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Le DIP bannit les échanges WhatsApp entre les enseignants et leurs élèves

Une directive proscrit l’utilisation de la messagerie à l’école obligatoire.

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À partir du moment où la messagerie électronique WhatsApp est réservée aux plus de 16 ans, le Département de l’instruction publique peut-il laisser les professeurs échanger avec les élèves de l’école obligatoire? La réponse est non. Une directive émise avant les grandes vacances bannit l’utilisation de l’application, révèle le quotidien gratuit «20 minutes» dans son édition de jeudi.

Élément déclencheur: le règlement général sur la protection des données entré en vigueur le 25 mai dans toute l’Union européenne. Dans cette optique, WhatsApp a modifié ses conditions d’utilisation, notamment en réservant l’usage de la messagerie aux plus de 16 ans. La limite était jusqu’alors fixée à 13 ans.

Bien avant ces changements, WhatsApp a eu le temps de se répandre sans encombre. La messagerie n’épargne pas les écoles, où elle est parfois devenue un outil d’échanges entre professeurs et élèves. «Au sein de l’école genevoise, l’utilisation d’un groupe WhatsApp «Classe» chez les élèves est très répandue, mais plus rarement à l’initiative des maîtres», précise toutefois Pierre-Antoine Preti, porte-parole du DIP, rappelant que «l’utilisation des réseaux sociaux et de WhatsApp était prohibée mais tolérée sous la seule responsabilité des enseignants».

Dans tous les cas, «lorsque les enseignants proposent du travail collaboratif à leurs élèves, ils doivent utiliser les plates-formes destinées à l’enseignement et non les réseaux sociaux grand public. Ceux-ci peuvent en revanche être utilisés comme objets d’enseignement dans le cadre, par exemple, de l’éducation aux médias.»

Expert romand en cybersécurité, Stéphane Koch s’est exprimé sur son mur Facebook au sujet de la directive du DIP. Il ne partage pas l’approche qui vise à interdire les échanges. «Cette décision ne va pas protéger les adolescents, étant donné qu’ils vont pouvoir continuer à faire usage de WhatsApp, au quotidien, dans leur sphère privée, sans aucun contrôle, écrit-il. Il aurait mieux valu les accompagner pédagogiquement et les former au modèle de données plutôt qu’interdire.»

Du côté du syndicat des maîtres du Cycle d’orientation, la directive ne fait pas de grands remous. «WhatsApp pouvait éventuellement faciliter les échanges avec les parents, mais il était très rare qu’un enseignant échange directement avec ses élèves, note Julien Nicolet, membre du bureau de la Famco. La directive correspond à la législation, elle a donc de bonnes raisons d’être», ajoute-t-il.

En revanche, plusieurs questions délicates liées à l’utilisation des outils numériques ne sont pas réglées, selon le représentant des enseignants: «Le DIP a signé un accord avec Google pour que tous les élèves, dès le cycle, obtiennent une adresse Gmail. Cela pose de vraies questions en termes de protection des données. Le problème a été soulevé, il est loin d’être réglé.»

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