Sous la dominicale pluie, tous les canards ne sont de loin pas gris

GenèveLe Groupe ornithologique du bassin genevois a emmené des courageux à la découverte des volatiles hivernants.

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Les défections ont été à la mesure du nombre de millimètres de précipitations et de rafales de vent annoncées. Le petit groupe emmené par Cédric Pochelon en ce dimanche matin a tout de même tenu bon pour cette visite à la recherche des canards hivernants de la rade. Les participants sont repartis mouillés mais pas bredouilles: 24 espèces ont été observées dans ce paysage lacustre si familier des Genevois, peuplé d’habitants à plume que l’on confond souvent et que l’on confondra encore.

La poule d’eau n’est pas une foulque retiendra-t-on, la première au bec rouge et jaune contraste avec le deuxième au bec blanc. Et, dépourvue de pattes palmées, elle n’offre pas le spectacle d’une nage harmonieuse en eau douce.

On célébrait il faut dire, en ciré conquérant, la Journée mondiale des zones humides. Soit l’anniversaire de la signature de la Convention de Ramsar, qui font de la Rade et du Rhône des sites protégés. Jumelles au cou, les amoureux des oiseaux ont goûté au pouvoir inégalable du télescope de Cédric. Selon lui, l’interdiction de la chasse dans le canton et sur le lac crée du volatile «tranquille, habitué à la présence humaine. Sur les rives françaises, ils réagissent différemment». Autre avantage local, le Léman ne gèle pas en hiver et la moule zébrée crée un gros apport de nourriture. Ce mollusque qui recouvre actuellement les rives de Baby plage et qui parfume les environs de son odeur marine.

Une dame encapuchonnée nous raconte le «bond en avant» opéré depuis qu’elle a rejoint le Groupe ornithologique du bassin genevois, découvrant «les bons coins», tout en regrettant que la population aviaire s’effondre. Christian, la casquette trempée, est venu avec son téléobjectif recouvert d’autocollants par ses soins, et confie ses déboires de photographe animalier: «parfois je pars une journée entière, et je n’en retire aucune photo, car il n’y a rien». Natacha, elle, a laissé son appareil photo au placard étant donné les conditions météo, mais œuvre usuellement pour son site laphotographeverte.ch, qui mérite bien un clic.

L’hiver, c’est la saison où les oiseaux se mettent en couple avant de migrer, nous informe un membre du Muséum d’histoire naturelle sur son stand où la foule ne se bouscule pas. On assiste effectivement à plusieurs «parades» nuptiales, où toute la science de la séduction tient dans le cou, entre jeté de nuque en arrière et ondulations collés-serrés. Ces scènes peuvent aussi se révéler le théâtre d’une agressivité soudaine, comme au pied du Jardin Anglais où cinq mâles se disputent une seule femelle. L'histoire ne dit pas lequel va l'emporter.

Créé: 02.02.2020, 17h31

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