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Une deuxième vie pour les vélos

Julien Hutin est l’un des membres de l’association Missié Vélo, qui a cré un parc de vélos en libre-service pour les réfugiés.
Julien Hutin est l’un des membres de l’association Missié Vélo, qui a cré un parc de vélos en libre-service pour les réfugiés.
Laurent Guiraud

Il arrive sur son vélo-cargo. Carcasses sur la remorque, pièces détachées à l’avant. Julien Hutin parcourt les centres de réfugiés du canton pour y déposer les dons reçus et les outils nécessaires à la réparation de vélos. Ce jour-là, c’est devant le foyer Frank-Thomas (129 places pour personnes seules) qu’il s’arrête. Dans la cour, un parking à vélos est apparu récemment: 44 unités sont à disposition des résidents. L’un d’eux accueille Julien Hutin chaleureusement: «Il nous faut vraiment remercier l’association: ces vélos nous facilitent la vie quotidienne, ils nous permettent d’apprendre les règles de circulation, de sortir et de faire du sport.»

«Au moment où nous assistions à l’arrivée de tous ces réfugiés, ce projet nous a paru évident» Julien Hutin, membre de l’association Missié Vélo

Voilà à peine un an que Missié Vélo récupère les vélos des Genevois pour leur donner une deuxième vie. «Au moment où nous assistions à l’arrivée de tous ces réfugiés, ce projet nous a paru évident», souligne Julien Hutin. Avec Mattia Giannone et Romain Huck, il a mis sur pied cette structure affiliée à Pro Vélo.

A l’origine, il y a une demande provenant de la Commune de Bellevue souhaitant mettre des vélos à disposition des enfants réfugiés logeant dans le centre William-Rappard. L’école se trouvait alors à vingt-cinq minutes de marche du foyer; soudain, elle s’est rapprochée. Le nom de «Missié» vient précisément d’une rencontre avec un des enfants de Bellevue. «Missié, toi avoir vélo pour moi?» demandait l’un des petits.

Soutien financier de la Ville

Aujourd’hui, une vraie structure est active. Elle est soutenue par la Ville de Genève, qui a vu là un moyen intelligent de recycler les vélos inutilisés des Genevois. Après réparation, ils seront mis à disposition des requérants d’asile qui logent dans les hébergements de l’Hospice général. Ainsi, plusieurs structures ont déjà reçu une flotte de deux-roues. La prochaine devrait être le foyer d’Appia, à Pregny-Chambésy.

Pour que le système fonctionne, il faut des donateurs. Qu’il s’agisse d’un privé, d’une coopérative d’habitations aux caves obstruées par les vélos inutilisés ou d’un ancien mécanicien désireux de liquider son atelier, certains ont déjà répondu aux appels lancés par Missié Vélo. Des magasins de cycles également remettent ce qui semblait destiné à la poubelle. «Alors qu’on a pour habitude de jeter une chambre à air trouée, nous, nous sommes de grands adeptes de la rustine», sourit Julien Hutin, par ailleurs responsable des cours de conduite au sein de Pro Vélo.

Missié Vélo organise alors des ateliers pour trier, démonter, réparer. «Nous récupérons presque tout!» insiste Julien Hutin. Si l’état du vélo ne permet pas une remise en état, des pièces trouveront une nouvelle utilité.

Réfugiés mécanos

Elément fondamental: ce processus se fait avec la collaboration des destinataires des dons. «C’est un principe essentiel: nous leur transmettons les bases, les outils et sommes présents pour les conseiller, mais ils doivent nous aider», insiste le responsable associatif. Pour l’heure, le résultat va au-delà des attentes: «Les résidents des foyers sont tout de suite devenus nos meilleurs relais et certains d’excellents mécaniciens, fait remarquer Julien Hutin. A terme, nous espérons pouvoir réduire notre infrastructure et leur permettre de gérer cette activité de manière autonome.»

En attendant, Missié Vélo vient prélever les vélos inutilisés qui encombrent les caves sur appel. L’activité ayant démarré fort, les donateurs devront peut-être patienter quelques semaines. Mais Julien Hutin promet qu’il passera au guidon de son vélo-cargo récupérer les montures et tout ce qui peut servir à pédaler. «Nous prenons également les pièces détachées, casques, lumières, cadenas…»

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