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Deux ans avec sursis pour la banquière escroc

Pour avoir floué une banque privée et ses clients, cette gérante de fortune est reconnue coupable d'escroquerie par métier.

Dessin de Patrick Tondeux
Dessin de Patrick Tondeux

La banquière de 48 ans jugée depuis lundi par le Tribunal correctionnel a été reconnue coupable, mardi, d’escroquerie par métier, de faux dans les titres, de gestion déloyale et d’abus de confiance au détriment d’un certain nombre de ses clients, d’UBS et de la banque privée Bordier où elle travaillait comme sous-directrice jusqu’à son licenciement en 2013.

Une période pénale de huit ans si l’on compte les actes commis auparavant chez UBS, où elle avait commencé à la caisse avant de gravir les échelons jusqu’au poste de gérante de fortune. En 2009, elle avait été engagée par Bordier.

Bien que la prévenue ait admis les actes reprochés par le procureur, le tribunal ne les a pas tous retenus. Parce que l’accusée a reconnu même ce dont elle ne se souvenait pas – ayant entre-temps été gravement malade – et parce qu’il manque des preuves concrètes pour établir certains agissements. Elle est donc acquittée pour plusieurs faits, ce qui diminue le montant du préjudice qui lui était reproché. Celui-ci avoisinait 1,5 million.

Autre raison pour laquelle l’accusée a été acquittée sur certains points: malgré ses dénégations, l’un de ses clients «semblait épris de la prévenue» (des courriers en attestent) et lui faisait des cadeaux somptueux. Pour le reste, les juges retiennent qu’elle a bien falsifié des ordres et des signatures, qu’elle a profité de l’amitié et de la confiance de ses clients. De ses collègues également. À la caisse par exemple, on n’avait aucune raison de se méfier de la sous-directrice qui était la supérieure hiérarchique.

Non seulement elle a favorisé quelques clients au détriment des autres – elle a voulu les contenter lorsqu’ils faisaient des pertes par sa faute et ainsi favoriser sa carrière au sein de la banque – mais elle utilisait aussi les fonds prélevés indûment pour augmenter son train de vie.

Les explications que la prévenue a données au cours de son procès, c’est-à-dire que la banque Bordier fixait des objectifs trop ambitieux, ce qui générait un grand stress et qui l’aurait conduite à déraper, ne tiennent pas la route, considère le tribunal. Elle agissait déjà ainsi chez UBS. Sa situation personnelle n’explique pas ses dérives. Au contraire, puisqu’elle recevait un salaire confortable.

Les juges n’ont pas prononcé à son encontre d’interdiction de travailler dans le domaine bancaire, ce qu’avait requis le procureur Scheidegger. Compte tenu de sa santé actuellement défaillante et de son passé, personne ne l’engagera, ont-ils estimé.

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