Deux aventuriers ont passé près de dix heures dans les airs nord-brésiliens

ExploitLes régionaux Katia Lafaille et Julien Irilli ont battu un record du monde en parapente biplace.

La Chamoniarde Katia Lafaille et l’Annécien Julien Irilli ont bravé les vents brésiliens pour battre un record du monde.

La Chamoniarde Katia Lafaille et l’Annécien Julien Irilli ont bravé les vents brésiliens pour battre un record du monde. Image: DR

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Après une longue traversée de l’Alaska à vélo et en solo, Katia Lafaille rentre d’une aventure d’un tout autre genre… en duo! «Nous avons passé quinze jours dans le nord du Brésil, sur le site de Quixada, réputé pour ses vents, avec l’alpiniste et parapentiste professionnel annécien Julien Irilli, pour tenter de battre un record du monde en parapente biplace», raconte la sportive.

Férue de montagne et accro aux émotions fortes, cette Genevoise vit à Chamonix depuis des années. Et d’ajouter avec une certaine fierté, même si ce n’était de loin pas la seule motivation de l’expédition: «Nous avons battu ce record dans des conditions éprouvantes nerveusement et très turbulentes au niveau aérologique, avec des pointes de vitesse à 80 km/h. Mais près de dix heures dans les airs au milieu de paysages extraordinaires, 3400 mètres au-dessus de la terre, c’est avant tout magique.»

Quid du record aussi long qu’un vol Genève-Los Angeles? «Nous avons dépassé les 340 km du goal déclaré, selon le jargon technique consacré. Le précédent record était de 335 km.» Ce grand saut, Katia Lafaille le raccroche à «quelque chose d’éphémère nécessitant une adaptation constante». Notamment quand il s’agit de se soulager… Mais au-delà de ce besoin de «décrypter l’invisible», cette solitaire terrienne garde d’abord le souvenir d’une belle aventure humaine: «La complémentarité de notre cordée du ciel a fait des merveilles et nous songeons déjà à de nouveaux projets. Notamment au Kirghizistan cet été, puis nous devrions repartir au nord du Brésil à l’automne.» Avec l’ambition de battre de nouveaux records.

Pour l’heure, l’audacieux binôme s’attelle à monter un film de vingt-six minutes avec les images que Katia Lafaille a tournées dans les airs: «Nous souhaitons le présenter dans plusieurs festivals pour partager notre réussite sportive, mais surtout nos formidables et intenses rencontres avec la nature.»

Maman d’un jeune adulte et d’un adolescent, cette quadragénaire motive ses aventures par le besoin de «donner un sens à sa vie»: «Des femmes s’identifient à mes exploits et mon histoire personnelle leur donne du courage.» Car sa passion pour les sommets, apparue en haut des Grands-Montets, dans la vallée de Chamonix, alors qu’elle avait à peine 16 ans et qu’elle s’apprêtait à gravir la «Petite aiguille verte», elle l’a payée cher. Le 27 janvier 2006, Jean-Christophe Lafaille, «l’homme de sa vie», se tue lors de son ascension du Makalu, dans l’Himalaya. Trois mois après le décès du célèbre alpiniste français, «croqueur de nombreux 8000 mètres», Katia et ses deux enfants feront un pèlerinage au pied du Makalu pour y célébrer une cérémonie bouddhiste «puja». Puis la jeune veuve écrira Sans lui, pour retrouver son identité.

Malgré cette tragédie, l’appel des grands espaces reste entier. La mort prématurée de sa maman, suite à un accident de voiture, «alors qu’elle n’avait que 48 ans et qu’elle bouffait la vie», avait déjà définitivement convaincu Katia de l’urgence de vivre passionnément. (TDG)

Créé: 07.01.2018, 17h47

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