La manif pour le droit à la ville se déroule sans heurts

ManifestationPrès de deux mille personnes ont défilé samedi pour réclamer des loyers plus abordables.

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Les organisateurs comme la police, tout le monde est content à l’issue de la manifestation pour des logements et des lieux festifs abordables qui a eu lieu samedi. Près de 2000 personnes ont défilé au centre-ville dans une ambiance plutôt bon enfant, malgré certains slogans au ton très revendicatif.

La police ne déplore aucun débordement. Plusieurs personnes en possession d’objets dangereux ont été contrôlées avant d’être relâchées. Les seuls à faire les frais du rassemblement sont les quelques commerces sur les vitrines desquels ont été collées des affiches arborant le slogan «Prenons la ville!»

«On se sent moins seuls»

Pour la cinquantaine d’organisations – milieux alternatifs, syndicats, associations de quartier, partis de gauche, Asloca, associations estudiantines, milieux culturels, etc. – ayant appelé à manifester, c’est un succès. «Il y a eu une bonne mobilisation, avec beaucoup de jeunes», se félicite Pablo Cruchon, candidat de SolidaritéS au Conseil d’Etat, qui a fait l’interface entre la tête du cortège et la police. «Le front s’est renforcé depuis la manifestation de juillet sur le même thème, qui avait attiré moins de monde. Cela montre qu’il y a une vraie préoccupation pour des logements moins chers et des lieux de sortie plus abordables à Genève.»

Au cœur des revendications des manifestants, les étudiants, qui occupent l’ancienne station de zoologie de l’université, au 154, route de Malagnou, sont eux aussi satisfaits. «Tout le monde a répondu à l’appel, se réjouit l’un d’eux, Alexandre (prénom fictif). On se sent moins seul, alors que l’Etat essaie de nous isoler. Le rapport de force évolue. La preuve en est que cette fois, nous avons eu l’autorisation de défiler au centre-ville, ce qui n’était pas le cas en juillet.»

Pour rappel, malgré l’échéance de leur bail à la fin de l’année dernière, les occupants de Malagnou refusent de quitter les lieux, estimant que les projets de construction dans le secteur seront irréalisables avant des années.

Quant aux velléités de l’Etat d’y loger des requérants d’asile, elles sont dénoncées par les groupes de soutien aux migrants venus participer à la manifestation. «C’est une imposture, nous ne laisserons pas faire», lance au mégaphone un représentant du collectif Sans Retour. Un migrant prend la parole pour déplorer que «l’Etat tente d’opposer deux précarités. Malagnou est un lieu de solidarité précieux pour les personnes en exil. Puisqu’il a été un lieu d’accueil pour nous, nous sommes là pour Malagnou.»

Slogans tous azimuts

Le rendez-vous était donné à 17 heures à la place des Vingt-Deux-Cantons. Parmi les manifestants, on compte une majorité de jeunes, mais aussi quelques têtes grises – syndicalistes, militants altermondialistes, anciens squatters ou politiciens. «Il y a un vrai problème de logement à Genève, lâche José, vétéran du syndicalisme. Je suis là pour soutenir les jeunes.» Le cortège s’ébranle enfin, précédé par un fourgon policier qui lui ouvre la route.

Les slogans font feu de tout bois: les autorités, les banques, la police, les assurances, les régies, les commerces de luxe, les architectes, les porteurs de Rolex, accusés tous autant qu’ils sont de participer à la gentryfication de Genève. Une première halte a déjà lieu au bas de la rue du Mont-Blanc. Les orateurs se succèdent pour prendre la parole, avec des conclusions parfois étonnantes, comme cette jeune femme clamant que «mettre dos à dos les requérants d’asile et les étudiants, c’est du racisme et du sexisme».

Quelques voix impatientes s’élèvent contre ces discours qui s’éternisent. Le cortège poursuit son chemin par le pont du Mont-Blanc et les Rues-Basses. A partir de Bel-Air, la présence de policiers en tenue antiémeute se fait plus visible. Quelques militants masqués lancent des fumigènes dans leur direction pendant qu’une partie de la foule scande: «Cassez-vous!» et «Tout le monde déteste la police». Mais finalement, cela relève plus de la bravade qu’autre chose et les policiers se gardent bien de réagir. La manifestation arrive à Plainpalais vers 20 h. Après d’ultimes prises de parole, la fête se poursuit jusque vers 23 h 30, quand les derniers manifestants se dispersent dans le calme. (TDG)

Créé: 07.10.2017, 22h01

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