forcée.»

L'UDC fixe ses conditions

En revanche, les deux candidates se montrent intransigeantes quant à une éventuelle ouverture aux deux autres partenaires de ce que l’on nomme la «droite élargie»: le MCG et l’UDC. Au début de la législature, les quatre partis, majoritaires au Délibératif, avaient écrit à un «Exécutif de gauche» afin de fixer leurs exigences. «Depuis, on a passablement collaboré, souligne le MCG Daniel Sormanni, lui aussi candidat. Il faut qu’on discute de jusqu’où l’on va.» Une entorse notable à ce front commun eut lieu lors des débats sur le budget 2018, lorsque le MCG avait fini par rallier la gauche. «Pour moi, la question d’une alliance de la droite élargie se pose, admet Simon Brandt. Ce serait la suite logique de notre plateforme commune.»

L’UDC va même plus loin. Par la voix d’Eric Bertinat, elle fait d’un accord avec les trois autres partis avant l’élection au Conseil municipal une condition sine qua non de la reconduction de cette droite élargie lors de la prochaine législature. «On peut garder chacun nos listes ou ne pas s’apparenter, mais il est primordial que nous ayons, au moins, une plateforme électorale avec plusieurs objectifs communs», insiste celui qui a présidé le Municipal en 2018-2019. Et de prévenir: «Si ce n’est pas le cas, alors on arrêtera notre collaboration et nous nous prononcerons au coup par coup. C’est trop facile de nous rejeter en période électorale après avoir pu compter sur nous pour obtenir des majorités.»

Opposition du PDC

Comme en 2007, 2011 et 2015, les velléités d’ouverture à droite risquent bien de buter sur le PDC. «Ces partis tiennent des propos tendant à l’exclusion des étrangers ou freinant la lutte contre les discriminations qui sont pour moi rédhibitoires», dit Alia Chaker Mangeat, qui, à l’époque, n’était déjà «pas d’accord avec l’envoi de cette lettre à l’Exécutif».

À droite, cela pourrait être donc «tout ou rien», pour reprendre les mots d’Eric Bertinat. Même la Nouvelle Force semble s’émousser. Daniel Sormanni se dit pour un apparentement avec l’UDC et Eric Bertinat convient que leurs deux formations sont «proches». «Mais le MCG a aussi déposé récemment des textes qui ne nous allaient pas du tout», relate Eric Bertinat, prenant pour exemple le crédit de 1,8 million de francs pour les sans-abri octroyé «sans contrôle» et «pouvant bénéficier aux clandestins».

Les décisions finales seront prises par les sections des partis. Des assemblées générales sont prévues tout au long de l’automne.

Créé: 16.09.2019, 06h56

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