Détenue pour avoir volé 1,2 million à une banque genevoise, elle est libérée

DétournementsL’ex-comptable d’un établissement de la place sera jugée le 20 avril.

La prévenue avait été acheminée à Champ-Dollon en avril dernier.

La prévenue avait été acheminée à Champ-Dollon en avril dernier. Image: Laurent Guiraud

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Fait rare en matière de détention, la justice genevoise vient d’être désavouée par le Tribunal fédéral (TF). Cet hiver, les juges cantonaux estimaient qu’une femme arrêtée en avril 2019 pour avoir grugé ses patrons devait rester en prison jusqu’au printemps. La détenue, qui doit être jugée le 20 avril, vient d’obtenir sa libération provisoire devant le TF.

En 2011, cette comptable d’une banque privée avait été arrêtée pour avoir volé 1,2 million de francs au sein de l’établissement. Licenciée, elle a replongé dans une affaire d’escroquerie en 2015 avant de déraper, en 2017 et 2018, auprès d’un autre employeur en détournant 123'000 fr.

Selon l’expertise psychiatrique rendue en 2019, une psychothérapie d’au moins un an en milieu fermé est nécessaire «pour améliorer son fonctionnement psychique». Le 23 décembre, le Tribunal des mesures de contrainte invoque des risques de fuite et de réitération, et la maintient à Champ-Dollon. Tout comme la Cour de justice: «La poursuite de la psychothérapie en ambulatoire ne suffirait pas à pallier» le danger d’une récidive.

Mais le TF juge ce risque moyen: «L’expertise fait état d’un trouble de la personnalité et d’une responsabilité faiblement restreinte […] la crainte d’une sanction peut constituer un facteur inhibiteur.»

Les juges fédéraux estiment que les infractions reprochées ont été commises sans violence, au détriment d’une banque et d’une entreprise qui n’ont pas connu de difficultés insurmontables en raison des agissements: «La détenue suit, selon ses dires, le traitement préconisé […] on se rapproche davantage de la période minimum d’un an fixée par l’expert.»

Le TF constate que sa faillite a été prononcée en 2019, et que son fiancé et sa mère ont pris en charge ses factures, «de sorte que ses problèmes, qui seraient à la base de ses agissements, auraient disparu». Le fait de l’obliger à trouver du travail «hors du secteur financier ou comptable» peut placer le risque de récidive «au-dessous du seuil acceptable».

Les juges fédéraux évoquent des mesures de substitution: «Le dépôt des papiers d’identité et l’interdiction de quitter la Suisse avec l’obligation de se présenter à un poste de police constituent a priori des mesures aptes à diminuer suffisamment le risque de fuite.»

Le TF invite la justice à agir dans ce sens «à bref délai». Équiper l’ex-comptable d’un bracelet électronique est une disposition qui «pourrait aussi être envisagée». Et de relever enfin que le délai pour prononcer le renvoi en jugement a été relativement long.

À la défense, Me Thomas Barth se réjouit de «ce très bel arrêt» qui permettra à sa cliente de préparer en liberté et sereinement son procès.

Créé: 20.02.2020, 16h55

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