Des dizaines de mineurs clandestins débarquent chaque année à Genève

MigrationIls sont près de 50 à vivre en foyer ou en famille d’accueil. Rencontre avec Pédro et Dauda, symboles d’une intégration réussie.

Pédro – et la guitare qu’il a construite de ses mains – entouré de deux jeunes Africains du foyer.

Pédro – et la guitare qu’il a construite de ses mains – entouré de deux jeunes Africains du foyer. Image: Pascal Frautschi/Tribune de Genève

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Il n’a que 16 ans, mais déjà derrière lui un chemin de vie douloureux. Rayonnant, Pédro entre dans le petit bureau des assistants sociaux du foyer de Saconnex. Gêné mais fier à l’idée d’évoquer son parcours, il s’installe timidement à la table. Avant d’être parachuté à Genève, le jeune garçon a erré plusieurs années, seul, en Afrique. «J’ai quitté la Guinée-Bissau en 2009, j’avais 12 ans et plus de famille.» Parti au Sénégal avec d’autres Guinéens, il y rencontre un Libyen qui l’emmène alors dans son pays. De là, il embarque en 2011 pour l’Italie. «On était sur un petit bateau, c’était long, se souvient avec émotion le petit immigré. On a débarqué de nuit à Lampedusa (I) pour ne pas nous faire voir.» Dans les jours qui suivent, il rejoint la Suisse, seul, en train. «Je suis arrivé à Genève, sans vraiment savoir où j’étais. Le train s’est arrêté, je suis descendu et j’ai demandé où était le centre pour les réfugiés.»

Cursus scolaire adapté

A leur arrivé dans le canton, ces jeunes migrants sont pris en charge par le foyer ou placés dans des familles d’accueil, lorsqu’ils ont moins de 15 ans. Le Service de protection des mineurs (SPMI) reçoit le mandat de leur nommer un curateur. Ils sont actuellement une cinquantaine, âgés de 7 à 18 ans, à Genève. Une trentaine au foyer, dont six filles, originaires principalement d’Afrique de l’Est. La plupart rejoignent des classes d’intégration du Département de l’instruction publique (DIP) puis le Service d’accueil de la scolarité postobligatoire (ACPO). «Nous leur offrons la possibilité de suivre deux ans d’école, explique Joël Petoud, directeur de l’ACPO. Sur nos 420 élèves, une cinquantaine sont des mineurs non accompagnés (MNA).»

Selon les chiffres officiels, plus de la moitié des MNA n’obtiennent pas de permis. Ils continuent leur exil ailleurs, rentrent au pays ou partent dans la clandestinité, comme nombre de requérants frappés d’une non-entrée en matière.

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Créé: 15.07.2013, 07h20

(Image: Gilles Laplace)

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