Diane Farah, pilote de ligne à 24 ans

PortraitLa frontalière dompte des Airbus, pour Easyjet, depuis ce printemps. Un oiseau rare dans le milieu.

«Depuis le ciel, l’approche vers Genève est des plus belles», souffle Diane Farah.

«Depuis le ciel, l’approche vers Genève est des plus belles», souffle Diane Farah. Image: LAURENT GUIRAUD

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Elle a la passion rayonnante. Qu’elle parle d’une approche vers l’aéroport d’Ajaccio, avec la Méditerranée en toile de fond, du Mont-Blanc, qu’elle survole régulièrement au crépuscule, du DR400 Robin, le petit aéronef de ses débuts. Ou qu’elle évoque ce fameux jour, alors âgée de 14 ans, où elle a pu visiter un cockpit à son retour de vacances. «Quand je suis sortie de cet avion, je savais que je voulais devenir pilote», indique-t-elle aujourd’hui.

À 24 ans, Diane Farah est pilote de ligne chez Easyjet. Ou plutôt, comme l’indiquent les deux galons sur son uniforme, copilote. Elle a fière allure; ses parents et son petit frère ne doivent pas y être insensibles. «Je ne suis pas issue d’une famille de mordus d’aviation, ce qui est plutôt anormal dans le milieu», glisse la frontalière. Diane Farah, elle, ne conteste pas une forme d’addiction.

«Un métier de passionnés»

Lors de ses jours de repos, elle aime prendre la direction de Megève, où elle loue un appareil et part chatouiller les massifs montagneux avant d’atterrir, si possible, sur une piste enneigée. «C’est tellement beau, sur toutes les destinations desservies par Easyjet, Genève est la plus belle. On ne s’en lasse pas.» Diane a même commencé un stage pour devenir instructrice en aéroclub.

Pilote? «Un métier de passionnés», selon elle. Même chez Easyjet, où l’on est loin de ces long-courriers avec escale à l’autre bout du monde décrits dans le film hollywoodien «Catch me if you can». Depuis Cointrin, les appareils orange et leurs équipages effectuent systématiquement des allers-retours. «Je dors chaque soir chez moi, comme tous mes collègues à Genève», relève-t-elle.

Celle qui a grandi en région parisienne passe depuis toujours ses vacances à Megève, où sa famille dispose d’un pied-à-terre. Quand elle ne vole pas, elle fait des randonnées, de l’escalade, skie et ne renonce pas à une fondue. Cet hiver, elle se rendra au Pérou, où elle compte grimper au sommet du Machu Picchu.

Dix ans plus tôt, juste avant d’entrer dans ce fameux cockpit, la jeune fille était loin de se douter qu’elle allait se mettre à sillonner le ciel. Celle qui hésitait entre la médecine et les sciences se cherchait un avenir.

Le week-end suivant, elle se rend avec ses parents dans un aéroclub de la banlieue parisienne et effectue ses premiers pas vers sa nouvelle carrière. À 17 ans, elle obtient sa licence de pilote d’aviation privée. Elle vole, sur le fameux DR400 Robin, mais n’a pas son permis de conduire. Diane Farah peut se targuer aujourd’hui d’avoir plus de 1500 heures d’expérience dans les airs.

«Les passagers sont agréablement surpris»

C’est pour aider les nouvelles générations féminines que la «cadette» – ainsi appelle-t-on les pilotes en début de carrière – participe à la journée Futur en tous genres, ce jeudi, et fera visiter l’univers d’Easyjet à Cointrin à une quinzaine d’enfants. La compagnie orange, qui anticipe une pénurie de pilotes tant l’aviation prospère, cherche à créer des modèles, surtout auprès de la gent féminine, qui manque à l’appel.

Diane Farah a suivi sa formation à l’École nationale de l’aviation civile (ENAC), à Toulouse, une structure subventionnée, ouverte aux femmes depuis les années 70, où elle a été acceptée suite à un concours particulièrement sélectif. En Suisse, les écoles sont privées et onéreuses.

«Les candidatures suisses sont en baisse, contrairement à celles des autres pays», glisse Jean-Marc Thévenaz, directeur d’Easyjet à Genève, son patron. «Nous souhaitons qu’une aide étatique helvétique pour les formations de pilote se mette en place pour y remédier.» En Suisse, la première femme pilote de ligne fut Regula Eichenberger, en 1983.

Trente-cinq ans plus tard, Diane Farah demeure un oiseau rare. À Genève, Easyjet emploie 174 pilotes, dont huit femmes. À l’échelle de la compagnie, l’une des principales en Europe, seuls 6% des pilotes sont des femmes et celles qui n’ont pas 25 ans se comptent sur les doigts de la main.

«Les passagers sont agréablement surpris quand ils voient que je suis aux manettes; il n’y a jamais eu de commentaire négatif», sourit-elle avant de conclure: «Je ne refuse jamais une visite du cockpit à des enfants.» Pour faire des émules auprès de la relève, et des filles en particulier. (TDG)

Créé: 08.11.2018, 07h45

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