Un documentaire prévu sur le réfugié Ayop

AsileL’histoire du jeune homme, blessé dans l’incendie des Tattes, intéresse un réalisateur genevois qui a lui-même été clandestin.

Ayop Aziz (à g.) et le réalisateur Joseph Kumbela (à dr.)

Ayop Aziz (à g.) et le réalisateur Joseph Kumbela (à dr.) Image: Georges Cabrera

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Retracer l’histoire d’Ayop Aziz, ce requérant d’asile de 19 ans blessé en automne dans le dramatique incendie des Tattes. C’est la mission que s’est donnée un réalisateur genevois, Joseph Kumbela. Il ne veut pas en faire une icône mais retracer son parcours qui l’a mené du Tchad à la Suisse. Une histoire qui ressemble à la sienne…

Face caméra, Ayop montre la fenêtre par laquelle il a sauté, du 3e étage. Six mois après le dramatique incendie, qui a fait un mort, on ne voit plus de traces extérieures. Blessé notamment au dos et à la tête, le jeune homme en garde des séquelles. Et des questions plein la tête sur l’origine du sinistre. Le requérant, qui apprend le français, remercie ceux qui l’ont aidé. En raison notamment de la procédure pénale en cours, un mouvement de solidarité s’est créé pour s’opposer à son expulsion vers l’Espagne, premier pays par lequel il est arrivé en Europe. Son renvoi a finalement été suspendu le 30 mars par Genève.

Comment Ayop a-t-il échoué en Suisse? «Je ne connaissais rien de ce pays ni de Genève. Un ami en Espagne m’a dit de venir ici pour trouver du travail. Je pourrais travailler dans un bar, nettoyer les rues, peindre. Je peux faire tous les jobs. J’aimerais fonder une famille en Suisse», résume-t-il. Sa demande d’asile est actuellement examinée par Berne.

Le tournage a débuté la semaine passée aux Tattes. «Je veux faire son portrait, parler de l’élan de solidarité qui lui a permis d’éviter le renvoi et retracer son parcours en filmant en Espagne notamment les personnes de la Croix-Rouge qui l’ont soutenu», explique Joseph Kumbela. Le tournage devrait durer deux mois, espère ce réalisateur et comédien qui s’est jusqu’à présent consacré à des fictions.

L’idée lui est venue en lisant la presse. «Son histoire m’a touché. Moi aussi j’ai été clandestin», lâche-t-il. Le Suisse, âgé de 56 ans, confie avoir quitté la République démocratique du Congo de façon rocambolesque. «C’était en 1974. J’avais 13 ans. J’avais fait le pari avec des copains que j’irais à l’intérieur d’un avion. En fait, j’ai suivi des passagers jusque dans un avion et j’ai atterri à Paris. Aussi incroyable que cela puisse paraître! Il n’y avait pas autant de contrôles qu’aujourd’hui.» Et c’est l’amour qui l’a conduit de Paris à Zurich, puis à Genève. Mais de son histoire, Joseph Kumbela n’est pas encore prêt à en faire un documentaire. (TDG)

Créé: 20.05.2015, 17h20

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