Des demandeurs d’emploi se confrontent à des recruteurs

GenèveOrganisé une fois par mois depuis le début de l’année par la fondation Intégration pour tous, l'exercice cherche encore ses marques.

Maurice, quinquagénaire, a dû arrêter son activité de peintre automobile à cause de problèmes de peau dus aux solvants. Il souhaite aujourd’hui se réorienter en aide-soignant.

Maurice, quinquagénaire, a dû arrêter son activité de peintre automobile à cause de problèmes de peau dus aux solvants. Il souhaite aujourd’hui se réorienter en aide-soignant. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Confronter les demandeurs d’emploi aux exigences du monde professionnel. C’est l’objectif de l’Agora, un atelier organisé un après-midi par mois depuis le début de l’année par la Fondation privée d’utilité publique Intégration pour tous (IPT). Ce mardi, huit candidats, divisés en quatre groupes, présentent leur projet professionnel à un panel d’employeurs. L’échange dure quinze minutes et peut déboucher au mieux sur un stage. Parmi les candidats présents, certains ont dû se réorienter après des soucis de santé, d’autres, des jeunes, peinent à décrocher leur premier emploi, faute d’expérience.

Chemise blanche et pantalon noir, Alexandre, la vingtaine, prend la parole timidement. Les mains jointes, le jeune homme explique qu’il vient de terminer des études d’ingénieur en microtechniques à Yverdon. Il est fan de robotique et a fabriqué un variomètre pour son travail de bachelor. «Quel métier voulez-vous faire?» l’interrompt Jean-Luc Fornallaz, directeur IPT Genève, après dix minutes de présentation. «Ingénieur en microtechnique dans l’industrie», répond Alexandre Sommer. «Êtes-vous mobile géographiquement? Quelles entreprises avez-vous déjà contactées?» poursuit le directeur. «Comment contactez-vous les entreprises» s’interroge Rosella Bottari de la Caisse de prévoyance de l’État de Genève. Alexandre a à peine le temps de répondre, la cloche sonne.

Nouveau candidat, nouveau profil. «Bonjour, je m’appelle Maurice, j’ai 53 ans, je suis italien», se présente l’homme face à nous sur un ton jovial. Jean, T-shirt et tatouage sur l’avant-bras, il est plus détendu que ses collègues. «Ma première qualité est la bienveillance et mon talent est ma détermination», résume-t-il d’une traite. Suite à des problèmes de peau dus aux solvants, le quinquagénaire a dû arrêter son activité de peintre automobile. Il souhaite aujourd’hui se réorienter en aide-soignant. En janvier, il réalisera un stage dans un Établissement médico-social. Il espère que cette expérience le confortera dans son choix. Les quinze minutes sont passées, la cloche retentit à nouveau. Les intervenants n’ont pas eu le temps de s’exprimer.

Affichée derrière chaque candidat, une feuille A3 expose leur «business model canevas personnel», une sorte de résumé de leur situation composé de différents post-it de couleurs. Les employeurs venus les écouter peuvent ajouter des commentaires sur des fiches bleues. On y lit «bonne présentation», «CV intéressant» ou encore «regard posé».

Si le concept est louable, il peine cependant à convaincre. Trop long pour un speed-recruiting (entretien d’embauche en accéléré), trop court pour un véritable échange entre le candidat et les employeurs; l’exercice semble encore chercher ses marques.

Créé: 06.12.2017, 11h14

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